SCIENCES ET ARTS
Le mouvement intellectuel s'est prodigieusement accéléré en Belgique; tout y respire le progrès des idées. Grâce à son émancipation politiquèi la Belgique' indépendante possède déjà des écrivains qui font honneur aux lettres et à leur patrie. Les jbîeaux-arts surtout comptent parmi nous, de blutes '^nommées.
. Ouvrages nationaux. Après le relevé des .littérateurs^ savants et artistes belges, inséré dans notre première édition, pag. 292 à 294, •notas donnons ici, d'après un article de M. le baron Joies de S'-Genofc, dans le Messager des stiëntes historiques de la Belgique qui se publie ^.Gand ^), une statistique approximative des 'ouvrages 1 originaux publiés en Belgique pendant
« Le nombre des différents écrits originaux qui p^t, paru en Belgique depuis le 1« janvier jusqu'à la û> a> décembre 1839, est de 500, ainsi ré-
partis par langue :
En français 197
En flamand 88
En latin.' ] i
En allemand 5
En.apglais 5
E* iUlfeo i
Livraison de i8S0.
* Voici les différentes branches des connaissances humaines dont traitent ces publications :
Histoire de Belgique . 47
Littérature 69
v °yage8 7
Bibliographie. ......... 6
Grammaire et lexicographie 30
Archéologie 2
Médecine, chirurgie et anatomie. ... U
Chimie et botanique. 6
Économie politique, statistique iO
Écrits politiques et pamphlets. .... 32
Recueils périodiques 18
Géographie 5
Sciences mathématiques 4
Sciences juridiques 7
Numismatique. . |
Biographie jj
Hygiène et géologie 3
Architecture g
Ascétique \
Stratégie t 4
Beaux-arts g
Philosophie \
Industrie et sciences commerciales. . . 5
Mémoires scientifiques 3
Ouvrages divers , , , \ç
Total. . . 500
SCItSCLS LT AHTS.
« On remarquera que l'histoire de Belgique occupe, une grande place dans cotte statistique. En effet, tout le monde sait que c'est dans notre passé qu'il faut surtout chercher.deaélémentsde' nationalité, te chiffro des. écrits purement littéraires est encore plus élevé, car . c'est le genre où , il est )e plus facile de s'exercer. Celui des écrits politiques s'explique par la. position exceptionnelle où la Belgique s'est trouvée celte année (i). Le nombre des écrits sur la grammaire est assez remarquable; les discussions auxquelles donnent lieu depuis quelque temps les principes de grammatologic flamande prouvent l'intérêt que l'on porte à la langue que l'on parle dans les deux Flandres, les provinces d'Anvers, de Brabant et de Limbourg. Encore n'avons-nous pu nous procurer la liste des opuscules flamands qui se publient chaque année, en grand nombre, à Boulers, à Courtrai, à Saint-Nicolas et à Malines.
t En comparant le relevé de celte année avec celui des deux années précédentes, nous trouvons une différence qui est tout en faveur de 1839.
« En effet, en 183,7, U a été publié 180 écrits; eiH838, — 210 —
« On voit que nous avons toujours marché progressivement »
Le progrès intellectuel en Belgique, prouvé par les chiffres qui précèdent, ressort mieux encore, s'il se peut, de la Notice suivante du Journal historique. et littéraire de Licge (cahier de février 1840), qui complète en quelque sorte l'article du Messager des sciences.
f Le total de ces ouvrages, nous dit-on, ne monterait qu'à 300.
c Un ou deux exemples vont nous montrer combien l'auteur de cette notice est resté, au moins en certaines matières, au-dessous de la réalité. Par exemple, il ne compte que trois mémoires scientifiques. Or, nous avons énuméré les mémoires et les notices publiés par là seule Académie royale des sciences et belles-lettres de Bruxelles, et nous ârrivons à un tout autre résultat.
c Plusieurs de ces notices sont même de grands mémoires, ci s'il fallait réunir, par exemple, tout ce qui a été écrit dans la question sur Bugonet et Imbcrcourt, on obtiendrait déjà un bon vo-
(i) Nos différends avec la Hollande et la conclusion du traite tic paix définitif.
lume. Nous connaissons, d'ailleurs, un auteur qui , riui-sèuï',4 piiblfé/sbiréS français, 1 soit en
anglais, plus desU'mémbircs'sciéntifiqties, et un autre qui en a publié 16. ' . i «
« L'Académie de Bruxelles a pùblié'dàns le courant de 1839, — 1° dans la division des sciences : astronomie, 2 mémoires; météorologie, 18; mathématiques, 14 - géologie, 2; botanique, 47; zoologie, 16; chimie, 9; physique, 15; anthropologie, 1; physiologie, 4'; anatomie, 2; technologie, ï>; — " 2° dans la division de littérature : philosophie, 3; littérature ancienne, 4; archéologie, 2; littérature'' du moyen-âge, 4; histoire générale, 4; histoire de la Belgique, 26; littérature flamande, 1; statistique, 4; biographie» 4. — Total 1S5.
t Si l'on y ajoutait les mémoires publiés, 1» par la Société de médecine de Gand, 2° par celle de Bruxelles, etc., on arriverait à un nombre fort considérable de travaux académiques.
c La statistique ne donne qu'un seul ouvrage de philosophie, tandis qu'il en a paru au moins deux à Louvain. »
Cette statistique intellectuelle, publiée par le Messager d'après son bulletin bibliographique, est la seule qu'on eût encore essayée jusqu'ici.' Tout incomplète qu'elle soit, nous ne pouvons qu'engager son auteur à la continuer comme il vient de le faire déjà pour. 1840 (t), et à l'améliorer successivement ,
Pendant cette année, il a éléJivré à• | ^impres ; ' , sion en Belgique 520 différents ouvrages origi^ naux, 20 de plus que Je nombre cohstaté pour 1859. Leur répartition; par langue est" -cétoine sait (t) :
Français.
