G ASTER
7 Esp. LA TORTRIX BOA. TORTRIX BOA.
Rappelant par la distribution des teintes les Tortrix proprement dits, cette espèce se rapproche, quant à ses formes, duXE- NOPELTis dont elle serait assez voisine, si la queue prenante et la conformation des plaques de la tète ne l'en éloignaient. Le caractère particulier qu'offrent les plaques labiales inférieures , d'être creusées par une fossette , caractère observé jusqu'à présent seulement dans les Boas , et plusieurs autres traits que cette espèce a en commun avec ces derniers reptiles, nous a déterminés à lui conférer une épithète qui exprime cette affinité.
M. M. Lesson et Garnot ont fait la découverte de ce curieux reptile lors de leur séjour à la Nouvelle Irlande ; ces voyageurs n'en ont rapporté qu'un seul individu, conservé au Musée de Paris et qui est le même, dont je me suis servi pour faire la description suivante.
Le Tortrix Boa a une taille de o,34 ^- o,o5. Son port est à-
TORTRIX ROA. 23
peu-près le même que celui cIuXenopeltis; mais il a le corps moins gros et plus déprimé; la queue est plus grêle et prenante ; la tête enfin , tout en conservant les mêmes formes et les mêmes proportions , est un peu plus distincte du tronc. On compte à ce nouveau Tortrix25o plaques abdominales, un peu plus étroites que chez le Xenopeltis ; celles de la queue , à l'exception des 3 premières, sont divisées et disposées sur 44 doubles rangées. 29 Rangées d'écaillés carrées et à surface unie entourent la circonférence du corps : elles deviennent plus larges à mesure qu' elles se rapprochent de l'abdomen.
Ce Tortrix a le sommet de la tête couvert de plaques semblables, pour le nombre, à celles des Couleuvres, mais très diffé rentes pour la configuration. Les frontales postérieures sont extrêmement développées, tandis que les antérieures sont assez petites; les surciliaires offrent les mêmes proportions; on voit une rostrale très déprimée ; la verticale est moyenne et en hexagone presque régulier; enfin, il y a deux occipitales alongées. La tête assez déprimée , large et à museau obtus , offre des yeux un peu verticaux et à pupille perpendiculairement oblongue ; mais les narines sont parfaitement latérales et assez ouvertes. Une plaque frênaie très petite précède l'oculaire antérieure , qui est au contraire d'une étendue considérable ; il existent 2 plaques oculaires postérieures. On voit 9 plaques labiales, dont les dernières de la lèvre inférieure offrent le caractère particulier, énoncé plus haut. Les mentales sont peu développées, et le reste de la gorge est revêtu de très petites écailles.
Les dents de cette espèce sont exiguës et partout dégale grosseur. Elle se reconnaît iacilementàla distribution de ses teintes fortement irisées , qui se présentent sous la forme de bandes tranversales noirâtres plus ou moins symétriques au nombre de 32 environ, sur un fond d'un jaune blanchâtre. Le dessous est varié d'un noir bleuâtre assez pâle entremêlé de taches blanches. Le noir de la tête est très agréablement interrompu par une tache blanche derrière l'œil et par une autre transversale et large sur l'occiput.
24 TOUTUIX.
Les auteurs qui ont écrit sur l'Ophiologie , ont classé dans le genre t ort rix plusieurs reptiles qu'il convient de rejeter, après avoir soumis à un examen sévère les descriptions sur lesquelles ces espèces reposent. Il faut ranger dans ce nombre : le TORTRix MELANO S T 1 c T A, Merrem Tcnt.]). Sp., établi d'après RussEL iS"^//;. /. A.°42., lequel me paraît appartenir au genre anguis ; ensuite le t ortr. r et iculat a , ih. qui a pour type, ScHEUcnzER Biblia sacra PL 'j /\'j f. ^ ^ Çi^wre du typhlops
I. U M B R I c A L I s ; le T O R T R I X R U s s E L 1 I j lluSSEL /. A." /\Z ,
qui doit être rangé parmi les typhlops; le t ortr. milia- R I s, que Ton neconnait que d'après la description, qu'en a donnée Pallas sous le nom d'A n g u i s mil.; enfin , il convient d'en rayer
les TORTRIX BRACHYIJRA et ANNULA TA, MERR.y^. 'èl Ct 83,
qui reposent sur une base trop peu solide pour mériter une place dans les méthodes.
2 jam : Cce ôci'pcne iTombricè,
Genre »n\^Me.LESCALAMARS. CALAMAKIA.
J'ai réuni soiiscenoni tous les serpeiis de petite taille qui i appellent les Lombrics et plusieurs autres vers, par leur corps en forme de ficelle très mince , par leur queue courte et conique , par leur tête d'une venue avec le tronc, enfin par leurs teintes irisées. Ces Ophidiens ne composent qu'une seule coupe générique ; mais plusieurs d'entre eux forment le passage à des genres voisins et particulièrement au suivant , de sorte qu'il devient bien difficile de leur assigner des limites rigoureuses , et de trouver des caractères tranchans. La petite famille des Calamars est néanmoins très distincte , et c'est à tort que les naturalistes ont réparti ces animaux dans plusieurs genres dont la pkipart ne comprennent qu'une seule espèce. La forme cylindrique du corps, un abdomen étroit , une queue propre à servir d'appui à fanimal , des narines peu ouvertes , des écailles le plus souvent lisses et le développement imparfait des plaques de la tête, rapprochent les SERPENTS LOMBRICS dcs ROULEAUX; aussi l'cnsemble de leurs formes annonce-t-il une manière de vivre et des mœurs analogues. La plupart des espèces ont les parties inférieures teintes d'un beau rouge vermillon , couleur qui paraît propre à plusieurs animaux , habitans des lieux bas et humides , tels que les triton, les bombinator etc. Semblables à ces derniers êtres, les Calamars vivent continuellement à terre , soit qu'ils se retirent dans des trous, soit qu'ils se cachent sous les glèbes des champs ou sous des pierres.
Toutesles parties sontpi-esque d égale grosseur , el comme \e
2C) CALAMARIA.
diamètre du tronc ne surpasse guère celui d'un tuyau de plume, Linné a puisé dans cette ressend)lance l'épitliète de c a i.a- M 4 R ï A, qu il impose à une des espèces les mieux caractérisées. BoiE a ensuite conservé cette dénomination, pour désigner le nouveau genre qu'il a fait de l'espèce de Linné, d'une nouvelle de Java et de plusieurs espèces nominales. J'y ajoute, indépendamment de quelques autres espèces, les b r a c h y o r r h o s de Kuhl.
Tous ces Ophidiens se ressemblent par la taille et par le port. Les narines, ainsi que les plaques qu'elles perforent, sont le plus souvent très petites; les yeux, à prunelle ronde, offrent peu de volume. Plusieurs espèces n'ont qu'une seule paire de plaques frontales, qui descendent (pielquefois jusqu'aux labiales, occu])ant ainsi la place des pla([ues du frein; ces dernières manquent presque constanunent. Le reste de la tête est revêtu de lames semblables à celles des Couleuvres, mais elles sont toujours moins développées chez ces Ophichens. Le nuiseau est conique et obtus au bout ; la tête peu distincte du tronc: les Calamars ont par conséquent leurs caisses courtes et la gueule peu fendue. Les plaques du ventre sont en général plus étroites que chez les Couleuvres, mais les sous-caudales sont, comme dans celles-ci, ordinairement disposées par paires. Les écailles sont presque toujours lisses et disposées le plus souvent sur i3 à i5 rangées.
