‹ Essai Sur La Myélite Aiguë Centrale AscendanteChapitre 23 sur 24 · SL. +. UNE · texte numérisé non relu

SL. +. UNE

coupe la moelle fait hernie, toutefois il n’y a pas de ramollissement:

diffluent réel.

Cerveau. — Vascularisation considérable des méninges, arachnoïde et pie-mère, vascularisation très-intense à la face sur tout le cervelet, congestion très-vive, vascularisation très-intense du plancher du quatrième ventricule sous forme d’arborisation, vascularisation dans le corps rhomboïdal. Dans la protubérance : à gauche, en arrière dans une zone de la grandeur d’une petite lentille, pointillé et teinte ecchymotique ; en avant, dans l'écorce, également pointillé rougeâtre. Poinüllé rougeûtre. Pointillé vasculaire dans tout le cerveau (substance blanche et substance grise) ; les ventricules latéraux sont très-injectés ainsi que les méninges qui y sont contenues.

Le sang dans toutes les parties du corps. a une teinte rouge noiràtre, est poisseux et les membres sont comme injectés d’une grande quantité de ce liquide.

Ur examen plus complet de la moëlle a permis de noter :

Dans le tiers supérieur de la région dorsale :

À gauche: vascularisation intense, aspect tuméfié méchonné enflammé surtout de la corne antérieure de la substance grise teinte un peu ecchymotique de certains points de la substance grise, surtout autour des parties tuméfiées, rouges. À droite : tuméfaction et vascularisation, mais moindre de la substance grise. Le vaisseau du sillon postérieur était énorme.

Dans le tiers inférieur de là région dorsale : à gauche dans le cordon latéral et allant jusqu’à la substance grise, zône de vascularisation intense et detissu à aspect boursoufflé, tuméfié. Marbrure et arborisations multiples, tissu d’apparence tout-à-fait mâchonné.e

À droite: zône moins mâchonnée qu’à gauche, mais encore un peu tuméfiée et très-arboisée, cela dans le cordon latéral mais allant jusqu’à la substance grise. Cette substance grise, dans la corne antérieure, est très-vasculaire et un peu tuméfiée.

Dans la région lombaire, vers la partie moyenne : aspect tuméfié, vasculaire, un peu mâchonné de la substance grise... Dans d’autres points rapprochés, véritable aspect de tissu enflammé dela substance

sÙ fe = 12

HELENE grise, surtout des cornes antérieures, vascularisation dans quelques places des cornes postérieures avec arborisation, surtout à gauche.

Dans quelques zônes des cordons latéraux aussi, il y a des traces d'hypérémie avec dilatation anormale des vaisseaux, mais moms prononcée que pour la substance grise.

Enfin il existe une rougeur intense et une hypérémie des plus notables vers le canal de l’épendyme. Tous les signes de la myélite aiguë la plus manifeste existaient donc dans ce cas.

OgservarTion IV.

The a0é de 34 ans, courtier, entre à l'hôpital Beaujon, salle Saint-Jean, n° 6, le 5 février 1874.

Cet homme qui paraît bien constitué s’est couché bien portant le jeudi 29 janvier, et s’est réveillé à minuit, complétement paralysé des deux membres inférieurs. Il n'éprouva alors aucune douleur dans les jambes, il ne ressentit aucun malaise, et le premier, le seul symptôme qui attira son attention fut l'impossibilité de se lever et de se tenir debout.

Cependant il se souvient avoir eu une douleur en ceinture, mais peu intense. Avec la paraplégie survint immédiatement de la rétention d'urine ; depuis huit jours le médecin qui lui a donné ses soins a dû lui pratiquer un cathéthérisme quotidien.

Il a toujours été d’une bonne santé ; cependant, vers l’âge de vingt ans, 1l à eu plusieurs blennorraghies, et, il y a neuf ans, une attaque de rhumatisme articulaire aigu.

