‹ Essai Sur La Myélite Aiguë Centrale AscendanteChapitre 11 sur 24 · Comyba. Thèse de Paris · texte numérisé non relu

Comyba. Thèse de Paris

| ie dehors de loute infection puralente, de même qu'il existe des arthropathies et des dégénérescences musculaires. Avant de terminer cet arücle nous tenons à reproduire Pexamen histologique suivant pratiqué par M. Hallopeau dans un cas observé en 1872 par M. Jaccoud, chez une malade qui succomba en l’espace de huit jours. « La seule particularité, dit M. Hallopeau, qui nous paraisse digne d’être notée, c’est l'aspect anormal que présentent, en certains points, les cellules nerveuses des cornes antérieures ; tandis que la plupart de ces éléments se sont comme d’habitude fortement colorés par le carmin, et se dessinent nettement avec leurs nombreux prolongements, d’autres au contraire sont restés pâles ; leur contenu paraît plus granuleux qu'à l’état normal; leurs prolongements sont peu apparents ou manquent complétement, les altérations, bien que peu marquées, offrent de Panalogie avec celles qui ont été rencontrées maintes fois chez des sujets morts d’atrophie musculaire progressive ou de paralysie atrophique… Nous ferons remarquer que la méthode d’examen à laquelle nous avons dû recourir, excellente pour l’étude des grosses lésions, .... perd beaucoup de sa valeur lorsqu'il s’agit d'apprécier de simples modifications dans l’aspect ou le contenu des éléments... En somme, la valeur négalive de notre examen ne doit pas être considérée comme absolue ; il ne prouve rien, en particulier, contre l'hypothèse d’un processus inflammatoire ou atrophique qui aurait porté exclusivement sur les cellules motrices, et amené la mort de la malade, avant d’avoir provoqué des désordres appréciables par l'étude après durcissement (4). » À. Jaccoud, Traité de pathologie, t. 1, p. 336.

or SYMPTOMATOLOGIE Description de la maladie. — La myélite aiguë généra-

hsée débute souvent d’une façon brusque, sans être annoncée par des phénomènes prodromiques. Le frisson initial est rare ; s'il y a de la fièvre, elle est ordinairement peu intense.

Tantôt la paraplégie frappe brusquement les deux membres inférieurs : tantôt elle atteint d’abord un seul membre pour s’étendre rapidement à lautre; tantôt enfin, l’abolition des facultés motrices se fait seulement en quelques jours et d’une manière progressive.

Les premiers symptômes de la maladie paraissent être dans bon nombre de cas des troubles de la sensibilité. Le malade ressent un point douloureux dans la région spinale, ou des douleurs vagues dans les membres. Gellesci peuvent s'accompagner de picotements, d’engourdissement, de fourmillements et de sensations anormales diverses.

Il peut exister encore des douleurs en cemture, avec sensation de constriction pénible autour du tronc. Bientôt on voit une anesthésie complète succéder dans les membres aux sensations subjectives du début.

À ce moment la paralysie motrice est absolue. Si-on explore l’excitabilité réflexe, on s'aperçoit que les mouvevements réflexes sont abolis comme les mouvements volontaires.

Ï y a paralysie du rectum el de la vessie; les urines

MU retirées au moyen du cathétérisme présentent la réaction alcaline.

Le pouls est plus ou moins accéléré, mais il n’y a pas d’élévation de la température ; un peu de soif et d’anorexie.

Les symptômes trophiques ne tardent pas à se montrer ; ils consistent en atrophie des muscles, en lésions articuaires avec hydarthrose, en éruptions diverses à la peau.

En même temps et même avant toute autre altération du même ordre, la peau de la région sacrée est le siége d’une rougeur ombre érythémateuse, sur laquelle apparaissent rapidement des points gangréneux et de véritables eschares.

Les membres mférieurs sont plus ou moins envahis par un gonflement œdémateux. Cependant, si on compare leur température à celle des autres parties du corps, on la trouve assez souvent augmentée. Quelquefois, le malade lui-même a la notion de cette exagérauon de chaleur. M. Quinquand a noté encore des sueurs abondantes exactement limitées aux membres inférieurs, à l’exclusion des parties également protégées par les couvertures, telle que l'abdomen et le thorax. Mannkoptf avait déjà observé ce symptôme (1).

Arrivée à cette période, la maladie peut-elle rester stationnaire ou suivre une marche rétrograde? Les faits observés jusqu'à ce jour ne permetttent pas de le penser.

L’inflammation se propageant des parties inférieures aux parties supérieures de la moelle, la paralysie va gagner successivement les muscles du tronc, des membres supérieurs, le diaphragme lui-même, et amener la mort par engouement

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