Physiologie animai e.lLniîn ]a physiologie ani
est-.
maie , où se trouve comprise Torganogénie , étudie les causes de la vie dans les animaux , la formation et les fonctions de leurs organes , ainsi que la physiologie végétale le fait pour les plantes, b. Classification.
L'ordre dans lequel nous rangeons ici ces sciences ne présente aucune difficulté : la zoonomie ne peut établir des lois qu'en partant des faits observés parle zoographe et l'anatomiste, et la classificalion natu-
PKEUlBRfi PAaXIE. 8
au
relie qui résulte de ces lois peut seule guider le physiologiste dans ses travaux , quand il veut embrasser tout l'ensemble du règne animal.
La science du premier ordre qui a pour objet spécial la connaissance de cet ensemble , et qui comprend les sciences du troisième ordre dont nous venons de parler, s'appelle la ZOOLOGIE. Je n'ai pas besoin d'avertir qu'elle renferme tout ce qui est relatif à l'homme, considéré sous le rapport de son organisation 5 que c'est par conséquent dans la zoographie que se place l'histoire des différentes races du genre humain, et queTanatomie et la physiologie humaine sont comprises dans l'anatomie et la physiologie animale. La zoologie se divise en deux sciences du second ordre : d'abord la zoologie élémeis'taire , qui comprend la zoographie et l'anatomie animale; puis la zooGNOSiE, qui contient la zoonomie et la physiologie animale. Le tableau suivant expliquera cette classification.
Science du !«' ordre. I Sciences du 2* ordre. | Sciences du 3» ordre.
{Zoographie.
Anatomie aoimale.
ZUULUUlt; <
( Zoonomie.
Zoocnoêix. <
Physiologie animale.
Obsehvatioks. Le lecteur a sans doute reconnu ici une nouvelle application des quatre points d« vue qui se sont déjà présentés tant de lois , et il n'a pu méconnaître le point de rue autoptique dans la zoographie ; le point de vue cryptoristique dans
ranatomie animale ; le tropODomique(i)dai]s la zoonomie^et le cryptologique dans la physiologie animale , où en étudiant la formation et les fonctions des organes , on s'occupe par là même de ce qu'on peut appeler les causes de la vie.
§ IV
Sciences du troisième ordre relatives à Vutilité ou à r agrément que nous retirons des animaux , aux travaux et aux soins par lesquels nous nous procurons les matières premières tirées du règne animal,
La zoologie nous ayant fait connaître les animaux en eux-mêmes , il nous reste à les étudier sous le rapport des avantages qu'ils peuvent procurer à l'homme.
a. Énomération et définitions.
I. Zoochrésie. La première science qui se présente ici a pour but de faire connaître , d'une part , les procédés par lesquels on obtient , on nourrit , on rend propres aux différens services que tious pouvons en retirer, les animaux qui nous sont soumis; de
(1) Il est presque inutile de remarquer que ce ne sont pas des comparaisons quelconques, mais seulement celles qui ont pour objet d'établir des lois générales , des classifications naturelles , ou des règles pour déterminer dans chaque cas les méthodes qu'il conyient d'employer, qu'on doit considérer comme constituant le point de Tue troponomique ; en sorte que, quand après aToir décrit dans le plus grand détail, soit pour les caractères extérieurs, soit pour les organes internes, un animal comme le type d'an embranchement , d'une- classe , d'un genre , on se borne , au lieu de décrire les autres de la même manière, à en signaler les différences avec le premier, on ne fait que de laioogra' phie ou de ranatomie animale , et non de la zoonomie.
