‹ Essai sur la pleurésie purulenteChapitre 13 sur 20 · PERSONNELLE · texte numérisé non relu

PERSONNELLE

Pleurésie chronique. — ÆEpanchement séro-purulent. — Thoracentèse. — Opération de l’'empyème

J.-L..., âgé de 32 ans, a exercé la profession de mineur ; il entre à l'hôpital S'-Eloi, le 4 mai 1884, et occupe lle n° 27 de la salle St-Lazare (service de M. le professeur-agrégé Mossé).

Antécédents héréditaires. — J.-L... est fils naturel et n’a pas connu son père ; sa mère est morte lorsqu'il était tout enfant ; ses grands-parents sont parvenus à une extrême vieillesse.

Antécédents personnels. — Il n’a eu d’autre maladie que la variole : il était robuste et vigoureux, d’une complexion assez forte et d’un tempérament sanguin.

Histoire de la maladie actuelle. — Au mois de septembre dernier, après avoir supporté la pluie, lorsqu'il était en sueur, il fut pris de frissons répétés, d’une vive douleur au côté gauche : la toux et la dyspnée ne se firent pas attendre. Après 20 jours de soins insuffisants

SAR D il entre à l'hôpital de Villefranche, où il resta 35 jours. Le traitement qu’on lui appliqua consiste en deux vésicatoires. Quand il sortit, la dyspnée n'avait pas diminué.

Il se décida alors à entrer à l’hôtel-Dieu de Lyon, d’où il ne sortit que six mois après.

Pendant les cinq premiers mois, la maladie de poitrine est traitée sans aucun résultat par les pointes de feu, à cinq reprises.

Il y a un mois, on ponctionne la poitrine et on donne issue à environ © litres et demi de liquide jaunâtre. Huit jours après, le malade quitte l’hôpital de Lyon dans un état plus satisfaisant. Voyageant à pied de Lyon à Montpellier, il a l’imprudence, le corps étant en sueur, de boire de l’eau très-froide.

Les accidents thoraciques reprennent une intensité nouvelle ; les frissons et la dyspnée reparaissent. Il se traine à grand’peine jusqu’à Montpellier, où il entre à l'hôpital Saint-Eloi le 4 mai 1884.

Etat du malade à son entrée.

Dyspnée intense. Examen : sur toute l'étendue du poumon gauche, matité absolue, éanquam percussi femoris, vibrations conservées, peut-être même exagérées. Le cœur bat à deux travers de doigt du sternum, l’auscultation révèle un bruit de souffle. La thoracentèse est pratiquée le 5 mai, et on retire 2 litres 250 d’un liquide louche, séropurulent (très-grand nombre de leucocytes). Cette opération n’est suivie ni de toux, ni d'accident d’aucune sorte ; le malade se sent bien soulagé.

Après l’évacuation du liquide, le cœur est revenu dans la ligne médiane ; mais les vibrations, la matité et un souffle plus intense encore ont persisté, ce qui indique l'existence de fausses membranes très-épaisses ; on n’a pas d’ailleurs évacué tout le liquide. Au dessus du mamelon, se trouve une zone sonore constituée probablement par le poumon refoulé. Lorsque le malade s'incline fortement du côté gauche, cette sonorité s’obscurcit. Cette zone est limitée par une ligne à concavité supérieure passant au-dessus du mamelon et remontant vers l’aisselle.

mas à unes

Jusqu'au 20, état stationnaire ; le malade assez indocile se lève, la déviation du cœur est plus marquée ; cependant, la dyspnée n’est pas intense.

21. — Dans la matinée le malade est pris de quintes de toux ; ilse produit une vomique donnant environ 1 litre d’un liquide jaunâtre spumeux.

28. — La vomique continue ; le malade est un peu soulagé (apyrexie).

23-26. — La dyspnée, qui n’était pas très-intense, prend des proportions inquiétantes ; le malade ne peut s’allonger dans son lit.

31.— La thoracentèse est de nouveau pratiquée. Elle donne environ 9 litres de liquide séro-purulent plus foncé que la première fois.

R juin. — Le malade a un accès de fièvre. Température, 40 degrés. 1 gramme sulfate de quinine. — Le cœur revient un peu vers le sterntm.

3, 4, 9, 6 et 7. — Température vespérale élevée (39°-40°). Le malade crache beaucoup de pus. L’épanchement est remonté au niveau du mamelon. Le cœur est encore dévié. En faisant remuer le malade, on perçoit très-nettement le bruit de flot.

8 et 9. — Nouvelle vomique. Température : soir 40°, matin 39° ; crachats abondants séro-purulents.

11 au matin. — Opération de l’'empyème. L'ouverture de la plèvre donne issue à un liquide purulent mal lié (environ 5 à 6 litres).

Une incision de 6 centimètres de diamètre, limitée en arrière par le bord externe de l’omoplate et en avant par une ligne passant par le milieu du creux de laisselle, est pratiquée au niveau du 6° espace intercostal, après une ponction exploratrice au même niveau.

Deux tubes de caoutchouc sont placés dans la plèvre pour permettre le lavage. Pansement de Lister.

Température après l’opération : 381, pouls 100 ; lait, bouillon, julep diacodé.

Le cœur revient sous le sternum et un peu à gauche. Lavages à l'acide salycilique. Solution à 10/1000. Mieux sensible ; le malade ne tousse plus, ne crache plus, dort pendant la nuit.

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