‹ Essai sur la physionomie des serpens (volume 2)Chapitre 25 sur 26 · HABITUDES · texte numérisé non relu

HABITUDES

Les ophidiens sont répandus dans tous les pays où se trouvent les conditions nécessaires à l'existence des reptiles en général. Tout le monde sait que ces animaux à sang froid aiment la chaleur ; que leur nombre diminue par cette raison à mesure que l'on s'approche des régions tempérées ou froiles, et qu'ils préfèrent par cette même raison les terrains bas t exposés aux i-ayons du soleil, aux lieux élevés et couerts d'une végétation abondante et épaisse. Cependant , il y a nême chez nous des espèces, communes dans les plaines, jui fréquentent en même temps les pentes des montagnes

(i) ror. UBER QU ATiï ui\ A Dî A fUs, Ic Boa (\{S aocicns Uouiains.

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jusqu'à uno clovation c\v [)liisi(Hjrs niilliors de, piods au-tlessus <lii niveau tie la mer. Plusieurs Tmpldonoles peuplent, à lava , les sommets solitaires des nombreux vohîans éteints dont celle île est hérissée. Mais de loin le plus grand nombre d'ophidiens habitent les terrains bas , découverts ou ondjragés , secs ou humides et marécageux. Les uns ne se rencontrent que dans les vastes plaines sablonneuses de l'Ancien Monde; les déserts analogues des deux Amériques, connus sous les noms de Pampas, de Lanos ou des Savannes sont peuplés par d'autres espèces, souvent répandues sur unegrande étendue de terres de ce continent. TJn grand nombre de serpens fréquentent les lieux ombragés et se trouvent souvent même jusque dans les forêts les plus sombres, tantôt cachés sous les herbes ou le feuillage épais, tantôt confondus parmi les mousses , les lichen ou autres plantes parasites. Plusieurs espèces se plaisent dans les lieux marécageux, parce que c'est là qu'elles trouvent une nourriture abondante et conforme à leurs goûts. D'autres recherchent le voisinage des eaux douces qui leur procurent et les moyens d'existence et un asyle protecteur contre les poursuites de leurs ennemis; mais ces mêmes espèces se trouvent quelquefois loin de tout lieu humide, tantôt étendues sur un sol sec et revêtu d'une végétation brûlée, tantôt suspendues aux branches des arbres. Le nombre des serpens qui passent toute leur vie dans les eaux, est très petit, et cette manière de vivre est plus particulièrement propre aux serpens de mer qui peuplent, quelquefois en bandes nombreuses , les parages les plus reculés de notre Globe. Plusieurs espèces d'ophidiens se creusent des boyaux qu'elles ne quittent que pour aller pourvoir à leurs besoins; d'autres s établissent dans les terriers de petits mammifères quilseri chassent quelquefois; d'autres encore cherchent un asyle dans des trous d'arbres , sous leurs racines , près des habitations et même jusque dans les maisons , ou c'est tantôt un tas de fumier ou de feuilles desséchées qui leur servent de refuge^

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enfin , ii on esl qui recherchent les champs ou ]es hcux cuitives,pour faire lâchasse aux insectes et aux petits inolhisqucs qui abondent dans ces endroits.

Ces données démontrent que beaucoup de serpens ne préfèrent tel ou tel lieu , que parce qu'il leur offre de quoi subsister, ou parce qu'il réunit toutes les conditions nécessaires à leur existence: aussi, voit-on souvent les serpens déserter le lieu ordinaire de leur liabitation, dès qu'il cesse de leur fournir les moyens de subsistance. Il est vrai que ce fait peut être appliqué, avec plus ou moins de modifications, à tous les animaux; mais avec cette différence, que les reptiles, attachés au lieu qui les a vu naître , ne savent pas entreprendre ces migrations lointaines qui excitent notre admiration chez les oiseaux etchezplusieurs mammifères. Le plus souvent, les serpens terrestres ne s'éloignent qu'à de très petites distances de l'endroit où ils se sont établis , et on les trouve i^resque toujours si proches de leur habitation, qu'ils peuvent la gagner à l'approche du moindre danger.

Beaucoup de serpens vivent en société, et il paraît qu'ils ne se font mutuellement aucun mal: tels sont la plupart des espèces aquatiques, plusieurs Couleuvres et notamment les serpens pélagiens, qui se montrent quelquefois en bancs immenses à la surface de l'Océan. Les venimeux terrestres , au contraire, dont le nondjre des individus est infiniment plus restreint, recherchent moins fréquemment la société de leurs semblables, et se tiennent souvent isolés au milieu des lieux solitaires qu'ils habitent.

Les serpens ont entre eux plusieurs rapports dans les mœurs et dans les habitudes. Presque tous ont un naturel stupide, timide et farouche; mais réduits à la domesticité, ils contractent bientôt des mœurs assez douces, excepté toutefois les espèces venimeuses, dont le naturel farouche empêche de changer leur caractère féroce. Cependant, il existe des serpens tant venimeux qu'inoffensils, qui ne font presque

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jnmais usage de leurs armes pour se défendre contre leur agresseur : tels sont parmi les premiers , les llydropliis et les Elaps, parmi les deiniers plusieurs (Couleuvres , des Tropidonotes et d'autres. Cette facilité de s'apprivoiser est particulièrement propre aux plus grandes espèces de la famille des 15oas qui , après avoir été pris, ne font jamais mal à qui qjic ce soit (i). D autres espèces refusent de prendre aucune nourriture, et deviennent les victimes de leur obstination ; mais il paraît qu'au moyen d'un traitement conforme à leurs besoins, on peut parvenir à rendre la captivité supportable à la plupart de ces reptiles.

Les serpens venimeux proprement dits, les serpens fouisseurs et plusieurs espèces d'autres genres, ont un natiue! liés engourdi et tranquille: aussi , leurs mouvemens progressifs sont-ils exécutés avec lenteur j mais la plupart des Ophidiens sont alertes et tous leurs mouvemens annoncent une force et ur>e agilité extrêmes : on a cependant beaucoup exagéré leur vitesse, qui n'est jamais assez considérable, pour qu'un homme ne puisse facilement leur échapper.

Les serpens qui mènent une vie n octu r ne sont moins nombreux que ceux qui préfèrent le grand jour aux ténèbres : à la première catégorie appartiennent les Dipsas proprement dits , plusieurs Ophidiens venimeux et d'autres; mais beaucoup de serpens combinent les deux genres

(i) M. DiEPERiNK à Paramaribo inc mande, qu'il tient conlinucUement chez lui phisieurs Boas de diverses espèces, qui vivent en parfaite harmonie enlre-eux et avec d'autres animaux domestiques. I-e professeur Reinwardt, cependant, a été témoin, à.Tava , d'un speclaclc qui prouve qu'il ne fant pas toujoiu'S se fier à ces animiuv:. Un Javanais ayant apporté chez M' le baron van der capelle un grand Python, et voulant le faire sortir du panier dans lequel il se trouvait, le serpent, par un seul coup, lui fit une blessure assez considérable, en lui enviant l'avant-bras dans tonte sa longueur.

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(lo vie, ci (liassent tantôt ou plein jnnr, tantôt pendant la nuit, suivant leurs besoins; il faut ranger dans eelte dernière eatèi^orie les espèees tjui offrent une pupille alongée, soit vertiealenient , soit transversalement et cpii paraît plus particulièienient propre à se dilater ou à se eontracter , suivant la niasse des rayons lumineux qu'il est besoin de faire entrer dans la cavité de Tœil: dans Tobseurité, cette prunelle ainsi configurée, se dilate de manière à ce qn'elle devient tout-à-fait orbiculaire (i). La loi, établie par la plupart des naturalistes, que les animaux à pupille alongée soient plus spécialement nocturnes, est contredite par ces observations; il paraît plutôt que des yeux volumineux indiquent un genre de vie nocturne, quoique plusieurs Klaps etdesNajas, dont les yeux sont assez petits, vont chercher leur proie pendant la nuit. Peut-être a-t-on tort , de vouloir appliquer rigoureusement cette règle à la manière de vivre des serpens, dont un bon nombre passe une grande partie de son existence dans une langueur ou un engourdissement comparable au sommeil , et qui ne se dérangent que quand il s'approche d'eux quelque être vivant dont ils s'emparent lorsqu il convient à leur goût; tombant ensuite dans une léthargie plus profonde, qui les rend quelquefois, pour un temps assez long, incapables de se livrer à la chasse.

La plupart des ophidiens choisissent leur nourriture indifféremment parmi les trois premières classes des animaux vertébrés ; les espèces aquatiques se nourrissent plus ou moins exclusivement de poissons, selon que leur genre de vie les lie à lélément humide; les espèces de petite taille enfin , et notamment les terrestres et fouisseurs , font la chasse aux insectes, aux mollusques, aux vers ou à d autres animaux des classes inférieures; les serpens d arbre, enfin, paraissent préférer les oiseaux, non pas parcecjue cette espèce de

(i) Voyez Hari.ak , >>;/. p. 369.

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nourriture convienne mieux à l(;ur ^oût,mais parce qu'elle est plus à leur portée.

Tout le monde sait que les serpens peuvent, comme les autres reptiles, jeûner fort longtemps: un Boa constrictor, envoyé de Surinam en Hollande, était plus de six mois sans prendre la moindre nourriture; quelquefois ils sont plus longtemps encore avant de mourir de faim.

On ignore si les serpens boivent et s'il est juste d'opiner pour la négative: toutefois on n'a jamais aperçu de fluides dans ceux dont on a examiné l'estomac.

Les changemens continuels qui s'opèrent dans notre atmosphère, influent plus ou moins puissamment sur les ophidiens. Amis de la chaleur , ils recherchent avidement les lieux exposés aux rayons du soleil, tandis qu'ils restent cachés dans les temps pluvieux, ou lorsqu'il fait du vent; a fapprr/che dun orage, quand fatmosphere est surchargée d'électricit«, on les voit souvent sortir de leur retraite, dans une agitation qui n'est pas naturelle à leur race, et traverser les endroits découverts. Ne pouvant supporter les effets du froid qui leur ôte en même temps les moyens de subsistance, les serpens se retirent, a l'approche de l'hiver, dans des asyles le plus souvent souterrains et toujours garantis des intempéries de la saison ; ce sont tantôt des terriers ou des amas de pierres, tantôt des tas de fumier ou des creux d'arbre; c'est là qu'on en voit souvent plusieurs dans un même lieu de retraite, dans un engourdissement profond, jusqu'à ce que les rayons vivifîans du soleil du printemps les raniment. Tl est manifeste que la durée de ce sommeil périodique doit être plus ou moins longue, suivant le climat que les serpens habitent, et que , dans les régions ou règne un éternel printemps, ces reptiles ne sont pas du tout sujets à passer un certain temps de leur existence dans cette torpeur. Les recherches des voyageurs ont démontré qu'il en est ainsi, et néanmoins il y a des excepHions a cette règle, ce qui fait sup-

po^îer que c est le défaut de nourrituie qui cause cet engourdissement. M. von Humboldt (i) mande, d'après les rapports des indigènes, que le Boa rativore , durant les longues pluies qui inondent les immenses déserts de l'Amérique Méridionale, demeure enseveli dans le sol argileux, jusqu'à ce que ce terrain, desséché par les chaleurs auxquelles succède inmédiatement le temps des pluies , se fend pour faire sortir le monstrueux reptile, du tombeau qui le tenait enfermé. A Surinam, au Brésil , et dans d'autres pays de l'Amérique Méridionale que ce Boa habite également, il passe au contraire, de même que les autres serpens, toute l'année dans une activité continuelle(2).

Chez nous et dans l'Amérique du Nord (3), les serpens se retirent dans leur retraite hivernale vers le mois d'Octobre environ, et reparaissent à la fin du mois de Mars ou en Avril; pkis tôt ou plus tard selon le plus ou moins de durée de l'hiver. Les épaisses couches de graisse dont leurs intestins sont enveloppés en automne, s'absorbent en grande partie lors de l'engourdissement, et il leur faut au printemps quelques jours avant d'avoir acquis leurs forces. Un froid excessif les fait périr, tandis que plusieurs belles journées consécutif \'es suffisent souvent pour les faire sortir de leur retraite au milieu de l'hiver.

C'est encore à l'ouvrage de M. Lenz (4) que nous renvoyons pour le récit détaillé des observations, que ce naturaliste a fait pour connaître les effets qu'exerce fe froid sur les reptiles.

Le serpent a joué un grand rôle dans l'an tiquité, et itîe joue encore actuellement parmi la plupart des peuples bai'-

(i) AnsiclUtni I p. 36.' — ('^) Neuwied. Bcitr. p. ii. — (3) Palisot-11eatîvais ap. Latr. JIH p. 70. -- (/4) p. ^r.

bares ou à demi- civilises. Des causes nombreuses ont donné lieu à ce phénomène. L'homme , intimidé par l'aversion qu'il a pour ces êtres et qui lui est en quelque sorte innée, n'est parvenu que par l'expérience à savoir que seulement un petit nombre de ces reptiles se font redouter par leurs qualités malfaisantes, tandis que d'autres décèlent sous les mêmes apparences trompeuses un caractère doux et innoffensif. Mille propriétés diverses que successivement on a découvert chez les serpens , ont ouvert à l'homme un vaste champ à la méditation ; tout en fournissant ample matière à orner ses idées religieuses , elles lui offraient le sujet d'un nombre infini de mythes; il en emprunta des symboles , et finit par rendre à ces êtres redoutés un culte , établi pour les motifs les plus divers et les plus opposés. Il semble que c'est dans la nature humaine de se servir précisément des mêmes animaux qui lui sont nuisibles, pour se procurer les moyens de se préserver du mal qu'ils peuvent lui causer : de là l'usage établi dès les temps les plus reculés , de tirer des serpens les remèdes pour se garantir contre leur morsure , tandis que de Vautre côté on croyait apaiser leur fureur, en les révérant comme des divinités. Les anciens , employant souvent les traits les plus saillans des animaux pour leurs allégories , trouvaient dans les habitudes des serpens, dans leurs qualités ou même dans leur forme , un fond inépuisable pour faire travailler leur imagination féconde, qui s'exalta sans cesse en embelissant ce que l'observation de la nature leur avait appris. C'est à ces tlifférentes causes et à des circonstances peut-être inconnues aujourd'hui, qu'il faut attribuer, que le serpent inspirait à l'homme à la fois la crainte , de la haine et de la vénération.

On trouve dans les mythes de la plupart des anciens peuples, des traces qui attestent que l'idée du serpent, comme mauvais principe, fut établie dès l'origine des nations. C'est ainsi (jue le serpent fut cause du premier péché et de la

chute de l'homme; mais Arimane , empriinlant la forme clan serpent , cherche en vain de vaincre son antagoniste Orosmade , qui représente le bon principe dans le dualisme des anciens Perses.

On croit que les anciens Grecs choisissaient l'allégorie d'un grand serpent, tué par les flèches d'Apollon pour représenter les vapeurs pestiférées développées dans les fanges marécageuses qui couvraient la terre après le déluge ou les inondations annuelles, vapeurs que le soleil seul pouvait dissiper: dès-lors ce serpent Python est devenu l'attribut d'Apollon et de ses prêtresses à Delphes, et Ton s'en servit dans la suite comme emblème à la Prévoyance et à la Devination. Des circonstances analogues ont peut-être donné lieu à la fable de l'Hydre de Lerne, exterminée par les efforts d'Hercule et de son compagnon Jolas. Chez les anciens Egyptiens, le serpent fut le symbole de la Fertihté: ils représentaient sous la forme d'un serpent, entouré d'un cercle ou entortillé autour d'un Globe, le Cneph de leur Cosmogénie qui est le même que l'Amon ou i'Agathodémon, l'esprit ou l'âme de la création , le principe de tout qui anime, qui gouverne et qui éclaire le Monde (i): Les prêtres de ce peuple gardaient, dans les temples , des serpens vivans et , à leur mort on les enterrait dans ces sanctuaires de la superstition (2).

Emblème de la Prudence et de la Circonspection, le serpent fut l'attribut constant d'Esculape , et l'on avait même pour ces reptiles la vénération due au père ou dieu de la Médecine (3): c'est de là que le serpent devint le symbole de la Médecine et de la Magie. Les Ophites, sectaires chrétiens, établirent vers le deuxième siècle de notre ère, un culte qui se distinguait particulièrement de cehii des autres Gnostiques ,

(i) EusÈBE Prcd. E^'ang. 33; Horapollo cap. 1 , 1 Creutze» Symh.l\. So'] et S2li. — (2) Elten 17, 5; Hérodote i\ 7/(. — (3) Pausan. 1 , 0.6 — '*8.

cil ce qu'ils ailoraieiit un serpent vivant ; se conformant ainsi aux anciennes traditions de leur croyance;, ils regardaient cet animal comme riniage delà Sagesse et des émotions sensuelles qu'elle éveille (i). Les monumens des Mexicains, des Japonais et de plusieurs autres peuples qui doivent la base de leur civilisation aux anciens habitans de l'Asie, attestent que le serpent joue également dans leurs mystères religieux un rôle plus ou moins important; mais le temps et les relations qui existent entre ces peuples et les Européens , ont en partie aboli ces usages, et ce n'est aujourd'hui que chez quelques tribus nègres et la côte occidentale de l'Afrique, que le serpent figure parmi les divinités du premier rang (2).

Il n'entre point dans le pkn de mon ouvrage d'expliquer ou même de rapporter les allégories nombreuses que représentait chez les anciens le serpent: tout le monde sait qu'on en armait les mains de la Discorde, ainsi que le fouet des Furies^ et que la tête des Euménides en était hérisséej l'image de deux serpens qui s'entortillent autour du Caducée deMercure est d'une éloquence insinuante; le cercle que forme un serpent qui se mord la queue, n'ayant ni commencement ni fin, fut choisi pour le symbole de l'Eternité; la promptitude des mouvemens uniformément répétés pour exécuter la marche progressive devint celui de la vitesse du temps et de la succession infinie des siècles ; les fables, enfin, d'Achéiaus, de Jupiter métamorphosé en serpent pour captiver l'objet de ses amours et maintes autres attestent que les anciens attribuaient au serpent les quaUtés les plus opposées, et que le même être réunissait suivant eux , à la fois, la force et la timidité, la beauté et des formes qui inspirent delhorreuv , la douceur, la ruse ou la fraude.

On doit attribuer à de causes send)lables à celles que nous

(1) MosnKiM Cc.sch d. Sch/tinf(cnhr. p. i. (i) Voii^ noUe aiiide du Pvlhon à deux laies.

venons de ciler, à cette superstition, apannge de la nature humaine, ces innombrables erreurs qui défigurent jusqu'à nos jours l'histoire des serpens. Un grand nombre de ces fables, inventées dans Tenfance du genre humain et transmises à la postérité par les auteurs classiques, se sont répandues au point de devenir populaires, vu l'autorité que l'on ne cesse d'accorder à ces écrivains. Pour prouver cette assertion , il suffit de rappeler que plusieurs écrivains modernes ont répété dans leurs ouvrages, que les cochons tuent les serpens pour les manger, et que les serpens font du lait un grand délice: erreurs qui datent des temps d'ARisTOTE (i)et dePLiNE(2) , mais propagées de l'Europe en Amérique et dans les autres parties du monde. On lit dans les mêmes auteurs (3) que la Mangouste, pour se mettre à l'abri des morsures des serpens, se cuirasse de limon, et qu'elle mange d'une certaine herbe que ces reptiles ont en aversion : ce préjugé , qui repose sur le simple fait que les petits mammifères dont nous venons de parler, ainsi que beaucoup d'autres, sont les ennemis naturels des serpens , s'est conservé dans beaucoup de contrées des Indes Orientales. La plante , qui doit posséder la vertu de repousser les serpens , ou de servir comme antidote contre leur morsure, est suivant Kaempfer (4) l'Ophiorhiza mungoz; selon d'autres l'Aristolochia indica , dont les jongleurs de ces contrées prétendent se servir avec succès : cependant les expériences de RussEL (5) ont démontré , que toutes ces données reposent sur des préjugés populaires. 11 en est de même des prétendues effets de l'emploi du Polygala seneca (6), plante célèbre chez plusieurs peuples de l'Amérique Septentrionale , tandis que d'autres nations sauvages la rejettent , pour se servir de plantes des genres Prenantes ,

(ij HLst. an. 9. 1. — (2) Hist. nat. 8. 14. — (3) Arist. g. 7; Plin, 8, 3G. — (4) -^tnœii, exot. [p. 3o5 etsuîv. — (^) Serp. I p 86. — (6) Palisot Rauv. ap. Latr. III p, 90. et suiv.

lAliLliS ET PREJUGES. KM

Ijiu luca , Meliaiitlius , Spiraea , etc. , dont l'eflicacité , coiimii' remède contre le venin, est aussi peu constatée que celle des précédentes. Des voyageurs njodernes et de grande autoritéont fourni des faits curieux relatifs à une plante (i), à hupielle les hahitans de la Colombie attribuent les mêmes qualités ' que ceux des Indes à lAristoloche ; mais il serait à désirer , que ces expériences fussent répétées par des personnes, auxquelles la nature des serpens est familière. Il sera superflu de rapporter tout ce que les Anciens ont inventé à l'égard des antidotes innombrables dont ils vantent le plus ou moins d'efficacité : en consultant les passages de Pline , que nous allons citer (2) , on verra que les anciens recommandent indifférement, à cet effet, les productions les plus hétérogènes; mais que les essais qu'ils ont faits ne sont que le résultat d'un empirisine grossier. Des charlataneries de cette nature s'exercent encore aux Grandes Indes et à Geylan , où l'on vend des pastilles et des pillules de diverses espèces, composées arbitrairement de substances des règnes animal , véofétal et minéral , et qui n'agissent que sur l'imagination du malade (3).

Nous avons dit plus haut que l'usage de tirer des serpens même les remèdes contre leur morsure , date des plus anciens temps: Antonius , médecin d'Auguste employait les vipères dans plusieurs maladies (4); mais ce n'est que sous l'empereur Néron , lorsque le médecin Andromaque de Crête (5) inventa la Thériaque, que cette pratique? devint générale. Cette thériaque est une composition arbitraire d'un grand nombre de médicamens hétérogènes , que l'on employa dans la suite dans les maladies les plus diverses; on

( i) PUintes èqainox. 1. PL lof). — (a) ///.'A na/. -28, i'Z ; •nj , i5, 17. 9,0 , -J.^ , 22 , 25 , 'iG; 32, 17 el ii) etc. — (')} R.11SSKI, / j). 7/1 et suiv. ; Da\y. Ceylon. p. 100. - ^ 4) Pr.JN. »o, 3y. - (5) (ijk (iAi.E-\. I^e nntidolis lif>. i , cnp- (>.

en confectionna au moyen âge dans presque toutes le.§ villes de l'Europe, particulièrement de l'Europe Méridionale:^ aujourd'hui la pratique de faire entrer le serpent dans la composition de ce médicament ne s'est conservée qu'en Italie, où la Thériaque se fait dans. plusieurs endroits. En Sicile, on n'en prépare qu'à Palerme. Celle de Venise est très célèbre : on y emploie des milliers de Vipère aspic, assez commune dans les environs de cette ville (i). La grande fabrique de Thériaque qui existe dans Naples , sous la protection du Gouvernement, est l'entreprise de particuliers, à la tête desquels se trouve le savant professeur Délie Chiaje ; on y emploie indifférement toutes les espèces de serpens, quoiqu'on préfère les vipères que des paysans appelés Vipériers , apportent vivantes dans des paniers. M. von Siebold m'assure que l'on emploie fréquemment une espèce de Thériaque en Chine et au Japon ; les habitans des îles Lioukiou, tirent des médicamens de l'Hydrophis eolubrin ; et à l'île de Banka , les Chinois (2) estiment la bile des grands Pythons comme un remède précieux contre plusieurs maladies. Je passe sous silence l'usage que l'on faisait dans le moyen âge des diverses parties du serpent , dont on attribuait à chacune des qualités salutaires ; de nos jours, on y a entièrement renoncé.

Ce n'est que dans les temps récens que Ton a fait des expériences sur les effets de la morsure des serpens, expériences que nous avons rapportées dans un autre lieu ; les anciens, comme le font encore beaucoup de personnes, réputaient venimeux indifféremment toutes les espèces de serpens; ils plaçaient le siège de l'arme dangereuse dans la langue ou dans la pointe de la queue, et attribuaient à la morsure de chacune des espèces, selon leur fantaisie, des suites diverse-

(i) Noie manuscrite communiquée par feu le docl. Mïchahelles. (2) Olivier Lund en Zet'togten II p, /»47.

ment fâcheuses (i). La civilisation n'a pu déiruire ces erreurs ,et l'on est étonné He les entendre répéicr par des per sonnes instruites; de voir reproduit, dans plusieurs ouvrages, le conte des trois fds d'un colonisle, niorls successivement et à de longs intervalles d'une blessure que leur aurait causée la dent d'un Crotale resté dans uîie des bottes de leur père, qui avait péri de la première morsure : conte que les habitans de Surinam, aussi bien que ceux des Etats-Unis, se plaisent à répéter aux étrangers comme s'étant passé dans leur pays; on est étonné d'entendre parler d'un serpent de mer de forme et de taille monstrueuses (2) , de Boas de 4^ à 5o pieds de longueur qui attaquent les hommes, les boeufs, les tigres , les avalant en entier après les avoir enduits d'une bave écumante (3): absurdités qui rappelent ces fables de monstres ailés, de dragons dont la Mythol'jgie des anciens habitans de l'Asie nous a conservé la mémoire, et dont l'imagination bizarre des Chinois a multiplié les formes. Que dire lorsqu'on lit, dans des ouvrages ujodernes et de grande réputation, la description des effets merveilleux, produits sur les serpens par la musique; lorsque des voyageurs, hommes de talens , nous racontent avoir vu des serpenteaux se retirer dans la gueule de leur mère chaque fois qu'il se présentait quelque danger. Malheureusement les naturalistes , en rangeant ces fables au nombre des faits, en ont souvent embelli le récit, ce qui a contribué à les accréditer universellement. Qui, par exemple, ne serait pas frappé de la description que La treille et Lacépède ont faite des habitudes du Boa et des autres serpens de grande taille! combien de qualités ces savans n'attribuent-ils pas à ces êtres , qui n'ont jamais existé que dans leur imagination ?