Il est presque impossible de se prononcer sur la question de la syphilis. Le malade nie tout chancre et on n’en trouve pas de traces : mais les ganglions de l’aîne et du cou sont un peu tuméfiés. Il a eu des maux de gorge 1l y à neuf mois, et son médecin lui a fait prendre de l’iodure de potassium. Aujcurd’hui, on trouve sur les jambes, la poitrine et les bras, quelques papules très-peu nombreuses, jaunerougetre et entourées d’une petite collerette épidermique.

Depuis trois ans que T... exerce le métier de courtier de com-

merce, il n'a jamais”éprouvé de fatigue excessive. Pendant les jours qui ont précédé l'invasion de sa maladie, il n’a commis aucun excès et n'a rien remarqué de particulier. |

État actuel, 5 février. — Face très-pâle, lèvres décolorées, anémie très-avancée, ce qui tient sans doute aux pertes de sang, que le malade fait depuis quelques jours en urinant.

Les membres inférieurs sont complétement inertes et flasques. Les mouvements qu'on leur imprime sont douloureux. Le pincement ne produit pas de mouvements réflexes ; le chatouillement de la plante des pieds en produit d'intensité moyenne. Les muscles sont pâteux, moins résistants sous le doigt; ils paraissent avoir perdu toute tonicité et sont peut-être déjà un peu atrophiés.

La sensibilité de la peau des membres inférieurs est peu modifiée. Intacte au niveau des cuisses, elle est légèrement affaiblie (contact léger), au niveau des jambes. Il n’y à pas d’analgésie : au contraire les pincements et les piqûres produisent une sensation douloureuse qui me paraît un peu exagérée.

La contractilité électrique, explorée à l’aide de courants faradiques est normale dans les muscles des cuisses, mais un peu affaiblie dans ceux des jambes, particulièrement du groupe postérieur.

Le malade est dans une demi-érection presque constante. Il n’urine pas spontanément, et depuis quatre ou cinq jours l’urine extraite par Je cathétérisme contient une grande quantité de sang. Elle est forte ment ammoniacale, très-riche en albumine et il est probable que cette albumine ne représente pas uniquement celle du sang. Dès le troisième jour de la maladie, 1l s'est formé des lésions de décubitus. On trouve aujourd’hui de chaque côté du sacrum, dans les points d'élection, une plaque violette, tuméfiée à base œdématiée et dure; celle de droite commence à s’excorier ; de plus, rougeur au niveau du grand trochanter droit.

En ville on a appliqué le long du rachis des vésicatoires volants qui empêchent d'explorer la sensibilité rachidienne. La partie supérieure du tronc et les membres supérieurs sont tout-à-fait indemnes. Il n’y à point de fièvre ct on ne trouve rien dans les viscères. La consti-

A LINE pation est très-opiniâtre depuis le début de la maladie. — Purgatif huïle de ricin 30 gr.

6 février. — Même état. L'huile de ricin n’a pas agi; On en redonne une nouvelle dose à laquelle on ajoute une goutte d'huile de croton. Dans l'hypothèse d’une syphilis et pour essayer un traitement actif : frictions dans les aisselles et les aînes, avec de l’onguent mercuriel, et potion avec iodure de potassium, 1 gramme.

7. — L'urine contient une plus grande quantité de'sang. Le cathé. térisme est facile et le sang provient très-vraisemblablement des reins. — La constipation persiste. — T. ax. 37,4.

8. — Pas de selless— Le suintement sanguinolent continue par la verge. k

Même état, général et local. — Lavements froids répétés.

9. — On a obtenu hier l'expulsion de quelques matières dures: Les urines sont de plus en plus sanglantes et muqueuses. L'état des membres inférieurs reste toujours à peu près le même: Sensibilité intacte au niveau des cuisses, un peu diminuée au niveau des jambes, plus à droite qu'à gauche. — Mouvements réflexes plus marqués à droite qu’a gauche. — Même prescription. s

40. — Garde-robes nombreuses hier soir, sous l'influence des lavements froids. L'état général devient plus mauvais; langue sale, perte de l’appétit, douleur dans la gorge refroidissement général, hoquet et nausées. Le soir, on constate encore que la sensibilité présente les mêmes caractères, mais on n’obtient plus de mouvements réflexes. — T.ax. 36,4.