Flamand.
Latin. .
Allemand.
Anglais.
Italien. .
(i) 4« livraison de 1840. v,>ewv>^ (i) Pour faciliter la cbtnpârai&n des déip jâmcp), nous reproduisons ici les chiffres de 185p,"dej{^d,o.n r ncsàlapago341,*olohriè , f." ff '" '
SCIEACKS
Voici les différentes branche* goqf ,4witent les 3âô ouvrages publiées pq 1840;(*),„ , . . ,
Histoire de Belgique.
Littérature. » , . fl$
Bibliographie. . . J( 6
Grammaire et lexicographie H
Histoire littéraire. 1
Instruction publique 9
Médecine , chirurgie , hygiène, anatomie. 15
Minéralogie. 1 v 1
Statistique, économie politique, sciences
administratives. ....... 15
Écrits politiques et religieux, pamphlets. 1 0
Recueils périodiques. ...... 24
Sciences mathématiques a
Législation, sciences juridiques. ... 10
Numismatique. . . . t . . . » . 4
Héraldique. 2
Biographie. , . % . . . 11
Ascétique 0
Stratégie. 3
Beaux-arts ( , 4
Annuaires et almanacbis. , . f . . . {"J
Ouvrages divers. ?s . 24
«.ou Total. . . 520 (s)
A ces extraits du Messager des sciences et du Journal historique, nous devons ajouter cette réflexion ,'que- parmi les productions des auteurs natiopaux, il. y -a beaucoup' d'ouvrages sérieux : la littérature .légère, importée de France, est prii\c^paJ^ment exploitée en Belgique par la contrefaçon, et l'on croit pouvoir dire que ce genre semble diminuer parmi nous, tandis que les esprits dirigent de plus en plus vers les études fortes et positives.
JoêlvNALi<iME. L'effectif de la presse belge quotidienne est' d'environ 80 journaux, ou un journal par 50,000 habitants, sans compter les recueils périodiques, les journaux étrangers ni les fcifilles qui ne donnent que des annonces et renseignements. De ces 80 journaux, les trois quarts" sont rédigés en fiançais; 18 le sont en flamand, 1 en anglais et 1 en allemand. On doit
(4) ÇpmjMrez ce tableau avec celui de 1839, à la pag. 3*V.% r l,fc
(s) L'a&ïition des chiffres donne un total do 300 au lieu do 520.
feT ARTS. f , ,,.545
regrotter de w point connaître; a» moins approximativement, le nombre d'abonnés aux productions dela-presse périodique; mais il est un fait incontestable qui témoigne du goût de la lecture en Belgique : c'est qu'il n'est pas un journal^' quelle que soit sa couleur, qui ne compte un grand nombre de lecteurs jusque dans les 1 dernières conditions sociales. Une si louable habitude d'une nation doit faire désirer que les journaux renferment plus de matières propres à instruire et à moraliser les niasses, au lieu de s'occuper presqu'exclusivement de politique comme ils le font tous. — La presse jouit Cn Belgique de la liberté la plus large (Constitution , art. 18} : rien ne l'entrave, ni censure ni aucune autre mesure préventive; l'autorité se renferme strictement dans la répression des abus, c On ne doit s'at- » taquer qu'aux abus dans lesquels tombent les » journaux, et non au journalisme lui-même. Le » vice de celui-ci est que trop de gens, qui n'ont » pas assez d'aptitude pour ce genre de travail,
> se mêlent d'écrire. Ils nuisent au journalisme | » en lui donnant un caractère de futilité dans ses
» quatre parties principales, c'est-à-dire les par- » tics amusante, instructive, critique et politi-
> que (i). >
Voici le tableau général des journaux politiques et semi-politiques qui se publient dans toutes les provinces. Les titres des journaux flamands sont en italiques. Le format est indiqué par le coût du timbre qui est comme suit d'après la loi du 21 mars 1839 :
Centimes.
La feuille de 17 i/î décimètres carrés de superficie et au-dessous 2 «/a
Au-dessus de 17 1/2 décimètres carrés jusqu'à 25 décimètres inclus. .... 3
Au-dessus de 25 décimètres carrés jusqu'à 52 décimètres inclus • 4 •
Au-dessus de 32 décimètres carrés. . . 5
PROVINCE D' ANVERS
Le Précurseur, à Anvers, quotidien, 4 centimes coût du timbre. Paraît depuis le commencement de l'année 1836.
(4) Statistique générale et raisotmée de la civilisation européenne, publiée en 1833 par Jean Sclioen (en ' allemand ). *