Il n'est guère personne qui n'ait entendu parler du pré-

(i) Voir: Lucan, PAars. c). c^'^'j su'w. ell^icx-^Dv.R fie T/ieriacis. — {2) Voir noire aiiide nydrophis. -- (^) Voir iiolro arlicle Boa.

tendu pouvoir magique que doivent exercer les serpeiis sur les petits animaux, lorsqu'ils veulent s'en rendre maîtres; il y a peu d'ouvrages d'histoire naturelle, où l'on n'ait pas traité de ce phénomène, contredit par plusieurs, défendu par d'autres, sans que l'on ait pu arriver à un résultat satisfaisant. Je ne répéterai poir7t ici les absurdités que les voyageurs ont écrites à cet égard , et qui sont quelquefois extrêmement curieuses (i); il suffit de dire que ces contes, dont on trouve des traces chez plusieurs auteurs classiques (2), sont particulièrement en vogue dans l'Amérique du Nord, tandis qu'on les ignore dans Jes Indes Orientales et en Europe , contrées riches en serpens de toute espèce. Cette observation est trop curieuse, pour ne pas mériter quelque attention, vu qu'elle prouve combien un fiiit vrai ou supposé peut se répandre au point de devenir populaire. Plusieurs causes peuvent avoir donné lieu à l'origine de ce prétendu pouvoir de fascination des serpens. Il est vrai que la plupart des animaux paraissent absolument ignorer le danger qui les menace, lorsqu'ils se trouvent en société d'ennemis aussi cruels que les serpens ; on les voit souvent marcher sur le corps de ces reptiles , les piquer à la tête, les ronger, où se coucher familièrement à leur côt^; mais aussi ne saurait-on nier qu'un animal , surpris à l'improviste, attaqué d'un adversaire aussi redoutable, voyant son attitude menaçante, ces mouvemens exécutés avec tant de promptitude , ne soit saisi d'une frayeur qui le prive pour le premier moment de ses facultés , et le rend incapable d'éviter le coup fatal , exécuté à l'instant même où il se voyait assailli. M. Barton-Stnith , dans un Mémoire, composé expressément pour réfuter tout ce que l'on a avancé sur la faculté de fascination des serpens à sonnettes, rapporte plusieurs faits qui prouvent que les oiseaux ne se montrent

(1) Voir Lf.vaili. ■>. /'or. /'/\ ^H; Barrow, /j 1/6; — ^ r^) A.f,lia> 2, i\ ; PoMP. Mkla 1, 19.

effrayés, que lorsque les serpens s'appiochent de leurs nuls, pour s'emparer de leur progéniture; c'est alors qu'on voit les parens effrayés voler autour (1(^ leur ennemi, en poussant des cris plaintifs , absolument connue font nos fauvettes, quand quelqu'un s'arrête dans le voisinage de leur nid. Il se peut également que les' animaux qu'on prétend avoir vu sauter autour du serpent et enfin tomber dans sa gueule, aient déjà auparavant été atteint de la dent meurtrière , ce qui coïncide parfaitement avec îa manière dont les serpens venimeux proprement dits s'emparent de leur proie. Plusieurs serpens d'arbre saisissent leur proie , en entortillant leur queue déliée autour du cou de leur victime : Dampier (i) a été plusieurs fois témoin de ce spectacle: voyant un oiseau, battant des ailes et faisant entendre des cris, sans qu'il s'envolât , ce voyageur ne s'aperçut que le pauvre animal était étreint dans les replis d'un serpent , que lorsqu'il voulut le prendre de la main. Russel (2), présentant un jour une poule à un Dipsas , cet oiseau donnait au bout de peu de temps les signes de mort; ne concevant pas comment la morsure d'un serpent non venimeux et de si petite taille pût produire de pareils effets, il examina soigneusement la poule, et trouva que c'étaient les étreintes de la queue du serpent autour du cou de la poule, qui l'eussent fait périr , s'il n'avait pas eu le soin de la dégager. Plusieurs oiseaux de petite taille ont la coutume de poursuivre les oiseaux de proie et d'autres ennemis de leur race , ou de voler autour du lieu, où l'objet de leur haine se tient caché: on a lieu de croire que ce phénomène , connu en Europe de tout le monde, ait aussi lieu dans les contrées exotiques, et peutêtre est-ce encore un de ceux qui ont contribué a l'invention des contes que l'on a débités sur le pouvoir de fascination des serpens.

(1) f'oyage fil p. i-j'-i. — ^j) llussiiL T p. 20.

Mais j'ai déjà trop longtemps entrave la marche de mon ouvrage, en exposant les nombreuses erreurs dont on a défiguré une des plus belles parties des sciences naturelles, et je crois devoir ornmettre les fables du Basilic, de serpens bâtards produits par la copulation d'anguilles et de serpens, et maintes autres aussi étranges qu'absurdes, mais qui sont encore accréditées chez beaucoup de monde. Cependant, avant de terminer cette partie de mon travail , je parlerai du pouvoir magique que certaines personnes prétendent savoir exercer sur les serpens. Ce prétendu art, qui a fait de tout temps et chez plusieurs peuples , l'occupation d une caste particulière, consiste en certains jeux que les serpens exécutent au gré des bateleurs, qui les dressent expressément à cette fm : comme l'on emploie plus spécialement le Naja à lunettes et le INaja haje , nous avons déjà rapporté, dans ces deux articles , la manière dont on se sert des serpens dans ces jeux.

Ces bateleurs existent aujourd'hui aux Grandes Indes et en l'Egypte (i); ceux du dernier pays se vantent être les descendans des Psylles (2), tribu habitant l'ancienne Libye et les Indes, et célèbres par leurs connaissances dans l'art de guérir les morsures des serpens , et de s'en garantir eux-mêmes. Un autre peuple , moins connu et habitant l'Italie , étaient les Marses (3) ; on sait encore moins relativement aux Ophigènes , dont la patrie était la Grèce (4).

Parmi les peuples les plus civilisés de l'Europe, les personnes qui prétendent posséder l'art de fasciner les serpens se rencontrent assez rarement : ce sont le plus souvent des

(i) Geoffr. De.scr. de l'Éî^ypte XXlV p. 88. — (2) Plin. 7 2; Aelian. 16, 37; 17 , 27 ; LucAN. 9, 891 ; consultez aussi la dissertation de M. Spalding, intitulée « IJber die Zauberei durch Schlangen , et insérée dans les Mémoires de ï Académie de Berlin i8o/j — 1 i ; clasae historico-philolo^iiquc p. y et suiv. — (3) Yirg. Jeu. 7 , 750; Sil. ÏTAT, 8, /,y5. — (4) Plin. 7 , 2j Aeman. 12, 39.

HISTOIRE DE L'OPHIOLOGIE. 109

charlatans igiiorans, qui en imposent au bas peuple, cherchant à l'effrayer en jouant familièrement avec les serpens , dorit ils ne connaissent souvent que les espèces non -venimeuses. M. Lenz a consigné dans son ouvrage (i) l'histoire et la fin tragique d'un de ces prétendus sorciers, qui paya de sa vie une témérité fondée sur l'ignorance absolue de la nature des vipères.

HISTOIRE DE L'OPHIOLOGIE.

En traçant dans les pages suivantes un tableau succinct de l'histoire de l'ophiologie, nous nous bornerons à faire connaître seulement les principaux auteurs qui ont plus particulièrement contribués aux progrès de cette partie de l'histoire naturelle, considérée comme science.

Les premiers renseignemens de cette nature se trouvent dans le précieux ouvrage que nous a laissé Aristote : il résulte de ses observations, que ce grand homme a fait des recherches assez exactes sur la nature des serpens et sur leur anatomie(2); mais malheureusement son livre est défiguré par plusieurs préjugés , en vogue de son temps et qu'il rapporte de bonne foi: cet auieur ne s'occupe point à énumérer les espèces, et ne parle que vaguement de l'Aspic , de la Vipère et des serpens en général.

La grande compilation de Pline est beaucoup plus riche en faits curieux, maiserronnés, que le travail du philosophe grec dont nous venons de parler ; il omet la plupart des détails anatomiques fournis par Aristote, mais il fait mention des principales espèces , connues à cette époque, et prouve par sa

(i) Pa^. 192 suiv. — (2) 2, 12; 4, iï; 5, 3; 5, a8 ; 87 37 et 19 , etc.

ÏÎO HISTOIRE DE L'OPHIOI.OGIE.

ciesoription des crochets de la Vipère (i) que le véritable siéfife de l'orsane venimeux n'était pas ig^noré des anciens.

Do 1 O

Élien surpasse encore son prédécesseur par le grand nombre d'erreurs qu'il rapporte à l'égard des moeurs des serpens, dont il décriv plusieurs espèces , le plus souvent d'après ses devanciers.

D'autres écrivains classiques, tels que Nicandre, Virgile, LucAiN, etc., parlent dans leurs ouvrages plus ou moins directement des serpens, de leurs qualités, des effets de leur morsure ; mais ces productions poétiques ont peu contribué à avancer la connaissance d'animaux, dont les anciens ont ignoré les véritables propriétés.

Les Grecs comprenaient indifféremment tous les serpens sous les dénominations universelles de dganoor et ôocptGj dérivées des verbes, i^iQueiv et onreiv ^ qui signifient toutes deux: voir. La première de ces dénominations a été adoptée par les Latins, mais ce peuple se servait en outre des noms généraux, (Ccmgids et de serpens^ pour désigner les ophidiens. Le mot allemand Schiange de schlingen a une étymologie analogue au latin serpens , de serpere , dont les Français ont fait leurs mots serpent et serpenter. Plusieurs autres noms, en usage chez les anciens, paraissent avoir été appliqués assez "vaguement , quoique dans un sens très étendu : Élien [p.) par exemple énumère seize espèces d'aspics , tandis qu'il résulte de passages d'autres écrivains (3) , que l'Aspic par excellence était le Naja haje. Il n'est guère possible de déterminer au juste les espèces d'ophidiens connus des anciens, vu les descriptions incomplètes qu'ils en ont fourni : aussi n'est-ce qu'en hésitant que je hasaide des conjectures à cet égard. Les voici : les moeurs que

(i) /. c, II, 6?.. — (2) /. c. 10, 3i. — (3) NiCâNDET. in Thcriac.^ Luî^an. 9, 695; Pmn. 8, 35.

HISTOIRE DE L'OPHIOI.OGIE. 111

Pline i^i) <-'t Élieii (2) aLlribii<^iiLaii J ac u 1 u s, coïncident parfaitement avec ceux du Cokiber llavolineatus ; l'A m phi sbaena (3) de ces auteurs est probablement identique avec notre Éryx j letymologie du mot Céraste (1) prouve que c'est encore le même serpent , que nous connaissons sous ce nom ; Cuvier a supposé avec raison , que le Bo a de Pline (5) n'est qu'une grande Couleuvre d'Italie , probablement le Col. quaterradiatus; j'ai lieu de croire que notre Vipera Ecliis, dont la tête est souvent ornée d'une tache blanche , a servi de type au Basilic de la Cyrenaique, décrit par Pline (6); il se peut que l' Hy d re (7) du naturaliste romain repose sur notre Tropidonote à collier, mais Elien (8) décrit incontestablement sous ce même nom des serpens de mer; les Dipsas; enfin, les Paria et d'autres serpens, dont les auteurs classiques font mention , sont trop vaguement indiqués , pour être rapportés à leur type.

Ceux, qui cherchent à s'instruire plus en détail sur les connaissances que les anciens ont eues des serpens, n'ont quà consulter l'ouvrage du savant Gessner, qui a en outre réuni dans son travail toutes les fables que l'on a écrites à l'égard de ces êtres dans le moyen âge. Nous omettons ces renseignemens, de très peu d'intérêt réel pour la science, qui ne pouvait non plus acquérir de la solidité par des travaux tels que ceux d'Ai^DROvANDE et de Jonston, compilations faites sans goût et sans génie, et dans lesquelles on voit répétés soit les innombrables erreurs de leurs devanciers, soit les préjugés qui ont défiguré l'histoire de l'ophiologie, soit même la description de ces êtres chimériques , appelés D r a c o n s , que ces érudits n'ont pas laissé d'illustrer par des figures. Ray fut le premier, qui essaya de donner une espèce de

(ij /, /. 8, 35. — (2) /.c. 6, 18 et 8, i3 — (3) Plin. 8, 35; Elien 9 , 23. — (4) Plin. 8 , 35. — (5)8, i4. - (6)8,23.— (7) /. r. 29, 22. — (8) /. c. 16, 8.

112 HISTOIRE DE LOPHIOLOGIE.

classification des serpens; mais son système, fdnclé sur une base peu solide, est abandonné depuis longtemps. Ce n'était que dans le siècle suivant, que parut l'histoire naturelle des serpens de son compatriote Owen, livre écrit sans critique et qui fourmille de récits erronnés et fabuleux.

Plusieurs iconographes se sont signalés dans cette période par la publication de recueils, contenant des figures d'histoire naturelle plus exactes que n'en avaient fournies jusqu'alors leurs prédécesseurs. Il convient de citer en premier lieu ScHEucHZER, qui a donné dans un ouvrage volumineux et d'une nature hétérogène un bon nombre de portraits de serpens en noir, dont la plupart, quoique médiocres, sont assez reconnaissables. Sera, qui a surpassé tous les iconographes par le grand nombre de figures que l'on doit à ses soins, a représenté dans les deux premiers volumes de son ouvrage, les serpens qui faisaient partie de son Musée, un des plus riches de ce temps; plusieurs de ces portraits sont très fidèlement rendus, d'autres sont passables, quelques-uns assez mauvais; mais la plupart sont si bizarrement coloriés, qu'il est très difficile de reconnaître l'animal qui a servi de modèle. Cet auteur ne paraît avoir eu en vue que d'étaler dans son ouvrage toute cette innombrable série d'objets qui ornaient son cabinet: les figures s'y trouvent accumulées sans choix et sans jugement; le même serpent y est souvent représenté jusqu'à dix fois et davantage, et ces différens portraits d'un même animal offrent quelquefois très-peu de ressemblance^ vu que l'artiste a su défigurer chacun d'eux. Le te3>te qui accompagne ces planches , fourmille d'erreurs et de fausses données par rapport à la patrie des animaux et aux noms de pays: on voit à l'évidence que Seba n'a fait que rapporter les récits des marins, dont l'avidité inventait des mensonges, pour profiter de sa crédulité. Au lieu do tracer en peu de mots les caractères essentiels des animaux figurés, cet ifonographe s'arrête souvent

lïISTOlUK DE L'OPHIOLOGIE. 113

à la description cVuri petit point, d'une tache ou de quelque autre trait insij^nifiant, ce qui rend son texte explicatif absolument inutile. Cependant, ce recueil immense a fourni matière à beaucoup de naturalistes; il a été jusqu'à nos jours une riche mine que l'on ne cesse de fouiller et dont plusieurs savans ont puisé ces connaissances qu'ils ont ensuite mises à profit , pour composer des ouvrages.

L'histoire naturelle de la Floride, publiée par Catesby, à peu près dans la même période, est encore très utile pour connaître les productions de cette contrée, qui depuis n'a été explorée, sous ce rapport, par aucun voyageur: les figures qu'elle contient sont pour la plupart passables, mais plusieurs d'entre elles sont rendues avec fort peu d'exactitude.

Un bon nombre de figures de serpens, assez reconnaissables, se trouvent dans le Muséum du prince Adolphe-Frédéric, ouvrage publié par Linné, et qui a paru avant les dernières éditions du Systenia naturae; l'auteur cite lui-même un second volume de ce travail, et a été suivi à cet égard par ses successeurs, quoique ce volume ne soit jamais parvenu à la connaissance du public. C'est à ce grand homme, inventeur de la méthode dichotomique, que l'on doit la première ébauche d'une véritable classification des ophidiens (i); chez lui, ces êtres forment la seconde tribu de la classe des Reptiles, qu'il caractérise ainsi: serpentes apodes ^ spirantes ore. Les six genres, établis par lui, reposent sur des caractères empruntés de l'organisation des tégumens généraux. Abstraction faite des Amphisbènes et des Céciles, qui font partie chez Linné de la famille des ophidiens, il ne reste que les genres Crotale, Boa, Coluber et Anguis, distribués d'après la forme des plaques du dessous du corps; le premier genre comprend tous ces serpens, qui ont la queue munie d'un appareil bruyant, connus sous le nom de

(i) Syst. nat. XTI p. 347.

1 I \ HISTOIRE DE L'OPHIOLOGIE.

soîiîictles; les Boas ne se disLingiient des Couleuvres que pur les plaqeuîs souscautlales entières; les Anguis enfin offrent, en dessous, des plaques semblables aux écailles des autres parties. Il est évident qu'une méthode, basée sur des caractères aussi fugitifs que ceux dont se servait Linné pour la sienne, devait être en o])position avec la nature; aussi, toutes les affinités naturelles qui lient les diverses espèces d'ophidiens , sont-elles rompues dans son Species; on y voit des Trigonocéphales à côté des Boas; son genre Anguis comprend a la fois des Scinques, des Tortrix, des Typhlops, des Hydrophis et rOphisaurus ; le reste des serpens est réparti dans son genre Goluber, où figurent pele-mele des Vipères, des !^ythons, des Calamars, des Najas, des Flomalapsis,des Dipsas, des Dryiophis , etc.

Tous les successeurs de Linnoeus, ayant en quelque sorte suivi sa méthode que, pour ainsi dire ils n'ont qu'étendue, et, se laissant guider par les mêmes principes, il s'ensuivit que l'on ne pouvait parvenir à établir un système naturel. Nous verrons dans la suite à combien d'erreurs cette manière de voir a donné lieu , et sur quelle fausse route elle a conduit.

Klein (i), le plus souvent guidé dans ses travaux par un esprit d'opposition, a rangé parmi les serpens plusieurs annélides et même des vers intestinaux; les vrais serpens se trouvent divisés chez lui en deux classes caractérisées d'après la forme de la tête et de la queue: ceux où la tête est d'une venue avec le tronc et qui ont la queue courte et arrondie, forment les genres Amphisbène et Scytale; l'autre classe comprend les Kynodons ou serpens venimeux, dont il distingue les Vipères, les Najas et les Crotales; les serpens non-venimeux , enfin , sont distribués dans les genres Ichthyodon , Lytaidon et Anodon, genres établis d'après la nature des dents.

(t) Tentamen Herpetologiœ. Kônigsb. J755.

HISTOIRE DE L'OPHIOLOGIE. 1 1 5

On voit que cet auteur est le premier qui ait proposé de séparer les serpens venimeux des non-venimeux ; ce n'est que dans la suite que Gra^v (i) s'est expressément attaché à découvrir des traits , pour caractériser ces deux, divisions : le résultat de ses recherches est , qu'il n'y a d'autre moyen de reconnaître les venimeux, que de s'assurer de la présence des crochets: ce mémoire contient plusieurs bonnes observations sur le système dentaire des serpens.

La grande réputation que s'est acquise Làurentius (2) en publiant son Synopsis, n'est rien moins que méritée en sa qualité de méthodiste. Son troisième ordre des Reptiles comprend les serpens qui se trouvent distribués dans les genres Chalcides , Caecilia , Amphisbsena, Anguis, Natrix , Cérastes, Coronella , Boa, Dipsas, Naja, Caudisona, Goluber , Vipera , Cobra, Aspis, Constrictor et Laticauda. Les nombreuses espèces dont il a enrichi son tableau, ayant été en grande partie établies et caractérisées d'après des figures de Seba,sont pour la plupart purement nominales, comme on peut le voir en analysant sf!S genres Naja, Boa et Constrictor j d'un autre côté il suffit d'analyser ses genres Natrix , Cérastes et autres , pour se convaincre du peu de certitude qui règne dans ses vues , relativement aux caractères qu'il établit pour désigner ces coupes artificielles.

L'ordre des serpens, tel qu'il existe dans^Védition du système de la nature, publiée par Gmelin (3) , ne diffère de celui de son véritable auteur que par l'addition des espèces , décrites jusqu'à cette époque par divers savans et voyageurs.

C'est à-peu-près à la même époque qu'a paru le travail (4) de Datjbenton sur les reptiles , en forme de dictionnaire :

(i) PhiL Trans. w/. 79 P. 1 p. 21 suiv. — (2) Syn. Rept, Vienne 1768. — (3) LiNN. Syst. nat. ed, 13 cura Gmel. Lips, 1788. — (4) IJ fait partie de VEncyclopédie méthodique dont le premier volume a paru en 1782. —

IIG HISTOflU: DE L'OPHIOLOGIK.

travail rarement consulté, quoiqu'il ait servi de base à ceux de Lacépède et de Bonnaterre (i).

Dans le grand ouvrage du comte de Lacépède , les serpens composent un quatrième ordre de la classe des reptiles, opposé aux trois premiers qui forment ceux des quadrupèdes ovipares à queue, sans queue, et des bipèdes ovipares. En adoptant les six genres de serpens inventés par Linné , le continuateur de Butfou y a joint les Langahas et l'Acrocliorde, d'après les indications deBruguières et deHornstedt; car ce n'est qu'une quinzaine d'années plus tard qu'ont été établis les genres Erpéton , Leioselasme, Disteire et Trimeresure. Ce travail se recommande i»ar la beauté du style, poétique en beaucoup d'endroits, (juoique les faits qui font la. base de ses raisonnemens , ne soient pas toujours conformes à la vérité; les descriptions, plus étendues que celles de ses devanciers, pèchent rarement contre l'exactitude, mais elles sont loin de suffire à une détermination rigoureuse des espèces. Les figures qui servent à illustrer cet ouvrage, sont médiocres et quelquesunes même assez mauvaises.

Ce n'était qu'une dixaine d années après la publication de l'histoire naturelle des reptiles de L'^cépède, qu'il en parut une traduction allemande, de la plume du célèbre Bechstein; ce savant dépourvu de connaissances dans cette paitie de la science, a réuni dans cette traduction tout ce qui était connu de son temps sur les reptiles, et a fait copier un grand nombre de figures de Seba , de Russel , de Merrem et d'autres; j'ai quelquefois cité celte compilation, dans laquelle Bechstein a consiofné de très bonnes observations orio^inales sur les ophidiens indigènes.

La classification des reptiles proposée en 1799 par M. Al. Brongniart ('2) , est basée sur l'ensemble de forganisation et

^1) Encycl. mélhod, Paris 1802. — (2) Bidlelin de la .soc, philom, 3^ Année n.^ 35 et 36-

HISTOIRE DE L'OFHIOLOGIi:. M?

re])ose sur des principes trop solides poiu' ne pas èlie adoptée parles naturalistes. (Vest à ce savant qu'on doit l'invention des quatre ordres , tels qu'ils existent encore aujourd'hui; mais comme il donne pour marques distinctives des ophidiens ; point de pattes , corps alongé et cylindrique , il est évident que ni les Anguis, ni les Céciles devaient être exclues de cet ordre; Brongniart y a rangé, pour le reste , les genres adoptés par Lacépède, toutefois en y joignant celui des Vipères qui comprend plusieurs serpens venimeux.

Schneider, traitant les sciences natuielles en homme de lettres, a créé les genres Hydrus, Pseudo-13oa et Elaps , pour y classer des serpens de nature assez hétérogène: on voit figurer dans le premier, à côté des vrais Hydropliis , TAcrochorde et des Tropidonotes, tandis que les deux derniers genres offrent un mélange confus de serpens assez distincts les uns des autres.

Il est difficile de comprendre pourquoi Latî\eille a préféré à la classification de Brongniart , une méthode analooue à celle de Lacépède. En parcourant le travail qu'il a puhlié, et qui est orné de jolies figures en miniature, mais d'aucun intérêt pour la science, on remarque que ce savant entomologiste s'est presque uniquement servi , pour composer son ouvrage, des matériaux fournis par Seba et par Lacéjjède , ainsi que de quelques observations de voyageurs. 11 a cependant étendu le cadre des genres, en créant ceux de Scytale, llétérodon , Plature , Hydrophis, Enhydrus , et en établissant des subdivisions dans ceux de Couleuvre et de Vipère.

La seconde partie du troisième volume de la General Zoologie de Shaw , publiée en 1802, contient la description des serpens: ce travail n'offre de toute part qu'une compila-' tion indigeste et stérile ; les espèces nouvelles que l'auteur fait connaître sont en très petit nombre; il paraît que Shaw s'est servi, pour les serpens de mer, des objets rapportés par Russel.

.[18 HISTOIRE DE L'OPHIOLOGIE.

Le travail le plus complet qui ait paru sur les ophidiens est celui de Daudin ; il fait partie de son histoire naturelle des reptiles, puhliée en 1802 et années suivantes. L'auteur a suivi la méthode de Brongniart , mais on lui doit rinvention de plusieurs genres: à l'exemple de Russel, il a séparé les Pythons des Boas ; son genre Bongare n'a subi jusqu'à ce jour aucun changement ; celui de Vipère comprend chez lui la plupart des serpens venimeux proprement dits; ses genres Lachesis , Hurriah , Eryx, etc., n'ont été rejetés que par moi, tandis que d'autres, tels que ceux de Coralle et Glothonie, n'ont jamais été adoptés par les naturalistes. Les descriptions de Daudin sont le plus souvent assez détaillées; mais comme il manque de connaissances solides et élémentaires, et dominé par l'esprit de contradiction, cet auteur, peu exercé à la critique, commet souvent des erreurs assez graves. Les figures dont son ouvrage est orné , valent mieux que celles de Lacépède ; mais réduites dans de trop petites proportions , la pliipart pèchent contre l'exactitude. Daudin a mis à profit les nombreux matériaux , fournis par les iconographies de P/Ierrem et de Russel , et publiées en partie avant l'époque à laquelle il écrivit.

Le premier des ouvrages que nous venons de citer , les Beltrâge de Merrem, contient des figures très reconnaissables de serpens, accompagnées de bonnes descriptions. Le second est le recueil le plus vaste et le plus riche , qui ait jamais paru pour illustrer cette partie d'une faune qui traite des ophidiens. Les portraits qu'il contient , principalement ceux du second volume , sont pour la plupart très exacts , quoiqu'on puisse reprocher aux artistes , d'avoir souvent négligé de faire usage des nombreux moyens que l'art moderne offre , et dont les peintres français ont su si adroitement tirer parti. On est redevable à Russel de plusieurs bonnes observations sur les habitudes des serpens : les expériences , qu'il a faites sur les effets de la morsure de ces êtres ,

HISTOIKK OK J. OPaiOLOGlE. IID

mentent d'être citées: aussi ses successeurs oiii-ils eu suiii d'en faire passer l'extrait dans leurs ouvrages.

De toutes les ligures qui ont paru jusqu'à ce jour sur l'histoire naturelle des animaux , celles qui se trouvent dans \e grand ouvrage sur V Egypte, sont sans contredit les plus parfaites sous le rapport de la fidélité avec laquelle elles représentent les objets. Le texte explicatif de ces planches n'a été publié que très récemment , et encore n'embrasse-t-il que la première partie; les o])jets, représentés par Savigny dans le supplément, ayant été perdus.