Les os qui composent le squelette, sont très délicats et se distinguent , comme ceux du genre précédent , par la simplicité de leur conformation. Le bord postérieur de forbite est souvent incomplet; les os qui portent les dents, sont toujours très minces; les dents elles-mêmes sont nombreuses, très déliées , arquées et en peigne. Une espèce, I'oligodon fait à cet égard une exception remarquable ; caries dents de ses mâchoires sont développées , à ce qu'il paraît , aux dépens des palatines qui manquent totalement. Le nombre et la forme des glandes de la tête varient considérablement d'une espèce à l'autre; on peut en dire autant de la construction des parties internes. Il y a toujours un seul sac pulmonaire, souvent très court,
CALAMARIA LUMBRICOIDEA. 27
La plupart des Serpens lombrics ne surpassent guère un pied en longueur. Les uns sont ovipares , d'autres vivipares. Tous ha b i t e n t les contrées équatoriales ou les pays voisins des tropiques. On les a observés jusqu'à ce jour dans les deux Amériques, en Afrique, dans l'Asie méridionale, à la Nouvelle Hollande et sur plusieurs îles du grand Archipel indien. Il paraît que les espèces sont peu répandues. Les Calamars se nourrissent de petits animaux, particulièrement d'invertébrés, comme devers, de mollusques etc. On sait peu de chose de leurs habitudes. Je n'ai pu découvrir à l'extérieur des différences sexuelles. Les Calamars sont rares dans les collections d'histoire naturelle et leur histoire est encore à faire.
I Esp. LE CALAMAR LOMBRIC. C. LUMBRICOIDEA.
PI. I. fig. i4 , i5 , i6.
Notre infatigable voyageur, feu Kuhl, a découvert cette belle et singulière espèce à l'île de J ava ; elle habite en outre l'île de Célèbe, comme le démontre un individu, pris par le Dr. Strauss dans les environs de Manado. Elle a été figfurée sur la PL 11. fig. I. de l'ouvrage encore inédit, intitulé : Erpétologie de Jai^a, dont feu H. Coie est l'auteur. Elle est assez remarquable par son corps , partout d'égale grosseur et du diamètre d'un tuyau de plume de cygne , mais long quelquefois de plusieurs pieds. La queue est également cylindrique , très courte , peu conique , à bout obtus , ou terminée par une ])ointe très conique. On ne voit qu'une seule paire de plaques frontales très étendues et touchant aux labiales , dont le nombie s'élève de chaque coté jusqu'à cinq. Les nasales sont exiguës ; une petite plaque se trouve en avant deFœil et une autre derrière cet organe. Les superciliaires et la plaque verticale sont petites. Les écailles du tronc, disposées sur 1 3 rangées longitudinales, sont asse^
i8 CALAxUARIA LIIVIVAEI.
grandes, c.nrrées et à surface unie. Les bandes abdominales sont plus étroites que cbez la plupart des Couleuvres ; celles du dessous du tionçon de la queue sont divisées et n'offrent rien de remarquable.
Les parties supérieures sont d'un bleu noir descbiste; les inférieures d'un bleu pAle irrégulièrement maculé de noir, avec une raie jaune qui s'étend le long des flancs. Ces dernières couleurs s'effacent par l'action de la liqueur forte.
Cette espèce est bien rare ; nous n'en avons reçu que cinq individus, dont le plus graud mesure o,54-j- 0,027. Le nondjre des pla(pies abtiominales et caudales varie de 217 -[-• aS à 190 ^16. Nous possédons le dessin de cette espèce fait sur !e vivant. Le j e u n e , qui a toutes les écailles des flancs et du dessous bordées de blanc grisâtre, un anneau blanc autour du cou et un autre près de l'anus , a été décrit par Boie sous le nom de cal. viRGULATA. Erpt't. (le Jcwa. Manuscrit.
:2 Esp. LE CàLAMJR DE LINNE. C. LINXAEI.
PI. I. f. 17. .8.
Le Calamar de Linné ressemble par son organisation à l'espèce de l'article précédent, mais son corps est, sur un diamètre éfifal , de moitié moins loncr. Il a en outre, la tète moins déprimée; les écailles, dont on compte i3 rangées longitudinales , sont plus petites et les bandes abdominales plus larges. Les plaques , qui revêtent la tête , au contraire , se ressemblent parfaitement dans les deux espèces , à quelques petites modifications près dans la forme.
La disposition des couleurs du Calamar de Linné est très sujette à varier. La teinte du fond est d'un beau rouge carmin ou vermillon , plus foncé sur le dessus , ou il passe souvent au brun , au noir ou même au noir bleu. Toutes ces parties sont
CALAMARIA LIJViVAEI. 29
Tariées de noir qui se montre dans les uns , sous la forme!de grandes taches dorsales, disposées à des intervalles réguliers (i) ; dansd'autres (2), ce noir forme un dessin reticulaire surles flancs; d'autres (3) encore, ont toutes les parties supérieures comme parsemées de points et de taches de cette couleur; enfin il y en a (4j , où les bandes abdominales sont marquées de larges taches carrées disposées alternativement. Je crois toutes ces variétés dues au hasard et aux changemens qu'éprouvent les couleurs durant la mue , car je n'ai pu découvrir ni des différences sexuelles ni d'âge.
Le crâne est oblong, les dents petites mais nombreuses , les caisses très courtes et l'orbite complète. Les apophyses transversales des vertèbres sont plus développées qu'à l'ordinaire et pointues , les côtes arquées. La glande sa livaire delà mandibule inférieure est plus développée que celle de la supérieure; on voit derrière l'œil une petite lacrymale ; une nasale très étendue occupe l'espace entre les narines et l'œil. La position du cœur n'offre rien de particulier ; il n'y a qu'un seul poumon peu long. Les intestins offrent , près du pylorus , des inflexions nombreuses , profondes et très serrées. Le canal intestinal descend ensuite presque tout droit et donne brusquement près de Fanus dans une cloaque large. La dissection d'une femelle adulte, dans laquelle j'ai trouvé trois œufs prêts à être pondus , me fait croire , que le Calamar de Linné est ovipare.
Ce reptile n'atteint pas de fortes dimensions. Parmi le grand nombre d'individus que j ai pu examiner , il n'en est aucun qui surpasse en longueur totale o,283 + 0,021. La queue varie considérablement en longueur suivant les individus. Chez quelques uns , elle ne mesure qu'un centimètre; chez d'autres elle 'va jusqu'à trois centimètres. Le nombre des plaques souscau-
(î) Celte variété a été nommée par Boie: cal. maculata; uoe autre à-peu-près semblable : cal. linnaeî , fig. clans VErpét. de Java PL 22.
M' 2. (2) G AL. RETICULAT aBoIE. (3) CAL. M U L T I P UN C T AT A.
de VErpét, de lava. — (4) c a l. t es s e L A t a de VErpét. de Java.
