‹ Essai sur la puberté chez la femmeChapitre 68 sur 173 · Quetelet (A.). Loco cil · texte numérisé non relu

Quetelet (A.). Loco cil

Voici mes recherches résumées :

NOMBRE

de cas observés.

AGE

NOMBRE

de respirations par minule

(en moyenne).

10 ans 1 2

11 ans

12 ans

13 ans

13 ans 1/2

14 ans

14 ans 1/2

15 ans

L'accélération des mouvements respiratoires, ne s'accompagne pas toujours d'une augmentation correspondante des pulsations cardiaques, bien que ce fait se produise en général. Le rapport habituel est même renversé par la section des pneumogastriques, qui ralentit la respiration en même temps qu'elle accroît le nombre des battements du cœur. Marey a trouvé que le rapport de fréquence des battements du cœur et des mouvements respiratoires est altéré toutes les fois qu'il existe un obstacle au passage de l'air. Dans ce cas, même quand la respiration devient plus rare, les battements du cœur deviennent plus fréquents.

M ode de respiration. — Chez l'enfant, la respiration est abdominale ; chez l'homme elle est costale inférieure, et costale supérieure chez la femme. Chez elle, c'est la région costo-claviculaire qui se soulève presque exclusivement, à chaque mouvement respiratoire.

Beau et Massiat attribuent le type respiratoire de la femme au port du corset. Mais ce genre de respiration existe chez des femmes qui n'ont jamais mis de corset. Pour Hutchinson, le type costal supérieur serait le fait

FIUNCILLON .

d'une adaptation à la parturition. La pression thoracique augmenterait, chez la jeune fille, à la puberté, pour abaisser la pression abdominale et favoriser l'évolution des grossesses.

Murmure vésiculaire. — L'auscultation révèle, chez l'enfant, une respiration rude, soufflante. Chez Tadulte normal, le murmure vésiculaire est doux et moelleux.

J'ai cherché, chez les 28 jeunes filles que j'ai examinées, au point de vue de la fréquence respiratoire, s'il survient quelques modifications des signes stéthoscopiques au moment delà puberté.

Les résultats que j'ai obtenus sont peu concluants. J'ai rencontré aussi souvent, vers l'âge de 14 à 15 ans, une respiration ayant des caractères infantiles, qu'une respiration du type qu'on observe chez l'adulte. Ce phénomène m'a semblé être en relation plutôt avec le développement corporel des jeunes filles, qu'avec leur âge. Lorsqu'elles étaient bien constituées physiquement au moment de la puberté, les poumons ayant subi une augmentation de leur masse totale comme le reste de l'organisme, j'entendais à l'auscultation une respiration très voisine de celle qu'on trouve chez l'adulte.

J'ai noté plusieurs fois des poussées très fugaces de congestion pulmonaire limitée aux bases, au moment des périodes menstruelles.

Oxygène absorbé. — La quantité d'oxygène absorbé augmente à la puberté. Chez l'enfant et chez le vieillard, le sang contenant moins de globules rouges possède aussi moins d'oxygène, et les combustions intimes sont en conséquence, moins intenses à égalité de poids (Denis et Robin).

Acide carbonique exhalé. — Pendant l'enfance, la quantité d'acide carbonique exhalé est à peu près la même dans les deux sexes, bien que toujours un peu plus élevée dans le sexe masculin.

A la puberté les faits semodifient complètement. Tandis

que chez l'homme, la quantité d'acide carbonique continue d'augmenter régulièrement jusque vers l'âge de 30 ans, pour diminuer ensuite progressivement, chez la femme, l'exhalaison d'acide carbonique croît jusqu'à la puberté, puis reste stalionnaire à partir du moment où les règles font leur apparition.

Pendant toute la durée de la vie génitale de la femme, la quantité d'acide carbonique reste sensiblement la même. L'activité respiratoire reprend, au moment où cessent les règles, et augmente jusque vers l'âge de 60 ans. Elle va ensuite en déclinant.

Pendant la grossesse, ou lorsque les règles sont accidentellement suspendues, la quantité d'acide carbonique exhalé augmente momentanément.

Le tableau suivant, de Scharling, montre bien les différences qui existent dans les deux sexes.

Page 1