il6
lautrCjCeux par lesquels nous cous procurons les espèces sauvages qui peuplent la terre , les fleuves ou les mers. Ainsi, la nourriture des troupeaux et des animaux domestiques de toute espèce , jusqu'aux oiseaux dont le chant nous récrée j T éducation des abeilles et des vers à soie , la chasse et la pèche , la préparation des matières animales pour les amènera l'état où elles sont livrées au commerce et à l'industrie, et les moyens de les conserver jusqu'à cette époque , sont également compris dans cette science que j'appelle zoochrésie , de XP*^'<^''> usage, action de se servir,
2. Zooristique. Une seconde science du troisième ordre relative au même objet , comprend tout ce qui se rapporte à la détermination des profits et des pertes qui peuvent résulter d'une spéculation sur les animaux, soit réalisée, soit simplement projetée, comme d'un troupeau, d'un haras , d'un rucher, d'une magnanicre, d'un étang, de Tafirélement d'un navire pour la pèche de la morue ou de la baleine, etc. De même que l'évaluation d'un champ qu'on se proposait de louer ou d'acheter faisait partie de la cerdoristique agricole, de même la détermination de la valeur des animaux qu'on est dans le cas d'acheter pour quelque usage que ce soit, et , par conséquent , les signes auxquels on reconnaît leur âge, leurs forces, leurs défauts, etc., appartiennent à la science pour laquelle j'ai fait le nom de Zooristique*
3. OEcionomie, Pour compléter nos connaissances relatives aux procédés d'éducation des animaux , de préparation et de conservation des substances qu'ils nous fournissent , procédés qui souvent sont si différens selon les temps et les lieux , il faut comparer ces divers procédés dans la vue de choisir les meilleurs ; c'est ce qui peut se faire de deux manières : l'une , purement expérimentale, consiste à partir des résultats obtenus , et à déduire de cette comparaison des règles d'après lesquelles on puisse se diriger dans le choix de ceux qui oifrent le plus d'avantages. J'ai donné à cette science le nom d'cecionomie, du grec otxsiô^, Jome5«i^ue, que j'entends ici des animaux, et dont je me suis servi , parce que hors le cas d'une volière ou d'une ménagerie , il n'y a guère que les animaux domestiques qui puissent être l'objet des comparaisons et des améliorations dont elle s'occupe.
4. Tïirepsiologie. L'autre manière de comparer les divers procédés, pour choisir les meilleurs , consiste à en prévoir les résultat-s sans en faire l'essai , en étudiant les causes des phénomènes physiologiques
I qui ont lieu dans l'organisation des animaux, suivant
les manières diverses dont on les nourrit et dont on les soigne. Outre les avantages d'une marche qui dispense d'une multitude d'essais infructueux , on y trouve celui d'être conduit , par la théorie , à la découverte de nouveaux procédés ou de nouvelles corn-
binaisons des procédés connus. Les effets généraux de toutes les circonstances qui influent sur la nutrition des animaux , telles que la diversité des alimens solides ou liquides , la température , le degré d'humidité des lieux où ils vivent , les effets de la castration, etc., sont les principaux objets de cette science, à laquelle j'ai donné le nom de threpsiologie, formé de 5p£ï"?; action de nourrir, d^ élever, l. ClassifîcatioD.
Ces quatre sciences renferment toutes les connaissances relatives à leur objet spécial indiqué plus haut, et composent uiîc science du premier ordre, queje nomme ZOOTECHISIE. La zoochrésie réunie à la zoorîstique , sous le nom de zootechnie élémentaire , en seront le premier degré, et le second, la ZOOTECHNIE COMPARÉE , se composc de l'œdcnomie et de la thiepsiologie.
Voici le tableau de ces sciences.
Science du i«» ordre. 1 Sciences du a* ordre, 1 Sciences du 3« ordre.
Zoochrésie.
. Zoorutù|uc.
' OEciooomie.
• Threpsiologie.
ZOOTECHME.
ZOOTECHHU KLlifEHTAISl.. < ZoOTtCtni COMTASES. . .\
Obseevatioss. La zootechnie est relativement à la zoologie ce que l'agriculture est par rapport à la botanique. La considération des mêmes points de vue donne ici naissance à des dinsions absolument analoguei. Il serait superflu de les expliqua* en déUil.
Déjinitions et classification des sciences du premier ordre relatives aux êtres vivans , végétaux et animaux.
Reprenons mainlenanl les quatre sciences du premier ordre que nous venons de parcourir, pour justifier l'ordre dans lequel nous les avons rangées, déterminer avec plus de précision le caractère distinctif de chacune d'elles , et les limites qui la séparent des autres.
a, Énamération et définitions.
I. Botanique. La botanique est suffisamment définie quand on a dit que c'est la science qui a pour objet la connaissance des végétaux. Je me bornerai à remarquer ici que ce n'est pas parce que l'on a toujours placé les végétaux entre les corps inorganiques et les animaux, que je leur ai assigné cette place. Il est aîsé de voir que, dans Tordre naturel, les végétaux doivent précéder les animaux. La vie n'y est, pour ainsi dire, qu'à son premier degré : ce n'est que dans des animaux qu'elle atteint tout son développement par la sensibilité et la locomotion. D'ailleurs, l'on conçoit très bien que la terre a pu être couverte de végétaux sans qu'il y eût un seul animal , tandis que les animaux ne peuvent exister sans les végétaux. Enfin, le botaniste peut se faire une idée très
nette d'un végétal, sans penser aux animaux qui s'en nourrissent', tandis que le zoologiste, pour avoir une connaissance complète des animaux, doit savoir de quels végétaux se nourrit le ruminant ou le rongeur, sur quelle plante vitTinsecte dont ilétudie les mœurs. Comment parler du ver à soie , sans dire quel est l'arbre dont la nature a destiné les feuilles à lui servir d'aliment?
