‹ Essai sur la statistique générale de la Belgique, composé sur des documents publics et particuliers (volume 2)Chapitre 63 sur 299 · OH · texte numérisé non relu

OH

ramticATios.

On faisait usage dans les fabriques :

De 12 moulins à hacher ou à râper le

tabac mus par la vapeur;

De 11

dito

mus par le vent;

De 41

dito

mus par des chevaux;

De G5

dito

mus à bras ou 4 la main.

Knscmble 127 moulins en 1838. Il y en avait 131 en 1833 : 4 à carotter le tabac; 105 4 râper et 22 4 hacher.

Bruiclles, Anvers, Garni et Ucge sont les principaux centres de fabrication du tabac ; mais c'est surtout à Menin qu'on réussit dans l’imitation des ubacs i priser et 5 fumer de la France ; les prix de ces qualités sont 75 p. c. meilleur marché qu'en France; aussi la fraude en fait-elle passer dans ce pays pour des sommes considérables.

On fait bien en Belgique les cigares demihavane, dont l'exporution augmente constamment : elle était de 955 kilogrammes en 1831, et de 30,209 en 1838.

Produits chimiques. Deux savants distingués, MM. De lleinptinne 5 Bruxelles, et Van Mons 4 Louvain, doivent être cités entre ceux qui eu Belgique contribuent le plus à l'application de la chimie aux arts industriels. — La province de N'aniur compte le plus de fabriques de céruse, dont les produits remplacent avantageusement ceux que la Hollande a été longtemps en possession de nous fournir; Anvers, Matines, Cour- Irai et d'autres villes possèdent des fabriques de bleu d'azur; la colle-forte et le noir animal se fabriquent principalement à Gand et à Bruxelles; enfin, nos industriels essaient de naturaliser chez nous la fabrication des couleurs, des vernis, des taquin et des autres produits à l'usage des verreries, des savonneries, des teintureries, des blanchisseries, etc. La maison Van der Elst, de Bruxelles, est réputée pour la fabrication de l'eau forte, héréditaire dans cette famille depuis plusieurs générations.

Éclairage. Le commerce des chandelles est surtout considérable dans la province d'Anvers et dans le Hainaut. Les principales fabriques de bougies sont à Ypres et à Tournai. L'industrie des lampes perfectionnées s’exerce principalement à Bruxelles et 4 Liège. Le gaz, destiné 4 acquérir une bien grande extension , fournit déjà de la lumière aux villes les plus imyiortantes du

Royaume, à Bruxelles, à Gaud, à Anvers, 4 Liège, 4 Namur, 4 Charleroi, 4 Verriers, 4 Louvain, 4 Courtrai (t). SL Jobard 4 Bruxelles a inventé, vers 1833, le gaz éclairant par la décomposition de l'eau; la ville d'Anvers est la première qui ait substitué ce gaz à celui de résine. Bruxelles et Liège possèdent des établissements pour l'éclairage au gaz portatif non comprimé importé en 1833. Les environs de Bruxelles, ainsi que plusieurs villes de province, sont éclairés d’après le procédé Bradai, qui consiste dans l'ingénieuse disposition de l'appareil réflecteur, qui permet non seulement d'obtenir, au moyen d'un bec unique, une intensité de lumière de beaucoup supérieure 4 celle des anciens réverbères, mais encore de projeter cette lumière dans telle direction voulue. On compte aujourd'hui dans le pays, particulièrement à Bruxelles, plusieurs fabriques d'allumettes 4 frottement.

Savons. On compte en Belgique un grand nombre de savonneries, et chaque jour il s’en forme encore de nouvelles. Les province* d’Anvers, des deux Flandres, de llainaul, fabriquent une graude quantité de savons noirs et bruns, mais peu de blancs; ces derniers se fabriquent principalement 4 Bruxelles et 4 Liège. Les savons de Tournai peuvent rivaliser avec ceux de Marseille auxquels ils sont parfois préférables. Depuis quelques années , on donne plus d'extension 4 la fabrication des savons de toilette parfumés.

Utiles. Les principaux marchés en huiles sont 4 Alost, Ninove, Iioulcrs et dans d’autres villes des Flandres qui possèdent un grand nombre de moulins et lordoirs de toute espèce; nous faisons des exportations assez considérables pour l'Angleterre et [tour l'Allemagne. L'épuration des huiles par l'acide sulfurique s'exerce dans plusieurs établissements dont les plus importants sont ceux de M. Debbauldl-Dclacroix à Courtrai, et de MM. Kobyns et Kercinin 4 Louvain.

