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Essai sur la nomenclature et la classification des principales branches d'art -et- science: ouvrage extrait du chrestomathia de Jérémie Bentham

Il y a huit ou dix ans, lorsqu’on commençait à apprécier en Angleterre les avantages de la méthode d’enseignement mutuel , méthode qu’on n’avait encore adaptée qu’aux branches élémentaires d’instruction, M. Bentham s’occupait des moyens de l’étendre aussi aux branches supérieures, à l’enseignement des arts et sciences, aussi bien qu’à celui des langues étrangères.

' Dans ces vues il rédigea, sous le nom de Chrestomathia^ le projet d’une école chrestomathique où ce nouveau système d’enseignement serait adapté à toutes les branches d’instruction qui pourraient être utiles, tant aux classes élevées qu’aux classes moyennes de la société. Il y joignit deux tableaux synoptiques, dans le premier desquels il réunit : i°les divers avantages de l’instruction , 2° les considérations qui doivent régler l’ordre des études , 3° l’ordre des études à

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suivre dans cette école, 4“ les branches d’enseignement qui sembleraient devoir en être exclues, avec les raisons de leur exclusion. Le second tableau offrait un arrangement méthodique des principes sur lesquels la direction des études devait être basée, et des exercices correspondants à faire subir aux élèves.

Pour établir l’ordre des études , il lui fallut embrasser la vue du champ entier de l’art-etscience humaine, et se faire une idée distincte de toutes ses différentes parties, afin d’en apprécier l’importance respective. Mais ici il eut à vaincre de nombreux obstacles provenans du vague et de l’incertitude des dénominations usitées pour distinguer la plupart des branches , des définitions confuses et si variables données par les différents auteurs, et souvent du manque total de dénominations convenables à des portions très importantes de ce champ. Cette circonstance réveilla en lui des idées long-temps assoupies que lui avait suggérées la lecture con-

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tinuelle des ouvrages de d’Alembert. Malgré l’admiration passionnée que depuis son enfance il avait eue pour cet auteur, il avait été toujours frappé de la confusion et des erreurs qui régnaient dans son Système figuré des connaissances humaines ; et maintenant il sentit encore plus l’importance qu’aurait un pareil tableau si les compartiments en eussent été nettement séparés, et qu’on eût pu être assuré qu’il embrassât le sujet entier sans que rien y fût omis. Il résolut donc de faire lui-même l’essai d’un nouveau tableau synoptique des arts et sciences humaines, travail qu’il ajouta à sa Chrestomathia avec une explication détaillée en forme d’appendice, où il fil voir les défauts les plus essentiels du système de d’Alembert, et les principes qu’il avait suivis dans le sien.

Cette seconde partie de son ouvrage, quoique traitée par l’auteur comme question inci^ dente, m’a paru d’une grande importance non seulement pour le but direct dans lequel il avait

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été dressé, mais encore pour fixer les idées qu’on a déjà sur les arts-et-sciences, et pour obvier aux erreurs qu’occasionent si souvent les fausses dénominations. J’ai cru en conséquence qu’elle pouvait être elle-même le sujet d’un traité distinct.

C’est dans la pensée que ce traité pourrait être de quelque intérêt au public Français que je lui offre les pages suivantes où j’ai extrait du Chrestomathia tout ce qui a rapport à la Nomenclature et à la Classification des branches d’art-et-science.Les changements que j’y ai faits sont principalement dans l’ordre des matières qui ne devait plus être partout le même, l’objet de l’Essai n’étant plus l’enseignement seul de ces branches. J’ai aussi, à quelques occasions, prolongé un peu les subdivisions pour faire voir comment la méthode de M. Bentham s’adapterait avec avantage à la distribution des dernières ramifications de l’arbre d’art-et-science. C’est surtout dans les exemples de l’Anorgano-

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logie, de la Zoologie, de la Phytologie, de la Mécanique, de la Technologie el de la Grammaire, que j’ai hasardé quelques développemens. Quant aux premiers embranchements, ils sont partout les mêmes que dans le tableau de M. Bentham,

Une seule circonstance aurait pu détourner M. Bentham d’entreprendre ce travail. C’est le grand nombre de termes nouveaux qu’il a fallu introduire , et qui , devant être pour la plupart tirés de la langue grecque, sembleraient devoir rebuter le lecteur , et encore plus l’écolier. Mais, pour l’écolier chrestomathique qui n’aura pas encore appris les dénominations actuelles, il sera tout aussi facile de lui rendre familiers ces nouveaux termes que les anciens ; et, quant au but actuel de ce traité, l’exemple de ce qu’on a déjà fait à l’égard des branches qui jusqu’ici sont approfondies avec le plus de soin, telles que la Médecine, la Botanique , etc. , m’a encouragé à en faire

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de même pour le champ général d’art-etscience.

Voici Tordre que j’ai suivi dans cet Essai.

Dans le premier chapitre j’ai fait yoir^ les qualités que devrait réunir toute dénomination donnée à une branche d’art-et-science , et les défauts correspondants dont ces dénominations sont susceptibles. Les inconvénients de ces défauts sont plus particulièrement exposés dans l’exemple des termes Histoire naturelle^ Philosophie naturelle^ Mathématiques^ etc.

Le deuxieme chapitre contient la revue du système de d’Alembert et le détail de ses imperfections.

Le troisième renferme quelques développements de- la méthode suivie dans la nouvelle table systématique.

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Le quatrième contient l’explication détaillée de ce tableau /et des principes qui ont servi de base à chaque division.

Enfin, dans le cinquième, j’ai posé quelques règles sur la manière de dresser un pareil arbre ou tableau sur telle portion que l’on veut du champ entier.

Un grand nombre de dénominations usitées n’ayant pu trouver place dans la table synoptique , soit à cause du vague de leur signification , soit par le peu d’étendue des branches qu’elles désignent, j’ai ajouté une table alphabétique de tous les noms anciens et nouveaux donnés à quelque portion du champ d’art-et-science. J’ai indiqué les divisions de la table générale auxquelles on doit rapporter ces différentes branches , en distinguant les noms qui me paraissent assez expressifs pour être conservés ou adoptés ; et les dérivations, que j’ai cru devoir ajouter, mettront le lecteur à

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meme de juger des qualités et des défauts respectifs de ces termes.

Afin de faciliter la conception des remarques faites sur le système de d’Alembert, une réimpression de son tableau, tel qu’il est donné dans ses Mélanges, se trouve à la fin de cet Essai.

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