2. AiiriculLure. C'est encore là une science suffisammenl définie, quand ou a fait connaitre le but qu'elle se propose. Elle est d'abord distinguée de la botanique, parce qu'au lieu de s'occuper seulement de la connaissance des végétaux, elle a pour objet d'en retirer l'utilité ou l'agrément qu'ils peuvent nous procurer. Elb* se distinguo de la zoolechnie, dont nous allons parler, et qui a été confondue avec elle dans la plupart des ouvrages sur l'agriculture, en ce qu'elle doit être restreinte à la culture et à l'utilité que nous retirons des végétaux, comme la zootechnie à l'éducation des animaux et aux avantages qu'ils nous procurent. La seulcdifficulté que puisse présenter la circonscription de cette science, c'est la détermination précise de la limite qui la sépare de la technologie. On pourrait se demander à laquelle de ces deux sciences appartiennent les procédés par lesquels on fait du vin avec du raisin , on retire l'huile des substances oléifères, etc. INous dirons, comme lorsqu'il a été question des limites de l'oryctotechnie.
que ces procédés doivent appartenir à F agriculture, dans laquelle on doit comprendre tous les travaux dont les substances végétales sont l'objet , jusqu'au moment où les produits sortent des mains de l'agriculteur pour passer dans celles du consommateur, ou pour être livrés au commerce et à l'industrie. On a vu dans l'article de la géoponique, que j'y comprends également les procédés pour se procurer les substances que produisent les végétaux que la nature seule fait naître dans les lieux où l'homme n'a pas étendu son empire, parce que ces procédés sont aussi des moyens de se procurer des substances végétales. Il faut peut-être pour cela donner au mot agjicultiire une acception un peu plus étendue que celle qu'il a ordinairement j mais, comme je l'ai déjà dit, je ne fais en cela que suivre l'exemple de ceux qui ont écrit sur cette science. Quelques auteurs ont cru, au contraire , devoir restreindre l'acception du mot agriculture, en n'y comprenant que les travaux relatifs à la culture des céréales ; cette restriction n'est pas seulement contraire h l'usage , elle l'est aussi à l'étymologie du mot agriculture 5 ager est le terme générique, c'est arwiim qui a le sens restreint dont il est ici question, et si Ton veut désigner cette partie de l'agriculture, il faut adopter le mot diarviculture, comme on a donné celui à' horticulture à une autre partie delà même science. Il est évident que ces subdivisions de l'agriculture ne peuvent être considérées
que comme des sciences du quatrième et du cincpième ordre, dont je n'ai point à m'occuper.
3. Zoologie. La distinction entre la zoologie et les deux sciences précédentes est assez déterminée par la diversité des objets dont elles s'occupent ; mais ici se présente entre ces dernières et la zoologie quelque chose de semblable à ce que nous avons vu quand, après l'aritlimologic et la géométrie, nous avons passé à la mécanique. Dans Tarithmologie. il n'était question que de la mesure des grandeurs en général -, dans la géométrie, de la mesure d'une espèce particulière de grandeur : l'étendue , mais, dans la mécanique, à ces considérations de grandeur sont venues se joindre des idées de mouvemens et de forces. Au lieu d'examiner des rapports abstraits de grandeur, ou les propriétés de l'étendue vide et immobile , elle a porté ses regards sur la matière , sans laquelle on ne peut concevoir ni mouvement, ni force, ni cette propriété d'inertie par laquelle se conserve le mouvement une fois imprimé. De même, dans la botanique, on étudie les végétaux en général, ces êtres où la vie est en quelque sorte réduite à ses termes les plus simples : naître, croître, se reproduire, mourir 5 dans l'agriculture, on ne s'occupe que de certains végétaux: ceux qui peuvent n^ms être utiles -, mais dans les animaux, objet delà zoologie, à ce premier degré de la vie viennent se joindre ces mouvemens spontanés, ces forces locomotrices qui les distinguent des
vcgélaux, et la sensibilité sans laquelle la faculté de se mouvoir serait inutile.
C'est dans la zoologie que l'homme , qui ne s'est montré jusqu'ici que comme étudiant les objets dont il est entouré et leurs rapports mutuels, ou exerçant sur eux son industrie pour les approprier à ses besoins, commence à devenir lui-même un des objets de ses études -, mais il ne l'est encore ici que sous le rapport de son organisation , plus parfaite, mais de même nature que celle des animaux , entre lesquels il est placé à son rang par le zoologiste. A mesure que nous avancerons dans l'échelle des connaissances humaines, il acquerra toujours plus d'importance. A peine dans la psychologie y aura-t-il encore une faible partie de cette science consacrée aux animaux : et bientôt l'homme considéré sous le rapport de ses plus nobles attributs deviendra l'unique objet des sciences qui nous resteront à parcourir.