30 c^r.AMAniA D'onniG.Mvi.
dales doit naturoUement augmenter ou diminuer suivant ces dimensions : il s'élève depuis 9 jusqu'à 20 ; celui des bandes abdominales depuis i3o jusqu'à 160.
Le Calamar de Linné est très abondant à l'île de Java , d'où nos voyageurs en ont envoyé souvent les dé[)ouilles au Musée des Pays-Bas. Nous possédons également les portraits de cinq variétés faits sur le vivant. Je tiouve dans les manuscrits de feu KuHL , que cette espèce habite même le jardin de Buitenzorg, qu'elle se tient à terre , qu'elle a les mouvemens très lents , qu'elle est connue des Malais sous le nom d' ular -lem a, et que tout le monde la regarde connue innocente.
Elle a été figurée et décrite par Linné (ij ; mais Seba déjà en a donné des Hgures ; telles sont par exemple \^Jig. 5. PL 1. uol. II ^ qui représente la variété, nommée par BoiE c. tesselata; puis \^ fig ^. PLS:iet/ig.4'PLH6^ la cal. mu ltipuncta t a de BoiE : on doit peut-être aussi rapporter ici , Seba vol. I. PL 53. fig. 8 et //. PL 1 fig. I et 2 , mais ces figures sont trop mauvaises pour mériter d être citées. La figure de la tête PL I. fig. 18 <?? 19 de notre ouvrage a été faite d'après la variété, nommée
TESSELATA.
3 Esp. LE CALAMAR lyORBIGNY. C. D'ORBIGNYI.
Les deux Calamars javanais dont nous'venons faire la description , sont remplacés dans le nouveau monde par deux autres espèces , semblables à celles-là par rapport à leurs formes et à leur port : le Calamar gracieux de l'Amérique du Nord répond au Calamar de Linné; celui du présent article, originaire de l'Amérique méridionale , au Calamar lombric.
M. d'Orbigny , auquel nous avons dédié cette nouvelle espèce , Va découverte au Cliilé. Elle appartient en même temps au nombre des plus belles, des plus gracieuses , et des plus ra-
(1) Mus, Ad. Fried. PL 6. fg. 3.
CALAMARIA AMOE^A. 31
res du genre. Elégante par ses formes , elle l'est également par la distribution de ses teintes , que nous regrettons ne pas connaître à rétat de vie.
Son corps tout d'une venue avec la tête et la queue , ressemble à un bout de ficelle très mince et est parfaitement cylindrique ; il offre une longueur de o,385 , et la queue occupe en outre 0,045 ; on voit par ces dimensions et par le nombre des plaques qui monte à 264 -j- 3o , que ce membre est plus développé que chez le Calamar lombric ; encore le tronc est-il beaucoup plus mince que chez cette dernière espèce , mais la forme de la tête et les plaques dont elle est revêtue , sont les mêmes dans ces deux animaux voisins. On observe une plaque rostrale d'une étendue considérable, terminant la tête qui est très petite et déprimée. On compte sur le tronc i5 rangées d'écaillés à surface unie et de forme presque rhomboïdale.
Un rouge de brique très vif et assez clair teint les parties supérieures ; le dessous de la tête est d'un jaune blanchâtre pâle ou d'une belle couleur de nacre. Le dessus de la tête et une grande tache sur la nuque sont d'un noir foncé , teinte séparée par un collier d'un blanc pur ; le museau, à l'exception d'un point noir , les lèvres et une tache derrière l'œil , présentent également cette dernière couleur. Une large bande noire mais imparfaite en avant , occupe le bout de la queue qui est terminée par une pointe blanche. Ce Calamar a les teintes irisées et très luisantes, comme on l'observe chez la plupart des autres espèces du genre. ^
4 Esp. LE CALAMAR GRACIEUX. C. AMOENA.
PI. I, fîg. 19 , 20.
M. Sa Y a décrit dans le Journal de ï Académie de Philadelphie (i) , sous le nom de coluber amoeisuSjUU petit Ophi-
(i) Vol, IV. p. 237.
32 CALAMARU DIADEMA.
dien , orij^inaire de Pennsylvanie , qui est une des espèces les mieux caracti^risées du «enre Calamaria. Nous en avons reçu une dixaine d'individus du Tennessee par les soins obli^eans du Professeur Troost à Nashvjlle.
Elle a la taille et le port de la précédente , mais ses formes sont plus menues; sa queue est plus longue, plus mince et plus pointue. La configuration et la disposition des lanies écailleuses des tégumens ne dittèrent presque pas dans ces deux espèces voisines , mais le» bandes abdominales et les plaques nasales sont , dans celle du pissent article, un peu plus larges.
La peau est très irisée; les parties supérieures sont d'un brun luisant plus ou moins foncé , le dessous au contraire d un beau rouge vermillon. Cette dernière teinte se change , par l'action de la liqueur iorte en un jaune très pâle. Dimensions: 0,200 -j- 0,025 ou 0,195 *j- 0.045. — jNOnibre des plaques: i2.y -f- 39 ou n5 -f. 19. — i3 rangées d'écaillés. — Le Calamar gracieux se tient de préférence sous des tas de pierres.
5 Esp. LE CJLAMJR DIADÈME. C. DIADE3Ix\.
Ce joli petit Calamar , propre »\ la Nouvelle Hollande , y a été découvert par M.M. Quoy et Gaimard ; il est inédit et les deux individus connus sont conservés au Musée de Paris. Une tache occipitale blanchâtre , en forme de bande transversale , renfermée dans le noir profond du dessus de la tète, à donné lieu à la dénomination que porte cette nouvelle espèce. Le reste de l'animal est d'un brun pâle tirant sur le jaune, et plus clair en dessous. Les écailles ont un bord brun , ce qui fait un dessin réticulaire assez joli; on en compte ly ou i5 rangées: elles sont on peu en losange , à pointe émoussée , et à surface unie. Celles de la queue offrent une anomalie peu ordinaire , en ce qu'elles sont d'une étendue assez considérable pour mériter le nom
CALAMARIA BRACHYORRHOS. 33
de plaques dont on ne compte que 4 ? ou vers le bout de ce membre seulement 3 rangées longitudinales.
Cette espèce a la tête assez déprimée , plate , à museau gros et émoussé au bout. Les plaques du sommet sont ramassées ; il existe i paires de frontales , mais les antérieures sont peu développées. Les nasales, percées par des narines ouvertes, sont dirigées un peu en avant. On observe i plaques oculaires, une. antérieure et une postérieure; mais la place de la frênaie est occupée par le bout inférieur des occipitales qui descendent sur les flancs du museau.
Le Calamar Diadème n'acquiert pas de fortes dimensions, vu que le plus grand de nos sujets mesure 0,21 -}- o,o5; le petit est de 0,17 -f- o,o35. Les plaques se trouvent au nombre de 1^4 + 46 ou de 171 + 45.
Les dents maxillaires de cette espèce sont assez développées, ce qui pourrait la faire prendre comme appartenant au genre Elaps.
Le corps , presque en cylindre , offre un ventre un peu applati. La queue , grosse à la base , s'amincit assez vers la pointe qui est très grêle.
6 Esp. LE a BRJCHYORRHOS. C. BRACHYORRHOS.
PL I, fîg. 21, 22 et 23.