Le malade meurt le 11 au matin, sans agonie.

Auütopsie faite 28 heures après la mort. — La famille ne ‘permet que l’examen de la moelle ; on recueille aussi l’un des reins.

Rigidité cadavérique aussi prononcée dans les membres inférieurs ‘que dans les supérieurs. L'eschare sacrée s'étend symétriquement sur les deux fesses .

Elle est un peu plus grande que la paume de la main ; elle est sèche déprimée, adhérente aux parties profondes, sa plus grande épaisseur est d'au moins deux centimètres.

que

Rein droit extrêmement volumineux. La surface est criblée de petites taches d’un blanc jaunâtre qui paraissent être de petits abcès bien arrondis. À la coupe on voit, sur un fond d’une coloration jaune rosée de nombreux abcès miliaires confluents surtout dans la substance corticale et les colonnes de Bertin. Dans les pyramides, quelques taches allongées, de même nature. Un certain nombre de ces petits abcès sont entourés d'un cercle de suffusion sanguine ; ils sont tout-àfait analogues à ceux de l'infection purulente ou bien encore à la lésion que les Anglais désignent sous le nom de rein chirurgical. Pour compléter cette ressemblance, il existe encore dans la substance corticale des taches troubles grisâtres, analogues à celle de la néphrite albumineuse et, de plus, de petites masses de la grosseur d’un pois, rouges,ramollies et contenant un détritus coloré par du sang. La muqueuse des calices du bassinet et de l’uretère est très-fortement hyperémiée.

Canal rachidien. — Congestion des veines rachiennes et imbibition sanguine du tissu cellulo-adipeux périméningien, dure-mère violette, très-hyperémiée. Les vaisseaux sous-arachnoïdiens sont gorgés de sang, ils sont plongés dans un tissu infiltré d’une sérosité un peu trouble, qui est accumulée surtout dans la région dorso-lombaire.

La moelle à partout une consistance remarquable qui me parait même un peu exagérée au niveau du renflement lombaire. Sur les coupes transversales, on ne trouve absolument rien à noter; cependant la substance grise a une couleur rosée plus vive qu’à l'état normal.

Examen historique. — Moelle.— On étudie d’abord divers points de la moelle par la dilacération. Après avoir iaissé macérer de petits segments de la moelle dans du liquide de Müller, on en dissocie divers fragments soit dans ce même liquide soit dans du picrocarmin.

Cette méthode permet de constater les altérations suivantes :

4° Exsudation granuleuse diffuse et abondance exagérée, en certains points, des fibrilles que contient normalement la névrolgie ;

9° Gonflement des éléments cellulaires de la névrlogie ; quelquesunes ont deux ou trois noyaux; presque tous contiennent, de plus, une quantité plus ou moins grande de granulations graisseuses. Dans quelques préparations, et autour des tubes nerveux altérés, on trouve des

ARR Se corps granuleux énormes, ovoïdes ou arrondis, remplis de grosses vésicules ou de gouttelettes graisseuses, peut-être aussi d'espaces vésiculeux ;

30 State sanguine dans la plupart des vaisseaux épaississement des parois vasculaires par multiplication des éléments cellulaires qui les constituent; transformation fibroïde de quelques gaînes péri-vasculaires;

4 La lésion la plus intéressante consiste dans la tuméfaction de certains groupes de cylindres d’axe. Au niveau des parties gonflées, ces cylindres d’axe sont devenus moniliformes ; d’autres se sont fracturés et se terminent par une masse arrondie, dont la forme variable ressemble à celle d’une toupie, d’une massue, d’une raquette ou bien encore d'une baguette de tambour.

