‹ Essai sur la physionomie des serpensChapitre 3 sur 32 · G ASTER · texte numérisé non relu

G ASTER

7 Esp. LA TORTIUX BOA. TOKTHÎX BOA.

Rappelant par la distribution des teintes les Tortrix proprement dits, cette espèce se rapproche^ quantàsesformeS;, duXE- NOPELTis dont elle serait assez voisine, si la queue prenante et la conformation des plaques de iatôte ne l'en éloignaient. Le caractère particulier qu'offrent les plaques labiales inférieures , d'être creusées par une fossette , caractère observé jusqu'à présent seulement dans les Boas , et plusieurs autres traits que cette espèce a en commun avec ces derniers reptiles, nous a déterminés à lui conférer une épithète qui exprime cette affinité.

M. M. Lesson et Garivot ont fait la découverte de ce curieux reptile lors de leur séjour à la Nouvelle Ti^lande ; ces voyageurs n'en ont rapporté qu'un seul individu, conservé au Musée de Paris et qui est le même, dont je me suis servi pour faire la description suivante.

Le Tortrix Boa a une taille de o^34 + o,o5. Son port est à-

TOKTUIX BOA. lli

peu-près le même que celui du Xenopeltis 5 mais il a le corps moins gros et plus déprimé; la queue est plus grêle et prenante 5 la tcte enfin , tout en conservant les mêmes formes et les mêmes proportions , est un peu plus distincte du tronc. On compte à ce nouveau Torti'ix25o plaques abdominales, un peu plus étroites que chez le Xenopeltis ; celles de la queue , à l'exception des 3 premières, sont divisées et disposées sur 44 doubles rangées. 2.g Rangées d'écaillés carrées et à surface unie entourent la circonférence du corps : elles deviennent plus larges à mesure qu' elles se rapprochent de l'abdomen.

Ce Tortrix a le sommet de la tête couvert de plaques semblables, pour le nombre, à celles des Couleuvres, mais très diffé rentes pour la configuration. Les frontales postérieures sont ex-' trèmément développées, tandis que les antérieures sont assez petites; les surciliaires offrent les mêmes proportions; on voit une rostrale très déprimée ; la verticale est moyenne et en hexagone presque régulier; enfin , il y a deux occipitales alongées. La tête assez déprimée , large et à museau obtus , offre des yeux un peu verticaux et à pupille perpendiculairement oblongue ; mais les narines sont parfaitement latérales et assez ouvertes. Une plaque frén?le très petite précède l'oculaire antérieure , qui est au contraire d'une étendue considérable ; il existent 2 plaques oculaires postérieures. On voit 9 plaques labiales, dont les dernières de la lèvre inférieure offrent le caractère particulier , énoncé plus haut. Les mentales sont peu développées , et le reste de la gorge est revêtu de très petites écailles.

Les dents de cette espèce sont exiguës et partout d'égale grosseur. Elle se reconnaît facilement à la distribution de ses teintes fortement irisées , qui se présentent sous la forme de bandes tranversales noirâtres plus ou moins symétriques au nombre de 32 environ , sur un fond d'un jaune blanchâtre. Le dessous est varié d'un noir bleuâtre assez pâle entremêlé de taches blanches. Le noir de la tête est très agréablement interrompu par une tache blanche derrière l'œil et par une autre transversale et large sur l'occiput.

'M TORTRIX.

Les auteurs qui ont écrit sur l'Ophiologie , ont classé dans le genre t ort ri x plusieurs reptiles qu'il convient de rejeter, après avoir soumis à un examen sévère les descriptions sur lesquelles ces espèces reposent. Il faut ranger dans ce nombre : le TORTRIX MELANO S T I G T A, Merrem Tûfit.p. 82, établi d'après RussEL Sef'p. I. iV.° ^2. , lequel me paraît appartenir au genre a n- G uis ; ensuite le t ortr. r et i culat a. , /b. qui a pour type, ScHEUCHZER BibUci sttcra PL 'J^'J f- 4 ? figure du typhlops

LUMBRICALIS ^Ic TORTRIX RUS S ELU, RuSSEL /. hi .^ /(^ ,

qui doit être rangé parmi les t y ph l o ps; le t o r t r. m i l i a- R I S, que l'on neconnait que d'après la description, qu'en a donnée PALLASsouslenom d'AiN guis j\i il.; enfin, il convient d'en rayer

les TO RTRIX BRACH Yïl r A Cl A NNU LAT A, MERR.y;. 82^^ 83,

qui reposent sur une base trop peu solide pour mériter une place dans les méthodes.

2 sm\ : iifô îcifrpintô iiumltrice.

Genre n»\<n,„.LESCJLJM^IlS. CALAMARI A.