L'espèce, dont nous nous proposons de traiter dans cet article, s'éloigne sous plusieurs rapports des trois précédentes. Elle atteint une plus forte taille; son corps est plus vigoureux et diminue en grosseur vers les deux extrémités de lanimal; la tête étroite est recouverte d'écaillesdela mêmeforme. Les plaques frontales postérieures descendent jusqu' aux labiales, et occupent la place des plaques du frein, qui manquent comme dans les précédentes; mais cette espèce offre une paire de frontales antérieures, dont les espèces précédentes sont dépourvues.
34 CALAMAIUA BUACIIYOIUUIOS.
Les narines et les yeux sont petits ; la tête est très conique, petite et allant un peu en pointe. Les écailles sont lisses, carrées et disposées par 17 rangées longitudinales; les bandes abdominales offrent peu de largeur; la bdomen est très convexe. La queue est courte , grosse et assez conique.
Les teintes de cette espèce sont très uniformes: le dessus est d'un brun scliisteux luisant , le dessous d'un jaune d'ocre pâle; le bord interne des plaques souscaudales divisées, est marqué de brunâtre. Les couleurs des individus dans les collections se conservent longtemps , mais à la longue, elles palissent , de sorte que l'animal paraît d'un gris blanc uniforme. Un sujet ainsi décoloré a été figuré par Linné (i) sous le nom de COL. ALDUS. IMerrem (2) a également [)ublié un dessin de cette espèce, que Shaw (,^) a désignée, sous le nom de col. bra- CHYORRHOS. Lcs j cuu cs out Ic (los très clair , orné de trois raies longitudinales plus foncées et quelquefois interrompues. Cette différence et le nombre moins arand des bandes abdominales dans un individu de cet 'd"e , ont en^fasé feu Boie à le considérer connne espèce distincte: c'est son brachyorrhos KU HLii (4) ; Wagler (5) en a même fait un genre à part. L'adulte porte dans XEi'pétologie de Java le nom de brachyorrhos ALBus, imposé par Kuel. Cette espèce est bien rare dans l'île de Java , d'où nos voyageurs en ont envoyé plusieurs individus. M.M. Macklot et jMùller l'ont trouvée en abondance dans l'île d'Amboine, lors de leur expédition à la Nouvelle Guinée. Nous leur en devons un dessin fait sur le lieu d'après le vivant. Le nombre des plaques abdominales et souscaudales varie de i38-t- i3 ài8oH- 38. Les adultes mesurent 0,42 + 0,06; un jeune individu est de 0,21 + 0,01 5.
Le Calamar Brachyorrhos a le poumon fort long et spacieux;
(i) Mas. Jd. Frled. PI. 1 4 fig. 2. — [i)Beitràge ^ PI. 'fpag. 36: s t u m p f-
SCHW AEN ZIGE natte R. (3) Gcn. Zool. Vol. 111 P . II p. ^"jO, —
{!\)Erpét. de Java^ PI. l'i.Jîg i. — (5)Atractus lineatus: Isis 1828 p. '/ l\i PL loy?^ I — 4»
CALAMARIA BADIA. 35
les intestins ressemblent à ceux de l'espèce précédente. On voit des glandes salivaires, des nasales et des lacrimales. On ignore les mœurs et la nourriture de cette espèce.
7 Esp. LE CALAMAR BRUN. CALAMAIilA BA1>IA.
Cette espèce , que l'on vient de nous adresser de Cayenne , a déjà été antérieurement introduite par feu Boie dans son grand ouvrage, où elle figure sous quatre noms divers, savoir:
BRACHIBADIUS, TORQUATUS, SCHACH CtFLAMMIGE-
Rus (i). Les individus, qui ont servi de types à ces prétendues espèces , font partie du Musée des Pays-Bas : ils proviennent de plusieurs collections, faites anciennement.
Elle a la port de la précédente ; sa taille est cependant moindre, son corps plus menu, la queue plus mince et plus longue, la tête plus obtuse, les yeux plus grands, les plaques enfin qui la revêtent sont moins étroites , les frontales antérieures très petites et celles du frein alongées.
Un brun plus ou moins foncé occupe les parties supérieures ; le dessous est d'un jaune d'ocre pale. Ces deux teintes cependant dominent alternativement , et sont variées à l'infini suivant les individus : elles se présentent tantôt en bandes transversales, tantôt en taches anguleuses; quelques sujets offrent un dessin réticulaire, et d'autres ont le corps comme parsemé de nombreuses taches; enfin il y en a dont le cou est entouré d'un collier. Les noms , dont Boie s'est servi pour désigner ces variétés , répondent a ces différences dans la disposition des couleurs.
Nombre des plaques abdominales : i5o ou 184, des plaques souscaudales: 20 ou /\/\. — Dimensions de l'adidte: o,33 + o,o3. — 17 Rangées d'écaillés.
(i) Cette dernière variété est figurée sur la PL o^f. 1 de VErpétol, de Java.
3(; CAL/VAIAUIA AUCTIVEM lus.
8 Ksp. LK (\ I 1 i:\rnE j'/moir. c. arctivrxtris.
Pl.l. fig. o.\, 2 5 et af).
Ce Calniiinr , ainsi que tous les suivans, à Texcepiion du CALAMAR s c Y T A L r, , se ra p prochen t d os c o ii l e u v r e s par la forme et la disposition des plaques de la tele , par la présence d'une plac[ue du frein qui manque cependant dans les deux dernières espèces ;, })ar leurs veux plus grands, par leurs narines plus ouvertes, par une Ute un peu disLiiicLe, enlin p;ir un corps moins cvlindiicpie et p.ir une queue mince cl pointue. ]\Iais leur taille, leur port et leurs habitudes conviennent avec les espèces types du geine c a l a m a r i a , et ils méritent conséquennnent d être rangés dans cette famille.
Le Calamar à ventre étroit est intéressant sous plusieurs rapports. 11 excelle raicment neuf jiouces en longueur totale. Le corps est gros, plus mince vers les deux extrémités, très déprimé et revêtu tl écailles carrées, arrondies au hout, qui deviennent plus larges vers le ventre et dont on compte i5 ranoées. L abdomen est ani-uleux, à bandes étroites. La tête est un peu distincte du tronc, courte, grosse et déprimée; le museau conique et ol)tus ; les yeux sont UK-diocres. La queue est courte, conique et pointue. Les dents sont très délicates, longues, arcjuées et nombreuses ; l'orbite est incomplète en arrière; les caisses sont très larges à la base. La glande saiivaire de la mandibule inférieure est très grosse, celle de la supérieure petite; mais on ne voit ni glande nasale ni lacrymale. Les vertèbres offrent des apophyses épineuses plus développées qu'à l'ordinaire. In fait intéressant de son anatomie est la position du cœur, qui se trouve très rapproché de la tête. Le p o u m o n est volumineux mais court , ainsi que le foie. Les intestins sont très spacieux, plissés, plus étroits vers le rectum, qui est brusquement séparé du reste du canal intestinal. J'ai constaté par la dissection d'une femelle , qui avait dans
CALAMARIA ARCTIVENTRIS. 37
son oviducte cinq petits entièrement formés , que cette espèce est vivipare.
