Texte de l'édit. Weil, Teubner
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Eschyle ne s'adresse plus à l'oreille seule, mais aussi à l'esprit. Lorsque, par exemple, le chœur des vieillards Perses (v. 3-4) se décerne le titre pompeux de tiôv à^vîMv ■/.a; TOluxpùswv | é5pivMv a.jAà/£ç, doit-on douter que la gravité monotone de ces finales ne vise à exprimer la majesté de leurs fonctions? Cette recherche descriptive est plus manifeste encore dans les vers 690-1 de Prnméthée :
... o>îc 5'j36éaT7. /.7.\ oJîî'.îTa -rijj.ï'ï, X'JiJiaTa, 2î(ij.aTa ...
Pouvait-on peindre plus heureusement que par cet entassement d'homœotéleida les coups redoublés du malheur? Ailleurs Eschyle a su tirer de la répétition, ou de la rime, ou de ces deux procédés ensemble, des effets pathétiques. Exemple : ces deux passages des Perses, empruntés, l'un aux plaintes du chœur (v. 55o) :
S£p;r,ç S'àrwXeiîv, tîts?, iép;!!); Ci TavT ëûîSTrE èus^pivio;.
l'autre à |a longue lamentation alternée de Xerxès et du chœur (v. 1007) :
H. irszXïjYixsO', o'.xi îi' atôv;; TÙ/at X. T:£TXvf[X£0' • sû5r,X» '{ip z.. vâa •tit î'ja îo^.
En résumé, l'allitération chez Esch-yle n'est encore qu'un procédé de primitif, où l'instinct a plus de part que le calcul. Les effets très élémentaires qu'il en tire sont de deux sortes, ou purement harmoniques, ou descriptifs.
Il en est autrement chez Sophocle. Une première différence, c'est que le nombre de ces figures, ou du moins de certaines d'entre elles, v est infiniment plus considérable. Qu'on en juge par les exemples suivants, tirés uniquement de l'Antigone (440 av. J.-C). Je choisis à dessein cette pièce, parce qu'elle a été jouée bien avant l'arrivée de Gorgias à Athènes.