‹ Essai sur la puberté chez la femmeChapitre 144 sur 173 · Axenfeld et Huchard. Cités par Icard, loco cit.. p · texte numérisé non relu

Axenfeld et Huchard. Cités par Icard, loco cit.. p

taires assez chargés : père alcoolique, nerveux, irritable; mère atteinte d'un tremblement fibrillaire des lèvres qui s'exagère à la moindre émotion. Ce tremblement existe aussi chez la malade et chez sa sœur.

A l'examen de cette femme on constate des blessures multiples dues à des chutes et à des morsures ; de l'anesthésie de la cornée et du pharynx, mais pas d'autres signes d'hystérie.

La mémoire est assez affaiblie.

Avant la puberté, la malade n'a jamais eu d'attaque d'épilepsie. Tout au plus peut-on considérer comme des crises d'épilepsie larvée des accès de toux convulsive, auxquels elle a été sujette. C'est vers l'âge de 17 ans, qu'à la suite d'une grande frayeur, est survenue une nuit, la première crise en même temps que les premières règles.

Depuis, les périodes menstruelles ont toujours été accompagnées d'accidents comitiaux. Ceux-ci ont fait défaut pendant une grossesse que cette femme a eue à l'âge de 20 ans. Elles ont repris dès le retour de couches.

L'accès est rarement unique : le plus souvent deux ou trois crises se succèdent, et à l'occasion on observe même un véritable état de mal.

Depuis quatorze ans, les accès épileptiques se reproduisent chaque mois avec la même régularité que la fonction cataméniale ; jamais jusqu'ici ils ne sont survenus en dehors des époques menstruelles.

L'hérédité similaire, directe ou indirecte est assez fréquente chez les épileptiques, d'après les statistiques de Féré * Bourneville- et Echeverria3.

L'hérédité de transformation est la plus habituelle. Les maladies nerveuses ou mentales, les intoxications chroniques, alcoolisme, saturnisme; la syphilis, tiennent le premier rang (Voisin).

Les troubles psychiques qui surviennent chez les jeunes

1. Féré (C). Les épilepsies et les épileptiques. Alcan, Paris. 1890. Cité par Voisin, loco cit., p. 91.

2. Bourneville. Comptes rendus de Bicêtre. Cités par Voisin, loco cit., p. 91.

3. Echeverria. Mariage and hereditariness of Epileptics. Journal of mental Science, oct. 1880. Cité par Voisin, 7oco cit., p. 91.

épileptiques à l'âge pubère, consistent tantôt en troubles paroxystiques aigus: modifications du caractère, de l'humeur, hallucinations, excitation maniaque ou dépression mélancolique, précédant les eccès convulsifs ; tantôt, et c'est le cas le plus fréquent, lorsque l'épilepsie se déclare à l'époque de la puberté, elle altère Y intelligence et les sentiments moraux. Les jeunes malades deviennent méfiantes, indifférentes, paresseuses, dangereuses même, et capables d'impulsions à l'homicide, à l'incendie, au vol ou au suicide. Elles ont parfois une tendance à la sentimentalité, jouent les opprimées, répétant avec ténacité leurs plaintes continuelles à tous, indifféremment. Moins souvent que les jeunes garçons du même âge, elles cherchent à mener une vie vagabonde, aventureuse, continuellement aux prises avec la justice.

Chez un grand nombre de malades, l'intelligence s'obscurcit, les facultés mentales s'affaiblissent; parfois à la suite d'accès, il existe un certain degré de raideur articulaire, de parésie, une démarche spasmodique caractéristique.

L'affaiblissement progressif des facultés mentales se fait lentement, et ne se termine qu'à l'âge adulte à une époque assez avancée.

Chorée. — La chorée est très fréquente à l'époque de la puberté ; elle peut apparaître à plusieurs raprises pendant la période pubérale. Ces recherches coïncideraient, selon Voisin, avec des poussées de croissance.

La maladie débute parfois un peu avant la première époque menstruelle, ou exactement avec l'écoulementsanguin. On l'a vue succédera une suppression brusque des menstrues et guérir par le retour à l'état physiologique ; dans certains cas, elle s'accentue au moment des périodes menstruelles.

La chorée est héréditaire, surtout à hérédité de transformation (Voisin). Elle commence par de petits mouve-

ments des muscles, des grimaces du visage, d'abord inaperçus ; l'impressionnabilité de l'enfant, son manque d'attention, frappent ensuite l'entourage. Puis surviennent les mouvements incoordonnés et parfois un délire de nature variable, qui peut revêtir des formes aiguës graves et se terminer par la mort.

L'observation suivante de Trousseau, montre l'influence de la menstruation sur la chorée.

Observation CXXXV. — (résumée) Trousseau. In Bulletin général de thérapeutique, septembre 1846.

Suppression des règles chez une marchande de 17 ans : aussitôt apparition de la chorée. Retour des règles, disparition de la chorée. Nouvelle suppression des règles, nouvelle apparition de la chorée. L'intelligence se trouble. Administration de sirop de strychnine. Après 60 jours environ la guérison est obtenue : les règles n'avaient pas reparu, mais il y avait état de grossesse.

Goitre exophtalmique. — L'époque de la puberté, de l'établissement de la menstruation est celle où commence à se montrer cette maladie, en relation avec la vie génitale de la femme.

Charcot dans la première observation de maladie de Basedow qui ait été publiée en France, faisait remarquer à la Société de Biologie (1856), que cette affection se montre souvent « chez les femmes mal réglées et de 20 à 30 ans ».

Trousseau insiste dans ses cliniques, sur les troubles mentruels dans l'étiologie de la maladie de Basedow. « L'exophtalmie, dit-il, se prononce surtout sous l'influence des émotions morales, aux époques mentruelles 1 » ; il existe fréquemment des paroxysmes de l'affection au moment des périodes cataméniales. Le même auteur, con-

1. Trousseau. Cliniques, t. II, p. 552. Cité par Icard. loco cit., p. 86.

sidère le rôle de la menstruation dans l'étiologie du goitre exophtalmique, comme si important, qu'il admet « que l'issue heureuse de la maladie ne doit être espérée qu'à parlir du moment où la fonction menstruelle est bien établie )>.

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