Elle est très abondante dans sa patrie, la pointe australe de l'Afrique , où les colons la nomment : schaapsteker, ce qui veut dire : pique-brebis, dénomination inventée probablement en faveur d'un préjugé, semblable à celui, qui a fait nommer I'e n g o u l e v e n t : g e i t e n m e l k e r. El le se tient par préférence dans les champs, où elle se cache sous la glèbe ou sous des pierres. Les paysans , en labourant la terre, les exposent souvent au jour par faction de la charrue. Il paraît même qu' elles aiment les champs cultivés, qui fourmillent généralement de petits animaux terrestres, dont elles se nourrissent (i). J'ai trouvé dans l'estomac de ce Calamar des débris de limaçons , d'araio^nées et d'autres invertébrés.
La couleur du dos est un beau brun châtain; la ligne médiane offre le plus souvent une raie étroite interrompue; les flancs sont d'un bleu grisâtre, moucheté d'innombrables petits points noirs. Les teintes de ces parties se confondent quelquefois, tandis qu'elles sont tranchées dans d'autres individus. Le dessous est d'un jaune très vif; chacune des bandes abdominales a une tache noire à son angle intérieur. Les très jeunes ont les teintes plus claires, et ressemblent à cet égard en quelque sorte aux petits de l'Orvet. Les couleurs de cette espèce éprouvent peu de changemens par l'action de l'esprit de vin et sont, à ce qu'il paraît, peu sujettes à varier. On n'en peut pas dire autant du nombre des plaques abdominales et souscaudales, qui varie depuis 117 4- 21 jusqu'à i44 H- 38. Un très vieil individu m'a offert les dimensions suivantes: 0,266 + 0,043.
Seba, voL il PL 1 fig. 6, donne une bonne figure de cette espèce , mais la couleur du dos est rendue d'une manière tout à fait fausse; une autre se trouve dans ce même auteur: PL 86.
(i) Je tiens ces observations de mon ami le docteur Smuts du ('ap de- Bonne Espérance.
38 CALMAUIA MELAXOCEPUALA.
fig 5. Le nom barbare de duberria, employé au basard par Sera pour désigner cet oplildien , a été élevé au rang des déi'Omlnallons de genre (i), après avoir servi d'épllbétc à cette espèce, dont Daudi\ (2) fait une couleuvre, et Schneider (3) un EL A PS. Wagler (4) a tout récemment créé pour cette espèce le genre homalosoma. Linné (5) cependant l'a déjà décrite; c'est son coluber lutrix. Nous avons conservé le nom proposé par Merrem, qui la fort bien représentée'dans ses Beitrcige vol. 1 p. 7 PL 1.
9 Esp. LE a A TÊTE NOIiŒ. C. MELANOCEPIIALA.
PI. I. f. 3o.
Ce petit Onbldien se reconnaît facilement à son corps mince, effdé et dégale grosseur , et au dessin agréable qui orne sa tète, laquelle est déprimée et un peu distincte du tronc. Le dessus de cette partie est d'un noir brun qui se prolongejusqu' aux cotés, laissant entrevoir la couleur du fond sous la forme de plusieurs taclies distribuées sur l'occiput et sur la région des tempes. Trois raies noires , quelquefois interrompues, s'étendent le long du dos et des flancs , dont la couleur du fond est d'un brun pâle. Le dessous est blanc jaunâtre. La disposition des couleurs est cependant sujette à beaucoup de variations. Les raies dorsales manquent souvent; d autres individus ont les bandes abdominales pointillées de noir à leurs cotés ; il y en a enfin , qui sont d'un gris brun uniforme. Les écailles sont lisses , carrées, de moyenne grandeur et disposées par i5 rangées longitudinales. La queue est plus longue que cbez les espèces précédentes, effilée, pointue et presque cylindrique ; le corps offre la même forme. Le museau est un peu tronqué au bout ; les plaques frontales
(i) FiTz. Class. p.55. — (2) Rept. vol. FUI p. 202. — (3) Hist. Amph. vol. IL p, 297. — • (4) Syst.p. 190. — (5) Sjst, nat.p. 275.
CALAMARIA PUNCÏATA. 39
antérieures sont petites , les yeux et les narines médiocres. La glande salivaire de la mâchoire supérieure et la lacrymale, située derrière l'œil, sont très développées.
Cet Ophidien atteint rarement 0,46 de longueur totale, dont là queue fait à-ijeu-près le sixième. Le nombre des plaques du dessous du corps et delà queue esL de i5o H- 45 ou de 160 -i- ^5. Le Calamar à tête noire a été figuré et décrit par Linnaeus : Mus. Ad, Fried. PL i5/. 2> Il est commun à Surinam, d'où M. DîEPERïNK en a souvent envoyé au Musée national néerlandais. Wagler a publié la figure d'un individu , rapporté par Splx des bords de la rivière Salimoëns au Brésil : c'est son elaps me- LANocEPHALus, Serp.Bms. PL 2 A /. I pag. 8. — M. F. Boie à Kiel nous l'a fait parvenir de la province de St. Paul au Brésil ; il se trouve aussi à la Guadelç>upe, comme il a été constaté par les individus adressés de cette île au Musée de Paris: cet établissement en tient même des environs ue Philadelphie, grâce aux soins de M. Lesueur.
10 Esp. LE CALAMAR PONCTUÉ. C. PUNCTATA.
Le Calamar ponctué paraît représenter l'espèce précédente dans plusieurs parties de l'Amérique du Nord, dont il habite les provinces méridionales. lia la même taille, le même port et les mêmes formes de la queue que le Calamar à tête noire ; mais sa tête est un peu plus large, ses écailles sont plus petites, et son corps s'amincit davantage vers les deux bouts. Les teintes diffèrent , en ce que les parties supérieures sont d'un brun gris très foncé, tandis que les inférieures offrent un blanc jaunâtre; un collier blanc orne le cou , et dans le jeune âge la plupart ont une suite interrompue et irrégulière de points noirs sur la ligne médiane du ventre , et quelquefois une suite semblable sur chaque coté de Fabdomen. J'ai observé chez plusieurs individus, envoyés par M. Troost àNashville, que le nombre
40 CALAMARIA OLIGODON.
des plnqiies varie depuis i5() H- /\o jiisqirà 190 -h 58. Le plus j^'rand de ces iiulividus mesure 0,285 + o,oy5. — i5 l»nn<^ées dérailles.
Linné (i) a déjà connu ce petit serpent ; Latueille l'a fi<^'uré d'après des individus, rapportés par Bosc de la Caroline.
lT
11 Esi^. LE CJLMUR OUGODON. C. OLIGODOA'
PI. I. fig. 27. a8 et 29.
On sera peut-être ('tonné*, de voir ran^^é parmi les Calamars un Ophltlien , caractérisé' d une manière tranchante et unique par le manque total de dents ]ialatines; il me paraît cependant, que l'ensemble de lOrganisalion doit mériter l'attention, de préférence à des traits isolés et de peu d'impoilance physiologique. LOligodon , par sa petite taille , par son corps d'égale grosseur, par sa queue peu longue, par son port , ses couleurs, ses teintes et maints autres caractères, appartient ajuste titre à la famille des Serpens lombrics.
