Raciborski. Loco cit
3. Meige (H.). Infantilisme chez la femme. Iconographie -de la Salpêtrière, 1895. VIII, p. 218-224: pi. "XXXVIII.
MODIFICATIONS SOMATIQTJES GÉNÉRALES 11
Les absences congénitales du vagin, sont complètes ou incomplètes.
Les premières coïncident généralement avec un arrêt de développement de l'utérus; les secondes, accompagnent souvent un appareil génital profond, bien développé.
Je rapporterai quelques exemples de ces anomalies génitales :
Observation I (personnelle).
X..., âgée de 20 ans, mariée depuis quelques mois, vient à la consultation de gynécologie de l'hôpital Saint-Antoine, en septembre 1904. Elle se plaint de douleurs abdominales vives qui reviennent périodiquement, chaque mois, sans que la malade soit réglée.
Jamais elle n'a eu d'écoulement menstruel. La femme est d'apparence normale, bien portante et bien développée physiquement.
Elle habite ordinairement la province ; elle est venue à Paris sur le conseil de son médecin qui ne peut calmer les douleurs abdominales.
A l'examen de la malade, nous trouvons la vulve bien conformée; les caroncules hyménéales ne présentent aucune particularité.
Lorsqu'on pratique le toucher vaginal, l'index ne pénètre que jusqu'à la première phalange, dans un cul-de-sac étroit, au fond duquel on ne trouve pas le col utérin. Par le toucher bi-manuel, vaginal et surtout rectal, on sent l'utérus, bien développé, mais inaccessible par les voies naturelles. Rien aux ovaires ni aux trompes. Deux valves permettent d'explorer le cul-de-sac, au fond duquel, dans la partie gauche et supérieure, nous trouvons un orifice fîstuleux, dans lequel un stylet pénètre à une profondeur de 1 centimètre environ.
Observation II (résumée). Gérard-Marchand; In thèse de Dimitrescu, Paris, 1896.
Imperforation de l'hymen et absence totale du vagin, création d'un vagin artificiel. Laparotomie et abouchement du col utérin au fond dit néo-vagin.
La nommée G. Marie, âgée de 19 ans, entre en mars 1893 à l'hôpital Laënnec.
Vers l'âge de 17 ans, elle a ressenti chaque mois de vives douleurs dans la tête, pendant 3 ou 4 jours, accompagnées de vomissements verdâtres assez abondants.
A 18 ans, elle a commencé à souffrir chaque mois de la jambe gauche.
Ces douleurs spontanées augmentent par le mouvement.
Elle n'a jamais été réglée.
L'examen au spéculum montre une vulve régulièrement conformée mais un hymen imperforé. Il est incisé : on constate alors l'absence totale du vagin. On décolle le tissu cellulaire entre la vessie et le rectum, et on arrive sur une masse dure qui est l'utérus.
Une laparotomie fît découvrir un utérus et des ovaires rudimentaires. Néanmoins, on abouche le col utérin dans le vagin néoformé, et la malade eut depuis, à plusieurs reprises, un suintement sanguin, très peu abondant il est vrai. Les douleurs ont cessé dans l'intervalle des règles.
Enfm une autre malformation génitale peut encore exister ; c'est Y atrophie du col utérin. Elle peut entraîner de sérieux accidents, lorsque l'exhalation sanguine menstruelle dilate le corps utérin ; les trompes déterminent alors des collections sanguines, capables de se rompre dans le péritoine ou de s'infecter lorsqu'on les abandonne à elles-mêmes.