INSTRUCTIONS
IV. Cherchez ensuite deux mots dont la signification, toujours comprise dans celle du tronc principal, soit en même temps la plus étendue, Appliquez-leur la formule contradictoire , afin de vous assurer que, réunis, ils répondent exactement au tronc. Dans ce cas , ils partageront votre sujet en deux portions omnicompréhensives , et vous aurez ainsi obtenu votre première ramification.
V. Si vous ne trouvez pas deux mots qui réunissent ces conditions, prenez seulement celui qui , après le tronc principal, paraît être le plus étendu de votre liste. Ce nom doit être un adjectif désignant une propriété positive. En l’ajoutant au nom de votre tronc principal vous avez le nom systématique d’une de vos deux premières branches ; le signe de négation ajouté au même adjectif vous donnera l’autre branche.
VI. Continuez de la même manière vos ramificc^tions bifurquées aussi loin que vous désirez porter la division , cherchant , a chaque pas que vous ferez, deux adjectifs contradictoires et déjà en usage s’il se peut , en faisant attention toujours que l’adjectif positif désigne une pro,-
priété aussi générale , aussi claire et aussi distincte que possible.
VIL Ayant ainsi deux noms systématiques et biépiques , cherchez ou formez deux noms monoépiques dont la signification soit la même. Ces noms se rangeront dans votre table audessous des noms systématiques, et serviront tant pour la désignation ordinaire que pour la division ultérieure des branches.
VllI. Si, au lieu de ces adjectifs, il se présente à votre esprit deux substantifs monoépiques qui vous paraissent omnicompréhensifs , formez toujours les deux noms systématiques, afin de vous assurer qu’ils possèdent cette qualité et de fixer le sens que vous leur attribuez.
Ainsi dans la table ci-jointe , à la division de l’Epicosmologie, deux propriétés se sont présentées comme devant partager le sujet en deux parties distinctes et omnicompréhensives, savoir celle de posséder la vie et celle d’en être privé ; ces propriétés étant de plus contradictoires, elles m’ont fourni les noms systématiques Epicosmologie embioscopique et Epicosrnologie abioscopique. Aucun nom monoépique.
1^4 INSTHUCTIÜNS
\(léjà en usage ne répondant exactement à ces deux branches , j’ai formé ceux à' Emhiologie et à' Ariorgaiwlogie.
‘Dans la division de l’Embiologie , ce sont au contraire deux noms existants monoépiques, Zoologie et Phytologicy dont l’ensemble m’a paru correspondre exactement au tronc. J’ai formé, par conséquent, les deux noms systématiques et contradictoires Embiologie zooscopique et Embiologie azooscopique , qui , par leur synonymie exacte avec les noms monoépiques, m’ont donné la preuve de leur omnicompréhension , et fixent, dorénavant, le sens précis qu’il convient de leur attribuer.
IX. Toutes ces règles seront encore incomplètes pour l’usage , si l’on ne fait attention à la distinction qui existe entre les noms à' entités réelles et ceux ài entités factices. Les êtres soit matériels soitspirituels sont des entités réelles ; les noms de propriétés, de rapports, désignent des entités factices. Les mots animal, mammifère, oiseau, esprit, sensation, loi, etc., expriment des entités réelles; la Zoologie, la Masiozoologie , V Ornithologie , la Pneumatologie , la Pathoscopie, \ïi Législation, etc., sont des entités fac-
tices D’Alernbert, je crois, fut le premier à établir cette distinction si importante, et à signaler les erreurs qui résultent de leur confusion habituelle, les memes noms étant souvent donnés aux deux classes d’entités. C’est peutêtre cette confusion seule qui a été la cause des nuages et de l’obscurité qu’ Aristote et Platon ont jetés sur tout le domaine de la Pneumatologie. •
X. En continuant votre division , d’apres les règles précédentes, il vous arrivera peut-être qu’une série de noms se trouve laissée en arrière , sans qu’elle puisse être comprise dans aucune de vos dernières branches ; cela provient de la diversité des bases sur lesquelles une division peut être fondée : au reste vos ramifica-
’ Voici encore quelques exemples qui donneront une idée plus exacte des entités factices.
1° Entités factices physiques ; Mouvement ^ repos, qualité, etc.
2° Entités factices éthiques : Obligation, droit, pouvoir, etc.
3° Entités factices coénontologiques : Condition , certitude, impossibilité , etc.