‹ Essai sur la philosophie des sciences, ou, Exposition analytique d'une classification naturelle de toutes les connaissances humaines (volume 2)Chapitre 19 sur 39 · BOTANIQUE · texte numérisé non relu

BOTANIQUE

(Phyiiologie vrgéul*.

Observation». Dans les définitions qne nons tenons de. donner de* quatre sciences qui ont>pour objet spécial la con*

naissance des plantes , il est trop facile de reconnaître les quatre points de vue que nous avons signalés tant de fois , pour qu'il «oit nécessaire d'entrer dans anqun détaU à cet égard.

Sciences du troisième ordre, relatives à Futilité ou à l'agrément que nous retirons des végétaux, et aux travaux et aux soins par lesquels nous nous procurons les matières premières quils nous fournissent.

Après l'étude que la botanique fait des végétaux seulement pour les connaître, yient se placer naturellement celle des mêmes végétaux sous le rapport de l'utilité ou de l'agrément que nous en retirons.

a. Éaaméralion et définitions.

i . Géoponique. Les travaux de la campagne et des jardins soit d'utilité, soit d'agrément, la connaissance des époques où il convient de les faire , et celle des instrumens qu'on y emploie ; les soins à donner aux végétaux indigènes ou exotiques , la construction des serres, la manière dont on recueille ce que les plantes offrent d'utile, soit lorsque nous les avons cultivées , soit lorsqu'elles ont crû spontanément, et qu'il faut les aller chercher dans les champs incultes, sur les montagnes et dans les forêts ; les procédés employés pour séparer les substances diversement utiles qu'elles contiennent , et

rclîrer de chacune d'elles tous les avantages qu'elles peuvent procurer; les préparations que ces substances exigent pour être livrées à la consommation et à l'industrie, les moyens de les conserver jusqu'à cette époque, etc. ; voilà ce qu'on peut observer immédiatement , et c'est l'objet d'une première science du troisième ordre à laquelle j'ai donné , d'après Varron, le nom de géoponique , de yiwratif, relatif aux travaux des champs.

On s'étonnera peut-être que j'y comprenne les travaux du bûcheron et de l'herboriste ; mais il est évident que ces travaux, comme tous ceux que je viens d'indiquer, ont pour objet de nous procurer les substances végétales qui peuvent nous être utiles ou agréables. Les auteurs qui ont écrit sur l'agriculture ne comprennent-ils pas dans cette science la chasse et la pêche, que j'y aurais réunies moi-même, si, comme on va le voir, je n'avais pas fait une science à part de tout ce qui concerne l'utilité ou l'agrément que nous retirons des animaux ?

2. Cerdoristique agricole. Un autre objet d'étude se présente ici. Déterminer tout ce qui se rapporte au profit qu'on peut retirer d'une entreprise agricole en activité, ou aux avantages qu'on peut espérer lorsqu'il s'agit d'en former une nouvelle; apprécier la valeur d'un terrain d'après son étendue et sa qualité ; calculer les mises de fonds nécessaires pour construction de bâtimens, achat d'instrumens

ruraux et de bétail , pour le dessèchement d'un marais, un défrichement, etc., tout cela est l'objet d'une autre science, bien distincte de la précédente, et que j'appellerai cerdoristique agricole.

3. Agronomie. Bornée aux deux sciences dont nous venons de parler, l'agriculture resterait stationnaire; les divers procédés employés en différens pays, s'y perpétueraient sans s'améliorer. Pour qu'ils puissent se perfectionner, pour que les meilleures méthodes se propagent, il faut d'abord les comparer sous le rapport des résultats obtenus par toutes celles qui ont été mises en usage , soit aCn de choisir les meilleures , soit pour déduire de ces comparaisons des lois générales qui puissent diriger l'agriculteur dans ses travaux. Par exemple, celle que les mêmes végétaux ne peuvent pas avec succès se cultiver constamment sur le même terrain, d'où la théorie des assolemens ; celles qui déterminent les engrais les plus convenables à chaque végétal, à chaque espèce de terrain , et quelles plantes conviennent, dans les divers climats , aux différens sols, suivant leur nature, leur exposition, leur degré d'humidité, etc. C'est à cette science du troisième ordre que je crois qu ? on doit donner le nom $ agronomie , quoique j'avoue que ce mot a été employé, mal à propos, à ce qu'il me semble, dans un sens à peu près semblable à celui que j'ai donné au mot cerdoristique agricole , pour désigner une des parties de cette science.

4» Physiologie agricole. Mais ces comparaisons

purement empiriques, outre le temps et les dépenses qu'elles exigeraient, n'étant dirigées par aucune tbéorie, ne pourraient pas toujours conduire au but proposé , et surtout seraient insuffisantes pour l'amélioration des méthodes par de nouveaux procédés déduits de la connaissance des causes. La recherche des causes, la comparaison de ce qui se passe èn grand dans la culture des végétaux ♦ avec ce que l'on observe dans les expériences en petit, appartiennent à une quatrième science du troisième ordre , qui complète toutes nos connaissances relatives à la culture des végétaux , et prendra le nom de physiologie agricole*

b. ClasftîficaltoD.

Je conserverai le nom d' AGRICULTURE à la science du premier ordre qui comprend les quatre sciences du troisième, que je viens d'énumérer et de définir, et l'agriculture se divisera naturellement en deux sciences du second ordre : 1* agriculture ÉLÉMENTAIRE, comprenant la géoponique et la cerdoristique agricole ; et 1' agriculture comparée , formée par la réunion de l'agronomie et de la physiologie agricole. Voici le tableau de cette classification :

Science du f 'ordre. I Science* du »• ordre. | Sciences dm > ordre.

. / A«Ricvi.TBftt iLiMsaTAiat.

\ ( Cerdoritliqnc africolc.

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