‹ Essai sur la puberté chez la femmeChapitre 131 sur 173 · I. — PSYCHOSES PURES · texte numérisé non relu

I. — PSYCHOSES PURES

Mélancolie. — La mélancolie peut être simple, caractérisée seulement par de la tristesse, une irritabilité excessive, de l'insomnie, ou s'accompagner de violents accès de douleurs, ou enfin de stupeur. Le malade reste sans mouvement, le regard fixe, dans la position qu'on lui a donnée. Il est en proie à des hallucinations terrifiantes, impératives ; cette mélancolie passe souvent à l'état chronique ou dégénère en démence.

Manie. — La manie, souvent précédée d'une phase de dépression, de fatigue générale, d'irritabilité du caractère, se manifeste par un délire triste, avec tendance aux

larmes fréquentes. Elle s'accompagne parfois de stupeur (Paulmier), souvent d'hallucinations de l'ouïe etde la vue, d'illusions (Delasiauve.) Les illusions sont un des caractères particuliers des folies de l'enfance et de la puberté.

La manie peut présenter des alternances d'excitation et de dépression, ou succéder à la mélancolie et constituer une psychose cyclique.

Rousseau a montré que chez les jeunes filles maniaques, l'instinct erotique est quelquefois très développé et les pousse à des actes provocants. L'apparition du flux menstruel peut déterminer une aggravation de la maladie. Wille a vu survenir une exacerbation dans six cas, et l'accalmie dans deux cas, sous l'influence de la régularisation de la menstruation.

Confusion mentale, — La confusion mentale, caractérisée par la confusion dans les idées, la perte de l'orientation, avec ou sans délire, hallucinations ou illusions, est plus fréquente chez les filles que chez les garçons. L'augmentation de l'activité cérébrale à la puberté, serait, d'après Wille, le principal facteur de ce trouble surtout sensoriel.

D'après Meynert l, il faudrait attribuer une grande importance au défaut de parallélisme entre le développement du système nerveux et celui du système vasculaire.

La marche de la maladie est souvent à rechutes, lïannion - a observé quatre accès mensuels, paraissant correspondre à l'époque des règles absentes.

La mort par délire aigu, ou par affection intercurrente chez les adolescents, n'est pas signalée (Voisin). La<guérison est souvent précédée d'une crise, d'une réaction organique très vive, se manifestant par des sueurs abondantes, de la diarrhée, de la salivation, de la fièvre, le

1. Meynert. Klinische Vorlesungen. Wien, 1890. Cité par Yoisin. loco cit., p. 72.

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