Sa tète est un peu distincle du tronc, conique, courte, à museau allant en pente, im peu proéminent et ayant le bout obtus; les joues sont enflées parla présence d une forte glande maxillaire; les glandes nasales sont aussi très développées ; la plaque verticale est très large; les écailles du tronc sont médiocres, peu en rhondie etoblic[ues sur les flancs. La queue va insensiblement en pointe. Le crâne est de forme ol)longue; les caisses sont très courtes ; il y a de fortes dénis aux mâchoires, mais on n'en voit point au palais. Les v ertèbres offrent des apophyses plus développées que dans les premières espèces. Le canal intestinal est presque droit, sans involutions très sensibles ; le rectum est à peine séparé du reste des intestins.
(1} Syst. nat. pag» ^76. — (2) Rept. vol. ff^png- i36 i. fig. —
CALAMARIA OLIGODOIV. 41
Les parties supérieures offrent un brun foncé, passant tantôt au noir, tantôt au bleu d'acier: elles sont parsemées de nombreux petits points rouges. On voit sur la ligne médiane du dos une suite de taches blanchâtres , disposées à des intervalles réguliers d'un pouce et demi environ. Trois larges bandes de la même teinte et irrégulièrement échancrées montent obliquement depuis la gorge jusqu'au sommet de la tête, où elles se joignent sur le museau et entre les yeux par un ruban très étroit. Les parties inférieures ressemblent parfaitement à celles du CALAMAR DE L I N N É , particulièrement à celles de la vari- «été appelée CAL. TES SE LA ta: elles sont d'un rouge vermillon éclatant; des taches noires, de forme carrée, disposées alternativement à de petites distances , occupent les bords extérieurs des bandes abdominales. La disposition des teintes varie d'un individu à l'autre: elles se conservent dans la liqueur forte, hormis le rouge qui se perd totalement.
Les deux espèces nominales: oligodon BiTORQiiATUset TORQUATUS, créécs par feu Boie , ne sont fondées que sur la présence d'un ou de deux colliers. La figure de la première se trouve chez Russel , vol. IL n.° 34, p(^g' 39 ; celle de la seconde chez Boie: Evpêt. de Ja{>a^ PL 24. M. PtEiNWARDT a découvert cet Ophidien curieux à Java; le Musée des Pays-Bas en doit une suite complète et le dessin fait sur le vivant, au zèle de ses voyageurs, qui ont exploré cette île à différentes reprises. Une jolie variété de TOligodon se rencontre à Ceylan et aux Philippines, d'où on en a envoyé des sujets au Musée de Paris: ils sont dime teinte beaucoup plus claire que ceux de Java , et le dessous, au lieu d'offrir des taches carrées, est orné de 3 rangées de points foncés.
Le nombre des plaques du ventre de cette espèce est de i3o ou de 160 , celui du dessous de la queue de 28 ou de 44* I--^ longueur totale excède rarement o,33 + 0,078. — 17 Rangées d'écaillés.
42 CALAMARIA SCYTALE.
12 Esp. LE CALiMiR SCYTALE. C. SCY^TALi:.
Feu Bon: a décrit et figuré dans V ErpcLolo^ie de Java PL 2f) , sous le nom de s c yt ale br a c h y our ii os un Calamar, qui vit à (^eylan et aux îles Philipjiines, d'où les voyageurs iVanrais en ont ra})[)orté des iu'lividus. Nous tenons du 31usée de l^ais les deux seuls individus que nous possédons; le frère de notre défunt ami se trompe donc, lorsqu'il prétend que cette espèce a été découverte à Java par Kuhl et van Ilasselt.
Un trait assez remarquable, que Ton n'avait observé jusqu' à présent que dans le genre llomalopsis, disiingue cette espèce de tous les autres (lalamars: ce trait consiste dans la présence d'une plaque Ironlale antérieure inqiaire. Un autre trait caractéristi(pu' de ce Calamar est d avoir sa (jueue j)eu longue, conique et munie en dessous de bandes sinq)les, trait quia donné lieu à une épbitète que Merrem avait clioisie comme dénomination générique pour plusieurs serpens offrant ce caractère.
Le Calamar Scytale a à-peu-près le port, la taille et les formes du précédent; mais sa queue est plus courte et un peu conique, son tronc est presque d'égale grosseur, sa têle enfin est plus eflilee et tout-à-fait d une venue avec le tronc.
Cette espèce parvient à 0,89 -j- o,o45 de longueur; ses plaques sont environ de i4o -+- 3o. Elle a les màcboires ainsi que le palais garnis de dents acérées mais d égale longueur. On lui compte 17 rangées d'écaillés li'-es , en losange et même un peu lancéolées sur le devant du dos.
Les plaques nasales assez petites et percées par des narines étroites, se trouvent reserrées par l'étendue des frontales postérieures et par la position de la frontale antérieure , sur le devant du museau, dont elles occupent les angles. Les autres plaques de la tête sont très alongées; il n'existe que 3 temporales et 5 labiales de cliaque coté. La surciliaire et les 2 oculaires sont petites; la frênaie manque, mais il y a une paire de mentales très grandes , suivie par une autre paire de petites ,
CALAMARIA STRIATULA. 43
auxquelles succèdent les bandes abdominales. Les yeux sont exigus.
La teinte principale est un jaune d'ocre sale et pale, qui passe sur le dessus au brun de terre. Une raie large et composée d'innombrables points et marbrures brunes occupe les flancs et se perd sur la queue, dont le dessus est également marbré de brun. Une série de taches ou points bruns marque la ligne médiane du dos. L'occiput offre trois taches foncées, dont celles du coté sont plus larges et se réunissent à la raie latérale du tronc. D'autres marbrures et bordures de brun occupent le dessous de la tête.
13 Esp. LE CALAMAR STRIÉ, C. STRIATULA.
Une des plus petites espèces du genre et très distinguée par ses écailles peu grandes, presque lancéolées et relevées vers la queue par une arête, de sorte que l'ensemble de ces arêtes forme des stries longitudinales ; par sa tête distincte , très conique et revêtue de lames parfaitement sefiiblables à celles des Couleuvres ; par l'absence des plaques du frein ; par ses yeux plus grands qu'à l'ordinaire; par l'exiguité de ses narines; par son corps plus mince vers les extrémités; par une queue peu longue et très pointue; enfin par des teintes uniformes.
Le dessus est d'un brun pâle, passant dans les jeunes au gris; le dessous d'un jaune plus ou moins foncé. Les écailles du tronc sont disposées sur i5 où 17 rangées. Le nombre des plaques abdominales et souscaudales varie depuis 114 + 24 jusqu'à i3o -+- 45. Je n'ai vu que trois individus de cette espèce , envoyés du Tennessee par le professeur TnoosTàNasliville ; l'adulte mesurait 0,202 -{- 0,045. Linné (i) l'a décrite le premier, et on en trouve la figure chez Latreille (2). Ces auteurs ont reçu ce Calamar delà Caroline. M. M. Plée et Droz viennent de le décou-
(1) Syst.nat,p. 375. — (2) Rept, vol. IV p. 84 c.Jlg. - —
44 CALAMARIA ELAPOIDES.
vrir à la Martinique, d'où ils en ont r\pé(li('' des individus au Musée de Paris : cetétahlissenieut et le notre en ont éiraleineut reru (jni furent pris à la Nouvelle Orléans.