IL résulte même de cette altération, des formes bizarres qui échappent à toute description. Sa partie gonflée est habituellement cinq fois plus large que la portion restée saine ; mais quelques cylindres devenus réellement monstrueux présentent au niveau de leur renflement . jusqu’à dix à douze fois leur diamètre normal. La fine striation longitudinale, de la substance qui constitue le cylindre d’axe, se poursuit dans les points renflés ; mais elle s’y transforme en chapelets de granulations brillantes, (probablement graisseuses) plus ou moins grosses et confluentes. Quelques renflements complétement détachés et fortement granuleux me paraissent même constituer une variété de Corps granuleux, c’est d’ailleurs autour de ces tubes altérés que se trouvent les plus nombreux et les plus gros corps granuleux.

Les cylindres d'axe ainsi altérés sont entourés d’une myéline molle, diffluente, finement granuleuse, qui se désagrége facilement et les laisse à nu sur une très-grande longueur.

5° Un grand nombre de cellules nerveuses sont profondément modifiées ; la plupart d’entre elles ont pris un aspect vitreux, très-réfringent, finement granuleux, et ont perdu une partie de leurs prolongements ; dans quelques cellules, l'aspect vitreux a envahi les prolongements, où seulement l’un deux et ceux-ci sont alors gonflés et noueux. Ces cellules ont un volume normal, quelques-unes sont peut-être atrophiées ; eependant, dans une préparation, on voit deux

\ an ; ; Î

| | — 65 — cellules gonflées dont le protoplasme est creusé de deux grands espaces vésiculeux. ; ; | On étudie ensuite la moelle sur des coupes transversales, après durcissement dans l'acide chromique, et coloration par le picro-carmin. Ces préparations, faites en très-grand nombres montrent des lésions qui dans leur ensemble peuvent être décrites de la manières suivante :

Méninge. — Hypérémie. — Multiplication cellulaire des parois vasculaires et des cellules du tissu conjonctif ; amas de globules blancs autour des vaisseaux et entre les fibres conjonctives. Dans les sillons l’antérieur surtout, épanchements plus ou moins considérables de substance colloïde finement granuleuse, creusée d'espaces vésiculeux arrondis.

Substance grise. — Hyperémic. LE Épaississement fibroïde des

vaisseaux. —Exsudation colloïde autour des plus gros, particulièrement

des veines centrales. — Canal central plus ou moins distendu par la même matière colloïde que celle qui entoure les vaisseaux. On voit également dans quelques préparations des amas colloïdes dans l’épaisseur même du tissu nerveux ; mais ils sont rares et peu abondants.

Les cellules nerveuses, aussi bien les antérieures que les postérieures, sont presque toutes altérées. Elles sont en général un peu atrophiées : quelques-unes ont peut-être disparu, mais c’est fort douteux. Leurs prolongements sont rares, grêles, ou même nuls. Ces éléments ont subi une sorte de transformation vitreuse, qui leur donne l'aspect d’un corpuscule arrondi ou allongé, fortement réfringent, finement granuleux. Le noyau est refoulé par le protoplasma ainsi transformé et se voit nettement dans un point de l'élément, plus rarement :l est masqué par le bloc vitreux. Ces cellules vitreuses sont dépourvues de pigment, ou en contiennent fort peu; mais dans d’autres cellules, on trouve du pigment en assez grande abondance ; aucun élément, cependant, n’a subi l’atrophie pigmentaire. Les éléments de la névroglie sont partout très-abondants : mais ils ne sont nettement gonflés et multipliés que dans les coupes où l'altération des cellules nerveuses est le plus avancée.

Substance blanche. — Hyperémie générale. — Épaississement des

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parois vasculaires. — Suffusions sanguines composées de globules”

rouges non altérés et disposés par petits amas dans les cordons latéraux. — Tissu interstitiel peu altéré ; 1l est cependant un peu épaissi et infiltré d'éléments cellulaires autour de quelques vaisseaux ; dans certaines coupes, on y voit des amas de substance colloïde analogue à celle qui entoure les vaisseaux de la substance grise ; ces amas refoulent plus ou moins ES tubes nerveux, en se moulant ue ainsi dire sur eux.

