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à condiiiie dans les plaies qu'elles oui laites, la liqueur produite par les glandes dont la tête est le siège. Ces glandes sont de double nature: les unes, composées à l'instar des glandes salivaires des mammifères et des oiseaux, d'un grand nombre de petits grains, sécrètent un fluide analogue à la salive , et dont l'usage est de préparer les substances nutritives pour la digestion ; les autres au contraire, sont d'une structure toute différente: elles forment un sac épais, dont l'intérieur est divisé en de nombreux compartimens; ces glandes distillent une liqueur qui, par les effets fatals qu elle produit dans le corps animal, devient l'arme funeste au moyen de laquelle lesserpens détruisent les animaux qui leur servent de nourriture. Les glandes salivaires sont propres à tous les ophidiens, mais à peine le quart des espèces connues sontelles pourvues en outre de glandes venimeuses. Les dents, qui conduisent le venin dans la plaie, toujours caves et percées aux deux bouts, s'apellent crochets: elles ont constamment leur place à l'extrémité antérieure du maxillaire, où elles sont fixées et qu'elles occupent quelquefois à elles-seules : cachées par les gencives, qui forment à cet endroit une espèce de gaine , elles sont couchées à l'état de repos du serpent et ne s'érigent que lorsqu'il veut mordre. Le reste des dents, et toutes celles dont la bouche des non-venimeux est garnie, sont solides, à l'exception du creux qui contient les organes nutritifs de la dent. On a cependant observé un bon nombre de serpens non-venimeux, de genres très divers, qui offrent des mâchoires pourvues d'une ou de deux dents plus volumineuses que le reste,et le plus souvent sillonnées par une fente, qui s'étend tout le long de leur face antérieure. Ces dents cannelées se trouvent toujours au bout postérieur du maxillaire, et ce n'est que rarement qu'on en voit une seconde au milieu des mâchoires: elles n'ont d'autres fonctions quede verser dans les morsures qu'elles ont faites, une salive plus abondante, sécrétée par la partie postérieure des glandes salivaires, qui
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sont plus volumineuses dans la région qu occupent ces tients cannelées, (i)
(i) C'est à tort, que l'on a classé clans la tribu des venimeux ces serpens qui offrent des dents postérieures plus longues et cannelées. Les données vagues et contradictoires sur les qualités des ophidiens, données fournies par les indigènes de Java, ont probablement causé ces erreurs. Aux Indes comme au Brésil, en Afrique comme en Europe, le peuple répute indifféremment venimeux le plus grand nombre des serpens, et notamment ceux dont l'aspect offre quelque chose de hideux. M. Reinwardt, lors de sa résidence à Java, fit la découverte de l'existence de dents cannelées chez plusieurs espèces de l'ancien genre Couleuvre: communiquée ensuite par feu Leschenault et par d'autres voyageurs, et accompagnée de récits sur la nature des serpens en vogue dans cette île,cette découverte vint fixer l'attention des naturalistes en Europe. Boie constata les observations du professeur Reinwardt sur plusieurs autres ophidiens. J'ai publié en 1827, dans un mémoire inséré parmi ceux des Curieux de lanaturedeBonn , mes propres recherches relatives à cefait. Depuis cette question a été souvent agitée,et on est même arrivé,au moyen d'invesligationsanatomiques,à la conclusion,deconsidérercommedangereuses toutes les espèces à dents postérieures plus longues ou cannelées. J'ai obtenu par des recherches analogues , et au moyen d'un examen rigoureux des récits que l'on débite sur le caractère suspect de certains serpens , un résultat toul-à-fait opposé. L'organisation de la soi-disant glande venimeuse postérieure, absolument semblable aux autres glandes salivaires, ne permet guère de douter qu'elle ne sécrète un fluide de la même nature que la salive ordinaire: aussi les observations récentes de nos voyageurs servent-elles à constater, que, ni la morsure des Dryiophis ni celle des Dipsas, serpens à dents sillonées , n'ont des conséquences fatales pour l'homme (ij.
