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III. SANG MENSTRUEL

I. Origine du sang menstruel. — Tous les observateurs sont d'accord pour admettre que le sang des règles vient de l'utérus. Leurs opinions diffèrent, lorsqu'il s'agit d'interpréter les changements histologiques de la muqueuse permettant à l'écoulement sanguin de se produire.

Certains auteurs, comme Williams, pensent que la muqueuse entière subit la dégénérescence graisseuse et s'exfolie complètement. Le sang proviendrait de la muqueuse dégénérée, reformée plus tard par prolifération des éléments de la paroi musculaire.

Kundrat et Engelmann croient que la partie la plus superficielle de la muqueuse subit seule la dégénérescence graisseuse. Le sang, par l'effort de sa pression,

1. Brener et von Seiler. Influence de la castration sur l'équilibre hémoleucocytaire, Archiv. fur experimentelle Pathologie, t. 50. 1903.

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romprait la surface épithéliale qui tomberait seule à chaque époque menstruelle.

Léopold admet que le sang venu des capillaires entraîne la couche la plus superficielle des cellules épithéliales. Celles-ci se reconstitueraient aux dépens de l'épithélium glandulaire. Enfin d'autres auteurs, comme Môricke et de Sinéty, n'admettent aucune disparition superficielle ou totale de la muqueuse utérine.

En réalité, il semble que la caduque menstruelle soit rarement expulsée en totalité. « Le plus souvent on n'en recueille que des débris ayant à peine un ou deux centimètres1. » L'hémorrhagie est due à des ruptures de capillaires.

II. Caractères physiques du sang menstruel. — Quantité. — La quantité de sang perdu à chaque menstruation est très variable et diversement appréciée. Pour les anciens, comme Hippocrate et Galien, elle serait de 500 à 600 grammes. Les modernes, Mauriceau, Haller, Beaudelocque, admettent des chiffres beaucoup moins élevés : la femme perdrait à chaque époque menstruelle 100 à 200 grammes.

Le sang étant mélangé à du mucus venu de l'utérus et du vagin, une évaluation même approximative est très difficile.

En réalité, on observe des écoulements sanguins très différents, quant à leur quantité, également compatibles avec un bon état de santé. Malgré leur diversité, ces écoulements ont donc un caractère physiologique.

La quantité de sang perdu se modifie chez une même personne, sous l'influence du régime, de l'hygiène et du climat. Une alimentation tonique, excitante, des exercices musculaires exagérés, l'habitation dans les pays

1. Pettit (A.). Diagnostic histologique des cureltages utérins. Thèse de Paris, 1900.

chauds, sont autant de causes qui, d'ordinaire rendent les règles plus abondantes.

Des conditions d'existence inverses semblent au contraire, produire souvent une diminution dans l'hémorrhagie cataméniale.

La quantité de sang, ordinairement faible, pendant les. premières éruptions menstruelles, augmente, puis diminue notablement quand approche l'âge de la ménopause.

Couleur. — Odeur. — Au milieu des règles, le sang est rouge, liquide, légèrement visqueux. Sa coloration foncée lui donne l'apparence de sang veineux.

Il a une odeur sui generis assez marquée, due au mélange des liquides sécrétés par les organes génitaux. Cette odeur est d'autant plus pénétrante que ces liquides sont plus abondants.

Au commencemeût de chaque époque, les mucosités prédominent, et le sang n'est qu'en faible proportion dans le liquide excrété. Puis celui-ci se colore de plus' en plus et devient presque du sang pur.

Au bout de un à trois jours, il reprend son aspect primitif, de liquide blanc jaunâtre, teinté de rose.

Au microscope, on voit dans le sang menstruel, de nombreux globules rouges, non altérés, des cellules épithéliales provenant de la muqueuse utérine et vaginale, enfin du mucus émané des mêmes organes.

Parfois il est possible de recueillir de petits fragments de muqueuse, expulsés pendant la menstruation. Leur étude donne des résultats assez différents, suivant les cas examinés.

A. Pettit a montré que « tantôt on a affaire simplement à des cellules conjonctives englobées dans un peu de mucus et de sang ; tantôt, au contraire, on recueille de petits fragments blanchâtres constitués par des cellules rondes ou du stroma, des cellules glandulaires, des élé-

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ments inflammatoires, et enfin des globules sanguins1 ».

Défaut de coagulabilité. — Réaction. — A l'état normal., le sang menstruel ne coagule pas. Hunter attribuait ce fait à la ce perte de vitalité » du sang des règles; Braude et Lavagna, au manque de fibrine. En réalité, les analyses révèlent l'existence de cette substance. La noncoagulabilité du sang dépend de la présence des sécrétions muqueuses de l'utérus et du vagin dans le liquide menstruel.

Brière de Boismont2 trouve que la réaction du sang des menstrues est alcaline, tandis que Donné a montré Y acidité du mucus vaginal ; d'où la divergence des résultats obtenus, suivant qu'une plus ou moins grande quantité de mucus est mélangée à l'écoulement cataménial.

III. Propriétés du sang menstruel. — Je n'insisterai pas ici sur les propriétés malfaisantes qu'on attribuait au sang des menstrues : émanations toxiques pour les êtres vivants, hommes, animaux ou plantes, autant de « fantaisies de l'imagination populaire ».

IV. Analyse chimique du sang menstruel. — Denis de Commercy 3 après avoir recueilli 60 grammes de sang pur, en maintenant, pendant 10 heures, le spéculum étroitement appliqué autour du col utérin, pour éviter le mélange avec des mucosités vaginales, ou même avec de l'urine, a fait, sur le sang menstruel, les observations suivantes :

Sa couleur est rouge obscur; il verdit légèrement le sirop de violettes.il n'offre pas «une masse coagulée analogue à celle du sang tiré des veines ou des artères, mais présente de gros grumeaux mous rassemblés au fond du vase. » Une certaine quantité de sérum se forme cependant à la surface, et l'on distingue des glaires parmi les

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