La lésion la plus importante consiste Le des groupes de cylindres altérés qui sont disséminés ça et là très-irrégulièrement dans les fais-

ceaux latéraux et les cordons postérieurs. Ainsi se trouvent constitués |

de petits foyers qui contiennent environ de dix à deux cenis tubes nerveux, dont les cylindres d’axe sont considérablement tuméfiés. Ces cylindres, de cinq à vingt fois plus larges que ceux des tubes voisins, se présentent sous l'aspect de blocs vitreux fortement colorés par le

carmin ; ils sont arrondis, ou irrégulièrement sinueux, quelques-uns

renferment une partie centrale très-granuleuse, d’autres, enfin, sont creusés d'espaces vésiculeux.

A côté des tubes malades et au milieu d'eux, se trouvent des espaces vides, qui devraient être occupés par des tubes ; quelques-uns d’entre eux contiennent des corps granuleux rendus jure méconnaissables par les réactifs.

Les foyers les plus altérés contiennent un très-grand nombre de . ces espaces vides, et de cellules granuleuses. Ce sont de véritables points ramollis, au milieu desquels on ne reconnaît plus que la charpente conjonctive, des cellules granuleuses et des segments de cylindre d’axe profondément altérés. Quelques-uns de ces petits ramollissements circonscrits contiennent, en outre, des globules rouges extravasés.

Les altérations précédentes, décrites d’après l'étude, d’un grand nombre de coupes, sont réparties d’une facon extrêmement irrégulière.

La moelle est altérée depuis la huitième paire cervicale jusqu’à la deuxième paire lombaire.

Le maximum des lésions de la substance blanche et des petits

hr

foyers de ramollissement, : avec ou sans extravasation sanguine, s'étend de la première à “a quatrième dorsale. Au niveau des quatrième et cinquième paires dorsales, on remarque le maximum des exsudations colloïdes qui siégent autour des vaisseaux, dans le canal central et dans le tissu interstitiel de la substance grise et de la substance blan- -che. Enfin, c’est au fniveau des cinquième et sixième paires dorsales

que se trouvent les lésions les plus marquées de la substance grise,

soit la multiplication des noyaux de la névroglie et la transformation vitreuse des cellules nerveuses.

5 : TE ne 5 Es f ae Racines nerveuses. — Etudiées seulement après macération prolongée des pièces dans l'acide chromique, elles n'ont fait voir que des altérations fort douteuses.

Muscles. — Les fibres musculaires provenant de fragments des muscles des cuisses sont presque toutes altérées, leur principale modification consiste en une dégénérescence granulo-graisseuse encore peu avancée ; çà et là, on y voit aussi une tuméfaction des cellules dites de sarcolemne, avec augmentation des noyaux. |

Rein. — L'étude histologique du rein montre absolument les mêmes lésions que celles:qui sont décrites sous le nom d’abcès métastatiques. Ce sont des foyers purulents extrêmement nombreux, disséminés partout, aussi£bien dans les pyramides que dans la substance corticale.

Assez régulièrement arrondis ou ovalaires, quelques-uns d’entre eux paraissent répondre Ësur; des coupes transversales, à la division lobulaire du rein.

