Vibert (Gh.). Précis de médecine légale, p
2. Nous empruntons dans ce chapitre de nombreux détails au très remarquable ouvrage de H. Bayer : Vorlesùngen ilber allgemeine Geburtshiilfe. I. Band, Heft I. Entwicklungsgeschichte des weibliclien Genitalapparates, Strassburg, 1903.
Forme. — L'utérus du fœtus garde pendant toute la vie intra-utérine sa forme arquée et cylindrique. La voûte du fond manque, elle est remplacée par une encoche plus ou moins profonde, qui répond à la naissance des cordons de Miiller. L'origine des trompes dépasse de chaque côté le fond de l'utérus qui, d'ordinaire, finit par une arête aiguë. Au début de la vie intra-utérine, tout l'organe est également mince. Au 7e mois, le col commence à se développer plus rapidement, de telle sorte qu'il dépasse bientôt le corps, et devient deux fois ou même davantage plus long et plus épais.
Le col représente alors une masse longue, cylindroïde, résistante, tandis que le corps est petit, étroit, aplati, mince, flexible. Sur un fœtus de 9 mois, l'épaisseur des parois est de o millimètres sur le col, de 2 millimètres sur le corps (Tourneux et Herrmann).
La paroi postérieure croît plus ordinairement, que la paroi antérieure, de telle sorte que l'organe prend souvent une forme de pelle. Ce n'est que peu avant la fin de la vie intra-utérine que se développent et la paroi antérieure et le fond de l'utérus.
La croissance de l'utérus, pendant la vie intra-utérine, se fait d'une façon intermittente. Au 7e mois et à la fin de la vie fœtale, après des phases de repos relatif, deux brusques poussées augmentent les dimensions de l'organe.
Sur ses préparations, Bayer trouve que la longueur totale de Vutêrus est :
Au 3e mois, de ..... . 2 millimètres
Au 4e mois, de 4^2 —
Au 5e mois, de 6,9 —
Au 6e mois, de 8,2 —
Au 7e mois, de-. . .;. . . 18,4 —
Au 8e mois, de 21,6 —
Au 9e mois, de ..... . 24.2 —
L'augmentation considérable de l'utérus entre les 6e et
longueurs daCuiérus
en- .
iruMùrû,tres
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Longueur totale, de L'utérus duscol
7e mois est due, suivant cet auteur, au développement en masse du col.
L'accroissement brusque de l'utérus, peu avant la fin de la vie intra-utérine, est encore plus remarquable. Chez des morts-nés à terme, Bayer trouve la plus grande partie du bassin remplie par un volumineux utérus. Cet organe atteint de 3, 8 cent, à 4, o cent. ; l'épaisseur du corps de 8 à 11 millimètres : celle du col de 8 à 15 millimètres. Ces mesures sont relativement plus considérables que celles observées chez l'adulte. L'utérus du nouveau-né est, en effet, le 1/12 de la longueur totale du corps ; celui de la nullipare n'est que le 1/24 de cette longueur. La courbe ci-jointe, dressée d'après un tableau de Tourneux et Herrmann1, permet de suivre le développement de l'utérus jusque dans l'enfance.
Ces chiffres sont comparables à ceux de Bayer ; il n'indiquent pas cependant, le brusque accroissement de l'utérus entre les 6e et 7e mois de la vie intra-utérine.
De la naissance à. la puberté, l'utérus augmente sa longueur dans les proportions indiquées par la courbe suivante (Bayer) -.
La croissance de l'utérus après la naissance -est donc loin de se faire régulièrement. L'utérus subit une involution post fœtale, commençant probablementtrès tôt après la naissance.
La diminution de volume subie alors par l'utérus, persiste jusque vers la 9e année. A cette époque l'organe atteint à peu près la longueur qu'il avait chez le nouveau-né. (32 millimètres à 38 millimètres). Bayer a vu cependant, des enfants de 9, 12 et même 14 ans, dont l'utérus était infiniment plus petit dans toutes ses dimensions, que celui d'une petite fille à la naissance-. Malheureusement l'auteur
1. Tourneux (A.), Herniann (G.). Article Utérus, in Dict. Decliambre. Voir page 147.
"I. Voir la courbe, page 149.
ORGANES GENITAUX,
longueurs
l'ulerus
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nùllmsires
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ne dit pas si cette aplasie génitale avait retenti sur le développement somatique et sur la maturité sexuelle des sujets qu'il a observés.
Pour expliquer le phénomène d'involution post fœtale, Bayer fait l'hypothèse suivante :
La croissance de l'utérus est fonction de l'activité des ovaires. Des expériences dans lesquelles on a séparé les ovaires de leur siège habituel, en les transplantant, ont montré que les relations entre les deux organes ne s'établissent pas par la voie nerveuse ordinaire, mais qu'il existe probablement une sécrétion interne ovarienne, dont certains produits arrivent par la voie sanguine à l'utérus.