L'importance que l'homme a dû attacher naturellement à l'étude de sa propre espèce, et surtout le but qu'on se proposait, en s'occupant de la partie de cette étude où il est question de sa description et des fonctions de ses organes, d'en appliquer les résultats à l'art de guérir , a fait confondre les limites qui séparent la zoologie des sciences médicales, dont je parlerai dans le chapitre suivant. Ce qui précède suffit pour faire cesser cette confusion : mais elle a eu des conséquences sur lesquelles je dois appeler l'at-
tenlion du lecteur. i° Dans les ouvrages où, sous le nom de zoologie, on s'est surtout occupé de zoograpliie et de zoonomie, la division de ces sciences a été empruntée à celle de ces animaux eux-mêmes. On a donné les noms à^ ornithologie, ichthyologie, entomologie, etc., à la description et à la classification des oiseaux, des poissons, des insectes, etc. Dans ma classification, où la zoographie est distinguée de la zoonomie, on ne pourrait admettre cette division qu'en partageant la première en sciences du quatrième ordre , qu'on nommerait ornithographie, ichthyo graphie^ entomographie, etc. ^ et la seconde en ornithonomie , ichthyonomie, entomonomie^ etc. Je suis loin de penser que de telles divisions dussent être admises dans la science, et je ne vois aucun inconvénient à conserver les dénominations reçues, afin que celui qui ne veut traiter que d'un des groupes du règne animal puisse indiquer, par le titre même de son ouvrage, quel est le groupe dont il s'occupe. Je pense seulement que ce serait trop restreindre le sens des mots tels qu'ornithologie, ichthyologie, entomologie , etc., que d'en borner l'emploi à la description et à la classification des animaux compris dans ces divers groupes. Chacune des sciences ainsi dénommées devrait contenir quatre subdivisions 5 l'une pour les descriptions , 1 autre pour lanatomie des animaux qui en seraient l'objet, une troisième pour leur classification et les lois générales qui s'y
rapportent, et la dernière pour tout ce qui est relatif aux fonctions de leurs organes.
20 Au contraire, ceux qui ont écrit sur Tanatomie et la physiologie, s'occupant surtout de l'homme, ont tiré les subdivisions qu'ils ont établies dans ces sciences d'une tout autre considération : celle des différens organes étudiés, soit en eux-mêmes, soit dans leur formation et leurs développemens successifs ; et c'est ainsi qu'on a divisé l'anatomie animale en ostéologie , névj'ologie, splanchnologie, etc., et qu'on a distingué dans la physiologie animale Vorganogé~ nie des autres parties de la science , celle-ci se subdivisant naturellement en ostéo génie , né\^rogénie, etc. Il en est de ces dénominations comme de celles des diverses parties de l'anatomie. Bien loin de croire qu'on doive les rejeter , je les regarde comme présentant un véritable avantage, par la nécessité où l'on est, quand une science est fort étendue, d'en traiter les différentes parties dans des ouvrages spéciaux, surtout quand il se rencontre un de ces hommes rares que le développement d'une seule idée conduit à des découvertes tellement nombreuses et tellement multipliées, que de leur ensemble résulte en effet une science nouvelle, comme nous avons vu naître Vorganogénie des recherches d'un des plus grands physiologistes dont la France s'honore.
Mais il est évident que toutes ces subdivisions de la zoologie correspondantes aux divers groupes d'à-
nimaux, ne peuvent être admises dans une classification générale des sciences , parce que rien n'en détermine le nombre, et qu'on pourrait l'étendre ou le restreindre, pour ainsi dire, à volonté. Celui qui publierait un ouvrage sur les singes seulement, pourrait, par exemple, donner le nom de pithécologie à la partie de la science dont il s'occuperait. Le bel ouvrage de M. Dejean prendrait le nom de coîéopterologie, etc. Chaque monographie pourrait devenir une science. Les divisions de l'anatomie animale seraient également arbitraires -, l'étude des organes respiratoires, comparés dans touies les classes d'animaux, pourrait également être considérée comme une science à part, etc., et il n'y aurait pas de raison pour ne pas établir des divisions semblables dans l'anatomie végétale, en considérant , par exemple , sous le nom de carpologie, les travaux de Gseriner et des autres botanistes qui ont pris le fruit pour objet sjpécial de leurs recherches.