La périphérie de ces abcès se fait remarquer pour la dfetation des vaisseaux avec stase, et même des extravasations sanguines. Celles-ci se trouvent soit dansfle tissu interstitiel, soit dans les tubes. Le centre de l’abcès est caséeux, et il est occupé invariablement sur toutes les préparations par un amasfarrondi, ou allongé, composé par une substance granuleuse verdâtre qui£m'a paru être située dans les débris des canalicules. Suriiles coupes parallèles aux pyramides, les foyers purulents paraissent moins réguliers ; ils correspondent encore très-

UE — 68 — Fe

exactement à des tubes collecteurs bouchés par celte même : matière verdâtre. | | AT ARS Dans les vaisseaux voisins du it on trouve de amas de globules

rouges et de fibrine, mais rien d’analogue à cette matière verte. En

dehors des abcès, dans le reste du parenchyme, pas de lésions, les

cellules che sont même remarquablement conservées. L'atten-

tion devait évidemment porter sur cette matière verte, dont le siége

particulier indiquait nettement le rôle dans la formation des abcès. La couleur verte m'a paru être simplement le résultat de la macée

ration dans l'acide pie traitée par les acides acétique, oxali-

que, formique, elle n’a subi presque aucune modification. Examinée à un fort grossissement, elle est décomposée en une masse de petits bâtonnets pressés les uns contre les autres.

OBsERvATION V.

(La note clinique a été recueillie par M. Groux, interne du service).

V.., âgé de 40, ornementiste, entre à l'hôpital Beaujon, salle Saint- Jean, n° 4, le 23 février 1874.

Cet homme, d'une constitution robuste, bien musclé, à poitrine large, n’a jamais été malade. | $

Ses parents se portaient bien et lui-même n’a jamais eu de manifestations diathésiques, pas de syphilis, pas de rhumatisme, pas de scrofule.

Il est sobre et n’a jamais fait d'excès de boissons ; il n’a pas fait non plus d'excès vénériens. Le logement qu’il habite est sain : son métier peu pénible ne l'expose à aucune intoxication et il l'exerce sans interruption depuis 20 ans. Dans ces derniers jours : ne s’est livré à aucun excès.

Le 8 février, il prit un rhume qui le força à modérer un peu son

travail sans le suspendre entièrement. Comme ce rhume au lieu de s’amender le tourmentait davantage, il alla le 21 février consulter un médecin. Depuis quelques jours (3 ou 4), il éprouvait un peu de

; — 60 Dre — fatigue dans Les jambes mais il pensait que cette faiblesse était sous | à

FT la fie de sa bronchite et il n'en parla pas même à son à J

SALUT ESRE médecin.

(20 Jr Le soir du même out. 21, il sortit encore pour faire une course, et tout en remarquant qu'il était fatigué, il put encore bien marcher. Cest dans la nuit du 21 au 22, que voulant se lever pour boire, il ne put bouger de son lit: ses be étaient ! paralysées. Dès le len-

demain matin 2, il ne put uriner.

Ai : Quelques jours auparavant, il avait éprouvé par moments dans les

Et jambes et surtout la gauche des sortes de secousses ou de soubresauts

7 qui n'avaient duré que quelques instants. Il n’a pas eu de douleurs en ceinture, ni de fourmillement ou de douleurs dans les extrémités.

À Etat actuel, lundi soir 23: malade très- abattu, figure cyanosée, "41 8 respiration courte, haletante, menaces d'asphyxie. Pouls. 440. [LASNRNeS Tax 98,5, er . Décubitus latéral droit, pas d'eschares ; mais rougeur de la fesse RER | droite et du grand trochanter du même côté, avec épaississement du | tissu cellulaire sous-cutané.

; ASE __ La face, les membres supérieurs, les muscles du tronc ont conservé tous leurs mouvements et leur sensibilité. Les membres inférieurs sont complétement paralysés, leurs muscles sont mous et retombent lourdement sur le lit quand on les soulève.

Les mouvements réflexes explorés par le pincement ou le chatouillement sont nuls.

La sensibilité cutanée (au contact léger, aux piqüres, pincements, à la chaleur) est intacte; pas de retard dans la perception, pas d’erreur de lieu. L’exploration’ électrique (courants induits) produit des contractions assez énergiques dans tous les muscles des deux membres. Il semble cependant que ceux de la région antérieure de la cuisse se contractent mieux que ceux de la jambe. Il n’y a pas de déformation - du rachis, pas de douleur à la pression des apophyses épineuses, pas de douleur en ceinture. Pas d’œdème des membres inférieurs; rien

au cœur.