Les ovaires du fœtus fonctionnent naturellement aussi peu que ceux d'une jeune fille non pubère. Or l'utérus pendant la vie fœtale, surtout à la fin de cette vie, subit une croissance remarquable ; Bayer attribue ce phénomène à l'action de la sécrétion interne des ovaires maternels, à travers la paroi placentaire ; ils fournissent à l'utérus l'impulsion nécessaire à cette brusque augmentation de volume. Après la séparation d'avec la mère, l'action des ovaires maternels cesse : ce serait la cause effective de rinvolution post fœtale, et l'on pourrait comparer cette régression, aux atrophies que l'on observe soit à la ménopause, soit après la castration.
Suivant J. Halban1, l'hypertrophie de l'utérus du nouveau-né et les altérations de sa muqueuse, analogues à celles qu'on observe au moment de la menstruation, sont dues à l'action des substances sécrétées par le placenta ; dès que la mère et le fœtus ne soDt plus unis p>ar cet organe, l'influence des sécrétions placentaires cesse, et l'utérus entre en régression.-
Quoi qu'il en soit, l'involution post fœtale est incontestable ; ce n'est que. vers la deuxième année que l'utérus
]. Halban (J .). Hypertrophie gravidique des organes fœtaux et leur évolution puerpérale. Soc. des m éd. devienne. 11 nov. 1904.
ORGANES GENITAUX. PREMIERE MENSTRUATION loi
commence à croître, mais faiblement. Il ne se développe vraiment qu'à la puberté.
Nouveau-né. Forme. — La forme de l'utérus du nouveau-né peut être celle qu'on observe chez le fœtus, mais plus souvent elle rappelle celle de l'organe adulte.
Le corps est à peu près triangulaire. Le fond bien développé dépasse l'origine des trompes, les parois antérieure et postérieure sont convexes. Contrairement à ce qui existe pendant la vie fœtale, le corps peut dépasser la vessie. Le col, il est vrai, est une fois et demie ou deux fois plus long que le corps ; sa forme est cylindrique.
Dès la deuxième moitié de la vie fœtale, on voit apparaître sur la face interne de l'utérus, V arbre de me. Au 4e mois, la lumière du canal utérin, semble sur les coupes transversales, contournée en forme d'S, de telle sorte que le côté gauche forme une convexité, le côté droit une concavité antérieures. Dans le courant du 5e mois, la muqueuse du col paraît se replier en prenant un aspect de scie ; en même temps, l'arbre de vie se développe dans le corps de l'utérus. A cette époque, un haut repli de la muqueuse des trompes, barre la paroi antérieure du fond de l'organe, et participe à la formation de l'arbre de vie, qui prend- alors une extension rapide ; de telle sorte qu'il atteint dans le courant du 6e ou du 7e mois, la forme qu'il conserve pendant toute la durée de la vie fœtale. Il s'étend de l'orifice externe à l'origine des trompes, et est accompagné dans le col, de replis plus profonds, en forme de cul- de-sac.
La lumière du canal, n'esta cette époque qu'une mince fente. Il est exceptionnel de trouver chez le fœtus un utérus élargi, ayant une véritable cavité.
Des glandes à larges ramifications se rencontrent à ce moment dans le col, et déjà l'épithélium du col et du corps, présentent les différences qui existent plus tard.
Enfant. — Pendant l'enfance, l'appareil génital est dans un état de repos relatif, en rapport avec l'inactivité fonctionnelle.
Forme. — Dès les premiers mois de la vie, le corps de l'utérus diminue de volume. Le fond s'aplatit, devient presque rectiligne, de telle sorte que l'organe triangulaire ressemble plutôt à l'utérus du fœtus de 8 à 9 mois, qu'à celui du nouveau-né. Le col constitue la moitié de l'organe; il est tantôt cylindrique, tantôt triangulaire; le museau de tanche est très peu saillant; quelquefois la lèvre antérieure, en ectropion, se prolonge vers la cloison vaginale (Bayer). L'épithélium vaginal gagne la face externe du col et parfois le canal cervical.
Quand l'inverse se produit, ce qui d'ailleurs est rare, il existe ce que Fischel a appelé1 Y érosion physiologique, congénitale ; l'épithélium cylindrique non cilié à cette époque, vient alors revêtir une partie des lèvres du col, au delà de l'orifice externe, ce qui donne à la lèvre antérieure un aspect fortement dentelé.
Structure. — Pendant l'enfance l'utérus reste mince. • Ses parois paraissent membraneuses, flasques. Plus tard, elles s'épaississent grâce au développement de la musculature du corps, surtout dans les couches profondes du stratum vasculaire. Le stratum sous-muqueux devient bien visible ; mais les fibres élastiques restent très petites jusqu'à la puberté (Woltke).
La cavité utérine s'allonge dans sa portion corporéale. Le col n'augmente pas ses dimensions: seul le museau de tanche devient plus conique, plus saillant.
Il ne reste dans le corps qu'un vestige de l'arbre de vie : une colonnette médiane qui persiste jusqu'à la puberté. (Symington).