Une nouvelle classification des reptiles , insérée d'abord dans les Annales des sciences naturelles a été publiée séparément en 1811 à Munich. L'auteur, feu Oppel , s'écarte sous beaucoup de rapports, de ses prédécesseurs. En adoptant les quatre ordres établis par Brongniart , il y a apporté de nombreuses modifications, en réunissant les Sauriens et les Ophidiens comme subdivisions de son ordre Squamata, en rangeant les Orvets parmi les Sauriens, et en plaçant, d'après les indications de M. Duméril,les Géciles dans l'ordre des Batraciens. Ce système, plus naturel qu'aucun autre publié par la suite , n'a été goûté que de nos temps. On doit à feu Oppel l'établissement de plusieurs genres assez naturels, tels que Tortrix, Trigonocéphalus, Vipera, etc.; mais il a porté la confusion dans le système en réunissant les Bongares sous la dénomination générique de Pseudo-Boa, tandis qu'il applique ce premier nom aux Dipsas. Les sept familles qu il a créées pour subdiviser les ophidiens sont fondées sur un trop petit nombre d'observations , pour être utiles de nos temps: quelques-unes même sont très peu naturelles; par exemple celle des Pseudo- vipères qui comprend les genres Acrochorde et Erpéton; puis les Vipérins, où se trouvent réunis les Vipères , les Bongares et les Najas, etc.

J'arrive maintenant aux travaux que Cuvier a faits sur les serpens. i'ondés sur des observations cpi'il a d'abord insérées

120 HISTOIRE DE L'OPHIOLOGIE.

dans son Anatomie comparée, cet illustre savant a publié en 1817 une classification des ophidiens (i) , dont nous donnerons l'aperçu ; reproduite depuis dans la seconde édition du livre qui la contient, on n'y a rien changé d'essentiel , sinon qu'elle embrasse quelques genres de plus; c'est pourquoi nous nous servirons , pour notre extrait , de ce dernier travail. Cuvier, ayant classé dans l'ordre des ophidiens tous les reptiles apodes, il s'ensuit que des êtres d'une organisation différente de celle des serpens, tels que les Anguis, les Pseudopus , les Céciles en devaient faire partie. La première famille, celle des Anguis, comprend les genres Anguis, Pseudopus, Ophisaurus et Acontias. La seconde famille, celle des vrais scupens, se trouve subdivisée en deux tribus: celle des Doubles-marcheurs , qui contient les genres Amphisbène et Typhlops , et celle des serpens proprement dits qui , embrassant tout le reste des ophidiens , se divise de nouveau ne coupes. Viennent d'abord les non-venimeux, distribués dans les genres Tortrix, Boa , Coluber et Acrochordus, genres que l'on pourrait très bien appeler familles, et dont la plupart sont composés de plusieurs sous-genres peu naturels: à côté des Boas figure le Scytale coronata, l'Eryx et l'Erpéton ; parmi les Couleuvres sont confondus les Pythons , les Homalopsis(i) , le Xénopeitis, l'Hétérodon , les serpens d'arbre et l'Oligodon. Les serpens venimeux sont 'divisés en venimeux proprement dits , ou à crochets isolés et en venimeux dont les armes dangereuses sont suivies de plusieurs autres dents solides. La première de ces deux familles est établie en faveur de celle des Crotales, des Trigonocéphales, des Vipères, des Najas, des Élaps , du Plature, du Langaha, et de plusieurs autres sous-genres nouveaux, mais de trop peu d'importance pour être nommés ici ; la deuxième famille comprend les Bongares, les serpens de mer et J'Acro-

fi) Le lir^f/r animal, vol. JI.^ (2^ Ccmr Ccrbcrus, de M, Cuvier.

fllSlOUŒ DE L'OPHIOLOGIE. 121

cliordoïdc sous le nom de (Jhersydriis. LesCéciles, comme troisième tribu , terminent l'ordre des ophidiens. En passant de revue cette classification, nous nous bornons à observer que Cuvier , attachant trop d'importance au système dentaire des serpens et à la forme des plaques du dessous, s'est écarté à beaucoup d égards du système naturel. Du moins , il me semble qu'une réunion telle que des Hydrophis , des Bongares et de l'Acrochordoïde ne peut convenir dans aucune méthode, soit artificielle, soit naturelle. Comment se fait-il que les Elaps et les Najas, ophidiens dont le maxillaire est garni, outre les crochets , de dents solides, aient été rangés parmi les serpens venimeux à crochets isolés ! Le Langaha s'y trouve également, quoique ni ses formes , ni son organisation n'offrent les moindres rapports avec les serpens venimeux. On voit dans ce système, les Boas, les Pythons et les Acrochordes figurer dans quatre familles diverses. Le Scytale couronné et l'Eryx font partie du genre Boa; les Uropeltis , (de véritables Typhlops) , se trouvent à la suite des Tortrix , tandis que le Xenopeltis en a été exclu , pour prendre place parmi les Couleuvres. Ces observations suffiront pour faire voir à combien d erreurs a donné lieu le principe de classer les serpens d'après la conformation des plaques sous-caudales. Outre les ouvrages de Lacépède , deLatreille et de Daudin , on ne possède d'énumération complète des espèces connues de serpens que celle publiée en 1820 par Merrem(i). L'auteur, en adoptant les grandes divisions des ophidiens en venimeux et innocens, a rangé la plupart des derniers dans le genre Coluber, dénomination qu'il a changée très mal-àpropos , en celle de Natrix; il termine la longue série de ces êtres par le genre Dryinus. A la tête des serpens non-venimeux se trouvent rangés, dans l'ordre suivant, les autres genres de cette famille: i ,) l'Acrochorde; a,) le Rhinopirus^

^i) Tentamen systernatis amphihionim.

122 HISTOIRE DE L'OPHIOLOGIE.

nom remplaçant celui d'Erpéton; 3) les Tortrix, mélange clés genres Tortrix , Eryx , Typhlops , Acontias , etc. ; 4) l'Eryx; 5 et 6) les Boas et les Pythons, genres qui comprennent un grand nombre d'espèces hétérogènes; y) les Scytale, mélange confus, auxquels suivent les Hurriahs, réunion d'espèces aussi insensée que le nom qui a servi pour les désigner. Merrem a eu soin d'adopter, pour distribuer les serpens venimeux ^ presque toutes les dénominations génériques , inventées par ses devanciers; il a multiplié leur nombre en y ajoutant plusieurs nouvelles: son Sépédon est établi en faveur de THémachate; ses Pélias embrassent une Vipère et un Trigonocéphale; ses Echis reposent sur des Vipères, etc.; mais ce savant a, sans la moindre nécessité , fait plusieurs changemens dans la nomenclature : telles sont l'introduction des noms génériques d' Acanthophis , d'Echidna, deCophiaset de Natrix remplaçant ceux anciennement /eçus d'Ophryas, de Vipera, de Trigonocephaîus et de Coluber.

C'est à-peu-près de cette même époque que datent les travaux étendus que feu H. Boie a faits sur les reptiles. Ce naturaliste zélé et infatigable, en disposant des matériaux que lui offraient la collection de serpens du musée des Pays-Bas, a imaginé un grand nombre de coupes génériques, établies en majeure partie aux dépens de celles déjà connues antérieurement. La publication du grand ouvrage, dans lequel Boie a déposé ses recherches, ayant été entravée jusqu'à ce jour, il est arrivé que des extraits ont été communiqués à plusieurs erpétologistes , qui se sont empressés d'adopter les vues de feu Boie, avant que les travaux originaux aient pu parvenir à la connaissance du pubhc. Ce n'était qu'en 1827 que M. Fr. Boie de Kiel a communiqué l'aperçu des recherches de son frère, enrichi de ses propres observations; voici les noms des genres nouveaux d'ophidiens, consignés dans l'ouvrage de feu Boie: Xenopeltis (Reinwardt) ; Brachyorrhos (Kuhl); Lycoflon fBoie) ; Oligodon (Boie); Amblycephalus (Kuhl);

HISTOIUK DE L'OPHIOLOGIE. 123

Elapodis (Boie) ; Homalopsis (Kuhl) ; Xenodon (Boie) ; Tropklonotus (Kuhl); Erpetodryas (Boie); Dendrophis (Boie); Psammopliis (Boie) ; et Chrysopelea (Boie). La partie spéciale de mon livre étant en quelque sorte basée sur les travaux de Boie, on peut , en consultant le mémoire que je viens de citer, voir en quoi mes vues diffèrent de celles de mon prédécesseur. On vit paraître à la même époque plusieurs ouvrages iconographiques, et des observations relatives à l'illustration de la faune du Brésil , qui ont beaucoup contribué à l'éclaircissement d'une des partie les plus embrouillées de la science. Les travaux du Phiînce de Neuwied méritent d'être cités en premier lieu; cet auguste voyageur étant presque le seul qui ait fait des observations sur les habitudes des serpens exotiques, son livre appartient au nombre des plus précieux qui aient jamais paru sur l'Erpétologie: ses descriptions exactes, quoique minutieuses, ne laissent pas d'être très utiles; les planches qui servent à les illustrer , sont exécutées avec soin , et représentent les objets avec exectitude. On regrette de ne pouvoir attribuer les mêmes qualités à celles publiées • par Waglepi d'après les sujets recueillis lors des voyages de M. Spix: on voit introduit dans son livre, sous de nouveaux noms, les espèces les plus communes; la même espèce se trouve quelquefois figurée sous plusieurs dénominations diverses et même disposée en des genres différens; des espèces recueillies en Espagne y sont décrites comme habitant le Brésil; le nombre des genres a été augmenté sans les moindres apparences de nécessité; on à arbitrairement substitué de nouvelles dénominations génériques aux anciennes; l'auteur, en surchargeant ses descriptions de détails oiseux, les a rendues diffuses: en un mot, les défauts dont fourmille cet ouvrage, ne sont guère compatibles avec l'ostentation déployée dans cette publication et dans des pb lications analogues.

(i) Isis vol. XX p. 5o8 suiv. N

124 HISTOIRE DE L'OPHIOLOGIE.

La tendance de l'ouvrage de M. Fitzinger, étant de distribuer les reptiles d'après leurs affinités naturelles, cet erpétologiste a réuni aux sauriens les ophidiens, qui se trouvent divisés en plusieurs familles; les dénominations dont il s'est servi pour désigner les nombreuses coupes génériques qu'il a crées, sont en grande partie empruntées de la nomenclature barbare de Seba ; une énumération des espèces d'ophidiens faisant partie du Musée de Vienne et annexée à son opuscule, peut servir à illustrer sa manière de voir. La mienne s'en éloignant sous beaucoup d'égards, je rapporte ici quelques faits épars de son livre, afin que l'on puisse s'en servir comme point de comparaison : le genre Duberria de M. Fitzinger, embrasse des espèces qui font partie chez nous des genres Calamar, Goluber, Xenodon , Coronella, Naja et Lycodon; on voit rangé' parmi ses Couleuvres, des Coronelles, des Psammophis, des Lycodons, des Xénodons, des Herpétodryas, des Dipsas, des Tropidonotes et des Couleuvres proprement dites; dans sa famille des Colubroïdes sont réunis l'Acrochorde, des Hydrophis, l'Elrpéton, le Xénopeltis , enfin, tout le reste des serpens non-venimeux, a l'exception des Tortrix et des Boas; mais les deux familles subséquentes contiennent chacune des serpens de mer, qui figurent à côté des Vipères , ou Elaps et des Najas, genres éloignés l'un de l'autre pour prendre place dans deux familles distinctes.

La nature du système, publié récemment par feu Wagler, s'oppose à toute analyse: toujours entraîné parla fougue d'une imagination ardente, guidé souvent par des principes qui devaient à jamais demeurer étrangers à la science, anticipant l'esprit de son temps, ce laborieux zoologiste a créé un système où sont accumulés pêle-mêle, les serpens venimeux avec les innocens, les serpens de mer avec ceux de terre, les serpens d'eau douce avec ceux qui habitent les arbres: un système appuyé par d'amples mais ingér)ieux raisonnemens souvent forcés

et plus j)ji\isans que justes; système dans lequel il établit une

HISTOIKE DE L'OPHIOLOGIE. 125

foulede coupes nouvelleiiient inventées, dont le nombre seul t'ait trembler la mémoire la plus heureuse. — Ce même écrivain s'est rendu utile par la publication de planches erpétologiques.

11 me reste à parler de M. Lenz, qui a étudié, jusque dans les moindres détails, les moeurs et les habitudes des serpens indigènes. J'ai eu souvent recours aux observations classiques de ce naturaliste, qui se trouvent consignées dans une espèce d'histoire naturelle générale des serpens, écrite dans un style populaire souvent diffus, mais qui décèle que l'auteur est plus familier avec la littérature de cette partie de la science qu'avec les objets mêmes.

J omets plusieurs autres tentatives faites par des anatomistes ou par des philosophes, pour établir des systèmes naturels des serpens : il suffit de citer comme exemple des essais d'un tel genre celui de M. Rietgen , inséré dans le £4'"^ -volume^ o}^^ partie pcig. 245 et sawantes des Transactions de V Académie Léopoldine, Beaucoup d'autres savans, enfin, ont contribué aux progrès de l'ophiologie en publiant des observations isolées. Des voyageurs ont enrichi leurs journaux de nombreux faits épars, relatifs aux mœurs des serpens, dans lesquels ils ont décrit des espèces inédites: à ce nombre appartiennent Pallas, Hasselquist, Forskâl, Bruce, Bartram, Bosc, Palisot de Bauvais , Paterson , Russel , M . Mérian , Marcgrav, Mikan, Raddi, le prince deNeuwied,Spix, Say , Davy, White, Lesson, Wiegmnnn et beaucoup d'autres que nous auronssoin de citer en parlant de leurs ouvrages. D'autres naturalistes se sont attachés à décrire ou àénumerer les ophidiens d'un certain pays, ou de rassembler du moins des matériaux pour les faunes des diverses contrées du globe. Outre les grands ouvrages déjà mentionnés sur les Indes orientales, le Brésil , l'Amérique du Nord et sur l'Egypte, se distinguent particulièrement sous ce rapport la monographie des serpens des environs de Rome par Metaxa; de la Hongrie, publiée par Frivaldszky; de la Suisse par Wyder; delaLithuanieparDiùmpelmann; de l'Italie

I2(> REVUE SYi% OPTIQUE.

par le Prince de Miisignanoj de l'Allemagne par Sturni; de lu Hollande par van Lier , et de l'Amérique septentrionale par Harlan. Plusieurs savans tels que Wolf, Meissner, Wagner y Boie, Vosmaer, Fleischman, Boddaert , Gronovius, Bell, Grav, Lichtenstein , Brandt et Batzeburg , et maints autres, ont publié des observations détachées sur la nature des serpens, ou ont étendu le cadre de nos connaissances, par les descriptions qu'ils ont données de nouvelles espèces.

Il importe , enfin , de faire mention des travaux dont les anat omis tes et les physiologistes ont, notamment dans les temps récens , éclairé l'ophiologie. Les belles et nombreuses expériences , faites sur le venin de la Vipère , par Redi , Charas et principalement par Fontana , et la description que ces savans ont donné des organes venimeux, sont dignes de l'attention des naturalistes de tous les temps. De célèbres anatomistes , tels que Guvier et Meckel ont exposé dans leurs manuels zootomiques l'organisation des serpens ; d'autres tels que Cloquet , Duvernoy, Mayer, Tiedemann , Schlemm, Windischmann , J. Mùller, etc., ont fourni des dissertations intéressantes sur divers organes de ces êtres ,* M. Herholdt a fait des recherches sur la physiologie de nos espèces indigènes: une foule d'autres observateurs, enfin, dont je rapporterai les noms à leurvplace, ont contribué à étendre nos connaissances dans l'histoire naturelle des serpens.

REVUE SYNOPTîaUE.

Je viens maintenant à mon propre travail. J'ai déjà exposé, dans ma préface, les motifs qui m'ont guidé, en donnant à mon livre la forme sous laquelle il paraît. La partie générale de mon ouvrage n'aura pas besoin de commentaire ; il ne me reste par conséquent que de fournir dans les pages suivantes le Synopsis de la partie spéciale.

UEVUE S\NOPTlQCi:. 127

J'ai conservé l'ancieiiiie division des serpens en noTivoninieux et en venimeux. Le caractère constant de ces derniers est d'être pourvus d'une glande à structure cellulaire, sécrétant un fluide qui , apporté dans le corps animal, y produit des effets délétères. Des dents maxillaires , beaucoup plus lon<Tues que les autres , intérieurement creuses , munies aux deux bouts d'ouvertures pour l'entrée et pour la sortie du venin, et que l'on appelé crochets, sont les armes, au moyen desquelles ces serpens infligent les blessures, et dans lesquelles s'introduit en même temps le fluide destructeur. Il ^st très-difficile sinon impossible d'assigner aux serpens venimeux des traits distinctifs extérieurs: plusieurs d'entre eux, comme les serpens de mer se signalent par leur queue applatie ; les serpens venimeux proprement dits ont quelque chose de si particulier dans l'ensemble de leurs formes et dans leur physionomie qu'il ne faut que peu d'expérience pour les reconnaître au premier coup d'oeil : mais il n'en est pas ainsi de cette famille de serpens venimeux, à laquelle j'ai donné l'épithète de colubriformes : le plus grand nombre de ces reptiles ressemblent tellement aux serpens innocens, que des naturalistes même en ont confondu les deux races. Un museau le plus souvent gros et arrondi, et une queue courte, grosse et conique: voilà les seuls caractères extérieurs, peu tranchansà la vérité , que l'on peut assigner aux serpens venimeux colubriformes. Les mœurs des serpens venimeux offrent plusieurs autres traits pour les distinguer des non-venimeux, et il convient avant tout de constater que ces premiers habitent exclusivement ou la terre ou la mer , qu'ils ne grimpent pas sur les arbres (i) , et qu'ils ne fréquentent jamais , peut-être à l'exception de quelques espèces du genre Naja , les eaux.

(i) Les Trigonocéphales à teintes vertes font exception à cette règle, en ce qu'ils ont l'habitude de s'accrocher avec leur queue prenante , aux branches des arbustes , pour guetter leur proie.

En distribuant les serpens non -venimeux en familles j'ai particulièrement eu en vue leur manière de vivre. Ces coupes, auxquelles il ne faut attacher aucune importance, sous le rapport de l'organisation, ont seulement été créées dans le but de faciliter la revue des espèces. J'ai établi six familles dans la grande division des serpens non venimeux.

La première famille comprend les Serpens fouisseurs ou le genre unique des Rouleaux: T ORTRIX. On peut leur assigner comme marques distinctives: un corps cylindrique, offrant presque sur toutes les parties du tronc les mêmes dimensions; une queue courte et conique; une tête petite, obtuse, d'une venue avec le tronc et revêtue de plaques imparfaitement développées; de petits yeux; des narines étroites; une gueule peu fendue; des caisses trèsramassés; des dents courtes et coniques; enfin, une certaine ressemblance dans l'ensemble des formes avec les Ampliisbènes, les Typhlops , etc. Les Rouleaux offrent souvent des crochets à l'anus; ils habitent les contrées chaudes des deux Mondes et se tiennent toujours à terre , où ils se creusent des boyaux. On n'en connaît que cinq espèces. — J'ai placé à la têle du genre jIctortrix scYTALEde Surinam , remarquable par son tronc effilé, filiforme et annelé de noir et de rouge; ses yeux sont placés au centre de la plaque oculaire; le tronçon de la queue est assez obtus; il atteint quelquefois jusqu'à 3 pieds; plaques 225 -j- 12. — La deuxième espèce , le tor- TRix RUFA vient de Java et de Gélèbes où il forme une variété de climat reconnaissable à ses teintes foncées; plus ramassée que la précédente, elle offre un tronc d'un brun noirâtre irisé, orné de bandes transversales blanches qui deviennent d'un beau rouge sur la tête et sur la queue; elle a la queue très-courte et pointue; dimensions 2 pieds et demi, plaques 195-}- 6. — L'île de Ceylan nourrit un Rouleau, le TORTRix MACULAT A, Semblable sous beaucoup de rajjports au précédent, mais qui s'en distingue, outre de petites

différences de forme, à sa couleur d'un brun jaunâtre, relevée par un dessin réticulaire noir; il ne dépasse guère un pied en longueur totale et offre environ 190 | 6 plaques. — l'er Y X, quatrième espèce du genre Tortrix, habite les terrains sablonneux qui s'étendent depuis l'Egypte jusque dans l'Indouslan : elle a le tronçon de la queue ramassé et obtus; toutes les parties sont revêtues d'écaillés assez petites; le museau est coupé obliquement au bout; l'œil offre une prunelle perpendiculairement alongée; elle atteint jusqu'à 2 pieds et demi, et présente 195 -i- lio plaques. Aux Indes, cette espèce forme probablement plusieurs variétés constantes, mais dont on n'a pas encore bien étudié les traits distinctifs. - Très voisin de lEryx est le psr. udo -er y x, originaire de la Nouvelle Hollande: il se distingue de celui-là par une queue plus longue et prenante, par un corps plus gros et plus comprimé, par des lames abdominales et frontales plus développées, enfin par le nombre des plaques qui est de aoo -h 60. — La sixième espèce, le xénopeltis, offre un tronc moins cylindrique que les précédentes, sa queue est plus développée et conique, il est dépourvu de crochets à l'anus, et les plaques de la tête se rapprochent de la forme normale; un beau bleu noir fortement irisé réfléchit de toute la surface de l'épiderme polie; la tête est blanche dans les jeunes ; taille 2 pieds; plaques 175.4-28. Patrie: les îles de Java, Sumatra et Célèbes. — \ient enfin le tortrix boa, espèce rare, découverte à la Nouvelle Irlande; elle a à-peu-près les formes générales du Xénopeltis, mais ses lèvres sont creusées de fossettes comme dans les Boas, et le corps est entouré d'anneaux alternes de noir et de blanc; on lui compte 25o -f- 44 plaques.

La deuxième famille des ophidiens non-venimeux est celle des Serpens lombrics: elle est composée du genre unique G AL AM ARIA. Ce sont de petits serpens terrestres, dont le corps, presque constamment cylindrique en forme de

130 M:VUE SYNOPllQUE.

ficelle, est terminé par une queue le plus souvent courte et conique. La tête est, dans la plupart, d'une venue avec le tronc , et revêtue de plaques dont celles du museau sont ordinairement moins nombreuses que dans les serpens des genres suivans. Les Calamars offrent très fréquenmient des teintes irisées, et le rouge domine quelquefois sur les parties inférieures. Les plaques du dessous sont rarement nombreuses. Ils habitent les climats chauds ou voisins des tropiques, et se trouvent dans l'un et l'autre monde. -- Une des espèces les plus remarquables est le c al. l u m b r i c o i d e a 5 très rare dans les îles de Java et de Célèbes. Son corps, long de plusieurs pieds , est partout de la grosseur d'une tuyau de plume de cygne; la queue est courte, conique et offre 16 à 23 lames divisées. 11 n'existe qu'une paire de frontales, qui tiennent en même temps lieu des frênaies; et on lui voit seulement deux oculaires. Dessus d'un bleu noirâtre , dessous bleuâtre avec des taches noirâtres et une raie jaune le long des flancs. Ecailles lisses, carrées et disposées sur i3 rangées. PI. abd. 190 à 217. — Une autre espèce de 1 île de Java, le cal. LiNNAEi, ressemble à la précédente par les formes et la disposition des plaques de la tête et des écailles du tronc; mais son corps beaucoup moins effilé ne dépasse guère un pied en longueur. Les teintes ne sont pas moins sujette > à varier que la longueur de la queue. Le dessous est le plus souvent d'un rouge vermillon , orné de larges taches carrées noires. Plaques 180 + 90 à 160 -h 20. — Le C4l. orbig- NYi du Chile paraît représenter dans le nouveau monde le Cal. lombric, dont il offre les formes et le port; mais son cou est entouré de i5 rangées d'écaillés et toutes ses parties sont plus minces. Sur le dessus d'un rouge de brique ardent, les parties inférieures sont couleur de nacre. Le sommet de la tête, une tache sur la nuque, et une bande sur la queue, d'un noir foncé 264 -4- 3o. — L'Amérique du Nord produit le CAL. AMOENA qui répond par sa touille, et sa stucture

UFA'UE SYNOPTIQUE. 131

au Cal. Linnaei des Indes orientales; ses formes sont cependant plus menues , et les bandes abdominales ainsi que les plaques nasales un peu plus larges. Dessus brun luisant, dessous rouge. Nombre moyen des plaques i2o-f-3o. — Les espèces suivantes s'éloignent plus ou moins des quatre précéderites qui tbrment les types du genre. Le c a.l. d i a- DEMA, le seul connu de la Nouvelle Hollande, offre cependant tout-à-fait le port et les formes des espèces types 5 mais on lui voit deux paires de plaques frontales. Il est d'un brun pâle jaunâtre, plus clair en dessous , avec une taclie tranversale et blanche sur l'occiput. 1^0 -|- 45. i3 Rangées décailles. — Les îles de Java et d'Amboine nourrissent un Calamar, cal. BRACiiYORBiios, qui présente le même nombre des plaques tle la tête que le précédent, mais qui joint à une taille plus forte que les espèces types, un corpsplus gros etaminci vers les bouts, et une tête assez conique. D'un brun terne uniforme, passant au jaunâtre sur le dessous , cette espèce a le corps entouré de 17 rangées d'écaillés. i38 -l- i3 à 180 + 38 plaques. — Le CAL. B ADi a de Cayenne, tout en présentant des formes moins vigoureuses et une taille moindre, a le port du précédent 5 cependant sa queue est plus effilée, la tête plus obtuse, les yeux sont plus volumineux , et il existe de chaque côté une petite plaque frênaie. Nuancée de brun et de jaune d'ocre , cette espèce offre une disposition des teintes assez variable d'un individu à l'autre. 17 R. d'écaillés; plaques i5o -+- 20 à 1 84 -h 44' — Le CALA M. ARCTivENTRis vicnt du Cap , et ressemble par ses formes à une petite Couleuvre; la tête et les plaques dont elle est revêtue sont plus développées que d'ordinaire ; le corps est assez gros pour la taille de l'animai, et la queue pointue. Son ventre fortement anguleux et ses teintes servent à distinguer cette espèce des autres. Dessus brunchàtain, dessous jaune; flancs bleu-grisâtre , moucheté de points noirs serrés. i3o -h 3o ; i5 rang, d'écaillés. — Les deux Amériques produisent un Calamar, c. m e l anocepha la, dont les

\m REVUE SYNOPTIQUE.