4. Zootechnie. Quant à la zootechnie , les caractères qui la distinguent del'agriculture et de la zoologie étant déjà déterminés, sa circonscription ne peut souffrir de difficultés qu'à l'égard de la limite qui la sépare de la technologie. Celte limite doit encore être fixée à l'instant où, soit les produits des animaux, tels que la laine, la soie, le lait, le miel, la cire , soit les animaux eux-mêmes , ou leurs dépouilles, passent de^ mains de ceux qui se les soutpro-
curés dans celles qui les transformeront pour les approprier à nos besoins.
J'ai déjà remarqué qu'on a presque toujours réuni la zootechnie avec l'agriculture, et moi-même je ne les avais pas séparées dans mes premiers tableaux des connaissances humaines. Un de nos agronomes les plus distingués (ï), dont je m'honore d'être l'ami, me fît le premier observer que puisque je séparais la zoologie de la botanique, rien ne pouvait m'autoriser à ne pas séparer de même la zootechnie de l'agriculture j il me dit que, dans un ouvrage sur tous les travaux de la campagne , dont il s'était long-temps occupé, il avait cru devoir traiter à part de l'agriculture proprement dite , et de tout ce qui est relatif à l'éducation des animaux domestiques , ainsi qu'à la chasse et à la pêche. Je me refusai d'abord à cette distinction, dont j'ai reconnu plus tard la justesse.
On pourrait diviser la zootechnie en plusieurs sciences analogues aux subdivisions qu'on peut , comme nous venons de le dire, faire dans la zoologie, en parlant, soit des différens groupes d'animaux que l'homme approprie à ses besoins , soit des divers genres d'utilité qu'il en retire ; distinguer, par exemple, la zootechnie des mammifères de celle des oiseaux, des poissons, des insectes, etc.; parler dans l'une du soin des troupeaux , dans l'autre de ceux
(i) M. de Gasparin, correspondant de l'Institut.
qu'exigeut la basse-cour, le colombier, le vivier, le ruclierou la magnanière •, ou bien, séparer l'art d'engraisser les animaux qui servent à notre nourriture, de l'art de dompter et de soumettre au travail ceux qui nous sont utiles sous ce rapport j traiter à part des moyens de chasse ou de pèche, et les subdiviser même, d'après les divers groupes d'animaux, comme quand on a voulu faire une science sous le nom bar- Lare à'auiceptoîogie. Mais de telles subdivisions ne sauraient être admises dans une classification générale des sciences.
b. Classification.
Ces quatre sciences du premier ordre, qui ont pour objet général l'étude des êtres organisés, forment un embranchement bien distinct des précédens, par le grand phénomène de la vie qui se manifeste dans ces êtres. Je lui ai donné le nom d'embranchement des SCIENCES NATURELLES. J'ai déjà remarqué combien c'est mal à propos qu'on a réuni la minéralogie avec la botanique et la zoologie sous le nom à' Histoire Jialurelle -j et j'ai indiqué la nécessité de faire d'un caractère aussi profondément tracé que l'est celui des phénomènes de la vie, le caractère qui partage en deux sous-règnes le règne des sciences cosmologiques. 3e remarquerai à ce sujet que si on avait fait plus d'attention à l'étymologie du mot nature, on n'aurait peut-être pas songea comprendre la minéralogie dans les sciences dites na^areZ/ej^.
Ce mot dérive de natus, nasci, né, naître^ il ne devrait doDc s'appliquer qu'aux êtres qui naissent, et, par conséquent, croissent, se reproduisent et meurent. Le mot monde, dans son acception propre, ne devrait, suivant moi, comprendre que l'ensemble inorganique de l'univers, et celui de nature devrait être restreint aux êtres organisés qui 1 habitent. Le monde , la nature , l'homme embrassant l'univers dans sa pensée et s'élevant par elle jusqu'à son créateur, les sociétés humaines enfin, tels seraient alors les quatre objets auxquels se rapporteraient toutes nos connaissances.
L'embranchement des sciences naturelles se divise évidemment en deux sous-embrancbemens : celui des
SCIEZSCES PHYTOLOGIQUES, Ct Cclui dcS SC1E?»CES ZOO-
LOGiQUES PP0PREME^T DITES *, la restriction exprimée par ces derniers mois est nécessaire, parce qu'autrement le nom àt sciences zoo/ogiqiies comprendrait non seulement celles dont il est ici question , mais encore tout l'embranchement suivant. \ oici le tableau de cette classification :
Embranchement. \ Sous-embranchemens . I Sciences du ler ordre.
, Botanique.
'SciEirCIS PHTTOLOOIQCIS )
SCIENCES l < Agriculture.