Sn ne AR

Dans les poumons, “râles sous-crépitants, disséminés ; submatité

aux deux bases.

Par le’cathétérisme qui a dé été pratiqué une fois en ville cematin, on extrait un litre d'urine acide, sans coloration sanguinolente, sans dépôt albumineux par les réactifs, — la verge est en demi-érec-

tion, — pas de selles depuis six à huit jours, — PRÉSATIpHIONS lave

ment purgatif. von |

Le malade meurt le 24 nes à 4 heures du te par asphyxie.

Autopsie, 28 heures après la mort. — Rigidité cadavérique très-

} prononcée, aussi forte dans les membres inférieurs que dans les supérieurs. |

Le canal rachidien est rempli de sang ; la dure-mère adhère aux

corps vertébraux, elle est friable et se déchire facilement quand on

cherche à l'enlever ; les veines rachidiennes sont remplies de sang et de

gros caillots.

A la région cervicale on trouve quelques adhérences entre la durémère et l'arachnoïde : d’ailleurs partout la surface interne de la dure-

mère à une couleur rosée ou violette. Les vaisseaux sous-arachnoïdiens sont gorgés de sang, les veines notamment sont extrêmement distendues ; les mailles du tissu sous-arachnoïdien sont infiltrées, en arrière,

par une sérosité louche assez abondante, accumulée surtout à la région

dorso-lombaire. Les vertèbres sont saines.

La moelle à une consistance normale ; sur les coupes transversales, on ne voit qu'une rougeur intense de la substance grise.

Cerveau. — Distension des veines cérébrales de la surface des hémisphères, — sur les coupes des hémisphères, piqueté intense dû à la

stase veineuse; dans les ventricules, liquide un peu abondant ; — le tissu cérébral paraît sain ; — même particularité pour le cervelet et le

bulbe.

Pouinons. — Émphysème généralisé, — hypérémie et hypostase; —

muçus abondant dans les petites bronches.

Lu Cœur. — À peu près sain, ainsi que l'aorte.

Foie. — Un peu volumineux et légèrement gras.

Reins. — Volume normal ; — le parenchyme paraît sain : = dans

AA Or de

“da muqueuse du bassinet, petites ecchymoses; F muqueuse vésicale

a n le siége d’une sorte d'éruption purpurique confluente,

On retrouve aussi une vascularisation anormale et. quelques pétéchies dans la muqueuse du rectum.

Examen histologique. — La moelle a été soumise aux mêmes études que la précédente et la ressemblance des résultats obtenus nous

k permet d’ être ici plus concis. Fi. Da

Dilacération. — Montre une. cadton interslitielle, dut et

granuleuse ; — des corps granuleux peu volumineux, possédant tous

au moins un noyau, et disséminés partout aussi bien dans les préparations de la substance grise que dans celles de la substance blanche ; — quelques tubes tuméfiés, moins altérés et beaucoup plus rares que dans la moelle précédente ; — des cellules nerveuses vitreuses, déformées.

Examen des coupes. — Avant le durcissement complet, on a re-

… marqué sur la surface des segments de moelle des taches ocreuses in-

diquant des petits foyers hémorraghiques disséminés dans les 2/3 supérieurs de la région dorsale.

Les préparations présentent des particularités ie suivant les régions. On peut cependant faire une description d'ensemble résumant les points les plus importants.

Arachnoïde épaissie ; — dans le tissu sous-arachnoïdien, vaisseaux dilatés, remplis de sang, multiplication des cellules conjonctives et infiltrations plus ou moins importantes de globules blancs.

Hypérémie considérable de tous les vaisseaux de la moelle; leur gaîne et leur paroi sont épaissies; autour deux est accumulé un exsudat colloïde plus ou moins abondant, ou bien des amas de glo-

bules blancs, et quelquefois aussi de rouges ; le fond du sillon anté-

rieur notamment est distendu par un amas colloïde plus ou moins considérable.