4. Fischel. Beitrag zur Morphol. cler Portio vagin-uleri, Archiv. fur Gvnae.k, t. XVI."
L'épithélium de la muqueuse devient vibratile, généralement vers l'âge de 8 à 10 ans (Wyder, de Sinéty, Moricke, Landau et Abel), quelquefois plus tard (Waldeyer).
Certains auteurs ont vu cependant des cils, chez le nouveau-né (Friedlânder, Kundrat, Engelmann, Hermig).
Situation. — Pendant l'enfance, l'utérus est le plus souvent en antéversion plus ou moins marquée. La situation du corps, comparée au col, est extrêmement variable. Elle parcourt tous les degrés entre la rectitude complète et l'antéflexion angulaire aiguë : souvent on observe des inclinaisons latérales, droite ou gauche ; quelquefois, un léger degré de rétroflexion. Tout l'organe, par suite d'une forte torsion, peut se déformer. Il existe donc, pendant l'enfance, des positions anormales de l'utérus, comme on en observe quelquefois à l'âge mûr, dans les cas de disménorrhée, de stérilité.
D'après Bayer, ces anomalies de situation de l'utérus, ne seraient pas congénitales, puisqu'il dit ne les avoir jamais observées chez le fœtus ou chez le nouveau-né : ce seraient des déformations infantiles, produites par la pression des organes voisins, sur l'utérus flasque, non résistant, atrophié pendant son involution post fœtale.
Puberté. Forme. — A la puberté, l'utérus augmente de volume, le corps surtout: de telle sorte qu'il dépasse bientôt le col, et que les rapports existant antérieurement entre ces deux parties, se trouvent renversés. Le fond se développe, devient plat (Tourneux) ou légèrement voûté (Bayer). Les parois s'épaississent beaucoup; il est à remarquer que ce développement des masses musculaires de l'utérus, qui jouent un rôle prépondérant dans l'hypertrophie de l'organe gravide, ne commence précisément qu'après la fin de l'enfance, au moment de la puberté.
Le col se renfle légèrement à sa partie moyenne, en forme de ce barillet rétréci dans le haut, effilé surtout
dans le bas » (Courty). L'extrémité inférieure du col apparaît dans le vagin comme un cône, quelquefois même pointu comme un « museau de taupe » (Sims). L'orifice est arrondi ou triangulaire, rosé, lisse, régulier, ayant la consistance du lobule du nez. Il s'entr'ouve légèrement au moment des premières règles, pour se refermer après la période menstruelle. A ce moment le détroit de o à 6 millimètres de hauteur, qui constitue l'orifice interne du col, se raccourcit, se dilate, pour permettre le passage du sang menstruel.
La flexion antérieure du corps sur le col, qu'on observait pendant l'enfance, diminue par suite du développement plus marqué de la face antérieure que de la face postérieure. L'organe tend ainsi à se redresser (Cusco)1.
La muqueuse utérine subit à cette époque certaines modifications. L'arbre de vie n'existe plus que dans le col ; les glandes de cette région s'allongent et se ramifient très tôt. La formation des glandes du corps tarde longtemps, mais précède cependant de beaucoup le développement entier de l'organe. Ordinairement, dès la cinquième année, commencent à' apparaître dans la paroi des digitations en cul-de-sac, au fond des vallées formées par les replis de la muqueuse. Leur épithélium ressemble le plus souvent à celui de la surface; quelquefois, il contient des cellules claires en forme d'ampoules.
Adulte. — Chez la femme vierge, le corps de l'utérus ne dépasse pas la hauteur du col.
Chez la nullipare, l'utérus ayant 60 millimètres, le col a 26 à 30 millimètres, le corps de 30 à 34 millimètres.
Chez la femme multipare, le corps forme les 3/5 (Sappey) ou les 2/3 (Krause) de l'organe. Le poids de l'utérus
1. Cusco. De V anté flexion et de la' rétro flexion, de l'utérus. 'Thèse, Paris, 1853, p. 18.
ORGANES GENITAUX.
qui n'était que de 40 à 50 grammes à la puberté \ atteint de 105 à 120 grammes chez la multipare.
La cavité utérine, dans lé segment corporéal, est arrondie, immédiatement au-dessus de l'orifice interne, (Hagemann) ou plutôt triangulaire, limitée par des bords curvilignes, dont la convexité regarde en dedans chez la nullipare. Ces bords sont rectilignes ou convexes en dehors chez la multipare.
La hauteur de la cavité utérine varie chez la vierge, la nullipare, la multipare : voici dans quelles mesures se font ces changements :
/ Vierges et ( Corps
\ nullipares. / Col
Longueur. \ r : Cnm*
(Multipares. J £°{ps; ;..;;;
/ / Corps en haut.
Vierges et \ Isthme ....
V nullipares. f Col à sa partie T J \ moyenne . . Largeur. • ' Corps en haut.
/ ,T i.. \ Isthme ....
[ Multipares. , Col a sa partie
\ , moyenne . .
/ Vierges et ( Corps
. \ nullipares. ) Col . .
Epaisseur. J (C
r Multipares. qq^