14 Esp. LECALAM Ali ÉLAPOIDIL C. ELA POIDFS.
Nous d(n'ons la connaissance de ce Ijeau reptile au zèle de nos voyaL;eurs Kihl et va\ IIasselt , cjui lont découvert à l'île de Java. lîoiE (i) , (jiii la décrit et fij^uré , en a envoyé plusieurs individus au Mus('e des Piivs-lias, où l'on peut voir une série complète de ce Calamar. Nous devons à ce même savant un heau dessin représentant I adulte dans la livrée pompeuse , cpi il porte pendant la vie.
Cette espèce a plusieurs caractères en partage avec la précédente, par exemple: les écailles lancéoh'es , la tète distincte du tronc, le mantjue des j)laquesdu frein , la forme du corps etc ; mais elle s'en éloigne de 1 autre coté, par un museau plus long et moins conique • par des narines très ouvertes ; par des yeux plus petits; par des écailles plus fortement carénées ; par une plaque cervicale presqu'en forme tie rh()nd)e; par une queue plus longue, très mince et aiguë ; enfin par sa plus foite taille , vu que les adultes mesurent le plus souvent 0,34") "+" o,i23 et par un nombre différent des plaques abdominales et souscaudales , qui varie depuis i4-i H- 66 jusqu'à i53 + 76. Les écailles du tronc sont ilisposées sur i5 rangées.
Le crâne de 1 Elapoide est de forme oblongue , ses orbites sont dépourvues d'un bord postérieur; les dents nombreuses sont très petites. Les glandes salivaires sont peu développées, hormis les nasales.
La couleur du dessus du corps est un rouge carmin brillant,
(i) Elapodes F use a. Erpét. de Jm a PL l^o.
CALAMARIA BLUMII. 45
luisant et irisé; le dessous est d'un bleu d'azur pâle. Ces teintes s'effacent après la mort au point que les individus, conservés dans les collections, ont le dessus d'un brun uniforme, tandis que le dessous est d'un jaune pâle. Les variétés chez ce Calamar ne sont pas rares : on en voit qui ont la pointe de la cjueue noire; d'autres offrent les parties supérieures pai semées de petites taches noires irrégulièrement disposées; d'autres encore offrent les écailles des flancs bordées d'une teinte plus obscure que celle du fond.
15 Esp. LE CALAMAR DE BLUME. C. BLUMII.
Nous dédions à M. le professeur Bl unie , que le public estime sous le double titre de voyageur distingué et de savant botaniste, l'espèce que nous publions ici. Sa complaisance à obliger ses amis, en secondant leurs entreprises scientifiques , est extrême. Qu'il veuille regarder cette dédicace comme une faible marque de nos sentimens !
L'espèce inédite que nous consacrons à ce voyageur actif et entreprenant, nous a été adressée de la province de S.*^ Paul au Brésil. Nous n'en possédons que deux individus: l'un long de 0,78 -f- 0,08 et offrant i85 H- 36 plaques, l'autre de 0,68 + 0,07 et avec 181 -h 35 plaques; un troisième, rapporté par M. Aug. St. Hilaire, fait partie du Musée de Paris.
Ce Calamar se rapproche des Tortrix, par son port et sa physionomie; mais il s'en éloigne par tous les autres rapports de son organisation. 11 se reconnaît facilement à ses systèmes de coloration et de dentition, à sa tête plate, émoussée et pourvue d'un œil assez petit , et à plusieurs autres traits.
Nous avons déjà vu qu'il atteint une plus forte taille que les autres espèces du genre ; aussi son tronc est-il robuste, à peuprès cylindrique et presque partout d'égale grosseur: il est terminé par une queue vigoureuse, peu longue et conique. La
46 CALAMARIA COUO^ATA.
tête est toute d'une venue avec le cou, déprimée, émoussée et très arrondie au l)0ut du museau , dont la plaque terminale est un peu saillante. Les lèvres assez enflées, sont revêtues de 6 plaques; on ne voit que 2 temporales, et 1 oculaires seulement dont l'antérieure est innnédiatement précédée par les nasales , qui sont étroites , effilées et percées par des narines orbiculaires, ouvertes et un peu verticales. Les yeux, remarquables par leur petitesse, offrent la même direction. Les plaques du dessous de la tète ont toutes une étendue considérable; celles du dessus au contraire sont ramassées, à l'exception des occipitales qui se distin<;uent par leur forme effilée. Les frontales , dont la paire antérieure va en se rétrécissant vers le bout du museau, sont (juohjuefois soudées: il n'existealorsqu une seule paire de frontales connue dans les Calamars proprement dits. Un trait assez remarquable de cette espèce est d'avoir le bout postérieur des maxillaires armé d'une dent deux à trois fois plus longue que les autres qui sont toutes d'égale grosseur.
Le tronc est entouré de i5 rans^ées d'écaillés assez grandes, carrées et lisses. Les lames abdominales ne montent pas sur les flancs.
La couleur dominante est un jaune assez terne; mais les parties supérieures sont plus foncées et parsemées d'innombrables petits points et marbrures d'un brun roux. Trois raies peu distinctes et noirâtres régnent le long du dos et des flancs. Le jaune du dessous monte sur le cou en forme de demi-collier : cette teinte se voit aussi à la lèvre supérieure , où elle est séparée du brun de la tête par une raie latérale large et d'un brun noir.
16 Esp. LE C. COURONNÉ. C. CORON ATA.
On ne sait pas précisément sur quel point de son voyage feu Olivier a receuiili ce petit Calamar inédit , qu'il a rapporté le premier en Europe; les soins du professeur Eschricht à Ko-
CALAMARIA ATROCIIVCTA. 47
penhagiie me mettent à même de constater comme patrie de cette espèce l'Afrique, comme le prouve un individu , adressé de la Côte d'or à ce savant, qui a bien voulu le céder à notre établissement. J'ai sous les yeux ces deux sujets, les seuls connus: l'un est de o,i4 -h o,o35 , l'autre de o,io5 + o,025; celui-là offre 192 + 72 plaques , celui-ci 180 4- Ç^Q.
Il est probable que ce Calamar ne parvient pas à une taille beaucoup plus forte ; il appartient au nombre de ces espèces, qui se rapprochent des Coroneiles parleurs formes et par celles des plaques de la tête: c'est-à-dire, il a le corps plus comprimé qu' à l'ordinaire, sa queue est plus longue et grêle , ses yeux sont volumineux, on lui observe 2 paires de plaques frontales et une frênaie, les occipitales enfin sont d'une étendue considérable. Les écailles de cette espèce sont petites, à surface unie, et disposées sur 19 rangées. Elle a les dents toutes d'égale longueur.
Le joli dessin dont la tête de cette espèce est ornée, offre un caractère facile à saisir : quatre bandes larges et d'un noir profond traversent le dessus de cette partie , en sorte que la dernière se trouve former un demi collier sur la nuque; Tantérieure est incouiplète et très étroite; l'occipitale est la plus large. La couleur du fond est un gris jaunâtre tirant au brun sur le dessus ; les écailles sont liserées de brun.
