COMMENT AGISSENT LES POUSSIÈRES DE SILICE SUR LE POUMON
Nous avons vu que l’étude physique et chimique des poussières a amené les chercheurs à considérer que ces dernières se comportent de façon différente selon leur taille lors de leur arrivée dans le poumon.
PoLicARD, dans un article récent, intitulé : « Influence de la taille des poussières sur leur nocivité », fait une -mise au point de cette question, en septembre 1938, dans le Médecin d'Usine.
Cet auteur, après avoir fait remarquer que la tendance actuelle est d'accorder « à la silice libre, sous ses formes minéralogiques variées (quartz, calcédonie, etc.),.
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un rôle de premier plan dans la pathogénie des pneumokomioses », se propose de démontrer comment la taille des poussières influe de plusieurs façons sur leur noci-
vité.
1° Directement.
a) Comme cela a été souvent démontré, la dimension d’une poussière doit être assez réduite pour permettre son acheminement jusqu'aux dernières ramifications bronchiques et aux alvéoles pulmonaires, soit plus petite que cinq à six microns.
« La question, fait remarquer PoLricaRp, est un peu plus complexe. Les grosses particules tombées à la surface des bronches sont expulsées hors du poumon par le mécanisme habituel bien connu, c’est-à-dire entrainées par le tapis de mucus que déplacent les cils vibratiles. ‘Ces Faïts expliquent que, dans les stades du début des preumoconioses, on ne trouve pas de Re particules minérales dans le tissu pulmonaire. »
Au contraire, dans les stades plus avancés des pneumoconioses, on rencontre dans les tissus fibreux des particules de dimensions souvent considérables, dépassant dix, vingt et même trente microns. Quand on essaie de rechercher la raison de cette différence, on constate que, dans ces cas, il y a toujours d’importantes altérations bronchiques. Le mécanisme habituel d'épuration bronchique ne joue plus. Les grosses particules qui sont entrées dans le poumon et sont tombées sur les bron-
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ches restent sur place. Elles sont ultérieurement
englobées dans le processus de sclérose endo et péri
bronchique, qui conduit à l’oblitération plus ou moins
- complète des bronches. Comme l'avait déjà noté
; -Watkins PrrcHrorp (1914), c’est au voisinage des bronches qu’on trouve les grosses particules. « Cependant, àl semble, dans certains cas, que, par un mécanisme qui échappe encore, elles peuvent pénétrer dans les tissus pulmonaires. En tout cas, la présence de grosses particules minérales au sein du poumon est toujours liée à des altérations bronehiques et à la suppression du rôle: épurateur des bronches. ;