(i) Les glaudes delà tête des serpens ont fourni matière à un grand nombre de dissertations publiées par Ranby Phil. Tvans. iV". 4oi p. 877 suiv. , par RussEL, par Seiffert, par TiEDEiHAîrjir Mém.de l'ac. de Munich 181 3 p. a5, parCroQUET 3Jem. du Muséum VII p. 62 , par Desmouluhs ap. Macendie Journ. de Physiol. IV'p. 574 suiv., parMECKEL Archiv L l et par Duveukoy Ann. d. se. nat. XXVI et XXX. On trouve en outre des rcnseignemen» relatif» a ce sujet dans les ouvrages de Reoi , Mead , Foktan a , et Chaba''^
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Cependant, en étndiant le dévelo p pe ni en l des d e ni s des Ophidiens , on s'aperçoit qn'il y a un passage insensible des dents solides aux crochets. Chaque dent consiste, dans les premiers degrés du développement, d'une lamelle abords rentrans, de sorte qu'elle est ouverte à sa face antérieure. Dans les dents solides, celte lente se soude dès la première jeunesse de l'animal j elle demeure ouverte un peu plus longtemps dans les crochets des serpens venimeux proprement dits,maisà l'état parfait, ces crochets n'offrent que les deux orifices destinées à l'entréeelà la sortie du venin, etdonllinférieur conserve toujours la forme d'une fente l()ngitudinale;le reste des serpens venimeux présente des crochets analogues, mais on découvre toujours les traces de la fente, qui réunit les deux orifices pour le venin; la cannelure enfin des dents postérieures plus longues de certains oj)hi{licns innocens, n'est que cette fente, qui reste ouverte pendant toute l'existence de l'animal (i). Chaque dent avant de se développer, est recouverte d'une espèce de membrane,qui contient en même temps les matières nutritives: en s'ossifiant, la dent se colle par sa base sur les creux qui représentent les alvéoles, et se fixe à mesure que l'ossification avance; très souvent et principalement dans les crochets, il reste par derrière à leur base un petit orifice pour l'entrée des vaisseaux et des nerfs: aussi les crochets se réunissent-ils plus intimement avec les os que les autres dents. On observe souvent les germes de nouvelles dents, cachés à côté des anciennes, dans les gencives, et servant cà remplacer les dents lorsqu'elles sont détruites par quelque accident: aussitôt la nouvelle dent se déplace pour occuper l'alvéole dégarnie, où elle se fixe en se développant de la manière décrite (2). Les crochets étant plus exposés que les autres dents
( I ) Voyez, flg. 1 , 2 , 3 et 4 PL 16 de mon mémoire cité. (2) Voir le mémoire sur la reproduction des cïochets publié par RosA , mémoire que je ne connais que par l'extrait donné par Mecrel trad. alL de lanat. comp. de Cuvier vol. III />. 126 suiv.
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la nature a veillé à leur reproduction, en plaçant derrière eux plusieurs germes de nouveaux crochets, dont le nombre s'élève quelquefois jusqu'à six, et qui se succèdent dans tous les degrés de développement; on ignore si les anciens crochets tombent spontanément à certaines époques, et si ce remplacement des crochets a lieu graduellement. La structure inteine de ces organes offre cela de remarquable, (|ue le canal conducteur du venin est séparé par une cloison, du creux contenant les matières nutritives delà dent(i).
Des dents solides se trouvent in4ifféi'ennnent chez tous les ophidiens ; mais leur nombre, leur forme et leur disposition présentent des différences considérables dans les diverses espèces. A l'exception de TOligodon, qui est dépourvu de dents palatines, on compte toujours quatre rangées de dents à la mâchoire supérieure et deux à l'inférieure. On n'observe de dents intermaxillaires que chez les pythons et quelquefois chez le Tortrix scytale : leur nombre s'élève rarement au dessus de quatre. Les dents solides des ophidiens sont le plus souvent toutes de la même longueur: chez les Boas cependant ellesîiugmentent en étendue vers le bout du museau, ce qui a lieu dans un sens inverse chez plusieurs espèces des genresGoluber,Tropidonotusetc.;lesLycodonsoffrent à l'extrémité antérieure du maxillaire, plusieursdentsplus développées que les autres; les dents des Dryophis et des Psammophissont assez inégales, et on en voit plusieurs de très longues au milieu des mâchoires et au bout postérieur des maxillaires: ces dents, ainsi que les dents postérieures de certaines espèces des genres Dipsas, Homalopsis etc., sont souvent cannelées; tandis que d*autres ophidiens, tels que les Xénodons, les Coronelles, plusieurs Homalopsis etc. ont le bout postérieur du maxillaire garni d'une dent très développée mais solide. Il est évident que le nombre des dents varie suivant le développement du
(i) Voir les fij;ures des crocliels dans l'ouvrage de Fontana.
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maxillaire et (le l'os dentaire de la mâchoire inférieure: chez la plupart des Couleuvres, chacune de ces hranches contient jusqu'à 20 ou 25 dents; ces dents sont moins nombreuses chez lesHonialopsis, les Tortrix, les Calamars, et réduites à un très petit nond)re chez les serpens venimeux. Nous avons déjà dit plus haut, que le maxillaire des serpens venimeux proprement dits n'est armé que de crochets : mais cet os, ayant acquis plus de développement chez les venimeux colubriformes, il porte le plus souvent derrière les crochets, une ou plusieurs <lents solides (i).