‹ Essai sur la puberté chez la femmeChapitre 82 sur 173 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

L'observation scientifique des êtres vivants, et l'expérimentation sur les phénomènes qui se passent en eux, a permis de constater la dépendance de chacune des parties de l'organisme entre elles, à mesure que les êtres sont plus compliqués1. « Dans cet enchaînement continu des phénomènes organiques, écrivait Bichat au début du siècle dernier, chaque fonction est dans une dépendance immédiate de celles qui la précédent. Centre de. toutes, la circulation est toujours immédiatement liée à leur exercice ; si elle est troublée, les autres languissent;' elles cessent quand le sang est immobile... Non seulement l'action générale de la vie organique est liée à -l'action particulière du cœur, mais encore chaque fonction s'enchaîne isolément à toutes les autres; sans sécrétion, point de digestion ; sans exhalation, nulle absorption ; sans digestion, défaut de nutrition»2.

Cependant, ni « les recherches morphogéniques appliquées soit à l'individu, soit à l'espèce », ni la détermination du fonctionnement des organes, des tissus, des cellules et même des protoplasmas « ne conduit au plus profond de la science de la vie » (Gley).

Les recherches de Bichat sur les tissus, de Schwann,

1. Gley (E.). L'Année biologique. Première année, 1895, article Corrélation, p. 312.

2. Bichat (X.). Recherches physiologiques sur la vie et la mort. Paris, 1805. Cité par Gley. Loco cit.

de Virchow sur la physiologie cellulaire, de Claude Bernard sur les fonctions du protoplasma, ont fait admettre que l'être vivant est une association d'organes, un composé d'activités cellulaires individuelles. En pénétrant plus avant dans les phénomènes vitaux, on s'aperçoit que l'organisme n'est pas seulement une association ou un composé, mais qu'avant tout c'est « un résultat, un produit des processus physico-chimiques qui se passent dans sasubstanceprimitive et fondamentale, puis despropriétés physico-chimiques de toutes les substances qui le constituent peu à peu, et qui ne peuvent pas ne pas réagir les unes sur les autres »*.

Les faits relatifs aux conditions internes des fonctions, à leur mécanisme intime ont été étudiés.

Claude Bernard a montré qu'il existe à côté des sécrétions externes,- des sécrétions internes, c'est-à-dire versées dans le milieu intérieur.

Ces sécrétions ont une action prépondérante sur le développement*de l'organisme, une influence manifeste sur la croissance, un effet direct sur la nutrition. Leur action est particulièrement intéressante à considérer, au moment de la puberté. C'est à cette époque en effet, que les glandes ovariennes commencent à fonctionner, que le corps thyroïde augmente son activité, que le rôle du thymus cesse de s'exercer- J'essaierai de grouper parmi les faits, ceux qui semblent le mieux démontrer l'action directe ou indirecte des glandes vasculaires sanguines, sur le développement général de l'individu, et leur participation aux transformations organiques de la puberté.

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