TROISIÈME PÉRIODE D’INTOLÉRANCE ABSOLUE
Cette intolérance absolue dans le cas de silicose pure est due à un seul fait : la gêne circulatoire produite par la fibrose du parenchyme pulmonaire et la fatigue du cœur droit.
À un certain moment que rien ne peut faire prévoir le silicotique va évoluer comme un cardiaque. La gêne circulatoire qui s’est traduite d’abord par de la tachychardie, des bruits un peu claqués, une accentuation du 2e bruit pulmonaire, une dilatation des veines thoraciques, une pression artérielle au-dessus de la normale, de la cyanose des extrémités, aboutit à une fatigue réelle du cœur qui fléchit et se dilate, La silicose disparaît alors du tableau clinique, car ce sont les accidents cardiaques
qui dominent la scène. L’insuffisance cardiaque s’installe,
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rapidement irréductible. Tout se passe comme lors d’une symphyse cardiaque, c’est la grande défaillance myocardique, gros foie, congestion passive des bases pulmo naires, œdème des membres inférieurs, oligurie-albuminurie, chute de la tension artérielle, la mort survient rapidement dans une crise d’œdème aiguë ou d’asystolie. Mais parfois aussi c’est une complication pneumonique qui emporte le malade, plus rarement toutefois. C’est ainsi que se déroule l’évolution d’une silicose demeurée à l’état pur. Mais il faut dire aussitôt que ces cas de silicose pure sont beaucoup moins fréquents que les cas où la tuberculose vient compliquer la silicose.
SILICO-TUBERCULOSE OÙ TUBERCULO-SILICOSE
On peut dire que la tuberculose est la terminaison habituelle des pneumokonioses silicosiques. Il semble que la silice exerce sur le bacille de Kocx une attirance particulière qu'on n’observe pas aussi marquée avec les autres poussières. Quelles en seraient les raisons ? Beaucoup d'auteurs se le sont demandé — CoLLis suppose que la silice pure donne facilement naissance à des composés colloïdaux nuisibles pour les cellules, et que les poumons affaiblis dans la résistance possible, par ces composés sont plus sensibles au bacille de Kocx.
D'autre part il est remarquable que la tuberculose vient en général compliquer tardivement la silicose. Comment alors expliquer l'apparition seulement tardive de la tuberculose, dans un organisme privé depuis long-
temps de ses moyens de résistance contre le bacille de Kocx ?
POLICARD suppose que la tuberculose silicose est moins contagieuse que la tuberculose pure et que les ouvriers ne sont contaminés que tardivement par leurs camarades, et tient aussi comme possible que chez quelques ouvriers l’infection tuberculeuse se produit précocement mais reste latente au centre d’un pseudo-tubercule silicosique, jusqu’au moment où sous une influence quelconque le bacille franchit la barrière de tissu cicatricial qui limite son action et déclanche une infection massive sur des tissus à vitalité amoindrie. On distingue toutefois deux modes d'apparition de la tuberculose au cours d’une silicose :
1° Au début : Ce sont alors les signes classiques d’im-
- prégnation : énstalfilité thermique, sueurs, amaigrissement, fatigabilité, altération de l’état général, et parfois des hémophysies.
2° Tardivement, lorsque la silicose a déjà pris une individualité plus marquée, alors la tuberculose évolue
-avec une insidiosité toute particulière, dans les tissus pulmonaires déjà endommagés par l’action de la silice. Le travail poursuivi par le bacille de Kocx, dans un bloc pulmonaire ne se traduit que par une légère fièvre, de l’amaigrissement et des crachats noirâtres durant toute la journée malgré que l’ouvrier ait par exemple cessé
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depuis longtemps son travail.
D’autres fois il est vrai le processus peut être fou-
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