Sucre. La consommation intérieure de celte denrée est évaluée constamment 4 douze millions de kilogrammes par an , ou trois kilogrammes par habitant ; il est vrai que la balance de notre commerce extérieur, calculée sur les années 1837 et 1838, ne laisse 4 la consommation que sept

(i) C*est un Belge, le professeur Minkelers, de l’ancienne université de Louvain , qui a découvert le gai en 1784 , et en a fait le premier l’application.

ou huit millions do kilogrammes par au, ou environ deux kilogrammes par habitant ; mais il convient de tenir compte aussi de la fraude qui se fait à l'importation , et de l'extension toujours croissante de la fabrication du sucre de betterave. De sorte qu'il n'y a rien d’exagéré dans l'évaluation de douze millions, ou trois kilogrammes par habitant. Le droit de douane et le droit d'accise sur le sucre s'élèvent ensemble à la somme de 57 fr. 03 c. par 100 kilogrammes : jusqu'au commencement de 4858, la restitution complète des droits était accordée à l'exportation; d'où il est résulté qu'on a déclaré à la sortie des sucres qui étaient consommés dans le pays. Pour remédier à cet abus, une loi fut portée le 8 février 1858, laquelle stipule que la restitution des droits ne peut plus être accordée ù l'avenir aux importateurs de sucre brut que jusqu'à concurrence des neuf dixièmes de la quantité de sucre brut importé. L'cITct que ce changement de législation a produit sur l'industrie qui nous occupe, se trouve ainsi exposé dans le rapport que nous avons déjà cité de la Chambre de Commerce d’Anvers :

< L’industrie sucrière a continué en t859 à lutter contre les obstacles que la loi du 8 février 1838 oppose à son développement. Son débouché extérieur, surtout celui de l’Italie et du Levant, a pris de l'extension depuis que le Gouvernement a permis de piler et de concasser les sucres, pour l'exportation avec décharge, dans un magasin spécialement afTecté à cette destination. Le service de navigation à vapeur vers Hambourg a contribué de son côté à faciliter l'écoulement de nos sucres railinés; et la disposition récente dti Gouvernement prussien d'admettre les lumps introduits par terre de la Belgique au droit de R i v thaïe rs par quintal, ouvrira à nos sucres concassés l'important marché des provinces rhénanes, dès le moment que le projet de loi qui accorde la décharge pour l'exportation de ces sucres par terre et par rivière, aura reçu la sanction de nos Chambres législatives. En un mot, la perfection que les raffineries ont atteinte en Belgique, jointe à notre heureuse position, préparerait à celle industrie une carrière plus large, si scs exportations n'étaient pas forcément restreintes dans des limites par l'obligation de livrer à la consommation intérieure un dixième de la fabrication totale. — Et malhcuremcnt ces

nos. 16.1

limites deviennent de plus en plus étroites : l'augmentation de la culture et de la fabrication de la betterave, les quantités considérables des sucres qui s'infiltrent frauduleusement par la Meuse et les frontières de terre, la diminution de la population à alimenter depuis la cession d'une partie du Limbourg et du Luxembourg, tout concourt à réduire successivement pour nos rafflneries l'importance de la consommation belge, tandis que c’est cette consommation qui détermine la quantité qu'elles peuvent écouler à l'étranger. — Nous n’hésitons pas à le dire : dès i présent les exportations de nos raffineries ont atteint les bornes que la loi empêche de dépasser; elles ont déjà opéré un grand encombrement à l'intérieur, et il est à craindre que sous peu plusieurs établissements sucriers ne doivent cesser leurs travaux. Espérons que ces malheurs, résultats évidents de l'art 1" de la susdite loi, qui lie permet l'apurement des comptes par décharge à l’exportation que jusqu'à concurrence de a/io des prises en charge, feront ouvrir les yeux à la législature sur la nécessité du modifier un système si directement contraire à la prospérité d'une des industries les plus intéressantes du Iloyaumc. >

On compte dans le pays plus de 70 raffineries, situées principalement à Bruxelles, à Anvers et à Gand : elles sont activées par une fabrication de 35 millions de kilogrammes. Une seule raffinerie de Bruxelles, la plus considérable du Royaume et qui emploie les procédés les plus perfectionnés, produit deux millions de kilogrammes de sucre raffiné par an : il s’y fuit tous les quinze jours une vente publique aux enchères; le principal débouché à l'extérieur est Brème et llamlioucg. où l’on trouve à placer une grande quantité de sucre candi. Les fabriques de sucre de betterave, au nombre de 35, livrent annuellement cinq à six millions de kilogrammes de sucre indigène qui sc débile journellement dans le commerce et rivalise avec les produits des colonies. De ces 55 établissements, près de la moitié (seize) sc trouve dans le llainaut, neuf dans le Brabant, trois dans le Limbourg, et deux dans chacune des provinces de Flandre occidentale, Liège et Namur.

Les relevés de la douane fournissent les chiffres suivants :

FABRICATION -

IMPORTATIONS. EXPORTATIONS

Kilog.

Kilog.

Kilog.

Kilog.

Sucre brut.

Sucre raffiné,

Dans les six années précédentes, les importa-

EXPORTATIONS

lions eu sucre brut , et les exportations de sucre

AXNÉKS.

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