J ai réuni sous ce nom tous les serpens.de petite taille qui rappellent les Lombrics et plusieurs autres vers, par leur corps en forme de ficelle très mince , par leur cpieue courte et conique , par leur tête d'une venue avec le tronc, enfin par leurs teintes irisées. Ces Ophidiens ne composent qu'une seule coupe générique ; mais plusieurs d'entre eux forment le passade à des genres voisins et particulièrement au suivant , de sorte qu'il devient bien difficile de leur assigner des limites rigoureuses , et de trouver des caractères tranchaiis. La petite famille des Calamars est néanmoins très distincte , et c'est à tort que les naturalistes ont réparti ces animaux dans plusieurs genres dont la plupart ne comprennent qu'une seule espèce. La forme cylindrique du corps, un abdomen étroit , une queue propre à servir d'appui à l'animal , des narines peu ouvertes , des écailles le plus souvent lisses et le développement imparfait des plaques de la tête, rapprochent les SERPEMs LOMBRICS dcs ROULEAUX; aussi l'ensemble de leurs formes annonce-t-il une manière de vivre et des mœurs analogues. La plupart des espèces ont les parties inférieures teintes d'un beau rouge vermillon , couleur qui paraît propre à plusieurs animaux, habitans des lieux bas et humides, tels que les triton, les b o m b i n a t o r etc. Seinhlal)les à ces derniers êtres, les Oalamars vivent continuellement à terre , soit qu'ils se retirent dans des trous, soit qu'ils se cachent sous les glèbes des champs ou sous des pierres.

Toutesles]iarties sont presijue d égale giosseur , et comnK^ le

'26 CALAMARIA,

diamètre du tronc ne surpasse guère celui d'un tuyau de plume, Linné a puisé dans cette ressemblance l'épithète de calamar i a, qu'il impose à une des espèces les mieux caractérisées. BoiE a ensuite conservé cette dénomination, pour désigner le nouveau genre qu'il a fait de l'espèce de Linné, d'une nouvelle de Java et de plusieurs espèces nominales. J'y ajoute, indépendamment de quelques autres espèces, les BRACHYORRHOS deKuHL.

Tous ces Ophidiens se ressemblent par la taille et par le port. Les narines, ainsi que les plaques qu'elles perforent, sont le plus souvent très petites; les yeux, à prunelle ronde, offrent peu de volume. Plusieurs espèces n'ont qu'une seule paire de plaques frontales , qui descendent quelquefois] usqu'aux labiales, occupant ainsi la place des plaques du frein; ces dernières manquent presque C(»nstamment. Le reste de la tête est revêtu de lames semblables à celles des Couleuvres, mais elles sonttouj(«urs moins développées chez ces Ophidiens. Le museau est conique et obtus au bi>ut; la tête peu distincte du tronc: les Calamars ont par conséquent leurs caisses courtes et la gueule peu fendue. Les plaques du ventre sont en général plus étroites que chez les Couleuvres, mais les sous-caudales sont, comme dans celles-ci, ordinairement disposées par paires. Les écailles sont presque toujours lisses et disposées le plus souvent sur i3 à i5 rangées.

Les os qui composent le squelette, sont très délicats et se distinguent, comme ceux du genre précédent, par la simplicité de leur conformation. Leliord postérieur de f orbite est souvent incomplet; les os qui portent les dents, sont toujours très minces; les dents elles-mêmes sont nombreuses, très déliées , arquées et en peigne. Une espèce, l'o ligodon fait à cet égard une exce[)ti( )n remarquable ; caries dents de ses mâchoires sont développées, à ce qu'il paraît, aux dépens des palatines qui manquent totalement. Le nombre et la forme des glandes de la tête varient considérablement d'une espèce à l'autre; on peut en dire autant de la construction des parties internes. Il y a toujours un seul sa<- pulmonaire, souvent très court.

CALAMARIA LUMBRICOIDEA. 27

La plupart des Serpens lonil)rics ne surpassent guère un pied en longueur. Les uns sont ovipares , d'autres vivipares. Tous ha b i t e n t les contrées équatoriales ou les pays voisins des tropiques. On les a observés jusqu'à ce jou^^ dans les deux Amériques, en Afrique, dans l'Asie méridionale, à la Nouvelle Hollande et sur plusieurs îles du grand Archipel indien. Il paraît que les espèces sont peu répandues. Les Calamars se n o u r r i s s e n t de petits animaux , particulièrement d'invertébrés, comme devers, de mollusques etc. On sait peu de chose de leurs habitudes. Je n'ai pu découvrir à l'extérieur des différences sexuelles. Les Calamars sont rares dans les collections d'histoire naturelle et leur histoire est encore à faire.

I Esp. LE CALAMAR LOMBRIC. C. LUMBRICOIDEA.

PI. I. fig. i4 , i5 , i6.