formes rappelent celles des Elaps: il a le corps d'égale grosseur ; la queue est plus efillée que dans les précédens, la tête tronquée au bout et à peine distincte du cou. Le système de coloration offre de bons traits distinctifs : dessous jaunâtre; dessus brun pâle avec trois raies longitudinales noires; tête ornée de taches noires. 1 55 -h 60, i5 rangées d'écaillés. — Ressemblant au précédent , le cal a m. punctata, originaire des parties méridionales de l'Amérique du Nord, s'en éloigne par un corps moins cylindrique, une tête plus distincte du cou, des écailles plus petites et un système de coloration divers. Le dessus est brun gris foncé avec un collier blanc; desous blanc-jaunâtre. Une suite de points noirs s'étend sur la ligne médiane de l'abdomen. i5 Rangées d'écaillés. Plaques: 170 4- 5o. — La onzième espèce du genre est très remarquable parce qu'elle offre dans l'ordre entier le seul exemple d'un serpent dépourvu de dents palatines; c'est le cal. oligodon, analogue d ailleurs, par les formes et le port, aux autres Calamars. Sa tête est cependant un peu grosse, obtuse et enflée aux joues. L'espèce est aussi très reconnaissable à ses teintes: les parties inférieures sont, comme dans le Calam. de Linné, d'un rouge vermillon orné de taches carrées ; le dessus est d un brun foncé avec de larges taches blanchâtres distribuées à de distances régulières sur le dos; on voit, sur la tête, plusieurs bandes noires. Ce Calamar est rare à l'île de Java et forme, à Sumatra , à Ceylan et aux îles Philippines , de jolies variétés de climat distinguées par la distribution des teintes; les taches abdominales sont réduites dans les deux dernières variétés à des points disposés sur trois rangs ; la variété de Sumatra a des taches dorsales, ovales, larges et serrées. i45 + 35j 17 Rangées d'écaillés. — Le cal. scytale, des îles Philippines et de Ceylan , caractérisé par la présence d'une plaque frontale antérieure impaire, ainsi que par sa queue munie en dessous de plaques simples , se rapproche , par ses formes , du Calamar brun. Dessus brunâtre, passant sur le dessous ,

au jaune d'ocre sale; trois taches foncées sur l'occiput; autant de raies composées de points foncées sur le dos et les lianes. i4o -h 3o; 17 rang, d'écaillés. — Les parties méridionales des jjltats-Unis de l'Amérique du Nord nourrissent un petit (Calamar, CAL. STRiATULA, qui liabitc également l'île de ]\Iartinique. 11 se reconnaît à sa tête conique revêtue de lames semblables à celles des Couleuvres, à l'exception des frênaies qui manquent; puisa ses yeux volumineux, à une queue assez pointue, et aux écailles lancéolées qui sont toutes surmontées par une forte carène. Dessus brun-pâle ou grisâtre, dessous jaunâtre. Plaques: 120 -f-35; i5 à 17 rangées d'écaillés. — Le c A L. E L A p o I D E s , de Java, offre des écailles lancéolées et carénées comme le précédent; mais il parvient à des dimensions plus fortes , ses yeux sont plus petits , tandis que les narines sont assez ouvertes; la tête présente une forme diverse et la queue est plus effilée; les teintes enfin, qui sont des plus brillantes , le distinguent de toutes les autres espèces. Dessus rouge carmin ; dessous bleu d'azur pâle; i5o +70; i5 rangées d'écaillés. — Le c a l a m. b l u m 1 i , espèce anomale de l'Amérique méridionale se rapproche à la fois des Tortrix et de certains Homalopsis. D'une taille plus forte qu'aucune autre espèce , elle offre cependant un tronc cylindrique et une queue conique et vigoureuse. Sa tête est déprimée, obtuse; les yeux sont très petits, et on voit une dent très longue à l'extrémité postérieure du maxillaire; 6 plaques labiales, 2 oculaires et 2 frontales; occipitales alongées. Dessus brun , marbré de points foncés, et relevé par trois raies effacées. Dessous et demi-collier jaunâtres. 180 + 35; 1 5 rangées d'écaillés. — On vient de découvrir , à la côte de Guinée, un Calamar dont les formes et les plaques de la tête rappelent celles desCoronelles , mais qui offre le port et la petite taille des Calamars; sa queue est plus grêle que d'ordinaire, le tronc un peu comprimé et entouré de 19 rangées d'écaillés: c'est le cal. coronata, distingué par les quatres bandes transversales noires qui

Î34 REVlJË SYNOPTIQUE.

ornent la tête. D'un gris jaunâtre sur le dessous, cette espèce tire sur le dessus au brun. Plaques: ï85 + yo. — Nous avons ranoé dans ce genre une espèce anomale originaire duCliile, et qui se rapproche, par ses formes , de certains Lycodons , mais dont la distribution des teintes rappelé celle du Goronella venustissima, de l'Élaps corail etc. Elle a l'abdomen anguleux et le corps annelé de rouge et de noir; i5 rangées d'écaillés; 196 + 57 plaques: c'est le CAL. atrocincta. — Yient enfin le CAL. c o R ON E L L A , que l'on prendrait , nu premier abord, pour une petite Coronelle lisse; mais sa tête est assez grosse ^ les plaques frênaies manquent, les occipitales sont larges, ses formes sont assez ramassées, on ne lui compte que i5 rangées d'écailies , etc. D'un gris jaunâtre tirant sur le brun , cette espèce a les parties supérieures ornées de nombreuses bandes transversales foncées mais très peu distinctes.

Nous avons réuni dans la troisième famille des ophidiens non-venimeux tous ces Serpens terrestres, qui n'ont pas été compris dans les deux familles précédentes. Ils offrent, à l'exception des Hétérodons , peu d anomalies dans leur organisation 5 et sont modelés, pour ainsi dire , sur le type des Couleuvres proprement dites : la plupart ont le sommet de la tête orné de 9 plaques et des écailles de moyenne grandeur et lisses. *

Le premier genre , celui de C O R O N E L L A , renferme des espèces qui rappel en î, par leur organisation les (Couleuvres proprement dites; mais qui offrent une taille moindre; un tronc moins comprimé , ordinairement en pentagone et revêtu d'écaillés le plus souvent lisses et distribuées sur 17 à 19 rangées ; enfin une queue conique et peu longue. Les Coronelles se trouvent dans les climats chauds et tempérés des deux mondes; on n'en a pas encore observées dans la Nouvelle Hollande. Elles habitent les plaines, et de préférence les lieux humides. — L'Amérique méridionale nourrit une très belle espèce, reconnaissable à ses formes effilées et à ses

teintes: d un beau rouge vormillon, elle a toutes ses parties entourées environ de i5 paires d'anneaux noirs bordés de blanc. Les écailles distribuées sur i5 rangées ont la pointe noire. C'est la co u o n. vii is usti ssi m a. On lui compte 200 placpies abdom.; celles de la queue variant de 4^ ^ ioo« A Surinam cette espèce est remplacée par un serpent tout-à fait analogue; mais qui offre un tronc moins effilé, et par conséquent un nombre moindre de plaques abdominales, qui n'est que d'environ 180: on pourrait conférer à ce serpent, lorsqu'on veut en faire une espèce à part, le nom de CORON, venu s ta; il est très commun, et connu sous celui de Goluber agilis. — Une autre espèce semblable pour les teintes à la précédente, habite l'Amérique du Nord; c'est la coron, coccinea; mais elle présente une taille moindre que celle-là, ses yeux sont moins volumineux, la plaque verticale est ramassée et les surciliaires petites. Plaques 170 4-35. 17 Rangées d écailles. — LacoRON. MER RE M Mil, coumiunc au Brésil, est remarquable par le grand nombre de variétés accidentelles et d'âge qu'elle forme. Sa têie est très large, et revêtue au sommet de lames petites et de forme alongée. Les écailles, disposées sur 17 à 19 rangées, sont grandes et en rbombe. Le dessous est ordinairement jaunâtre; dans les adultes, le dessus est d'un vert brunâtre, encadré en guise de tache ronde au centre de chaque écaille. Les jeunes ont un système de coloration semblable à celui de l'espèce précédente , mais les anneaux noirs s'effacent avec l'âge et la teinte rouge rembrunit. i3g -1- 5o ou i83+68. — On a observé à Surinam, dans le Brésil, et même à la Guadeloupe, une Goronelle, c. reginae, qui ressemble, quant aux formes, à la précédente, mais dont les teintes sont diverses: dessus bleu-grisâtre, dessous jaune avec des taches noires carrées ; de petites taches noires ornent les Hancs , et on en voit de blanches près de l'angle de la bouche etaucou. i4o-+- 70; ly rangées d'écaillés. — 5'"'^Esp: coron. coiiELLA. Commune à Surinam, elle paraît également se

136 KEVOE SYNOPTIQUE.

trouver dans l'Amérique du Nord. Formes plus lourdes que dans les deux précédentes. Dessus varié de brun de deux nuances; dessous jaune foncé, orné de taches noires carrées. Écailles bordées de noir ou de blanc. 1 60 H- 5o: i '7 rangées d'écaillés. — On ne connaît qu'une seule espèce du genre Coronelle des îles de la Malaisie: c'est lacoRON. balîodeira, découverte à Java et à Sumatra. D'une taille moins forte que la plupart des autres espèces, elle se rapproche par son port des Calamars, mais ses yeux sont très grands et sa tète haute. Dessus d'un brun vif, relevé par des taches blaîiches en œil; dessous jaunâtre. 128 + 68; i3 r. d'éc. — L'Europe ne produit également qu'une seule Corone!le, la coron, laevis, qui préfère les lieux secs aux terrains bas et humides; elle est d'un brun bai très luisant, et orné de taches noires déchiquetées et irrésjulières qui forment, sur la tête, un dessin très caractéristique. Le dessous est jaunâtre, marqué de taches carrées noires. 1^5 4- 55; 21 rangées d'écaillés. Les jeunes de cette espèce éclosent dans le ventre de leur mère. Les contrées méridionales de l'Europe nourrissent une variété de climat, distincte par des teintes plus claires. — La huitième espèce est du Chilé, c'est la CORONELLA CHiLENsis. (Tacliymcnes de Wiegmann). Elle ressemble à l'espèce d'Europe, mais sa tète est plusconique et revêtue de lames moins grandes. Sa queue est plus courte , et les parties supérieures offrent 4 raies foncées qui s'étendent sur l'occiput, tandis qu'on observe sur le dessous plusieurs rangées de taches noirâtres souvent peu distinctes. i58h-46; i9rangéesd'écaîlles. — Les quatre espèces suivantes sont duCap, et s'éloignent sous plusieurs rapports des précédentes. La coron, rhom- BEATA rappelle par l'ensemble de son organisation l'espèce d Europe, quoiqu'elle se rapproche, par ses formes effilées, des Psammophis. Sa tête est menue, conique et terminée par une plaque rostrale étroite qui se prolonge sur le sommet du museau; les autres plaques de ces ])arties sont étroites et les occipitales courtes. On voit une dent sillonnée postérieure

aux mâchoires. Le brun jaunâtre du dessus est orné de 3 ou 4 rangées de taches œillées en lozange. i55 "+"72; 17 rangées d'écaillés. — Une autre espèce du Cap, très diverse de la précédente, est la CORON, rufescens, qui se reconnaît à ses teintes unifjrmes d un brun pourpre pale et à une large tache foncée sur la nuque. Le dessous est jaune. Elle a la prunelle de l'œil alongée dans le sens vertical, et offre une dent postérieure sillonnée aux mâchoires. 160+4^5^9 rangées d'écaillés. — La coronella rufula se rapproche des Lycodons par ses formes et ses dents antérieures un peu phis longues que les autres ; mais la prunelle de l'œil est orbiculaire, et les plaques de la tête un peu alongées. D'un brun uniforme tirant sur le rougeâtre, elle offre une queue assez grosse et beaucoup plus longue que d'ordinaire ; iSy H- iio; 19 rangées d'écaillés. — Une des espèces les plus belles et lespl us rares estla COR ON ELLA aurorv. Elle est très reconnaissable à ses teintes: jaune sur le dessous, brun jaunâtre sur le dessus; le dos est orné d'une large raie jaune orange qui occupe l'animal dans toute sa longueur. Elle a des formes plus lourdes que d'ordinaire; sa queue très grosse ne va guère en diminuant que vers le bout. Le museau est obtus; les plaques temporales ont la forme d'écaillés et les abdominales sont assez serrées. 180 -h /lôj^ig rang. d'éc. — Viennent enfin deux espèces un peu anomales de l'Asie, dont la première , la coronella octolineata offre un corps mince, à abdomen étroit et un peu anguleux aux côtés. Il n'existe que 6 plaques labiales et une frênaie de chaque côté; la rostrale est large et s'étend entre les frontales. On voit sur un fond d'un jaune brunâtre 4 lî^ies dorsales longitudinales et foncées , dont les latérales sont quelquefois doubles: ces raies se prolongent sur la tête où elles forment un angle aigu. 178 + 52; 17 rangées d'écaillés. — 11 existe au Bengale une Coronelle très jolie, la cor. russelii. Elle se rapproche de certains Xénodons, dont elle a le système

tîeiitaire, et nolaiiiiiient du Xén. pourpre, auquel elle ressemble aussi par la distribution des teintes. Le museau est o])liquement coupé en dessous. ly Rangées d'écaillés de forme sublancéolée. Dessus brun de terre , relevé par une rangée de taches larges, décliiquetées et de forme peu constante. On voit sur la tête plusieurs traits anguleux. i55 -+• 54- —

Le deuxième genre des serpens terrestres est celui de XENODON; ce sont des Coronelles le plus souvent de grande taille, qui offrent des formes lourdes, une tête large, un museau court ou tronqué, dont le tronc est gros et le ventre aplati. On leur voit à la mâchoire supérieure une dent solide postérieure assez longue et comprimée. Leurs écailles sont iisses et disposées sur des rangées assez obliques, notamment sur le cou qui est assez expansible et dont les côtes sont moins courbées que d'ordinaire , ce qui rapproche ces animaux des Najas. Les plaques de la tête sont trapues et larges. Ce genre n'est pas riche en espèces, et les Xénodons appartiennent au nombre des serpens rares , qui habitent en petit nombre les contrées chaudes et tempérées des deux mondes; on ne connaît aucune espèce ni de l'Afrique ni de la Nouvelle Hollande. Les uns préfèrent les lieux humides , mais d'autres qui se plaisent dans des terreins secs, s'éloignent des espèces types pour se rapprocher du genre suivant, celui des Hétérodons. — Le XENODON sEVEïius dc Surinam et du Brésil réunit par excellence les caractères que nous avons assignés à ces animaux en général. Il a toutes les parties assez lourdes et trapues , et les plaques de la tête petites et larges. Le poumon, enveloppant la trachée , occupe l'espace entre le cœur et la gorge. D'un jaune brunâtre pâle, les parties supérieures sont ornées d'une douzaine de taches foncées en œil et extrêmement larges. On observe sur la tête plusieurs bandes transversales et des traits en angle sur l'occiput. Les teintes chez les adultes sont tellement effacées qu'on en reconnaît avec^ peine la distribution primitive. J'ai vu des individus d'un rougeAtre \iniforme ,

REVUE SYNOIMIQUE. I3î>

taiulîsqued'autresétaientd iinhiun verdàtre. i/io-\-^6y2ï rang, dëc. Cent un serpent de grande taille qui paraît se nourrir exclusivement du grand crapaud de l'Amérique méridionale, et qui nage avec beaucoup de dextérité. — Le x e n o o o n R UABDOCEPHALUS (lu Brésil est tellement voisin du précédent qu'il ne paraît en former qu'une race, distinguée par des formes un peu plus alongées, comme il résulte du nombre des lames qui varie de i4o à 180, et de 44 ^ ^^' ^9 I^^ngées d'écaillés. Le poumon s'étend derrière le cœur dans la cavité abdominale. Les couleurs de ce Xénodon sont très sujettes à varier,' on en trouvede bruns, de rouges, et quelquefois même d'un gris olivâtre uniforme. — Lcxenodon inornatus habite l'île de Java, où il est assez rare; il esl d'un brun olivâtre uniforme, et offre à-peu-près les formes du Xen. severus , quoiqu'il lui reste assez inférieur par rapport à sa taille. 120+ 38; ig rangées d'écaiPes. Le jeune a les parties supérieures relevées par des bandes transversales assez indistinctes, et on voit sur l'occiput plusieurs bandes qui se réunissent en angle. — L'île de Java nourrit une autre espèce de Xénodon , le xen. purpurascens. Aussi rare que la précédente, elle s'en distingue ainsi que de toutes les autres, par un système de coloration extrêmement agréable. Les formes rappelent celles de la Coronelle lisse; mais notre Xénodon est plus robuste et d'une taille un peu plus forte. Il a la plaque rostrale assez développée, voûtée et saillante; le museau est un peu tronqué au bout, et l'abdomen légèrement anguleux. D'un rouge de brique ou pourpre couvert de marbrures foncées, le dessus est orné de 18 bandes larges ou taches d'un blanc rougeâtre pointillé de noir. lyS +4^; 19 r. d'éc. — Il existe au Brésil une troisième espèce de Xénodon, le xen. schottii, qui offre des formes plus élancées que les précédens, et dont la tête étroite est terminée par une plaque rostrale un peu saillante. Dessus d'un brun olivâtre, dessous jaunâtre. 178 -H 46; 19 rangées décailles. Le seul Xénodon

d'Europe connu, xen. michahellis, habite l'Espagne et la France méridionale. 11 se reconnaît à sa tête courte et conique , terminée par une plaque rostrale proéminente, à ses écailles disposées sur 27 rangées, au nombre élevé des plaques, (216 + 60), à sa queue courte et conique, enfin à ses teintes qui sont d'un brun olivâtre relevé par deux raies dorsales foncées,- plusieurs autres raies descendent sur les côtés de la tête. Le système de coloration des jeunes diffère entièrement de celui des vieux, en ce que ceux-là ont les teintes trèsclaires et relevées par de larges taches. — Le xenoûon TYPHLOS des Guyanes réunit à la taille des Goronelles , les formes du Xén. sévère, toutefois en exceptant qu'il a la tête et les plaques qui la revêtent moins larges, et que son abdomen est un peu anguleux. Dessous jaune, parties supérieures couleur de plomb enfumé, tirant tantôt sur le verdâtre , tantôt sur le bleuâtre. i4o H- 5o; 19 rangées d'écaillés. — J'ai placé à la suite du genre Xénodon un ophidien d'origine incertaine, mais qui vient probablement du Brésil: c'est notre xen. bicinctus. Use rapproche des Goronelles, et offre des formes assez robustes. L'œil est bordé d'un tour de 6 plaques, et la rostrale est assez déprimée. Le corps est entouré de larges bandes ou anneaux géminés et bruns, disposés sur un fond jaunâtre, et qui forment, sur le dessous, des taches carrées. 192 + 89.

Les HÉTÉRODONS sont des Goronelles ou plutôt des Xénodons, dont la tête se prolonge en un museau conique terminé , le plus souvent , par une lame saillante tronquée au bout , et dure. Ils n'ont été observés que dans le Nouveau Monde où ils habitent les terreins sablonneux. Les autres plaques de la tête sont moins développées que d'ordinaire. La couleur dominante est le rouge, relevé par des taches ou anneaux foncés. Ces animaux ne parviennent pas à une forte taille et sont du nombre des ophidiens rares. — L'espèce la plus connue est l'h eterod. pî.atyrhinus, reconnaissabie

REVOE SYNOPTIQUE. 141

à ses formes trapues et vigoureuses, et particulièrement à sa plaque rostrale retroussée et saillante en forme de croissant; on lui voit plusieurs écailles frontales, l'œil est bordé d'un tour de petites écailles, et les plaques labiales sont très hautes. Écailles lancéolées, carénées et disposées sur 21 rangées. 124 + 38. Corps couvert de larges taches foncées sur un fond d'un gris rougeâtre. Patrie: l'Amérique du Nord; le Brésil produit une variété de climat de la même espèce. — Originane du Brésil, Theterodon r h in os to ma ressemble au précédent par la forme de sa plaque rostrale ; mais cette partie est plus petite dans noire espèce , les plaques de la tête affectent une forme plus régulière; ses écailles sont lisses et disposées sur i5rangées,etsoncorpsoffredes formes beaucoup plus élancées. 190 4- 64- Extrêmement rare. — La troisième et dernière espèce de ce genre, le xenodoncoccineus est de petite taille, a la tête pointue, le museau saillant mais non retroussé , et le corps d'un jaune ardent marqué de larges taches ovales de rouge pourpre. 19 Rangées d'écaillés ; plaques 170 + 5o. L'espèce vient du Mexique et des provinces méridionales des Etats Unis,

Les LYGODONS composent le quatrième genre des serpens non-venimeux terrestres. Ce sont des ophidiens de taille moyenne , dont le corps est ordinairement mince , et quelquefois même effilé. Ils offrent le caractère particulier d'avoir des dents maxillaires antérieures plus longues que les autres. Les yeux sont petits et à prunelle verticalement alongée. La plaque verticale et les frontales antérieures sont petites et ramassées, mais les occipitales sont assez alongées ; il n'existe qu'une seule frênaie. Les écailles sont en lozange et ordinairement lisses, l'abdomen est anguleux dans la plupart des espèces, et la queue souvent munie de lames simples. La teinte dominante est un brun couleur de terre; les écailles sont quelquefois bordées de blanc, et le cou orné d'un collier clair; d'autres espèces ont le corps annelé de noii- et de blanc ou de rouge. Les Lycodons

142 RF.VÎJE SYNOPTIQUE.

habitent les pays équatoriaux des deux mondes, mais on u en connaît point de la Nouvelle Hollande. — i^^ Esp. lyco- DON HEBE, à tète déprimée et à museau obtus. Les plaques frontales postérieures et les occipitales sont très alongées. 1964-68; 17 rangées d'écaillés. D\in brun-gris plus ou moins foncé, le dessus est orné de taches claires et déchiquetées. Cette dernière teinte borde les écailles et forme, derrière l'occiput, un large collier. La distribution des teintes est sujette à des variétés accidentelles; d'autres sont ducs au climat: les individus du Bengale sont très clairs; ceux de Java et de Timor plus foncés et d'une taille moins forte. — 2™® Esp. T.YcoDON CARiwATUs. Vit à Gcylau , où il est assez rare. Il a des bandes simples sous la queue, et des écailles carénées disposées sur i^ rangées. Couleur: brun de café, plus clair sur le dessous qui est marqué de taches blanchâtres. 1 88 -f- 60. — 3"^^^ Esp. L Y c o D o N j A R A. Des grandes Indes. Peiite espèce noire à col'ier blanc trè;s large; les écailles sont marquées de deux raies fines. Dessous blanchâtre. 1^5 -f- 56. — '4'"^ Esp. LYcoDON GEOMETRicus. Grande et belle espèce à formes ramassées, dont on ignore la patrie. Dessus brun rougeâtre; le dessous, deux raies sur les flancs, et une autre qui borde le sommet delà tête , jaunâtres. 21 Rangées d'écaillés lisses. 220 -[- 5i. — 5*"^ Esp. lycodon HORSTOKii. Observé au Cap et à la Côte d'or. De petite raille, d'un brun olivâtre foncé assez luisant, avec le bout des écailles marqué d'une tache couleur de nacre, couleur qui forme quelquefois des bandes étroites et transversales. Dessous jaunâtre. 190 -j- 4^ ; 17 rangées d'écaillés. — 6'^** Esp. LYCODON UNicoLOR. Formc avcc la précédente les deux seules espèces du genre connues de l'Afrique. Elle habite la côte de Guinée, et se reconnaît à ses teintes uniformes d'un brun fuligineux, plus clair sur le dessous; elle se distingue de la précédente par Je nombre des pla(jues et des écailles qui €st de 220 4-60 et de 27. — 7™*^ Esp. lycodon for mosus:

très belle espèce a formes minces, à tête étroite, à plaque iVeiiale assez aiongée qui s'étend jusqu'à l'œil, et dont le coips est marqué d'anneaux alternes très larges d'un beau rouae vermillon et d'un noir luisant. Les écailles offrent des bfirdures noires. 66 Paires de lames sous-caudales, yj à ly Rangées d'écaillés; les lames abdominales variant de 168 à 220. Habite le Brésil. — 8'"*^ Esp. t. ycodon cleha. Très remarquable par les variétés qu'il forme, la configuration de la tête vai'iant d'un individu à l'autre , et la queue offrant des lames tantôt simples, tantôt disposées par paires. Couleur: brun de terre, quelquefois clair, souvent foncé, nuque ornée d'un collier blanc, pointes des écailles brunes. Dents antérieures à peine plus longues que les autres. i5 à 19 Rangées d'écaillés. Plaques variant de 148 4- 65 à 2 i 8 -+- loi. Patrie: Le Brésil et Surinam. — 9™^ Esp. lycodon subcinctus. Museau extrêmement large et obtus. Plaque frênaie touchant à l'œil, vu le manque d'oculaire antérieure. Narines très ouvertes. D'un brun noirâtre luisant, le corps de cette espèce est entouré d'une vingtaine de larges bandes blanches. 208 -I- 76; 17 rangées d'écaillés. Du Bengale et de Java. — 10™* Esp. LYCODON MODESïus. Voisiu , pour l'organisation, du Lycodon Clelia. Tête plus conique que d'ordinaire. Ecailles à surface unie, presque carrées, et disposées sur 17 rangées. 2004-84. Dessus brun foncé; dessous et collier jaunâtres. Habite l'île d'Amboine, et aussi la Nouvelle Guinée où il acquiert une très forte taille, offrant alors des teintes assez claires. — 11"^^ Esp. lycodon nympha. Formes effilées, tète ramassée à museau obtus, yeux assez volumineux, i3 rangées d'écaillés lisses, abdomen étroit et anguleux, aao -4- 85. Corps brun, orné de bandes ou de taches claires. Habite au Bengale. — i:*"'* Esp. lycodon atjdax. Du Paraguay, se rapproche, pour les fornjes, des Dipsas. Tronc comprimé et alongé, queue très mince et effilée, tête grosse par derrière. Varié de brun et de jaune, qui forme de larges

taches déchiquetées et irréguhères. Plaques de la tête foncées au centre. 200-+-110. 19 Rangées d'écaillés. — iS*"* Esp. LYCODON PETOLARius. A formcs effilées commc le précédent j mais sa tête est heaucoup moins large et le corps plus mince. Dents d'égale grosseur. 210+ 100. Corps brun foncé, marqué de nombreuses bandes ou anneaux clairs, dont fa disposition varie selon les individus. Habile les Guyanes et se trouve aussi au Brésil.