Toutes les grosses travées du tissu interstitiel surtout autour des vaisseaux sont épaissies; de même en bien des points les espaces anguleux qui séparent les tubes nerveux sont élargis.

Ces épaississements sont dus à des exsudats colloïdes libres qui écartent plus ou moins les tubes nerveux, ou bien à la production

PA 7 Re

entre les fibrilles du tissu de la névroglie de petites masses anguleuses ou arrondies, fortement colorées par le carmin et qui paraissent dues à la transformation colloïde d’un certain nombre de cellules de la névroglie. Les tubes nerveux sont peu altérés ; cependant, çà et là la myéline, probablement très-diffluente, a disparu et la coupe du cylindre d'axe semble être située dans un espace vide. Quelques-uns de ces espaces contiennent des cellules granuleuses, résidus des corps granuleux vus à l’état frais. On ne trouve d’amas de tubes nerveux à cylindre d’axe tuméfiés que dans un très-petit nombre de coupes.

La substance grise est tout aussi hypérémiée que la substance blanche. La plupart de ces vaisseaux remplis de globules rouges ou de globules rouges et blancs, ont une paroi très-épaisse dont la coupe présente, en certains points, l'aspect du tissu muqueux. Dans la gaine et en dehors d’elle se remarquent les mêmes dépôts colloides que dans l’autre moelle. Le canal central est presque partout obturé par une accumulation de cellules épithéliales, dont quelques-unes sont creusées d’espaces vésiculeux.

Dans toute l'étendue de la substance grise on trouve une infiltration plus où moins grande d'éléments cellulaires arrondis, granuleux, qui se voient surtout bien dans les préparations montées dans la glycérine.

Ce sont des corps granuleux encore récents qui proviennent de la multiplication des cellules de la névroglie ; dans quelques endroits, la trame fibrillaire dans laquelle ils sont disséminés est notablement épaissie.

Les cellules nerveuses offrent les mêmes modifications que dans la moelle précédente, c’est-à-dire que leur altération principale consiste en une transformation vitreuse du protoplasma avec disparition ou atrophie des prolongements.

Outre ces altérations qui se trouvent développées à des degrés divers depuis la huitième cervicale jusque vers la fin de la région lombaire, on trouve encore une altération importante qui règne de la troisième paire dorsale à la sixième, et attemt son maximum de développement au niveau de la quatrième. Cette lésion consiste en des amas de substance

Muffi 2 1e colloïde infiltrant la substance grise des deux côtés. [ls se présentent sous l'aspect de petits lacs irréguliers, qui, après avoir suivi la direction des principaux vaisseaux, écartent la substance nerveuse en se glissant entre la substance nerveuse. Ces épanchements sont formés par la même matière que celle que nous avons déjà décrite dans l’observation précédente. |

C’est une substance fortement réfringente, finement granuleuse, qui se colore fortement par Le carmin et dans laquelle se voient des espaces vésiculeux arrondis.

Coagulée par les réactifs, elle résiste à l’action de l’acide acétique cristallisable. ce

Les tubes nerveux qui entrent dans la composition des racines antérieures et postérieures paraissent sains ; mais leur étude n'ayant été faite qu'après plusieurs jours de macération dans l’acide chromique ce point reste douteux.

Dans le nerf sciatique étudié après quelques jours de macération dans le liquide de Müller, on trouve des tubes dont la myéline est granuleuse ou même remplie d'assez grosses granulations graisseuses.

Muscles. — Les fibres musculaires des cuisses présentent les mêmes particularités que celles de l’observation précédente, soit infiltration granulo-graisseuse du contenu strié et tuméfaction des cellules musculaires. |

Imprimerie A. DERENNE, Mayenne, — Paris, boulevard Saint-Michel, 62.

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