Notre infatigable voyageur, feu Kuhl, a découvert cette belle et singulière espèce à l'île de Java ; elle habite en outre l'île de Célèbe, comme le démontre un individu, pris par le Dr. Strauss dans les environs de Manado. Elle a été figurée sur la PL 11. fig. I. de l'ouvrage encore inédit, intitulé : Erpétologie de Java^ dont feu H. Boie est l'auteur. Elle est assez remarquable par son corps , partout d'égale grosseur et du diamètre d'un tuyau de plume de cygne , mais long quelquefois de plusieurs pieds. La queue est également cylindrique , très courte , peu conique , à bout obtus , ou terminée par une pointe très conique. On ne voit qu'une seule paire de plaques frontales très étendues et touchant aux labiales , dont le nombi'e s'élève de chaque coté jusqu'à cinq. Les nasales sont exiguës ; une petite plaque se trouve en avant de l'œil et une autre derrière cet organe. Les supercilialres et la plaque verticale sont petites. Les écailles du tronc, disposées sur 1 3 rangées longitudinales, sont wssez;

28 CALAMARIA LIIVNAEÏ.

orandes , carrées et à surface unie. Les bandes abdominales sont plus étroites que chez la plupart des Couleuvres f celles du dessous du tronçon de !a queue sont divisées et n'offrent rien de remarquable.

Les parties supérieures sont d'un bleu noir de schiste; les inférieures d'un bleu pâle irrégulièrement maculé de noir, avec une raie jaune tjui s'étend le long des flancs. Ces dernières couleurs s'effacent par l'action de la liqueur forte.

Cette espèce est bien rare ; nous n'en avons reçu que cinq individus , dont le plus grand mesure o,54-f" 0,027. Le nombre des plaques abdominales et caudales varie de 217 -[-• 28 à 190 -|- ï6. Nous possédons le dessin decette espèce fait sur le vivant. Le j e u n e , qui a toutes les écailies des flancs et du dessous bordées de blanc grisâtre, un anneau blanc autour du cou et un autre près de l'anus , a été décrit par Boie sous le nom de cal. viRGULATA. EipcL de Java. Manuscrit,

2 Esp. LE CALAMAR DE LINNE. C. LINNAEï.

PI. I. f. 17. .8.

Le Calamar de Linné ressemble par son organisation à l'espèce de l'article précédent, mais son corps est, sur un diamètre égal , de moitié moins long. 11 a en outre , la tête moins déprimée; les écailles, dont on compte i3 rangées longitudinales , sont plus petites et les bandes abdominales plus larges. Les plaques , qui revêtent la tête , au contraire , se ressemblent parfaitement dans les deux espèces , à quelques petites modifications près dans la torme.

La disposition des couleurs du Calamar de Linné est très sujette à varier. La teinte du fond est d'un beau rouge carmin ou vermillon , plus foncé sur le dessus , ou il passe souvent au brun 5 au noir ou même au noir bleu. Toutes ces parties sont

CALAMARIA LLXIVAEI. 29

variées de noir qui se montre clans les uns , sous la forme^de Grandes taches dorsales , disposées à des intervalles réguliers (i) ; dansd autres (2), ce noir iornie un dessin reticulaire surlesflancs; d'autres (3) encore, ont toutes les parties supérieures comme pai'semées de points et de taches de cette couleur; enfin il y en a (4;, ou les bandes abdominales sont marquées de larges taches carrées disposées alternativement. Je crois toutes ces variétés dues au hasard et aux changemens qu'éprouvent les couleurs durant la mue , car je n'ai pu découvrir ni des différences sexuelles ni d'âge.

Le crâne est oblong, les dents petites mais nombreuses , les caisses très courtes et l'orbite complète. Les apophyses transversales des vertèbres sont plus développées qu'à l'ordinaire et pointues , les côtes arquées. La glande salivairedela mandibule inférieure est plus développée que celle de la supérieure ; on voit derrière l'œil une petite lacrymale; une nasale très étendue occupe l'espace entre les narines et l'œil. La position du cœur n'offre rien de particulier ; il n'y a qu'un seul poumon peu long. Lesinteslins offrent , près du pylorus , des inflexions nombreuses , profondes et très serrées. Le canal intestinal descend ensuite presque tout droit et donne brusquement près de lanus dans une cloaque large. La dissection d'une femelle adulte, dans laquelle j'ai trouvé trois œufs prêts à être pondus , me fait croire , que le Calamar de Linné est ovipare.

Ce reptile n'atteint pas de fortes dimensions. Parmi le grand nombre d'individus que j'ai pu examiner , il n'en est aucun qui surpasse en longueur totale o,283 4* o,02t. La ({ueue varie considérablement en longueur suivant les individus. Cliez quelques uns , elle ne mesure qu'un centimètre ; chez d'autres elle va jusqu'à trois centimètres. Le nombre des plaques souscau-

(1) Celte variété a été nommée par Boie: cal. MACULATA;iine autre à-peu-près semblable: cal. liisnaeî , fig. dans \ Erpét. de Java PL 11.

fg- 2. (2) G AL. RETICULAT A BoiE. (3) CAL. M U L T I P U W C T A T A.

lie y Erpét, de Java. — (4) c a l. t es s e l a t a de V Erpét. de Java.

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