Cinquième genre de la famille des serpens terrestres : C O L U- }5ER. Comprend tous les serpens terrestres de grande taille qui, tenant le milieu entre tous les ophidiens, ne présentent guère de faits extraordinaires dans l'organisation. Ils habitent ordinairement les lieux secs; mais quelques uns préfèrent le voisinage des eaux. Ils se plaisent également sous les climats chauds et tempérés des deux mondes, mais on ne connaît qu'une espèce dans l'Afrique australe, et ils paraissent manquer absolument à la Nouvelle Hollande. Les plaques abdominales sont ordinairement assez nombreuses. Leurs écailles dorsales offrent le plus souvent des carènes assez faibles. La plupart ont 2 plaques oculaires postérieures. Ce genre est très riche en espèces. — 1) coluber aesculapii. De l'Europe centrale et méridionale ; 21 rangées d'écaillés, brun olivâtre, avec un collier clair , dessous jaunâtre. 22^8 -f- 79. — 2)coLUBER coNSTRicTOR. Voisin du précèdent pour les formes; mais il a 17 rangées d'écaillés et est couleur de plomb foncée uniforme. i83-t-94. Habite les Etats-Unis de l'Amérique du Nord. — 3) coluber radiatus. A formes plus sveltes que d'ordinaire. Dessus d'un brun clair, relevé par quatre raies longitudinales foncées. Occiput marqué d'une bande transversale. 23o + 88 ; 19 rangées d'écaillés. Patrie: la Cochinchine , les îles de Sumatra et de Java. — 4) coluber suBRADiATUS. Remplace le précédent à l'île de Timor. Il lui ressemble assez; mais ses teintes sont plus foncées , la bande sur locciput manque, les raies sont interrompues

et Tes plaques plus petites disposées sur 23 rangées. 235 -f-

gO, 5) COLUBÊR ftLUMENBAClIII, OfflC dcS foi mCS

élancées et une queue eflilée. La tête est plus distincte du cou que dans les précédentes ; l'œil est plus volumineux ; l'abdomen anguleux et garni de lames assez larges; le dos est un peu en carène et les écailles sont disposées sur i^ rangées plus obliques que dans les autres espèces. 200 + i25. Brunolivâtre tirant sur le jaune sur le dessus, (jui est orné de bandes transversales étroites foncées, souvent assez eifacées, irrégulières ou entrelacées. Ecailles bordées de noir- L'espèce a élé observée au Malabar, au Bengale et à Java. — 6) c o l u- BER KORROS. Très analogue à la précédente, dont elle diffère par des plaques labiales plus étroites et un museau plus court, par une tète moins liante , enfin un tronc moins comprimé et moins alongé. 170 -f- 120; i5 rang, d'écaillés; des îles de Java et de Sumatra. — 7)coluber corais. La plus grande des Couleuvres connues , atteint jusqu'à 8 pieds de longueur et la sfrosseur d'un bras d'enfant. Vient de Surinam. Ses formes sont très robustes , sa tête vigoureuse et le museau gros. Sa pbysionomie ressemble à celle des Najas. 17 Rangées de grandes écailles. D'un brun rougeâtre tirant sur le gris-pourpre ; les jeunes à bandes transversales foncées sur les flancs. Dessous blanc jaunâtre. 202 4- 70. — 8) coll'ber mela- NURTJS. A tête ramassée et déprimée et à museau obtus ; 19 rangées d'écallles fortement carénées. Les plaques labiales sont étroites. Le tronc est comprimé et l abdomen assez anguleux. 218-1- 9^- Remarquable par les changemens qu'éprouve le système de coloration avec l'âge, Les jeunes sont d'un beau noir luisant avec une raie dorsale jaune de citron ; flancs ornés d une suite de tacbes en œil à centre blanc ; joues d'un blanc pur. Chez les adultes, la teinte du fond change au brun, passant souvent au jaune d'ocre sur le dessus, couleur qui représente la raie dorsale ; les taches des flancs deviennent indistinctes et ne sont visibles que sur le cou. Les parties

14G REYUE SYNOPTIQUE.

postérieures passent au uoirâtre. ÎJe Java. L iie de Célèbes produit une variété de climat, reconnaissable à un trait en angle aigu qui orne le dessus du cou. Une autre variété locale , caractérisée par deux raies dorsnles noires , et par une raie semblable sur les côtés du cou , vient de Sumatra. — 9) coiiUBER PANTHERiNus. Belle ct grande espècc , qui habite au Brésil dans les lieisx marécageux. Formes élancées. Tête alongée et large. Dessus brun pâle, presque totalement couvert par deux suites de taches extrêmement larges, irrégulières et qui forment quelquefois des bandes transversales. Deux raies foncées sur le cou , et deux ou trois bandes sur le sommet de la tête. i5 Rangées d'écaillés très grandes et lisses. 175-1-90. — 10) GOLUBER viRGATUS. Parai l remplacer, au Japon, notre Couleuvre quatre-raies. Corps comprimé, abdomen anguleux, museau large et obtus. Dessus brun plus ou moins clair, tirant sur le vert ou sur l'olivâtre, couvert de larges taches ou bandes transversales. Ces taches disparaissent avec lâge, en sorte qu il n'en reste que des raies longitudinales effacées. 23 Rangées d'écaillés carénées. Plaques: 240 + 110. — 11) coluber qu adrivïr gatus. Egalement du Japon, et très voisine de l'espèce précédente, dont elle se distingue par sa tête plus conique et moins grosse , revêtue de plaques plus aîongées ; par un corps moins vigoureux entouré de 19 rangées de plaques seulement , et orné de 4 raies dorsales distinctes dans l'âge adulte. Elle est d'une taille moins forte que laprér^édente et offre 200 -\- 87 plaques. Les teintes varient tellement que l'on observe des individus presque totalement noirs. — 12) coluber 'diadema. Ecailles carénées. Plaques 280+ 60. Couleur brun déterre, une bande noire entre les yeux. Des «randes Indes. — 1 3) COLUBER M I N 1 A T u S. Patrie .' île de France. Forme s élancées , queue extrêmeuient déliée , de là le nombre élevé de plaques qui est de 199 + i45. 2 5 Rang, décailles lisses et en îo/ange. Jaune d'ocre par devant , couleur qui passe,

vers les parties postérieures, au rouge de minium cl au pourpre couvert de marbrures jaunes. — i4) coluber variabilis. A corps annelé et tacliete de noir et de blanc ou de jaune. 11 a les formes assez élancées, le tronc est très comprimé, l'abdomen anguleux et le dos en carène. Les écailles en lozano^e sont très grandes, carénées et disposées sur i5 rangées. Plaques 204 -4- 100. Dents longues et aiguës. Il existe un petit poumon accessoire. L'espèce rappelé certains serpens d'arbre du genre Dipsas, notamment le D. dendrophile. Habite les bois de Surinam et du Brésil. — i5) coluber plumbeus. Assez reconnaissable à son système de coloration uniforme : couleur de plomb dessus . jaunâtre dessous. Il se distingue en outre par la présence d'une dent postérieure longue et sillonnée , par ses formes lourdes et ramassées , par une tête large, grosse et arrondiej ennn par sa physionomie, qui ressemble à celle de certains Homalopsis. Il aie corps presque cylindrique, la queue courte et conique, et des écailles presque carrées , à surface unie et luisante , et disposées sur 19 rangées. 240 4-68. Est le même au Brésil et à Surinam. — 16) coluber poëciLos- TOMA. Belle espèce de grande taille , rare à Surinam , vient aussi du Brésil; reconnaissabieà sa tête très grosse, ramassée, laige, et revêtue de lames assez larges; à ses écailles lancéolées , carénées et disposées sur 21 rangées , à sa queue effilée , et aux teintes qui sont d'un jaune tirant tantôt sur le brun, tantôt sur le vert. La tête est d'un brun rouge et les parties postérieures sont souvent foncées, tandis que l'abdomen est jaunâtre. La femelle a le dessous de la tête rougeâtre. L'œil est volumineux et bordé par derrière de 3 lames. Habite les lieux marécageux dans les grands bois , et se rapproche, par ses mœurs, des Tiopidonotes. — 17) coluber CANUS. La seule espèce du genre connu dans l'Afrique du Sud, se rapproche , par son organisation , des Psanmiophis ou serpens de sable. Tête petite et très conique; museau terminé par une plaque saillante et voûtée; yeux peu volumineux ;

écailles petites, à pointe tronquée, lisses et disposées sur 27 rangées ; queue courte et grosse. Son anatomie présente plusieurs fait curieux: la verge est double de chaque côté, le cr.ane offre les formes de celui des Herpétodryas , les mastoïdiens sont extrêmement développés , et les fortes dents deviennent plus longues vers le bout du museau. Taille très forte , jusqu'à 6 pieds. Plaques 194 — 64. Cette espèce curieuse est encore remarquable par les changemens qu'éprouvent les teintes avec l'âge: brun-rouge pâle relevé par quatre rangées de taches œillés, au jeune âge ; grisâtre, tirant sur Tolivàtre, le brun ou le noir, à l'état d'âge adulte. — 18) colu- BER SAYi. Du Missouri. Tête assez conique, plaque verticale en forme de triangle , rostrale saillante ; 25 rangées d'écaillés carénées. Jaune rougeâtre, le dos est brun foncé; ces teintes forment des taches et des bandes. 224 + 55. — i9)coluber QUATERRADiATus. Quelquefois de y à 8 pieds,' habite l'Europe méridionale. Tête distincte du tronc, très alongée, haute près des yeux ; museau gros ; oeil volumineux et ombragé par une lame saillante ; plaques occipitales allant en pointe; queue forte, 25 rangées d'écaillés petites et lancéolées ; 212 -f. y 5. Dessus brun relevé par 4 raies brunes plus ou moins distinctes ; une raie foncée va de l'œil à l'angle de la bouche. Cette Couleuvre a les moeurs très douces. — 20) coLUBER viRiDiFLAvus. Dcs mêmcs contrées que le précédent, mais d'une taille moins forte, plus répandu et plus commun. Queue très élancée et plane en dessous; tronc presque cylindrique à abdomen convexe; 19 rangées d'écaillés lisses; 195 + io3. Dessus vert foncé, dessous et une tache centrale des écailles jaunes. Ces teintes varient assez, et passent souvent au brun et même au noir. Cette espèce a les mœurs assez sauvages. - — 21) coluber cliffordii. Du Nord de l'Afrique. Région des tempes et des freins revêtues d'écaillés. Plaques labiales étroites et nombreuses. Ecailles carénées et disposées sur 23 rangées. Teintes livides. Dessus brun-jaunâtre

KliVUIi SViNOPilQljL. 14'J

sale, orné de trois rangs de taches un peu plus foncées et souvent confluentes. 236 ~^ 84- Moins fort que le précédent.—22) coLUBER Hip PO c RE PI s. Intermédiaire entre les deux précédens. Taille et formes de la Coul. verte et jaune , mais à tête plus large et à queue moins effilée. L'œil entouré postérieurement et par dessous de 6 petites plaques environ; 25 rangées d'écaillés ; 282 +91. D'un jaune rougeâtre assez vif, le dessus est relevé par 3 rangées de larges taches foncées , orbiculaires sur le dos, carrées et plus petites sur les flancs: les traits qui ornent le sommet de la tête présentent quelquefois de la ressemblance avec un fer-à-cheval. Habite la plupart des pays entourant la Méditerranée. — 23) coluber FLORULENTUS. A formcs plus délicates que les précédens. D'un gris jaunâtre ou brunâtre , varié d'un grand nombre de taches et de bandes assez effacées. Menton et tempes garnis de nombreuses petites plaques ou écailles; 19 rang, d'écaillés alongées. 214 -H 93. De l'Egypte. — 24) coluber tra- BALis (i). Un peu plus fort que notre Coronelle lisse, de laquelle il ne diffère guère que par ses écailles surmontées d'une faible carène : Patrie: la Tartarie. 25 Rangées d'écaillés. 195+75. — 25) COLUBER GUTTATUS. De lAuiérique du Nord. D'une taille plus forte que notre Coronelle lisse , il offre en outre une tête plus petite et une queue moins longue. L'abdomen est un peu anguleux. 210 + 56 ; 25 rangées d'écaillés lisses. Dessus gris-rougeàtre, moucheté de noir , et relevé par 3 ou 5 rangées de taches, dont les mitoyennes sont assez larges et plus ou moins orbiculaires. Un trait noir bifourchu sur l'occiput, et une bande entre les yeux. Dessous jaune foncé, avec de taches noires carrées et alternes. - 26) coLUBERLEOPARDiNus. Système de coloration analogue à celui du Golub. guttatus, avec cette exception que les taches

(i) C'est le Col. Dione Pall. du Musée de Berlin , où noUe Psainmophis moniliger poiie le nom de Coluber trabdlis. Pall.

dorsales sont moins larges et souvent confluentes. Formes plus délicates que dans le précédent. Tête comme chez la Couleuvre d'Esculape; 23 rangées d'écaillés lisses. 240 + ^5. Le Sud-Est de l'Europe, et l'Afrique septentrionale. — ay) COLUBER coNSPiLLATUS. Très aualoguc au précédent, pour le système de coloration, mais à formes plus lourdes, à écailles plus grandes et à plusieurs petites plaques frênaies. Des bandes transversales au lieu de taches sur le tronc ; une tache en massue précédée par un trait en angle sur l'occiput. 2 1 Rangées d'écaillés 210 + 68. Originaire du Japon.

6me Genre des serpens non-venimeux terrestres: FI ERP ET O- DRYAS. Les Erpétodryas sont des Couleuvres qui aiment le séjour dans les bois ou qui fréquentent ordinairement les arbres. Ils rappelent les Couleuvres par leur organisation , mais ils ont des formes plus élancées, leur tête est plus effilée, et la plupart offrent une livrée d'un vert plus ou moins uniforme. Ils ont les mœurs sauvages et habitent les pays chauds des deux mondes, mais n'ont point encore été observés ni en Afrique, ni à la Nouvelle-Hollande. L'Europe et le Japon n'en produisent non plus. La plupart se nourrissent d'oiseaux. i) H ERPETODRYAS cARiNATus. Serpent remarquable parce que son dos étant garni de deux rangées de plaques, le nombre total de ces rangées est pair, exemple unique dans tout l'ordre des Ophidiens. Il est encore remarquable parce que toutes les parties sont sujettes à varier considérablement. 12 Rangées d'écaillés, dont les deux dorsales sont souvent surmontées d'une forte carène. Plaques variant de 1/^1 -^ 98 à 199 -+- 204. On observe dans cette espèce plusieurs races distinctes par leurs formes plus ou moins élancées. Dessusbrun tirant au vert , au gris noir , ou au rouge; dos quelquefois plus clair. Dessous jaune. Habite le Brésil et est très-commun à Surinam. Parvient à une taille de 6 pieds. — 2) h erpétodryas SERRA. Espèce très rare du Brésil. Formes grêles , tronc fortement comprimé, dos en carène, queue assez déliée.

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abdomen ani>iileux. Plaques frontales étroites. Ecailles fortement carénées, lancéolées et disposées sur 21 rangées. 241 -+- 106. La dernière dent maxillaire longue et sillonnée. Une suite de larges taches dorsales carrées sur un fond d'un gris rougeâtre pâle, qui passe au noir sur la queue. — 3) her pe to- DRYAs viRiDissiMus. Tête large et comprimée; abdomen assez anguleux; 19 rangées d'écaillés à surface unie et très luisante. Taille de 2 à 3 pieds. D un vert bleuâtre, plus clair sur le dessous. 2i5 4- I ip. Habite Surinam. — 4)herpeto- DRYASoLFERSii. Fomics nioius effilées que le précédent, les dernières plaques labiales larges. Vert , à tête et raie dorsale d'un brun vif. Une raie noire derrière l'œil. Abdomen convexe. 178 "^9^. Du Brésil et de Surinam, où il forme une variété distinguée par les teintes vertes à-peu-près uniformes. 5) IIERPETODRYAS MARGARITIFERUS. Taille

et formes de lErpétodryas d'Olfers; mais à tête un peu plus large. 19 Rangées d'écaillés faiblement carénées, noires à centre bleu et à pointe jaune. Sommet de la tête brun vif, région des tempes noire. i54~^ ii5. De la Nouvelle -Orléans. — 6)herpetodryas boddaertîi. Voisin de l' Erpétodryas d'Olfers; mais à abdomen un peu anguleux, à tête plus déprimée, a plaques labiales plus étroites, et d'un vert gris ou olivâtre uniforme. 170+ 102. De Surinam. —

7) herpetodryas aestivus. Distingué des trois précédens par 17 rangées d'écaillés lancéolées et fortement carénées, par des formes plus grêles^ et par des teintes d'un beau vert d'herbe. Habite les deux Amériques. 1^5 -H 3o. —

8) herpetodryas tricolos. Port de FErpét, très vert, mais de rhoindre taille; aussi sa tête est-elle plus courte, grosse à la base et très conique; le tronc est moins haut, et la plaque frênaie manque. i5 Rangées d'écaillés carrées et lisses. Les plaques occipitales très développées. Dessus vert-olivâtre ou brunâtre; dessous jaune; une raie noire va de lœil aux côtés du cou. i?>o H- iif). Assez rare dans l'île

de Java. 9) herpetodryas goudotii, Formes très effilées, queue extrêmement déliée. Brun jaunâtre sur le dessus; sur les flancs de nombreuses raies noires et obliques, produites par les bordures des écailles; côtés de l'abdomen tachetées de noir qui forme une raie sur les côtés de la queue. 21 Piangées d'écailies lancéolées et lisses. 186 -h i58. Patrie: l'île de Madagascar. 10) herpetodryas oxycephalus. De très forte taille, et du port des Couleuvres. Tronc assez comprimé et haut; abdomen fortement anguleux; queue longue et vigoureuse; tête acuminée, particulièrement le museau; plaque frênaie petite et très alongée. 25 Rangées d'écaillés lancéolées et lisses. Vert, dessous jaune, queue brune. 25o H- i4o. Patrie: file de Java. L'île de Célèbes produit une variété de climat, reconnaissable à ses teintes brunes, qui passent au noir sur les parties postérieures. — II) HERPETODRYAS LiNEATUS, Petite cspècc de Surinam, où elle est très-commune. Gris -blanchâtre, dessus brunâtre, avec trois raies foncées. 19 Rangées d'écaillés lisses. Oeil grand, plaque verticale étroite. lyo-i-yo. Le Brésil nourrit un ophidien toutà-fait analogue, mais dont toutes les écailles sont bordées de noir, et les raies dorsales interrompues et composées de taches noires. — 12) herpetodryas HELENA. Très jolie espèce de Bengale, où elle est assez rare: écailles petites, lisses, et disposées sur 27 rangées; formes très effilées. Plaques: 23o +90. Dessous couleur de nacre. Dessus rose pourpre, passant au brun vers les parties postérieures; sommet de la tête de la dernière teinte; une raie dorsale vert-jaunâtre ; sur la nuque, une paire de raies bleues en massue , et renfermant une ligne en zigzag qui se prolonge sur le dos. l3) HERPETODRYAS RHODOGASTER.

Teintes: dessus comme dans l'Erpétodr. rayé; dessous rouge» Formes beaucoup plus élancées que dans l'Erpét. rayé; mais la lête est peu grande, ramassée et revêtue de lames peu développées; frênaie petite. Nombre des plaques abdominales 186,

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des caudales au dessus de 70; 17 rangées d'écaiHes lisses. Habite l'île de Madagascar. — i4) herpetodryasge minât us. De Java. Taille petite. Formes assez effilées; tronc cylindrique partout d'égale grosseur. Tête petite, presque d'une venue avec le cou, déprimée et à museau obtus. i5 Rangées d'écaillés lisses en lozange. 166 + io5. Marbré de brun-gris foncé ; deux raies dorsales d'un gris-argenté. Un demi-collier jaunâtre sur la nuque. — i5) herpetodr yas PSAMMOPHis. Ressemble à la Couleuvre jaune et verte par le port et le système de coloration ; mais ses formes sont plus élancées, l'abdomen est un peu anguleux, et la tête plus effilée. Physionomie rappelant celle des Psammophis; plaque verticale alongée. 196+ ii4« 17 Rangées d'écaillés Uncéolées ou lisses. Patrie: la Nouvelle-Orléans. — 16) herpeto- DRYAS DENDROPHis. 1 5 Rangées d'écaillcs caréuécs ct lancéolées. Dessous de la queue aplati ; ventre convexe. î4o-l- 196.^^ Dessus brun-olivâtre, marqué de nombreuses bandes étroites transversales foncées , qui renferment des taches claires. De Cayenne. — 17) herpetodryas dip* SAS. Rappelé les Dipsas par la configuration de sa grosse tête. Yeux très grands. Ecailles lisses, grandes, disposées sur i3 rangées. Formes élancées et cependant vigoureuses , queue assez déliée. Noir-bleuâtre luisant. Dessous et parties antérieures jaune- brunâtre, les dernières couvertes de marbrures; des taches en triangle sur les flancs. 194 ^' i3o. Espèce de grande taille, originaire de l'île de Gélèbes. — 18) herpetodryas GETULus. Ses formes lourdes le rapprochent des Couleuvres. Tronc gros, abdomen anguleux. Tête presque d'une venue avec le cou. Museau tronqué , à plaque rostrale voûtée. Yeux petits. 21 Rangées d'écaillés lisses et en lozange. 216 -H 44- Noir, varié de bandes et raies jaunes enchaînées entre elles. L'Amérique du Nord. — 19) herpetodryas cursor. D'une taille peu forte. Formes des Couleuvres. Dessous de la queue assez convexe; i6à 17 rangées d'écaillcs.

Noirâtre, avec 4 ^ixies jaunes sur le dessus. 1954- io5. Des deux Amériques.

Le septième et dernier genre des serpens terrestres, les P S A M- MOPHIS comprend ces Couleuvres qui se rapprochent des serpens d'arbre par leurs formes et par plusieurs points de l'organisation. La plupart habitent des lieux incultesou sablonneux couverts de broussailles. Ils offrent une anomalie dans le système de dentition, en ce queles dents postérieures et celles du]niiheu sont ordinairement plus longues queles autres et quelquefois sillonnées. Leur tête est aiongée, peu large et revêtue de plaques dont la verticale est très étroite; la région du frein est en gouttière. Quelques-uns ont des formes assez élancées et un corps mince; d'autres se rapprochent, par leurs formes ramassées , des Couleuvres. Ils habitent les contrées chaudes et tempérées des deux Pdondes , mais n'ont pas encore été observés à la Nouvelle Hollande. Ils parviennent rarement à une forte taille, i) psammophis lacertïna. Taille plus forte et formes plus lourdes que dans les autres espèces. Se reconnaît facilement à ses écailles creusées d'un sillon, et au sommet de la tête concave et séparé en manière de casque. Plaque verticale très étroite; frontale antérieure et occipitales petites. Dessus brun-olivâtre ou verdâtre, orné de 5 rangées de taches ; dessous jaunâtre; plaques labiales et mentales avec de larges taches vertes. 189 + 80. Habite presque tous les pays entourant la Méditerranée. — 2) psammophis mo n i- LîGER. De moindre taille et à formes moins robustes que le précédent. Tête moins large et plus déprimée. Brun verdâtre ou olivâtre; une raie dorsale jaune; souvent deux raies semblables sur les flancs. Plaques de la tête ornées de grandes taches effacées. Varie extrêmement tant pour les formes que pour le système de coloration. Plaques abdominales i36 à 170; pi. sous-caudales 62 à 126; i5 à 17 rangées d écailles lisses. Patrie: toute l'Afrique jusqu'au Levant; la pointe australe de ce continent produit un grand nombre de variétés

de cette espèce, et on en trouve une race analogue à île de France. — 3) psàmmopiiis pulverulenta. De très petite taille. Queue assez courte. Dents sillonnées cxirèmement développées. Tête conique; museau bombé et assez court; plaque verticale assez effilée. Jaune-rougeàtre, variant au brun et au noir; tête rayée de noir; une raie dorsale foncée accompagnée d'une rangée de tacbes alternes. L(S teintes varient assez d'un individu à l'autre. i53-h 54- Du Bengale, de Sumatra et de Java. — 4) ps A-Mimophis seychellensis. Tête effilée et déprimée, museau tronqué; 17 ran. d'écailles lancéolées et fortement carénées. Brun -foncé varié de taches blanches et noirâtres alternes; une raie claire bordée de noir va des lèvres sur les côtés du cou. 188-+-107. — 5) PSAMMOPHis antillensis. Formcs effilées. Port du Psamm. moniliger. Tête large et conique; museau terminé par une pointe émoussée. La plaque verticale est moins alongée que d'ordinaire. Toutes les dents d'égale longueur. Dessus brun-jaunâtre, orné de 5 raies foncées qui s'effacent plus ou moins avec l'âge. Dessous jaunâtre. Taille: 3 pieds environ; 17 à 19 rangées d'écailles lancéolées et lisses. Plaques: 190 -H 122. — 6) PSAMMOPHis DAHLii. Sc rapproche par ses formes très élancées et grêles des Dendrophis. Abdomen un peu anguleux. Tête étroite et alongée, mais garnie de plaques plus développées que chez les précédentes. Oeil grand; deux plaques oculaires antérieures. Dents toutes d'égale long^ueur. Une grosse glande surnuméraire derrière la lacrymale. Dessus gris-olivâtre; 4 ^^ ^ taches en oeil sur les côtés du cou. Longueur 3 à 4 pieds. Plaques: 211 + 122. Originaire de la Dalmatie; se trouve peut-être aussi en Egypte. — 7) PSAMMOPHIS elegans. Espèce assez jolie et rare de la côte occidentale de l'Afrique. Formes assez effilées. Museau conique alongé, un peu retroussé et tronqué en dessous. Dessus brun-pâle, avec trois raies foncées. Dessous : ([i:atre raies effacées et verdâtres sur un fond jaune.

156 REVUE SYMOPTÏQUE.

191 -i- 159; 17 rang, d'écaillés petites , lancéolées et lisses. — 8) PSAMMOPHis TEMMiNCKii. Ptéunit au port et aux formes lourdes des Couleuvres la physionomie des Psammophis. A-bdomen étroit et anguleux. Dessus brun-clair, relevé par 4 raies foncées; écailles marquées d'une ou de plusieurs taches noires. 180-+-10J. Du Chilé. —

La quatrième famille des serpens non-venimeux renferme les Serpens d'arbre. Ils sont particulièrement propres à peupler les grandes forêts des régions chaudes. En assez petit nombre dans l'Afrique, et très rares à la Nouvelle Hollande ; l'Europe n'en produit que des espèces anomales. Ils ont les formes ordinairement très alongées, passent la plus grande partie du jour sur les arbres ou les arbustes , et se nourrissent d'oiseaux ou de reptiles sauriens.