17 Esp. LE C, A ANNEAUX NOIRS, C. ATROCIIVCTA.
C'est avec quelque doute que je place dans le genre Calamar cette espèce, qui a des rapports manifestes avec les Lycodons: elle offre les formes effilées des Elaps, quoique sa queue soit beaucoup plus grêle que chez ces animaux; son corps est annelé de noir et de blanc comme chez les Elaps américains , mais elle a l'abdomen fortement anguleux, ce qui n'a jamais lieu chez ces derniers; sa tête enfin ressemble , pour sa forme et pour les
48 CALAMARIA COROXCLLA.
plaques , à celle des Lycodons et des Elaps, excepU* toutefois qu t'Ile ne préseule ni des yeux à piuuelle verlieale couiiue les premiers, ni des mâchoires armées de cruehels connue ou 1 observe chez les derniers.
On compte environ 36 anneaux larges diin beau noli* luisant sur un fond jaunâtre , qui paraît avoir été rouge à l'état de \ie. La tache noire du nmseau est séparée du noir qui occupe le sommet de la tête , par une l)auile jaunâtre : celte couleur descend sur les (lancs de la tète en forme de {\cuyi bandes, Tune par l'œil, l'autre sur la région des tempes.
L'abdomen et le dessous de la queue fortement anguleux, font qu'une coupe du tronc de celte espèce ofire un pentagone presque régulier. La lélc est assez déprimée , large et un peu distincte du cou, à museau court, arrondi et à joues saillantes. Les yeux peu volumineux sont })arfaitemenl latéraux; mais les narines orbiculaires et ouvertes, perçant le centre d'une grande j)la(pie, se tiouvent un peu dirigées en avant. La bouche assez fendue et dont louverlure un peu courbée en S , est garnie de petites dents de même grosseur.
On observe une phupie frênaie très petite , suivie d'une oculaire qui se rapproche du sonunet de la tête; mais le bord postérieur de lœil est garni de i plaques, petites à la vérité. Une série de 3 plaques occupe la région des tempes et on en compte n sur les lèvres. Celles du dessus de la tête ont peu d'étendue, à l'exception des frontales postérieures et particulièrement des occipitales, qui sont très effilées.
i5 Rangées d'écaillés en losange et lisses. — Plaques: 196 + 5y. — Dimensions : 0,3^5 H- o,o65.
Ce Calamar fait partie du Musée de Paris; il vient du Chilé , mais on n'en connaît que l'individu décrit.
18 Esp. LE C. CORONELLE. C. CORONELLA.
Deux individus de ce petit Calamar ont été rapportés par
CALAMARIA CORO\ELLA. 49
Olivier: il a une ressemblance éloignée avec la Goronelle lisse; mais outre sa petite taille, il offre des formes beaucoup plus remassées, et ses écailles plus grandes se trouvent disposées sur 1 5 rangées seulement ; le nombre des plaques diffère également; la tête est, proportions gardées, plus petite, plus courte, très haute, assez conique , moins distincte du tronc, et à museau en toit; les plaques enfin dont elle est revêtue , présentent des différences marquées qui consistent principalement dans la brièveté des frontales, dans le manque des frênaies, dans le peu de longueur et dans la largeur des occipitales , enfin dans la hauteur des labiales, ce qui fait qu'on n'observe qu'une seule rangée de temporales, pui sont au nombre de trois.
La teinte du fond est un gris jaunâtre tirant sur le brim couleur de terre, relevé par une cinquantaine de bandes transversales, noirâtres, étroites, qeu marquées et dont la première tient lieu de collier.
3 Juin. Cre &frpfnô tcrrcôtrce.
I Otn.. LESCOliOMJLLES. CORONELLA.
i^a (1< iioiirmation dr (loroiiclla a fie ('m])l()vét* par Lauren- Tius, j)(nir (N'.Mj^iicr (les st'ipriis de jiliisicuis j^fiirt'S très (liilèreiis. l'Cii HoiK a ("(Hiscrvé ce iioiii en 1 a[)j)li(juaiit à tous les o|)lii(lu'ii>, M'>M'nil>laii> |Mi It'iiis foiiiH'^ au couonklla i,\EVis, t'spète (juc Lal'iu-.ntius a dciriuéc coiunic type (le sou nouveau <^eure.
Les Coront'lles soûl des couleuvres, dont rori>anisalion et les formes tiennent le mdieu entre celles des i^eincs prècédens et les (^ouleu\ 1 1'^> piopremenL ililes. Elles surpassent les CAi-AM VRS par leurs diinensions; mais elles n\itt(Mgnent jamais la forte ladlc do \ raies (Couleuvres.
Leur ooips est un ])eii en pentagone, prescpie cylindricpie , maisun peu pîiîsgros verslemilieu; leslames du dessoiisdu tronc sont pour le nionis aussi larj^cs cpie 1 abdomen, cpii est plus ou moins convexe. Je n'ai jamais ol)S(Mn'é de plaques simples sur le dessous de la (jueue: cet organe est toujours plus mince que le corps, peu long, allant insensiblement en pointe aiguë vers le bout, et ne dépassant jamais un tiers de la longueur totale de l'individu. La tète est plus ou moins distincte du cou , quelquefois très large à la base, conique, toujours déprimée et à museau court, obtus au bout et un peutronq^ié. Les écailles sont en lozange ou carrées, de moyenne grandeur , toujours lisses et le plus souvent disposées sur 17 à 19 rangées longitudinales. Le sommet de la tête est revêtu de neuf plaques, dont la conformation répond exactement à celle des
COROMELJLA. 51
mêmes parties chez les Couleuvres proprement dites ; elles se distinguent par la régularité de leurs formes , car elles ne sont ni trop étroites ni trop larges :1a plaque verticale esttoùjonrs en pentagone et larostrale voûtée; les occipitales sont alongées , les frontales postérieures un peu plus grandes que les antérieures. Les yeux des Goronelles sont de moyenne grandeur , toujours bordés postérieurement de deux plaques; mais on n'en observe jamais qu'une seule à l'angle antérieur de Fœil. La pupdle est généralement orbiculaire ; une espèce seulement , la coron. RTJFESCENS, Fîi Verticalement alongée. Il y a toujours au frein une plaque unique , quelquefois très petite ; les nasales sont le plus souvent grandes et percées par des narines plus ou moins ouvertes. La position de ces organes ainsi que celle des yeux est toujours latérale. Les lames écai lieuses qui revêtent le dessous de la tête, sont toujours développées; c'est-àdire , on peut distinguer des plaques labiales et plusieurs paires de mentales.
Le crâne des Coroneiles, quant à sa conformation, diffère peu de celui des Couleuvres proprement dites. Le bord des orbites est toujours complété par les os frontaux postérieurs. Les mastoïdiens et les caisses sont plus développés que chez les genres précédens ; aussi les Coronelles jouissent-elles de la faculté d'élargir la gueule à un degré supérieur. Les dents sont petites , nombreuses et arquées ; quelquefois , toutes les dents sont semblables , mais la plupart des espèces ont les dernières dents de la mandibule supérieure plus longues que le reste; une espèce, la coron, rhombeata a les dernières dents très développées et munies d'un sillon longitudinal. On serait porté à conclure , qu'une conformation aussi diverse dans ces organes aurait pour conséquence nécessaire un développement plus ou moins parfait des glandes saliva ires; mais il n'en est pas ainsi: ces glandes se trouvent dans toutes les espèces, mais elles diffèrent peu de celles des autres Couleuvres, et ce sont précisément les espèces à dents postérieures peu développées, qui ont les glandes sali-