Le premier genre de cette famille comprend les DENDRO- PHIS. Ce sont, pour ainsi diie, des Couleuvres à formes très alongées et grêles. Leur tronc est comprimé, l'abdomen et même la queue sont ordinairement anguleux et revêtus de lames très larges. Les écailles, disposées sur des rangées assez obliqueSjSont de forme lancéolée ou même linéaire surle cou, La queue est très effilée ; la tête offre à-peu-près la même organisation que celle des Couleuvres ou des Erpétodryas, mais ses formes sont beaucoup plus élancées. L'œil est grand et à prunelle orbiculaire. Les Dendrophis sont ornés de teintes très vives , et habitent les contrées chaudes des deux mondes; ils n'existent pas en Europe et ils sont rares dans la Nouvelle Hollande. — i) dendrophis li o ce r eu s. Ecailles carénées, disposées sur i5 rangées. La plaque frênaie manque i55 + i45. Dessus couleur de bronze, passant sur le devant au vert et au blanc sur le dessous. Une raie noire, derrière l'œil. Dents délicates et dégale longueur. Depuis la Martinique jusqu'au Brésil et au Chilé. — 2) dendrophis catesbyi. Très voisin du précédent , mais il s'éloigne par des écailles lisses dont on compte 17 rangées, par des teintes

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verdâtres et par une queue un peu plus effilée. 170 -4- 184. De rîle St. Doniingue. 3) D ENDROPHis aurata. Formes plus délicates que dans aucun autre serpent. Tête assez petite ,* museau plus court que d'ordinaire, yeux grands, abdomen convexe: i3 rangées d'écaillés lisses. Teinte dominante: bronze doré. i44 4- i^^* Extrêmement rare à Surinam — 4) DENDROPHis PICT A. Dans toutc l'Afrique ct l'Asie iutertropicales, depuis le Sénégal jusqu'à la Nouvelle Hollande. Assez sujetà varier. Ecailles lisses; une rangée dorsale d'écaillés très larges en forme de plaques. Angles de l'abdomen saillans et échancrés. Dessus brun-bronzé. Côtés de l'abdomen marqués d'une raie jaune bordée de noir. Dessous blanchâtre. Sur les côtés du cou souvent des taches obliques noires et bleues. iy5 •+• 128. — 5) DENDROPHIS F O R M O S A. Taille ct port du précédent ; mais sa tête et les écailles dorsales sont plus grandes , les yeux plus volumineux , les lames occipitales plus petites , et la teinte du fond est un beau bleu foncé relevé sur les flancs par deux raies noires. 180 -f- i4o. Patrie: les îles de Java et de Sumatra. — 6) dendrophis rhodopleuron. A formes plus effilées que les précédens. Queue très plane en dessous; tête déprimée; 17 rangées d'écaillés carénées ; dents maxillaires postérieures sillonnées ; angles de l'abdomen saillans et échancrés. D'un rouge pourpre pâle , passant tantôt au jaune , tantôt au vert ou au brun , et varié plus ou moins de noirâtre. Dessous tirant sur le jaune ; la ligne médiane du dessous de la queue marquée |d'une raie noire 210 4- iy4' De l'île d'Amboine. — 7) dendrophis ornât a. Formes un peu moins élancées que d'ordinaire. D'un beau vert foncé , orné sur le dos de traits jaunes et rouges de diverse figure, et varié de noir qui occupe les bords des écailles. Tête avec plusieurs bandes jaunes. Angles de l'abdomen extrêmement saillans et échancrés; ly rangées d'écaillés lisses. 200-f-ii3. Depuis le Bengale et Ceylan jusqu'aux îles de Sumatra et de Java. — 8) dendrophis praeornata. Du

i58 REVUE SYNOPfiQlJE.

Sénégal. Voisin du précédeiît ; mais à abdomen presque convexe et à corps moins gros. Jaune-citron , relevé sur le dos par trois raies noires qui sont remplacées , sur le cou et la lête , par des taches et bandes transversales. Dessous gris pourpre; côtés de Tabdomen marqués d'une suite de ]^»v)ints

foncés. 178 -î- 12 5. 9) DENDROPÎïlS S M A R-A G ï> I N A.

A teintes d'un vert brillant uniforme. ï5 Rangées décailles fortement carénées. Angles de Fabdomen fortement saillans; dents maxillaires postérieures assez longues. i65 H- i33. Habite la côte d'or. — 10) dendrophis golubrïna. Espèce anomale, du Gap de B. Esp. , qui rappelé par ses formes élancées mais très vigoureuses les Herpétodryas ou même les Dipsas, Tête très grosse, à plaques ramassées dont les frontales antérieures petites; œil assez volumineux; une dent postérieure maxillaire longue et sillonnée. 21 Rangées d'écaillés fortement carénées; poumon avec un lobe accessoire. Brun verdâtre ou olivâtre foncé ; dessous jaune verdâtre. 189 -i- 1 13.

Les DRYioPHis forment le deuxième genre des serpens d'arbre. Ils sont très reconnaissables à leur museau extrêmement effilé et le plus souvent alongé en une pointe plus ou moins saillante. Leurs formes sont des plus élancées, le tronc assez comprimé et à abdomen convexe. La plupart ont des teintes vertes ou couleur de bronze. La mâchoire supérieure porte ordinairement plusieurs dents très développées et sillonnées au milieu et au bout postérieur. Les écailles sont souvent de forme linéaire, et les lames abdominales assez hautes. L'œil n'est pas volumineux ; dans les premières espèces la prunelle est transversalement alongée. Ce sont de véritables serpens d'arbre qui habitent les pays intertropicaux de l'Asie et des Amériques. On peut établir dans ce genre deux divisions géographiques. A. Les Dryiophis de l'ancien monde ou Dryiopliis propremen t dits, ont des dents maxillaires sillonnées et la pupille de l'œil alongée dans le

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sens horizontal. i)dryiophis na su ta. Depuis le Malabar et Ceylan jusqu'à Java, aux îles Mariannes et Philippines. Ecailles lisses, celles delà rangée dorsale un peu plus grandes. Plaque rostrale prolongée en pointe. Vert dTierbe, dessous plus clair; une raie jaune s'étend le long des côtés de l'abdomen et de la queue. 180 -h i53. — 2) dryiophis langaha. Serpent curieux de l'île de Madagascar. Museau prolongé en une appendice charnue d'un demi pouce de longueur, revêtue de petites écailles, et de forme assez variable, souvent acérée, et quelquefois comprimée et élargie en forme de feuille. Écailles carénées. Teintes d'un brun vif, passant au jaune sur le dessous. Formes moins élancéts que d'ordinaire. Ventre un peu anguleux. 148 + i36. — 3) dryiophis PRASiNA. Tête conique, museau tronqué; plaque rostrale à bords saillans, labiales très hautes. Dents sillonnées assez développées. Ecailles lisses. 200 -+- 160. Patrie: le Bengale, la Cochinchine, les îles de Java , de Sumatra et de Célèbes; les individus de cette dernière île forment une variété à queue plus élancée. — B. Les fau x-dryiophis ou les dryiophis du Nouveau Monde ont des dents moins développées et une prunelle orbiculaire. — 5) dryiophis cateseyi. A teintes vertes et écailles carénées. Museau très comprimé et assez obliquement tronqué au bout. 204 + 1^0. De Cayenne jusqu'à la Floride. — 6) dryiophis argenté a. Formes plus délicates que d'ordinaire; six plaques à la lèvre supérieure; écailles lisses. Blanc-argenté moucheté d'une teinte plus foncée et orné, sur les flancs et le dessous, de larges raies longitudinales d'un bleu profond. 200-1-90. Habite à Cayenne. — 6) dryiophis aura ta. A formes plus sveltes encore que le précédent. Toutes les parties extrêmement délicates. 190 -{- 162. D'une belle couleur de bronze doré, moucheté de blanc et de noir. Depuis le Brésil jusqu'au Mexique et peut-être aussi à la Floride. —

Les serpens d'aibre renfermés dans le genre DIPSAS 5é

reconnaissent à leur tête assez grosse , large et obtuse , à leiit tronc vigoureux mais très comprimé ; à la prunelle de leur œil ordinairement verticale ^ etc. Cependant, ils ont les formes alongées propres aux animaux de cette famille. Leurs écailles sont le plus souvent lisses et lancéolées et on observe^ dans beaucoup d'espèces, une rangée dorsale de plaques plus grandes que le reste; les plaques de la tête très ramassées , l'abdomen convexe et les narines très ouvertes. On leur voit quelquefois aux mâchoires une dent postérieure sillonnée. Les Dipsas habitent de préférence les grandes forets de l'Asie et de l'Amérique intertropicales. Les autres parties du monde en sont dépourvus , ou nourrissent des espèces plus ou moins disparates et en très petit nombre, i) dipsas dendro- PHILA. De grande taille, atteint jusqu'à ^ pieds de longueur. Formes assez vigoureuses. Tête très grosse. Des dents postérieures sillonnées. Un petit lobe du poumon accessoire. 21 Rangées d'écaillés , dont les dorsales assez développées. 220 — 102. Corps d'un beau noir luisant et entouré de nombreuses bandes d'un jaune d'or. Se trouve dans l'île de Java et à Sumatra ; les individus de Célèbes ont les bandes jaunes plus serrées et l'occiput orné de plusieurs taches de la même couleur. — 2) dipsas multimaculata. Port du précédent, mais à taille beaucoup moins forte. Dents toutes d'égale longueur. D'un gris brun ou olivâtre bigarré de brun foncé; sur les flancs, 2 rangées de taches dont les supérieures assez étendues; sommet de la tête marqué d'un trait en angle; une raie foncée derrière l'œil ; dessous couleur de rose , marbré et tacheté de brun, i^ Rangées d'écaillés lisses, 207 + 84. Habite au Bengale et se trouve dans les îles de Java et de Célèbes. — 3) dipsas trigonata. Du Bengale. Voisin du précédent ; mais à dent maxillaire postérieure très longue, à queue plus courte et à teinte d'un jaune olivâtre, marqué sur le dos de taches triangulaires blanches et bordées de noir. 233 j^ 80. — 4) «ipsas cynodon. Beau serpent

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d-es îles de Java et de Sumatra, de grande taille et à foi ines assez effilées. Tronc extrêmement comprimé. 21 Rangées d'écaillés; les dorsales en hexagone et assez larges. Dents plus larges à Textrémité antérieuie des mâchoires. Oeil très voluniineux. D'un gris-pourpre, finement marbré ou moucheté de brun et relevé par des bandes noires et serrées.Plusieurs taches blanches sur les flancs. Une raie noire derrière l'œil. 260 -h i4o. — DiPSAS DRAPIEZ I. 5) Fomics ct taille à-peu-près semblables à celles du précédent; mais à museau beaucoup pluscourt, à tronc moins haut, et à dents d'égale longueur partout. La plaque du frein manque ordinairement. 260 -h i3o. Dessous rose pourpre bordé de noir; une suite de taches rouges bor(iées de noir près de l'abdomen. D'un brun presque uniforme dans l'âge adulte. Observé à Ceylan, à Sumatra, à Java, à Célèbes et à la Nouvelle-Guinée. — 6) DIPSAS iRREGULARis. Port du D. dcndropliilc. Taille assez forte. Ecailles dorsales de la même étendue que les autres. Écailles occipitales assez petites. Plaques souscaudales souvent en partie simples. D'un brun olivâtre, relevé par des bandes foncées et étroites qui descendent du dos obliquement en arrière, mais qui s'effacent avec l'âge. 23 Hanaées d'écaillés. 25o-h 100. Patrie: les îles de Célèbes et dAmboine. — ^7) dipsas colubrina. Ecailles dorsales comme dans le précédent, auquel il ressemble aussi par les teintes; mais à formes beaucoup moins alongées, à queue courte et vigoureuse, à corps entouré de 27 rangées d'écaillés, et orné de 6 suites détaches foncées disposées en quinconce. 183+67. Habite l'rle de Bourbon et Madagascar. — 8) dipsas iEGYPTiAcus. Yoisiu du Dips. anomal par le port et le manque d'écaillés dorsales larges; mais d'une taille moins forte, à corps moins haut, et à tète plus petite, très déprimée et obtuse. Il n'offre qu'une seule paire de petites plaques mentales et une teinte d'un brun-gris enfumé , avec de nombreuses bandes claires et effacées. Les

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<'uxiilles sdul pelites et on en compte 4ï rangées. 256-+- y 4' — p) DiPSAS NEBULATA. Taille petite. Tête très haute; mnseau court et liant; point de plaque frênaie. Formes moins effilées que cfordinaire. Dents délicates et en peigne. ï5 llano-. d'écaillés à surface unie. 180 + 80. Une ran£fée de lames dorsales. Cellules du poumon s avançant sur la trachée. Glandes lacrymales et nasales assez développées. Corps chargé de marbrures brunes et claires: côtés du dos ornés de taches ou i)andes. Dessous jaune. DeSurinam. — io)dïpsas M I K A N 1 1. SeuiblabU? au précédent, mais à tête plus alongée , à museau très gros et arrondi, à tronc moins haut et à lames dorsales moins développées. Dessus d\in brun -jaunâtre marbré de brun et orné de larges taches ou bandes foncées. Bout du museau et collier blanchâtres. 170 H- 58. Cette espèce parait remplacer la précédente du Brésil. — ii)dipsas WEiGEî. î. Foriues' excessivement grêles et délicates. Têle oetite 5 large à la base et conique. Queue de ia moitié de la longueur du tronc. Ecailles dorsales assez larges. 2*56 4- i6o. Dessus blanc jaunâtre ou rougeâtre bigarré de brun , et relevé par une rangée de grandes taches d un brun rouge bordées de noir. Habite le Brésil. — 12) dipsas catesbyi. Offre plusieurs rapports avec le précédent, mais il a des formes beaucoup moins alongées; son museau est plus large et tronqué au bout; les plaques gulaires sont très développées; celles de la têle beaucoup plus larges; ses écailles sont plus grandes; les taclies du tronc ont plus d'étendue et on voit un collier et une bande d'une teinte claire entre les narines. i(J2 -h 82. Des Guyanes. — 1 3) dipsas pavonina. Intermédiaire entre les deux précédens sous presque tous les rapports. Tête comme dans le Dips. de Gatesby; mais à queue plus longne et garnie de i34 lames. Lames abdominales: 2ïy. Teinte du fond ne tirant pas sur le rouge; taches toutes ovales. Paraît représenter avec le précédent, aux Guyanes le Dips. de Weigel, i4) dipsas bucephala. Que Ton

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(lit originaire de l'île de Sumatra. Très lecoiinaissahle à son tronc assez haut; à sa lete petite mais très large , grosse et à museau extrêmement court ; à l'étendue des lanies dorsales; aux lames abdominales qui s'avancent jusque sous le menton etc. Les lames delà tête sont très ramassées , et les frênaies manquent totalement. Pointe de la mâchoire inférieure courbée en haut, aoo -\- io5. Dessus d'un brun rou^feàtre, relevé par de nombreuses bandes transversales larges et d'un jaune rougeâtre bigarré de brun. — i5) dipsas die- PERiNKii. De moyenne taille. Tronc haut, plus gros vers la tête qui est, proportions gardées, plus grande que dans aucune autre espèce. 21 Rangées d'écaillés faiblement carénées. Abdomen un peu anguleux. Prunelle de l'œil ronde. Dents d'égale longueur. Queue effilée et grêle. Dessus brunclair, avec des traits en angle. Dessous tirant sur le jaunâtre; une raie fine derrière l'œil. 224 -t~ i5o. De Surinam , où l'espèce est des plus rares. — 16) dipsas boa. Espèce curieuse et disparate. Remarquable par la petitesse des lames du sommet de la tête qui sont saillantes et bombées; par son museau très court , étroit et conique; par la présence de lames indivisées sous la queue; par un tour de petites plaques oculaires; par son œil volumineux à prunelle orbiculaire, et par des plaques mentales assezlarges. II existe plusieurs dents longues au bout de la mâchoire inférieure. 1 54 -h 98; i3 rang, d'écaillés lisses , dontles dorsales très larges.D'un gris-pourpre sur le dessus, relevé, sur les fiancs, par une vingtaine de larges taches couleur de rose. Habite l'intérieur de l'île de Java. - — 17) DIPSAS CARINATA. Dc petite taille. Tête extrêmement large et grosse; museau arrondi et plus court que dans aucune autre espèce; lèvres saillantes et courbées; œil entouré de 4 plaques; lames mentales assez volumineuses; i5 rangées d'écaillés carénées, dont les dorsales un peu plus grandes et à bout tronqué ; dents délicates et en peigne ; os du crâne minces. 168 -f- 60. Dessus brun marron avec «les

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bandes loiicees et serrées ; un trait à quatre pointes sur ia nuque. De Java. i8) dipsas laevis. Egalement de Java , de moindre taille encore que le précédent, auquel il ressemble, sauf qu'il a tous les traits beaucoup moins prononcés, les formes plus ramassées et la queue plus courte, que son corps est revêtu d'écaillés lisses , qu'il manque de plaque frênaie et d'oculaire inférieure, enfin que les lames occipitales sont entourées d'une rangée d'autres lames plus petites. D'un brun foncé, relevé, sur le dessus, par des bandes transversales noires. i58 -j- 37. 19) dipsas l eu co cephala. Écailles presque de même grandeur, à bout légèrement tronqué et disposées sur 19 rangées. Abdomen faiblement anguleux. Dessus gris-pourpre marbré de brun et relevé par environ 5o bandes transversales et foncées. Formes assez élancées. 244-4- 108. Du Brésil. — 20) dipsas macrorhi n a. D'une taille considérable. Formes élancées quoique robustes. Tête assez grosse; museau très large, presque d'une venue à bout tronqué et arrondi. Narines extrêmement ouvertes. Lame rostrale s' avançant sur le sommet du museau: frontales antélieures petites. 19 Rangées d'écaillés fortement carénées, 271 -h 118. Il existe des dents maxillaires postérieures sillonnées. Corps marqué d'anneaux alternes de noir et de blanc; collierblanchâtre; vient de Cayenne. — 21) dipsas natte- RERi. S'éloigne des autres Dipsas par sa tête, dont les formes se rapprochent de celle des Dendiopbis. Le museau cependant en est court et étroit, et la prunelle de l'œil verticale. Lames du museau petites, du sommet de la tête alongées et étroites. 17 Rangées d'écaillés lancéolées, surmontées d'une carène et de la même étendue partout. Une dent maxillaire postérieure plus longue que le reste. De petite taille. Brunâtre; dos avec 4 raies foncées. 168 +74- Du Brésil. — 22) dipsas puNCTATissiMA. Taille, port et formes absolument comme dans le précédent ; mais à écailles lisses, à queue plus élancée, à teintes plus claires , à plaque verticale plus alongée^

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et à œil moins grand. iDo-i-po. Habite les terres au Nord du jleuve des Amazones. — 23) dipsas gai m ardu. Très jolie espèce de l'ile de Madagascar, à formes assez élancées et extrêmement délicates. Corps peu élevé , côtés de la queue légèrement anguleux. Tête assez petite. 17 Rangées d'écaillés partout d'égale grandeur. 276+116. D'un brun-pourpre pâle, un grand nombre de bandes transversales sur le dos, accompagnées souvent de taches sur les flancs. — 24) dipsas ANNULAT A. Ressemble au précédent par les teintes et la physionomie ; mais ses formes sont beaucoup plus ramassées , sa tête plus volumineuse , la queue plus courte, etc.; 186 -\- 89. Depuis le Paraguay jusqu'à la Nouvelle-Orléans. — 23) DIPSAS FALLAX. Espècc disparate, qui se rapproche des Coronelles. Semblable à la précédente, mais plus robuste, et à queue plus courte; aussi ses occipitales sont-elles plus petites, la tête moins haute et l'œil moins volumineux. La plaque frênaie est alongée et touche à l'œil. II existe au bout postérieur des mâchoires une longue dent sillonnée. 19 Rangées d'écaillés lisses. 206-4- 55. Depuis la Dalmalie jusqu'au Levant. Dessus gris-brun marbré de noir et relevé par plusieurs rangées de larges taches foncées. Une tache en croix sur la nuque.

La cinquième famille des serpens non-venimeux renferme les Serpens d'eau douce. Ces serpens se rapprochent dans leur organisation plus ou moins des Couleuvres, et habitent dans les eaux, ou préfèrent du moins le voismage des rivières ou des lacs à d'autres lieux. Je ne veux pas dire par là que tous les ophidiens qui ont des habitudes semblables doivent être réunis dans cette famille, puisqu'il faudrait alors y ranger des Couleuvres et la plupart des Boas qui offrent une organisation tout-à-fait diveise. J'ai plutôt réuni sous un même nom les serpens dont je parle, parce que, analogues entre eux par rapport à leur organisation et leur physionomie, ils composent une coupe

im REVUE SYNOPTIOIE.

naturelle, mais nullement séparée par des caractères tranchés, des autres subdivisions. Cette famille con^prend deux genres, dont le premier n'offre , à quelques exceptions près, rien d'intéressant dans l'organisation, tandis que les espèces du second sont toutes caractérisées par des traits aussi Tuarqués que curieux.

Le premier, celui des TROPIDONOTES forme un assemblage de serpens ^ès analogues aux Couleuvres, mais dont les formes sont plus ramassées ; qui ont le ventre très large et convexe, et dont la tête est large, conique mais à sommet étroit et à museau court. Leur œii n'est pas volumineux et leurs narines sont peu ouvertes. Ils ont ordinairement 3 plaques derrière l'œil, 19 rangées d'écailies en lozange et carénées et l'angle de la bouche montant. Souvent de couleur sombre, mais ornée de taches à teintes vives, les Tropidonotes ne parviennent pas à une forte taille et la plupart ne surpassent guère 3 à 4 pieds de longueur. Ils habitent le voisinage des eaux douces, ou dans les eaux-elles-mêmes et sont très bons nageurs. Vivant en société, ils sont coriimuns dans les lieux qu'ils fréquentent , et ce genre est encore assez riche en espèces. On n'en a point encore observé dans la Nouvelle Hollande, ni dans l'Amérique méridionale, où ils sont remplacés par les Homalopsis. L'Afrique méridionale ne nourrit qu'une seule espèce remarquable par son organisation anomale. — i) tropidonotus natrix. Habite presque toute l'Europe jusqu'à la Sibérie. Serpent très commun et connu de tout le monde. Reconnaissable à ses teintes bleuâtres ou verdâtres relevées par des taches noires, carrées sur le dessous; et à son collier blanchâtre suivi d'une large tache noire. Il existe des individus tout noirs, d'autres sont variés de teintes claires, et on observe dans le midi de l'Europe une variété à dos raie de jaune. i63-f-62. Habite les prés et les bords des rivières ou des lacs, et s'établit souvent dans le voisinage des maisons. — 2) tropidonotus

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QUI NcuNc I Aïus. Grande et belle espèce truii brmi olivâtre, orné de 5 à 7 rangées de taches disposées en quinconce. Une raie oblique sur les tempes, une au're sous l'œil. Teintes très sujettes à varier , soit accidentellenient, soit par rinfluence d'un climat divers. Les individus de Java ont les taches du dessus conlluentes pour former des raies longitudinales Ceux des îles Mariannes ont l'abdomen pointillé de noir. Depuis je Malabar jusqu'aux Philippines et aux Mariannes. 134 + 72. Narines un peu verticales; lames frontales antérieures coniques. — 3)tropidonotus umbratus. Jaunâtre varié de noir, téîe toute noire. i4^~t"83. Patrie: Bengale et l'île de Geylan. — 4) t r o p i d o n o t u s r 11 o d o- MELAS. Aussi joli que rare. Dessus rouge de brique, dessous plus clair, dos orné d'une raie foncée, sur les flancs une suite de points noirs. Tête très large et grosse, museau court et conique, lames occipitales et frontales petites. i3 1-4-44' De file de Java. — 5) tropidonotus trian- GULiGERUS. Vert-olivâtre foncé ; dessous jaune d'ocre ; flancs ornés de larges taches triangulaires rouges; museau plus long et plus conique que chez les précédens. 137 +81. Habite l'île de Java. — 6)tropidonotus ciirysargos. Formes tout-à-fait analogues à celles du précédent, mais de taille un peu moindre, à museau moins conique, et à flancs ornés de bandes noires et de taches jaunes. Dessous couleur de rose pourpre. 176-I-81. Habile l'île de Java. Une jolie variété locale à teintes uniformes se trouve à Célèbes, une autre à teintes vives à Sumatra. — y) tropidonotus suBMiN I ATUS. Eucorc voisin des deux précédens par l'organisation, le port et les formes; mais à tête plus courte et haute, et à lèvre supérieure assez enflée. Brun tirant sur le vert, sur le rouge ou sur le noir et varié de noir; dessous jaune avec deux rangées de points noirs; peau nue du cou ou espace entre les écailles dun beau rouge vermillon ; sur la nuque, une tache noire précédée d'un collier jaunâtre.

i3i H- 67. De Java. — 9) tropidonotus tïgrinus. Port, physionomie et teintes à-peu-près du Trop, à collier; mais là tête est moins déprimée, les écailles sont plus larges et plus fortement carénées, et les yeux plus volumineux, les taches dorsales enfin ont plus d'étendue, dans l'espèce du Japon. 161 H- 71. — 10) tropidonotus viba- KARi. De très petite taille et à formes assez minces. Tête peu développée et guères distincte du cou. Ecailles faiblement carénées. Brun pâle, à raie dorsale plus foncée; dessous plus clair; collier blanc; plaques labiales blanchâtres bordées de brun. 142 +74* Longueur totale 16 pouces. Du Japon comme le précédent. — 11) tropidonotus stolatus» Taille un peu plus forte et formes moins délicates que le précédent; physionomie rappelant celle du Tropid. subminiatus. Dessus brun olivâtre foncé, relevé par un dessin réticulaire produit par deux raies jaunes entrecoupées de bandes noires, et marqué sur les angles de taches blanches. 146-H 61. Depuis le Malabar jusqu'à la presqu'île de Malacca; habite aussi les îles Philippines. • — 12) tropidonotus vittatus. Abonde dans les lieux inondés dans l'île de Java. Taille et formes à-peuprès du précédent. Brun livide, relevé par 3 raies noires; une raie d'un rouge pâle sur la dernière rangée d'écaillés. Lames du dessous bleu de schiste à bordures noirâtres. i44 "+" 78. — i3) tropidonotus schistosus. Pessus gris-schisteux ; dessous jaunâtre. Taille moindre que celle du Trop, à collier. Tête courte et conique, à plaques ramassées. Yeux petits. Ecailles surmontées d'une très forte carène. 1 5o + 80. Observé à Madagascar, au Bengale et aux îles Philippines. — i4) tropidonotus bipunctatus. Ressembler beaucoup d égards à notre Trop, à collier , et notamment à la variété du midi de l'E^irope; mais il a la tête plus alongée; les yeux sont plus petits , le collier et la tache sur la nuque manquent. Dessus marqué de taches irrégulières Iranversales. Lames abdominales ornées d'une tache noire. i4i "+" 67. Patrie: la

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Martinique, la Floride, les Carolines, le MexiL|ue , etc. — TROPiDONOTUS SA u RIT A. Offre , pour les teintes et même pour la physionomie, une analogie frappante avec le précédent; mais s'en éloigne ainsi que de tous les autres Tropidoiiotes par ses formes élancées* qui le rapprochent des Erpétodryas. Tête plus alongée que d'ordinaire. Teinte du fond d'un brun foncé , relevé par des raies longitudinales noires. ï66 4- m. Patrie: l'Amérique du Nord jusqu'à la Martinique.—- 16) tro?idonotus fasciatus. Atteint une très forte taille. Tête un peu plus alongée que d'ordinaire; écailles fortement carénées ; yeux peu volumineux; narines étroites et presque verticales. i36 -H 65. Brun grisâtre , relevé par de larges taches foncées rondes et souvent confluentes. Dessous jaunâtre. Habite les mêmes contrées que les deux précédens. — 17) tropidonotus viperinus. Du Sud de l'Europe , se trouve aussi dans les Etats Barbaresques et jusqu'à la mer Caspienne. Tête plus alongée que dans les autres espèces , assez conique, et revêtue de plaques plus ef61ées. Dessus vert-brunâtre marqué de plusieurs rangées de taches foncées ; dessous jaune avec des taches noires carrées. L'Espagne nourrit une jolie variété à raies dorsales jaunes. 186 -H 68. — 18) tropidonotus scaber. C'est un des serpens les plus curieux , en ce qu'il a les extrémités des apophyses épineuses antérieures des vertèbres collaires en guise de dents qui percent les tuniques de l'œsophage. La glande lacrymale, d'un volume extraordinaire , s'étend jusqu'à l'angle de la bouche. D'ailleurs , ce serpent ne s'éloigne des autres Tropidonotes par aucun trait marquant. Sa tête est très grosse, courte, ramassée et revêtue de lames de forme trapue; la frênaie manque. Les écailles, disposées sur 2'j séries , sont surmontées d'une carène plus prononcée que d'ordinaire. Le tronc est alongé et la queue courte. 200 + 4^. Dents petites et d'égale longueur. Vient du Cap. — 19) tropidonotus M o R T u AR I u s. Tête alongée ; narines et yeux

très petits et presque verticaux ; plaques frontales antérieures et surciliaires petites; plusieurs lames oculaires antérieures; aS ranpées d'écaillés , surmontées d'une très forte carène. Teintes à-peu-près comme dans le Trop, à taches en quinconce, mais plus sombres. Fait le passage aux Homalopsis. Du Bengale iSj -4- 70.

Les HOMALOPSIS qui forment le deuxième et dernier genre des Serpens d'eau douce, méritent à tous les égards ce dernier surnom. Ils ont les formes le plus souvent lourdes et ramassées, et leur tête offre une physionomie toute particulière, quoique cet organe soit d'une conformation assez diverse selon les espèces : il est très gros , à museau court et arrondi , et revêtu de lames écailleuses le plus souvent assez nombreuses et de forme plus ou moins irrégulière. Cette physionomie particulière des Homalopsis est due en grande partie à leurs petits yeuxplus ou moins verticaux, et à leurs narines dirigées vers le ciel et en croissant, et qui sont tellement rapprochées, qu'il n'existe ordinairement qu'une seule lame frontale antérieure. Ils ont les lèvres assez enflées et rentrantes, l'angle de la bouche est assez montant. On leurobserve ordinairement des dents maxillaires postérieures plus longues et souvent sillonnées , et ils ont des glandes de la tête très développées. Leur squelette est compose d'os assez vigoureux; et les cellules de leur poumon se prolongent souvent sur la trachée. La plupart présentent des teintes sombres , et parviennent à une grande taille. Les Homalopsis n'ont été observés que dans les contrées chaudes de l'Asie et des Amériques, dont ils habitent les eaux douces en petit nombre , faisant la chasse aux poissons ou à d'autres animaux aquatiques, i) homalopsis buc- CATA. Très caractérisé par sa tête extrêniement grosse et haute, par le grand nombre de plaques labiales, par ses petites écailles faiblement carénées, dont on compte jusqu'à 89 rangées. Il a les lames occipitales petites et une frontale antérieure unique par suite de la disposition des nasales, qui sont

rapprochées sur le sommet du museau. Un tour de petites plaques environnant l'œil. Quatre ou 5 paires de mentales convergentes, le reste de la gorge revêtu d'écaillés. Dents maxillaires postérieures sillonnées. Joues assez enflées. Dessus jaune d'ocre , couvert de larges bandes noirâtres. Une suite de points foncés le long des côtés du ventre. Sommet de la tête orné de traits. i6o -|- 78. Formes lourdes. Taille très forte. Habite l'île de Java. — homalopsis schneideri. De moindre taille et à formes beaucoup moins trapues que le précédent, auquel il ressemble par son profd,- mais il a une tête beaucoup plus alongée et à sommet revêtu d'écaillés semblables à colles du tronc , de sorte que il n'existe des plaques que sur le museau. 26 Rangées d'écaillés carénées. Yeux assez dirigés vers le ciel. i/^ô + Sy. Habite Pondiçhéry , le Bengale , Java , Timor , Amboine et même la Nouvelle- Guinée. — 3) HOMALOPSis DECussATA. De très petite taille ; 19 rangées d'écaillés lisses; queue très ramassée; tête petite d'une venvie avec le tronc , arrondie au bout et revêtue au dessus de 9 plaques. Corps marqué de bandes alternes de brun rouge et de blanc ; cette dernière teinte forme le collier, et une tache sur le museau. i36 -i- 3o. Habite l'île de Java. — 4)ïi<^^ï^i^opsis leucobaha. Espèce singulière par la forme de sa tête qui est très large, grosse , haute , arrondie et à sommet étroit revêtu de 8 plaques peu développées , dont les yeux sont assez petits et les hautes plaques labiales seulement au nombre de 5 ; deux oculaires postérieures, une antérieure; 26 rangées d'écaillés lisses et en lozange. Dessus noirâtre ; bandes irrégulières des côtés et dessous blanchâtre. i54 + 33. Formes assez lourdes. Habite l'île de Timor. — 5) homalopsis F L. u M B E a. Formes moins trapues que dans le précédent. Tête large et arrondie , avec 8 plaques sur le sommet; 19 rangées d 'écailles lisses et carrées ; queue très ramassée. De Java. 121 -+- 37. TJne dent maxillaire postérieure sillonnée.

172 REVIE S\NOPTIQlE.

Dessus couleur de plomb, dessous blanchâtre. — 6) ii o m à- Lopsis AER. Assez analooue au précédent ; mais à tétc plus alongée , à museau moins large, petit et revêtu de lames moins développées; à tronc plus comprimé , et à queue plus effilée. 25 Rangées d'écaillés en lozange. i48 + 02. Couleur de plomb tirant sur le brun, avec deux raies dorsales claires; flancs jaunes avec une raie foncée. Se trouve à Java et au Bengale. y)HOMALOPSis sieboldii. Tronc plus comprimé que d'ordinaire; dos en toit par la forte carène qu'il forme , abdomen très étroit ; 29 rangées d'écaillés lisses. Formes ramassées. Tête à-peu-près comme dans l'Homal. buccata ; mais moins obtuse, à sommet plus étroit, à lames labiales moins nombreuses et à œil plus volumineux; aussi observe-ton deux frontales antérieures. Dessus gris-brun tirant sur le pourpre , couleur presque couverte par plusieurs suites de très larges taches foncées ; dessous jaune marbré de brun. 147 + 5i. Du Bengale. — 8) homalopsis CARI NIGAUD A. Habite les deux Amériques. Voisin de l'Hom. plumbea de Java; mais à tête plus alongée, à queue plus effilée; aussi l'œil est-ii plus volumineux^ et les écailles sont à bout tronqué et surmontées d'une carène assez forte mais seulement sensible sur les parties postérieures. Couleur de plomb assez foncé; dessous jaunâtre, avec deux rangées mitoyennes de taches noirâtres. iSy -H 56. — p) HOMALOPSIS ANGULATA. Port dcs Tropidouotcs ; mais à formes un peu plus ramassées. Tête grosse et arrondie, revêtue de 8 plaques assez peu développées , et dont la frontale impaire s'avance entre les nasales. Yeux plus volumineux que d'ordinaire. 19 Rangées d'écaillés surmontées d'une très forte carène. Jaunâtre, passant, sur les flancs, au rouge; dessus orné de très larges taches foncées anguleuses, dont les pointes se prolongent sur le dessous pour former des taches carrées et alternes. Dents postérieures sans sillon. 118 -4- 66. Poumon simple. Depuis le fleuve des Amazones jusqu'r\ la Martinique. —

lo) ♦iioMALOPSis pLicATiLis, Asscz recoiiiiaissable à sa tcte très 'alongée et étroite, mais dont le museau est d'une Inièveté remarquable ; cà ses grandes écailles émoussées, lisses et disposées sur if) rangées; et aux teintes. La lame frênaie manque. Taille*^ très forte. Tronc assez gros et cylindrique. i34 + 38. Dessus brun roux; sur les flancs une très large raie foncée accompagnée d'une suite de taches. Dessous jaunâtre ; sur chaque coté, deux rangées de points brunâtres. Du Brésil,* il en existe, à la Nouvelle-Orléans, une jolie variété locale, caractérisée par ses teintes vives. — 1 1) hom alopsîs MARTii. Tête à-peu-près comme dans l'Hom. plumbea , mais plus déprimée et un peu plus alongée. Yeux assez petits. Narines très rapprochées du bout du museau. Tronc beaucoup plus effilé que d'ordinaire, et cylindrique. 1 5 Rangées d'écaillés lisses. Corps entouré d'anneaux alternes bruns de deux teintes ; les adultes sont d'un noir presque uniforme , et ont la peau très luisante. i58 4- 48. Depuis le fleuve des Amazones jusqu'à Surinam. 12) HO M ALOPSIS REINWARDTII.

De grande taille et à formes assez alongées. Queue très courte et grosse. 21 Rangées d'écaillés lisses. Tronc presque partout d'égale grosseur et un peu comprimé, physionomie ressemblant à celle de l'Homalops. plicatile. Dessus brun-roux noirâtre, dessous jaune-rougeâtre : ces deux teintes s'entrelacent pour former sur les flancs des bandes et des taches, 180 -I- 42. Découvert dans la Louisiane. — i3) homa- Lopsis LEOPARDINA. Voisin de l'Homalop. angulata par l'organisation des écailles, de l'Hom. plicatile par la configuration de la tète. Plaque frontale impaire enchâssée entre les nasales. D'un rouge-brunâtre relevé, sur le dessus ,par 5 suites de taches en quinconce. Queue alongée par rapport auxdimensions du tronc. 117 + ^3. Patrie inconnue. — 14) homa- Lopsis HERPETON. Espècc tout.-à-fait anomale et un des serpens les plus remarquables par deux appendices charnues qui se ])rolongent du hout du museau et qui sont revêtues

Î74 REVUE SYNOl?TiQUlî.

(récaii'es. Plaques abdominales à-peine plus larges que les écailles et surmontées chacune de deux carènes. 35 Rangées d'écaiiles fortement carénées. Port, taille et formes de l'Hom. de Schneider ; mais le tronc est très gros au milieu , la tête revêtue de petites écailles , et au sommet , de 9 plaques entre lesquelles on voit plusieurs écailles de forme, irrégulière. Dents d'égale longueur. 140 H- 96. Brun , rayé d'une teinte claire. Patrie inconnue.

J'ai réuni les BOAS dans la sixième famille des serpens non-venimeux, ils ont la queue prenante et la faculté de s'entortiller é.^^^alement avec leiu' tronc autour d'autres corps. Leur écailles sont nombreuses et les lames du dessous très peu développées. La tête grosse et à traits prononcés , est revêtue d'écaillés ou de, petites plaques dont la forme et la disposition sont assez disparates. Les yeux sont petits et ordinairement à prunelle horizontalement alongée ; les narines plus ou moins verticales. Les plaques labiales sont souvent creusées de plusieurs fossettes, ils ont le poumon ordinairement divisé en deux lobes, et un crochet à l'anus. Habitans des contrées chaudes des deux mondes , les espèces de ce genre ne sont prrs nombreuses et la plupart d'entre elles dépassent tous les autres serpens dans leurs dimensions. Plusieurs espèces fréquentent les eaux douces; d'autres habitent les bois ; et il en est qui sont essentiellement aquatiques. Ils ont l'habitude d'écraser leur proie dans les replis de leur corps et de lui concasser les os avant de l'avaler. Cette famille se divise en trois coupes génériques.

Genre i: Les boas proprement dits. (BO il). Ce sont les espèces dont l'intermaxillaire est dépourvu de dents, dont l'orbite est, comme dans les autres ophidiens, formée en dessus par les frontaux mitoyens, et qui ont le dessous de la queue garni de lames simples. Plus particulièrement propres à l'Amérique intertropicale. Ceux de l'ancien monde sont de petite taille et offrent des formes disparates. — i) boa

HEVUE SYINOPJIQUK. 17r,

c o N s T r, I c T o II. Espèce terrestre, d'une taille de 9 à 1 2 pieds. Très recoiinaissable aux petites écailles lisses qui revêtent le corps et toute la tète, et dont on compte jusqu'à 6y rangées , et à sa teinte rougeatre relevée par un dessin composé de larges taches ovales , de bandes et de raies entrelacées et d'un brun-rougeatre. Formes assez vigoureuses ; queue courte, tète en forme de cœur. 243 4- 58. Habite les bois de TAmérique intertropicale, où il se suspend aux branches des arbres pour guèter les petits mammifères dont il se nourrit. — 2) boa imurina. Le plus grand serpent connu. Narines verticales rapprochées au bout du museau ; cette partie et les lèvres revêtues de plaques. Yeux dirigés vers le ciel; 47 rangées d'écaillés lisses. Tètealongée, à museau arrondi et à cotés assez Inclinés. 25o -\- 66. Brun fuligineux , avec 2 ranimées de taches orbiculaires sur le dos et une double suite de taches en œil sur les flancs. Espèce aquatique et vivipare qui atteint jusqu'à 20 pieds de longueur. Patrie : comme la précédente. — 3) boa ce n chu i a. De moindre tailie que les précédentes. Espèce terrestre , a les habitudes du Boa constricteur. Tète à-peu -près comme dans la précédente ; mais à plaques labiales creusées d'une fosse , et à plaques verticales remplacées par de petites lames de forme irrégulière. Queue courte. Narines ouvertes et latérales. 35 Rangées d'écaillés lisses. 240-1-48. D'un roux-brun jaunâtre; dessus orné d'une double suite de taches orbiculaires , claires et bordées de noir ; trois rangées de taches moins larges et foncées sur les flancs. Les taches confluent souvent pour former un dessin réticulaire. Patrie connue les précédens. — A) boa CANIN A. Assez caractérisé par ses teiiites vertes relevées par des taches dorsales blanches en lozange; dessous jaunâtre. Les jeunes souvent de couleur jaune. Dents antérieures très longues. Corps fortement comprimé, et plus particulièrement propre à se rouler en dedans. Queue prenante douée d'une s^rande force. Tète en cœur , revêtue au

sommet cVécailles de forme irrégulière et plus grandes vers le bout du museau. Toutes les lames labiales creusées de fossettes. 53 Rangées d'écaillés lisses. Taille 6 pieds environ. 1^6 -{- 70. Depuis le fleuve des Amazones jusqu'à Surinam. — 5) BOAHORTULANA. Rcconnaissablc , outre ses formes élancées et la queue très longue, à une large fosse creusée dans la joue; on voit également des fossettes sur les dernières lames de la lèvre inférieure. Dents antérieures plus longues que les autres. Tête en cœur irrégulièrement revêtue d'écaillés au dessus ; il existe une paire de lames frontales îarfifes , deux frênaies et une oculaire antérieure. Tronc très comprimé. Abdomen un peu anguleux et revêtu de lames plus larges que d'ordinaire. 89 Rangées d'écaillés alongées et lisses. Brun-roux ; une suite de larges tacbes foncées , orbiculaires ou en lozange, et assez grandes sur les flancs. Disposition des teintes peu constante. Tète ornée d'un grand nombre de traits foncés vermiculaires. 2^3 -+- 117. Fréquente probablement les arbres, se nourrit d'oiseaux et habite tout le Brésil , Surinam , et a aussi été observé sur l'île de St Vincent. — 6) boa dussumieri. De l'ancienmonde , d'une petite île près de Maurice. Formes effilées et queue longue comme dans le Boa hortulana ; mais à plaques labiales sans fossettes, à 39 rangées d'écaillés carénées , et à tête très alongée , revêtue d'écaillés , à rexception du museau qui porte , au dessus, 2 paires de lames. Queue peu prenante. La rostrale est obliquement tronquée. Yeux latéraux. Narines étroites et un peu verticales. 238 -f- 128. Taille beaucoup moindre que dans les espèces de l'Amérique du Sud. Dessus gris- brunâtre , avec quelques taches sur la nuque; dessous jaunâtre. — y) boa carinata. Espèce de très petite taille des Moluques et de la Nouvelle-Guinée. Tête assez alongée et déprimée; museau anguleux aux côtés et tronqué au bout : ces parties revêtues d'écaillés, à l'exception des freins et des lèvres. Narines et yeux latéraux; les

tîerniers suillans. Abdomen convexe et garni de hnncs plus larges que d'ordinaire. Plusieurs dents maxillaires longues au devant de la bouche. D'un brun-roux, varié de marbrures blanches et de taches foncées, qui conduent souvent pour former des raies dorsales. i^ Rangées d'écaillés fortement carénées. 170 4- 5o. — 8)boaconica. Peu connu. Du Bengale. Taille du précédent. Queue très courte et conique. Brun-foncé, une large raie noire bordée de blanc serpente le long du dos; sur les flancs, une suite de taches foncées et orbiculaires. Dessous, couleur de nacre. 209+ 10. — 9) B o A M EL A N u R A. Espècc auomalc , rapprochant les Boas des Tortrix. Taille et port des espèces de l'ancien monde. Formes ramassées. Tête revêtue de 9 plaques peu développées. Point de crochet à fanus. Queue très courte et fortement prenante. 25 Rangées d'écaillés carénées e»; de forme carrée. 206 4- 38. Gris-jaunâlre, une suite de taches noires sur les flancs près du ventre; une autre suite de taches très effacées, sur le dos: ces taches confluent sur la queue en formant une teinte noire uniforme. Dessous jaune d'ocre clair. Les PYTHONS composent le second genre de la famille des Boas. Ce sont tous des serpens de grande taille, qui habitent exclusivement l'ancien monde: ils ont l'intermaxillaire garni de dents; la voûte de leur orbite est complétée par un os surnuméraire, qui n'existe dans aucun autre serpent; et on observe au dessous de la queue des lames divisées. Les lèvres sont toujours creusées de fossettes, et les plaques de la tête plus développées que dans les Boas proprement dits. — i) PYTHON BiviTTATUs. Lame rostralc et les deux premières labiales seules creusées de fossettes. Museau et sommet de la tête revêtus de plaques irrégulières. Région des freins excavée. 63 Rangées d'écaillés hsses et petites. 270 4- 70. D'une teinte jaunâtre, relevée par un dessin composé de larges taches alternes brunes. Sommet de la tête bordé par deux raies, formées par la teinte du fond.

Flancs variés et bigarrés de blanc et de noir. Dessous avec des taches carrées foncées. Depuis la côte occidentale de l'Afrique, par toute l'Asie inter tropicale, jusqu'à la Chine et à l'îie de Java. Le plus grand serpent de l'ancien monde; atteint jusqu'à 20 pieds de longueur. -—2) python SCHNEIDER I. Fomics bcaucoup plus effilées, tête beaucoup plus alongée, et taille moindre que le précédent. Tête étroite, revêtue de plaques plus développées que d'ordinaire. Museau renflé au bout, à plaques labiales antérieures creusées d'un sillon ; les dernières lames de la lèvre inférieure également pourvues d'une fossette. Ecailles du tronc assez petites. 320 + 90. Gris-brun jaunaLre, avec une raie noire mitoyenne sur le sommet de la tête et qui s'étend sur le corps, pour s'entrelacer avec d'autres raies, en formant un dessin réticuiaire. Va jusqu'à i4 pieds et habite Malacca, Java, Sumatra et Amboine. — 3) python amethystimus. Plaques de la tête plus développées que dans les autres espèces; fossettes labiales à-peu-près comme dans la précédente; formes plus effilées que d'ordinaire; 4^ rangées d'écaillés. Soo-î-gG. Varié de brun rougeâtre et de jaunâtre; teintes qui forment souvent un dessin réticuiaire effacé. Taille: six pieds environ. Vient de Saparua, petite île dans le rayon d' Amboine. Les îles de Timor , de Samao et la Nouvelle Irlande nourrissent un Python tout-à-fait semblable, mais à traits moins prononcés. — '4)p'^thon peronii. De la Nouvelle-Hollande. Taille 6 pieds environ. Tête beaucoup plus large que dans les autres espèces. Narines très spacieuses et dirigées vers le ciel. Museau assez obtus. Dessus de la tête revêtu de lames écailleuses nombreuses, irrégulières et plus grandes vers le bout du museau. Fossettes aux lèvres comme dans les précédens. 4i Rangées d'écaillés lisses. 275 4- 83. Noir, parsemé de traits et de taches d'un jaune d'or, plus ou moins grandes, à ce qu'il paraît, selon les lieux qu'hal)ite l'espèce.

3°*'^Gemo de la famille des Boas: les AGROCIIOllDES. Ophidiens très curieux et disparates par leur organisation. €e sont cependant des Boas, mais des Boas anomaux. Ils ont une queue ix)rtement prenante et comprimée comme leur tronc. Ils manquent de crochets à l'anus. Leur tête est tirrondiej les yeux extrêmement petits, un peu verticaux, à prunelle orbiculahe, et leurs narines , tubulaires et rapprochées au sommet du museau, sont dirigées en avant ou vers le ciel. Toutes leurs parties sont revêtues d'écaillés excessivement petites, non-imbriquées et mucronées, et on voit sur la li^ne médiane du ventre une crête saillante , hérissée d'écaillés. Le dessus de l'orbite est formé par une apophyse du frontal postérieur. Dents comme dans les Boas proprement dits. Ils sont essentiellement aquatiques, habitent les indes Orientales, et ont des teintes très sombres. Poumon prolongé jusqu'à l'anus. On ne connaît que 2 espèces de ce genre. — iVacrockordus javanicus. Dans les rivières de Java. D'une taille de 8 pieds et à formes assez ramassées. Narines dirigées en avant. Brun foncé, chargé de nombreuses marbrures. Crâne de forme bizarre par la brièveté de la partie antérieure, la petitesse des mastoïdiens et l'extrême longueur des caisses. — 2)acrochordus fasciatus. Formes beaucoup plus grêles et taille moindre que le précédent; écailles des lèvres plus développées. Narines presque verticales. Brun , avec des bandes claires sur les flancs. Depuis les grandes Indes jusqu'à la Nouvelle-Guinée.

La seconde grande division des serpens comprend les Serpens venimeux. Ils sont tous pourvus d'une dent meurtrière fixée sur le maxillaire, dont le volume est plus ou moins réduit, de sorte qu'il porte rarement d'autre dents que les crochets. Cet embranchement se divise naturellement en trois groupes ou familles.

La première, celle des Serpens venimeux colub rifor m es, renferme tous ces ophidiens venimeux qui rappelent

180 ilEVUE SYNOPTIQUE.

par leurs fondes, les serpens non-venimeux terrestres, auxquels ils ressemblent quelquefois beaucoup , et dont ils ne se distinguent souvent par d'autres signes extérieurs que par la grosseur du museau. Ils ont le tronc alongéj la queue courte , ramassée et conique; les yeux peu volumineux et à prunelle orhiculaire; les narines ouvertes et latérales. Leurs écailles sont grandes, en lozange et presque toujours lisses. Leur tête est revêtue de plaques semblables à celles des Couleuvres , dont la rostrale est assez développée j tandis que la frênaie manque ordinairement. L'appareil venimeux est beaucoup moins développé que d'ordinaire: le maxillaire est long et armé souvent de dents placées derrière les crochets, qui sont courts mais forts, et pourvus d'une fente qui réunit les orifices; la mâchoire inférieure avec ses pièces suspensoires est peu développée. Ces Ophidiens habitent les contrées chaudes des deux mondes, ne se trouvent point en Europe , et ne forment que trois genres.

i) Les ELAPS, à tronc cylindrique très effilé et de même grosseur, entouré ordinairement de i5 rangées d'ecailles larges et lisses ; à tête alongée et peu distincte du tronc; teintes le plus souvent assez vives et belles. Ils fréquentent les lieux boisés ou couverts de "végétation et paraissent fuir les terrains arides. Ils habitent dans les deux mondes, et forment un groupe naturel , dans lequel on peut établir plusieurs divisions géographiques: A, Espèces américaines, à corps marqué d'anneaux alternes de rouge et de noir, i) ELA.PS coRALLiNus. Tête uu pcu couiquc ; lames occipitalcs assezlarges. Parvient à une taille de 4 pieds et plus sur une grosseur d'un doigt d'homme. Sommet de la tête noir; teintes extrêmement sujettes à varier, de même que les lames du dessous, qui chez les uns au nombre de i^S-f-sS, s'élèvent chez d'autres à Î222 4- 45. Couleur du fond, du rouge au jaune, au blanc ou au brun ; anneaux souvent effacés et seulement reconnaissables à leurs bordures blanches. Du Brésil jusqu'à la Caroline. —

3) EL APS LE MN isc A.TUS. Apeiiic clistiiict (kl procèdent. Vient des Guyanes. Formes un peu plus élancées; yeux plus petits et moins latéraux; une hnnde noire entre les yeux; anneaux du corps noirs et ordinairement rapprochés trois à trois. 2 3o -h 36. — elaps sur in a m en si s. Très reconnaissable à sa tête large, courte, déprimée, et revêtue de plaques peu développées et bordées de noir ; à son museau obtus , à ses formes trapues ; à son corps entouré d'anneaux rapprochés 3 à 3 et dont celui du milieu est très large ; enfin aux écailles dorsales un peu plus larges que les autres; parvient à une très forte taille et habite la Guyane hollandaise. — B. Espèces d'Afrique. On n'en connaît qu'une seule. 4) Eî-Aps hygikae. Facile à reconnaître au caraclère artificiel tiré de la présence d'une lame nasale indivisée, percée par les narines ; verticale assez alongée j 6 labiales. Plaques abdominales moins larges que d'ordinaire. 200 ^- 28. De petite taille. Habite au Cap. Teintes de toute beauté: jaunâtre, dessus d'un rouge vif, orné de bandes noires, quelquefois continentes; dessous liigarré de noir. — C. Espèces de l'Asie. 5) elaps collaris. Peut-être identique avec l'Elaps des lies Philippines. Formes de FElaps lemniscatus; mais à tête courte, grosse et déprimée ; la sixième plaque verticale, évasée et touchant aux occipitales. Brun foncé, dessous marqué de taches rouges, dont les angles se prolongent sur les flancs. Cou orné d'un collier. 229 4- 17. — 6) ELAPS TIII3ÎAGULATUS. Vient des grandes Indes. De très petite taille. Formes extrêmement délicates; queue partout de la même grosseur. Dessus brun clair ; avec une raie dorsale noire , accompagnée d'autres raies étroites sur les flancs. Tête , bout de la queue et anus noirs. Dessous jaunâtre. Queue blanche, mouchetée de noir, 241 + 32. — 7)elapsfurcatus. i3 Rangées d'écaillés. Corps fiHforme. 255 -H 22 Tête d'une venue avec le tronc et étroite. Dessus brun très foncé; une raie dorsale bifourchue sur la tête,

d'un beau jaune , qui passe au rouge sur la queue ; une raie blanche sur les flancs. Dessus d'un vert vif, avec des bandes transversales foncées. Taille i5 pouces environ. Habite Java et se trouve aussi sur la presqu'île cle Maîacca et à Sumatra 5 où il forme une variété de climat. — 8) elaps BiviRGATUS. Très belle et rare espèce. A peine de la grosseur du petit doigt sur une longueur de 3 à 4 pieds. Corps extrêmement effilé, cylinrlrique et partout d'égale grosseur. Queue plus longue que d'ordinaire. Tête presque d'une venue avec le tronc. Dessus bleu violet, passant, vers la queue, au pourpre. Flancs marqués d'une raie blanche , ondulée et étroite. Tête et dessous rouge écarîate. 2yo -^49' Habite les îles de Ja\a et de Sumatra , où il forme une variété caractérisée par une raie sur la ligne médiane du dos. — D. Espèces de l'Au str alasie. 9) elaps mûlleri. De la Nouvelle-Guinée et des îles adjacentes. A corps plus gros au milieu que d'ordinaire , et à queue courte et plus conique. Tête distincte du tronc, revêtue de plaques très alongées , mais à museau court. Dessus brun ou brun roux; dessous tantôt jaune , tantôt vert j une raie jaune ou couleur de rose va des lèvres sur les flancs. 162 ■+■ 28. — 10) elaps cor o- NATUs. Pour la taille et les formes, semblable au précédent, mais à museau plus pointu; i38 + 52 lames indivisées. 6 Larges lames labiales , une seule temporale. D'un vert-brunâtre; sommet de la tête bordé par un trait noir, ii) elaps PSAMMOPHis. Ressemble , à s'y méprendre , à certains Psammophis et notamment à la variété verdâtre du Psamm. moniliger du Gap. Queue plus effilée que d'ordinaire. i86H-^6. D'un vert olivâtre. Dessous et bord de l'œil jaunâtres.

Le deuxième genre de la famille des serpens venimeux colubriformes , celui des BONGARES, ne comprend que deux espèces assez voisines , assez reconnaissables à leur dos revêtu d'une raitgée d'écaillés hexagones et plus larges que le reste. Ils ont le port et la physionomie des Elaps , mais

leurs lorinoi» sont plus vigoureuses et ils parvienneni à une taille beaucoup plus forte. L'abdomen est convexe , la queue robuste, revêtue en dessous de lames indivisées. i5 à 117 llangées d'éoalUes lisses. Corps annelé de jaune et de noirâtre. Tête à-peu-près comme dans les Elaps. Leur squelette est pourvu de larges apophyses transversales , évasées en forme de lamelles. Plusieurs dents solides derrière les crochets. Os de la tête très robustes. Ils habitent les grandes Indes ainsi que les îles de Ceylan et de Java. — - i) dungarus annu- LARis. Corps entouré d'anneaux complets de noir et de jaune. Queue extrêmement vigoureuse , carénée sur le dessus , et très grosse jusqu'au bout. Deux raies formant un angle aigu, sur le sommet de la têle. 2i3-+-34. Longueur 6 pieds. — 2)bungahus semî fascîatus. Taille un peu moindre que le précédent. Os beaucoup moins vigoureux. Corps entouré de demi-anneaux. Queue plus élancée et conique. Tête plus déprimée : yeux moins volumineux^ 20^ 4- /^G, Teintes assez sujettes à varier.

Le troisième et dernier genre des serpens venimeux colubriformes est celui des NAJAS. Ils ont des formes plus robustes que les Elaps et les Bongares; leur tronc n'est pas cylindrique , mais plus gros au milieu ; leur queue est plus alongée et toujours conique ; l'abdomen large et convexe ; leur cou jouit plus ou moins de la faculté de se dilater en disque; leur tête est assez distincte du tronc et souvent très conique; leurs yeux sont grands et latéraux, ainsi que les narines qui sont ouvertes ; la plaque rostrale se prolonge ordinairement sur le sommet du museau ; favant-dernière plaque labiale souvent de forme irrégulière; leurs écailles enfin sont presque toujours lancéolées , et mêine quelquefois carénées. Les Najas habitent les contrées chaudes ou voisines des tropiques de l'ancien monde. — i)naja tripudîans. C'est le célèbre serpent dont les bateleurs des Indes se servent pour exécuter des jongleries, et auquel on a donné le nom de serpent à

lunettes, parce que son cou est orné d'un trait ayant quelque analogie avec certaines espèces de cet instrument. Son cou est assez dilatable. Il atteint uue forte taille. 23 à Si Rangées d'écaillés. 187 -f 47- Brun plus ou moins foncé ^ tantôt uniforme 5 tantôt orné de bandes obliques et étroites- Teintes assez sujettes à varier. Depuis le Malabar jusqu'aux îles Philippines. Une variété de climat à teintes foncées existe à Sumatra; les individus de Java ont les teintes presque noires , la queue plus courte et on ne remarque le dessin du cou que dans le jetîne âge. Se nourrit de crapauds. —

2) NAJA HAJE. Analogue au précédent, mais à cou moins dilatable, à tête plus conique, à plaque rostrale saillante, à lames labiales plus larges , et à teintes diverses. 208 + 58, 33 Rang, d'écailies. Brunâtre , varié de taches foncées et claires. Habite TEgypte ; une variété de climat se trouve au Cap : elle a le système de coloration peu constant , variant du brun au jaune et même au blanc. C'est l'Aspis proprement dit , célèbre dans l'antiquité et encore de nos jours par les jeux qu'exécutent avec lui les sorciers de l'Egypte. —

3) NAJA BUNGARus. Fomic plus grêlcs ct taille moindre que les précédens ; museau court et un peu tronqué au bout; yeux volumineux ; queue élancée et écailles dorsales un peu plus grandes que les autres. 260 4- 3o s. -+- 80 div.; ou 262 -h 23 s. 4- î 18 div.; 19 rangées d'écaillés. Dessus bleu noir , relevé par de nombreux traits en angle et blanchâtres.. Habite les îles de Java et de Sumatra ; espèce très rare. —

4) NAJA BUNGAROIDES. Semblable au précédent pour les teintes; mais à tête plus large et plus ramassée, à écailles d'égale grandeur, à queue plus courte, et à yeux moins volumineux; 2i4 + 52 lames simples; 21 rang, d'écaillés. — .

5) NAJA PORPHYRICA. Port du Naja à lunettes; mais de taille moindre; à i5 rangées d'écaillés seulement; à museau assez obtus, etc. Dessus bleu noir, flancs rose-pourpre,, dessous jaune. Plaq. abdominales 180; 5o sous-caudales^

l\E\VE S\N01MIQCK. 185

qui sont en partie inclivisées. Se trouve sur les sables de bruyère à la Nouvelle-Hollande. — 6) naja ii^ m a c ii a te s- Espèce bien caractérisée par des formes assez ramassées , par sa tête large à la base et pointue vers le bout du museau , et par ses écailles carénées, disposées sur 19 rangées. Le ('OU est un peu dilatable. 137 + 4^^' N( ir pourpre varié le jaunâtre. Habite les plaines sablonneuses au Cap de Bonne Espérance. — 7) naja riiombeata. De moindre taille que le précédent, dont il a à-peu-près le port. 19 à 21 llanoées d'écaillés faiblement carénées sur le dos. Queue extrêmement courte et vigoureuse. i34 -^ 21. Point de dents solides derrière les crochets. Grisâtre-pâle, dessous plus clair ; une suite de taches en lozange sur le dos , une large tache anguleuse sur la tête. Observé au Cap et à la Cote d'Or. — 8) naja lubrica. Reconnaissable à son corps entouré de larges anneaux noirs et rouges. Lame rostrale très large et s'avançant assez sur le sommet du museau. Taille de 2 pieds environ. 19 à 21 Rangées d'écaillés lisses. i5o-h24. Du Cap. — 10) naja elaps. D'origine inconnue et de très forte taille. Intermédiaire entre les Najas et les Élups. Formes assez vigoureuses. Tête distincte du cou , qui n'est pas dilatable. Lames frontales postérieures et occipitales très développées. Avant-dernière plaque labiale resserrée vers la région des tempes. Yeux assez petits. i83 + 41; i5 rangées d'écaillés lisses en lozange , jaunes d'ocre à centre brun-marron. — 11) naja curta. Formes extrêmement ramassées. Prunelle de l'œil un peu verticalement alongée. Queue très courte et grosse. 19 Rangées d'écailles lisses. Lame surciliaire un peu saillante. Tête très large, à joues saillantes. D'un vert-olivâtre uniforme, plus clair sur le dessous, fytrie: la Nouvelle-Hollande.

La 2™* Famille des S e r p e n s venimeux comprend les Serpens de mer, que j'ai tous réunis dans le genre HY- DROPHIS. Ils se distinguent facilement de tous les autres

ophidiens par leur queue très large , et élevée dans le sens vertical en forme de rame. Leur tête est petite, d'une venue avec le tronc et revêtue de plaques, comme dans la plupart de serpens , mais avec cette différence que les nasales rapprochées au sommet du museau , remplacent les frontales antérieures, qui manquent alors ; les narines sont par conséquent tout-à-fait verticales , elles ont une forme orhiculaire et sont susceptible d'être fermées au moyen d'une valve. Les lèvres sont à bords reotrans, de sorte que la bouche peut se fermer hermétiquement. L'œil est petit et cà prunelle orbiculaire ; les crochets sont peu développés et toujours suivis de plusieurs dents solides et délicates. Le tronc s'amincit considérablement vers les deux extrémités de l'animal , de sorte que le cou. est souvent assez grêle. Les écailles sont en lozange ou en hexagone , non imbriquées , revêtues d'un épidémie mince , et surmontées d'un tubercule: on en voit deux sur la rangée médiane des écailles de l'abdomen qui sont à peine plus larges que les autres. Leur poumon est souvent prolongé en un réservoir pour l'air , qui s'étend jusqu'à l'anus. La couleur dominante est le jaune ou le vert. Ils ont le corps souvent marqué d'anneaux ou de bandes foncées ou de taches en lozange. Les serpens de mer habitent exclusivement les parages intertropicaux des mers des Indes orientales et du grand Océan pacifique. Ils vivent probablement de poissons , et ne vont jamais à terre. Ou n'en connaît que 7 espèces, dont la dernière est en quelque sorte anomale , en ce qu'elle offre des narines latérales , 5 lames frontales , des lames abdominales assez larges et des écailles lisses, imbriquées et revêtues d'un épidémie dur. i) hydropuis schistosa. A museau brusquement conique au bout, et courbé en bec. Lame rostrale étroite , prolongée en pointe , verticale ; de forme lancéolée , nasales en trigone. Yeux assez verticaux. 5i Rang, d'écaillés. 3oo + 5o. Gris»ardoisé^ avec de larges bandes brunâtres plus ou moins effacées. Les adultes ont des teintes uniformes.

Habite le Golie de Bengale. — 2) iiydropius striât a. Tête arrondie, museau obtus, une rangée de petites lames Irigones enchâssées entre les labiales, sur le bord de la lèvre inférieure. Jaune verdàtre, marqué sur le dessus de taclies en rlioujbe plus ou moins foncées, disposées transversalement et quelquefois en forme de bandes. Formes moins vigoureuses que dans la précédente. Longueur 6 pieds environ. 29 Rangées d'écaillés; 344 ■+- 5c^. Des mers des Indes, de la Soude et de la Chine. — 3)i!Ydrophis nigrocincta. Assez voisine de la précédente, mais elle a la sixième plaque labiale assez évasée et touchant aux occipitales en s'étendant sur la région des tempes; sa tète est plus étroite et plus arrondie; elle manque de petites lames surnuméraires à la lèvre inférieure; son corps enfin est entouré d'anneaux complets et très foncés. 3o6-|-49} 29 rangées d'écaillés. Observée dans le Golfe de Bengale. — 4)hydrophis gracilis. Port des précédens, mais d'une taille moindre, et à formes extrêmement grêles, notamment vers le cou, qui est assez effilé. Tête plus petite que dans les autres espèces, et très étroite. Jaunâtre, à taches transversales en lo;iange et noires; cette dernière couleur occupe toutes les parties antérieures, de sorte que la teinte du fond ne paraît que sous forme de bandes étroites. Tête noire, une tache claire au dessus de l'œil. 355 4- 5o. 27 Rangées d'écaillés. Golfe de Bengale et mers de la Sonde. — 5)hydrophis pela mi s. A. petites écailles hexagones disposées en pavé. Formes ramassées. Tête très alongée. Ligne médiane de l'abdomen indiquée par une suture formée parles deux dernières rangées des écailles, dont on compte 47 en tout. 35o -h 60. Dessus brun noirâtre, dessous jaune; queue, et quelquefois même tout le corps de l'animal, varié de 'ces deux teintes. La plus commune des espèces; se trouve dans tous les parages qu'habitent les serpens marins. — 6) HYDROPiiis PELAMID01DES. Formes beaucoup plus trapues et tête plus courte que le précédent, du(juel

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îl se rapproche par ia conformation des écailles; mais ces organes sont plus grands et on n'en compte que 25 à 3o ranoées. Des vestiges d'écaillés abdominales, enchâssés sur la suture médiane du ventre. Jaunâtre, à larges taches dorsales en lozange. i36 -î- 27. Golfe de Bengale et mers de la Chine et des Moluques. — 'j) uyûrophis col tj brin a. Espèce anouKile, très facile à reconnaître aux écailles lisses, imbriquées et revêtues d'une épidémie cornée; aux narines latérales; à la présence de 5 lames occipitales; à ses lames abdominales beaucoup plus larges que d'ordinaire. 23 Rangées d'écailies. Plaques: 220 4- 38. Vert foncé, marqué de larges anneaux noirâtres, assez effacés dans l'âge adulte. Presque aussi conmiun que le Pékiînide ; habite les mêmes lieux.

La troisième et detnière famille des serpens venimeux comprend les S erp en s venimeux proprement dits. Ils ont une physionomie tout-à-fait particulière et quelque chose de hideux dans leur aspect j on pourrait même dire que leur caractère malfaisant s'exprime dans chacune de leurs parties: car ils ont des formes lourdes et ramassées , une queue très courte , une tête grosse , très large à la base , et en forme de cœur; toutes les parties sont ordinairement hérissées d'écaillés lancéolées et surmontées d'une forte carène ; leur museau est souvent tronqué ou môme retroussé; les freins, dans plusieurs genres, sont creusés d'une fosse spacieuse et profonde ; la lèvre supérieure est renflée et descendante comme dans les chiens-dogue; l'ouverture de la bouche est assez arquée ; les yeux sont petits , à prunelle verticale , et enfoncés sous une lame surciliaire saillante ; leurs crochets enfin sont extrêmement développés, et occupent à eux-seuls le maxillaire qui est réduit à un assez petit volume , tandis que les ptérygoïdiens externes forment un levier en guise de stylet. Cette organisation détermine leur mode d'attaque , qui est tout particulier . en ce qu'ils attendent tranquillement jusqu'à ce que les animaux, dont ils se nourrissent, soient à leur

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portée; se jetant ensuite sur eux, ils frappent d'un seul coup la plaie meurtrière, qui, mettant leur proio hors d'ctat de s'échapper , la fait tomher dans leur pouvoir. Les serpens venimeux proprement dits se trouvent dans les cinq parties du monde. Ils hahitent tantôt les bois, tantôt les plaines. On en connait trois genres. Les deux premiers ont des fosses nasales.

i) TRIGONOGEPHALUS. A queue terminée par une plaque cornée et conique. Ils habitent les régions boisées des deux mondes , mais n'ont été observés ni en Europe, ni en Afrique , où ils sont remplacés par les Vipères. On peut établir dans ce genre deux divisions, fondées sur la nature des tégumens de la tête. — A. Espèces à tête revêtue d'écaillés. Elles sont plus particulièrement propres à !a Zone torride. — i) trigonocephalus jararaca. Formes un peu plus effilées que d'ordinaire ; tête plus alongée , revêtue d'écaillés plus grandes vers le bout du museau dont les bords sont garnis de plaques; 9 lames labiales; 188 + 53; 27 rangées d'écaillés lancéolées et fortement carénées. Brunolivâtre , ordinairement relevé par de larges bandes ou taches en lozange. Habite les forêts du Brésil. — 2) trigonocep II A LU s ATRox. Très analogue au précédent, qu'il paraît représenter aux Guyanes; mais à 8 lames labiales , à 4 paires de mentales, à museau plus conique, à écailles moins effilées dont les carènes assez saillantes , et à teintes plus claires et tirant au gris pourpre. 194 -4- 64- — 3) trigonocepua- Lus LANCEOLATus. Remplace les précédens aux petites Antilles, et leur est très voisin ; mais à lames abdominales plus nombreuses , à teintes tirant sur le vert ou sur le jaune , à 2 paires de plaques mentales assez petites, et à 3i rangées d'écaillés plus petites. 255 + 64» — 4) trigonocepiialus BiLiNEATUS. Très reconnaissable à sa queue mince et susceptible de se rouler en dedans, à son tronc assez comprimé, élancé et à ventre étroit, à ses petites écailles, enfin

à ses belles teintes vertes passant au brun-roux sur la queue, et relevées par une raie jaune de citron près de l'abdomen. Dessus jaune -blanchâtre 280 + 78; 29 rangées d'écaillés. Très rare au Brésil et à Cavenne. — 5) trïgonocephalds NiGROMARGiNATUS. Espccc de petite taille , assez caractérisée par ses écailles en lozange, lisses, disposées sur 19 rangées, plus grandes sur le sommet de la tête; par 2 larges plaques au bout du museau ; par des plaques surciliaires divisées, etc. i^^-}- 56. Dessus vert foncé, orné par des taches noires. Vient de Geylan. — 6) trigonocephalUvS wAGLERî. Tête très large et grosse; museau anguleux aux côtés et obliquement tronqué en dessous ; 5 paires de mentales assez trapues; 25 rangées d'écaillés pourvues de forte carènes, prolongées en pointe sous la gorge. Dessus vert foncé avec des bandes transversales jaunes. i4o + 48. Habite l'île de Sumatra. — 7) trigonocepïialus vïridïs. Taille moyenne. Dessus vert uniforme ; dessous jaune. Deux grandes lames au bout du museau , qui descend presque perpendiculairement. 21 Rangées d'écaillés lancéolées et carénées. 164 4- 64. Des grandes Indes, vit aussi dans les îles de Sumatra , Célèbes et Timor. — • 8) trigonocephai,us PUNICEUS. Très reconnaissable à son œil protégé au dessus par une rangée de petites écailles relevées en pointe. Tète très large, en cœur et à sonnuet plane; museau anguleux et excavé aux côtés, à bout arrondi et obliquement tronqué, 162 + 54. Brun-roux , bigarré et varié de jaunâtre , de pourpre ou de grisâtre; queue très foncée. Patrie: l'île de Java. — B. Espèces à sommet de la tète revêtue de lames.

9) TR IGONOCEPHALUS RHODOSTOMA. Très bcUc CSpècC.

Formes assez vigoureuses. Tête en cœur, garnie sur le sommet de 9 lames plus développées que d'ordinaire ; museau assez conique à bout proéminent et mobile; écailles lisses, en lozange et plus grandes sur la rangée médiane du dos qui est en carène. Queue courte et pointue. i47 -+-55. Brun-

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rouj^eatro, i)lus clair sur le clos, dont les cotés sont ornés de larires taches foncées trianirulaires. Sonunet de la tête bordé d'une large raie rougeàtre ; une raie noire derrière l'œil. Habite l'île de Java. — lo) tri go no ce ph a lus iiy p- NALE. De Ceyian et des îles Philippines. Taille petite. Museau prolongé en pointe retroussée et saillante, revêtu nu dessus cVécailles, auKcpielles succèdent la lame verticale, les surcihaires et les occipitales. 19 Rangées d'écaillés carénées. 142 -f- 4^)- Teintes du corps à-peu-prc^s comme dans le précédent. — n) t kigonocepiialus ha lys. Formes plus grêles que d'ordinaire. Tête alongée, revêtue de g lames dont les frontales antérieures assez ramassées; museau court et arrondi. 2^7 Rangées d'écaillés lancéolées et carénées. i65 + 3^. Dessus gris-jaunâtre, avec 5 rangées détaches brunâtres. Observé dans la Tartarie. — i2)TRiGONOGEpiiALus BLOMnoFFii. Lamcs de la tête à-pcu près commc dans le précédent, mais à formes plus lourdes et à tête plus grosse; 25 rangées d'écaillés fortement carénées. 189 -j- 5i. Dessus brun-olivâtre , avec deux rangées de taches ovales foncées; une large raie noiie derrière l'œil. Du Japon. — i3) TRiGONOGEPHALus CENCHRïs. De rAméri(|ue du Nord ; assez reconnaissable à ses petites lames occipitales , cjui manquent quelquefois totalement ; et aux écailles de l'occiput cjui sont hérissées de tubercules au lieu de carènes. Formes ramassées. i3o + 43. Corps orné sur le dessus de larges bandes de brun-cuivré, qui font entrevoir la teinte du fond sous forme de grandes taches en lozange et d'un brun-grisâtre.

Le deuxième genre des serpens venimeux proprement dits est celui de CROTALE. Ils sont propres au nouveaumonde, et habitent de préférence les lieux secs et incultes; on pourrait dire qu'ils remplacent les Vipères dans les deux Amériques. Ils ont des fossettes nasales comme les Trigonocéphales, mais leurs formes sont plus robustes , leur tête est plus

grosse et leur queue aruiée au bout, soit d'un instrument bruyant appelé sonnettes , soit d'une écaille dure prolongée en pointe longue et acérée. On ne connaît dans ce genre que 4 espèces, dont plusieurs parviennent à une taille plus forte qu'aucun autre serpent venimeux. — i) c rot al us hor- RiDUS. Le grand Crotale de l'Amérique du Sud. A museau revêtu de 3 ou de 4 paires de lames. 29 Piangées d'écaillés en lozange et surmontées d'une carène tranchante. i45 -f- 25. Dessus d'un brun-jaunâtre relevé, sur le dos, par une rangée de larges taches en lozange. — 2) crotalus durissus. Remplace le précédent dans l'Amérique du Nord et se trouve jusqu'au Mexique. Très voisin du C. horridus, mais il n'a qu'une ou deux paires de lames sur le museau; les carènes des écailles sont moins développées , les yeux sont plus petits, les teintes plus foncées , les taches souvent en forme de bandes, et la queue noire. 1^70+22. — 3) CROTALUS MILIA- Rius. Petite espèce de FAméiique du Nord , assez reconnaissable à sa tête revêtue au sommet de 9 plaques assez développées. 23 Rangées d'écailles. i3i -\- 16. Oeil volumineux. D'un gris-rougeâtre , orné de 3 suites de taches plus foncées. — 4) CROTALUS MU TU s. Remarquable parce que sa queue est armée au bout , au lieu de grelots , d'une pointe dure et acérée. Tête revêtue d'écailles. Dos en carène. Ecailles surmontées d'une carène en fornie de tubercule. Parvient à une taille de dix pieds : c'est le plus grand serpent venimeux. Fait le passage aux Trigonocéphales; mais sa physionomie est tout-à-fait celle des Crotales. 227 4- 49- De l'Amérique méridionale.

3'"^ Genre: VIPERE; comprend tous les serpens venimeux proprement dits, qui manquent de fosse nasale. Ils ont ordinairement la tête et le corps revêtus d'écailles lancéolées et carénées. Leurs formes sont le plus souvent très lourdes et leurs teintes d'un gris ou brun terne. Ils habitent les déserts ou les lieux incultes de l'ancien monde. — iWipera

A R 1 E T A N s. De f oitc taille et à formes extrêmement lourdes et hitlcuses. Tête grande , très aplatie et à museau assez large et obtus. Narines verticales, extrêmement spacieuses. Tête et corps revêtus d'écaillés lancéolées relevées par une forte carène. 134-1-27. Dessus jaunâtre orné de 3 rangées de taches, souvent en œil, dont 2 paires sur l'occiput. Du Gap et de la Côte- d'or. Une variété locale à teintes plus claires habite le Kordofan. — 2)vipera atropos. Du Cap. Taille moindre et formes moins vigoureuses que la V. arietans. Tête plus petite, narines moins spacieuses et plus latérales. D'un brun très foncé, relevé sur le dessus > par 4 rangées de taches en œil. i38-+-23. — 3) vipera corndta. Taille petite j formes extrêmement trapues. Oeil protégé en dessus d'une rangée d'écaillés prolongées en pointe. Narines latérales. Gris-brun , orné de taches foncées, dont les dorsales disposées en une rangée médiane. 124-4-= 22. Du Cap ; très rare. — 4) vipera ECHis. Oeil entouré d'une rangée de petites écailles; narines étroites, rapprochées du bout du museau qui est garni, sur le dessus , de 2 lames. Queue courte , garnie de plaques simples. i56"ï"3o. Des grandes Indes; se trouve aussi dans l'Afrique septentrionale. Brun-grisâtre ou jaunâtre , à raies et à taches en œil sur le dessus. — 5) vipera cérastes. Assez distincte par sa tête très large et en cœur; par son museau court , obtus et arrondi ; par des narines assez étroites , verticales et placées au bout du museau ; par ses écailles surmontées d'une carène en forme de tubercule ; par ses teintes pâles , grisâtres ou couleur de terre ; enfin par le développement des écailles surciliaires , dont l'une est souvent convertie en pointe assez longue. i34 -f 2g. Habite les déserts du Nord de l'Afrique. — 6) vipeba ELEGANS. Formes plus effilées que d'ordinaire. Oeil protégé par une lame surciliaire ; narines très ouvertes, latérales. Museau étroit, enflé et anguleux aux côtés. De grande taille; 168 -4- 52. Vient des grandes Indes et de Ceylan. Brun-jaunâtre

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vif , avec trois rangées de taches ovales , bordées de noir et de blanc sur le dessous. — 7) vipera berus. La Vipère commune dans le Nord et le centre de l'Europe , est aussi répandue dans une grande partie de l'Asie. Taille moyenne. Tête revêtue en dessus de lames, parmi lesquelles distingue une verticale , des surciliaires et deux occipitales. Museau arrondi et anguleux aux côtés. Narines tout-à-fait latérales. i45 -i- 35. Varie du brun au gris, au noir et au roux; une large raie dentelée le long du dos. Les mâles ont les teintes claires. — 8) vipera AS PI s. Remplace la précédente dont elle se rapproche beaucoup, dans le Sud-Ouest de l'Europe et se trouve jusqu'en Sicile. Formes un peu plus effilées ; tête plus grande , revêtue au sommet d'écaillés de forme irrégulière ; museau un peu retroussé; corps avec plusieurs rangées de taches. Varie comme la précédente. i52 H- 42. — 9) vipera ammodytes. Encore voisine des deux précédentes par le port et la physionomie ; mais à formes plus trapues, à museau prolongé en pointe dirigée en haut, à sommet de la tête assez irrégulièrement revêtue d'écaillés et de petites plaques. iDo-l-34. Système de coloration à-peu près comme dans la Vipère commune , mais souvent à queue rougeâtre. Habite le Sud-Est de l'Europe depuis la Sicile et la Dalmatie jusqu'en Grèce. — 10} vipera agantophis. Espèce anomale de la Nouvelle Hollande ; à formes ramassées ; à queue mince et terminée par une pointe dure ; à tête revêtue au sommet de 9 lames ; à lames surciliaires , ordinairement relevées et inclinées vers le sommet de la tête; et à a i rangées d'écaillés carénées. 11 5 4- 4^. Gris-brunâtre , varié et tacheté de noir.

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