‹ Essai sur la statistique générale de la BelgiqueChapitre 258 sur 328 · KT ARTS · texte numérisé non relu

KT ARTS

cette compagnie savante un subside annuel de 25,000 fr. Ses séances sont reproduites par la plupart des journaux qui en répandent dans le public des comptes-rendus plus ou moins étendus. < Pendant la dernière partie du XVIII e siècle » est-il dit dans un rapport fait par M. Quetelel en 1835, < l'histoire des sciences et des belles-lettres » en Belgique est pour ainsi dire tout entière » dans l'histoire des travaux de l'ancienne Aca- » démie de Bruxelles (1). »

Franc-Maçonnerie belge (%). La Francmaçonnerie fat introduite en Belgique par l'armée anglaise au commencement du XVIII e siècle. La première loge fut instituée à Mons, sous le titre de La Par faite-Union > le 24 février 1 721 . D'autres loges furent successivement établies dans la plupart de nos villes. Les loges belges se rallièrent, après le 18 brumaire, au Grand Orient de France. Du temps des Hollandais, avant 1830, la Franc-maçonnerie était administrée par un Grand Orient qui 6e subdivisait en trois sections, un conseil supérieur et deux grandes logos d'administration. Le conseil supérieur connaissait de toutes les affaires qui touchent aux grands principes de l'ordre et exerçait la haute-surveillance; Les grandes loges d'administration? avalent chacune leur juridiction particulière; l'une comprenait dans son ressort toutes les loges des provinces septentrionales, l'autre celles des- provinces méridionales (la Belgique). Le Prince Frédéric devint grand-maître national le 16 septembro 1818. Le Prince d'Orange, aujourd'hui Roi des Pays-Bas, s'était fait initier le 14 mars 1817. Celte organisation fut détruite par les évéuement6 de 1830. Sur les débris de la grande loge d'administration des provinces méridionales, on résolut de reconstruire un Grand Orient ponr le nouveau. Royaume de Belgique; le travail préparatoire fut fait en 1832 par les membres de l'ancienne grande loge d'administration. Ensuite furent convoquées toutes les loges du Royaume. Un des premiers soins du Grand Orient belge fut de placer la maçonnerie sous la protection du Roi.

(i) Ceux qui désirent connaître ce qui doit Qomposcr une collection complète des écrits de l'Académie de Bruxelles, en trouveront l'indication dans les Annuaires de la Bibliothèque royale de la Belgique, année 1840, pog. 155-188 et 236-238, et année 1841, pag. 225-231.

(i) Annuaire maçonnique du Grand Orient de Belgique, pour Van de la vraie lumière 5840; vol. in-18, Briiv. 1810. ( -,s . <i.î ;>;».., ..

SCIENCES

Le Grand Orient se compose du sérénissime grand^maîli-e,, de son représentant et de trois députés de chaque loge active élu6 pour trois ans. La liste alphabétique des membres du Grand Orient comprend aujourd'hui 62 noms : il nomme pour présider et diriger ses travaux un grandmaître, dont les. fonctions sont à vie, et qui s'adjoint un représentant révocable à sa volonté. 11 nomme de plus, dans son sein, un grand premier surveillant, un grand deuxième surveillant, un grand orateur, un grand secrétaire, un grand trésorier, un grand économe architecte, un grand garde des sceaux, un grand archiviste, un grand aumônier, un grand maître des cérémonies et quatre grands -experts.' Les loges qui reconnaissent l'autorité du Grand Orient de Belgique, sont les suivantes : La Bonne Amitié, à Namur; Les Frères Réunis, à Tournai; Les vrais Amis de l'Union, à Bruxelles; Les Amis Philanthropes , dans la même ville; La Parfaite-Union, à Mons; La Constant*, , à. Louvain; L'Aurore, à Audenaerde; La, Persévérance, à Anvers; La Simplicité, à Venloo; Les Amis de V Ordre, à Bruxelles; Les Déf«nm*rô de Léopold et de la Patrie, à Namur Lm Frères Réunis, loge militaire attachée à la 3* division de l'armée belge; Le Bouclier Belge, m 4 e régiment d'infanterie de ligne; La Régénération , à Mali nés; L'Union Militaire , au camp de> Bevorloo; L'Avenir, à Charleroi; La Fidélité t à. Gand; Les Amis du Progrès, à Bruxelles; Amicitia, à Ypres; L'Industrie, à Lodelinsart-lez-€harléroi; Les Enfants de la bonne Amitié, à Dînant; La Renaissance, à Ath; La Tolérance, à Bruges; Les Amis discrets, à Nivelles. Il y a de plus une loge on instance, c'est-à-dire, une loge qui a adressé au Grand Orient une demande en constitution (<). Quatre loges, dépendant du Grand Orient, ont suspendu leurs travaux; ce sont : L'Espérance et Paix et Candeur, à Bruxelles; L'Amitié, à Courtrai, et Les Amis du Commerce, à Anvers. Enfin, il existe sept loges actives qui ne veulent pas reconnaître le Grand Orient C'est d'abord une loge orangiste de Gand, nommée Le Septentrion, qui s'est mise en 1831 sous l'obédience de la grande loge de

(i) Cette loge, qui a pris pour nom Le Travail, a été définitivement installée au Waux-Hall à Bruxelles le 17 octobre '1840. Ainsi, la capitale du Royaume compte aujourd'hui cinq loges de francs-macons en activité.

et .tnTS. .y*'

Hollande. Le Grand Orient d«Belgiqae Ta déclarée irréguliôre le 11 déeùtnbrc 1855. Là loge de La Parfaite Intelligence et 4e l'Étoile réunie», à Liège, s'est détachée do Grand Orient de Belgique, parce qu'elle voulait remplacer- ce grand corps par une Fédération, et que ceprojet,' proposé par elle dans une assemblée extraordinaire et solemneile le 1 er mai 1837, n'avait pas été adopté. Les cinq autres loges indépendantes et irrégulières, sont : Les Philadelphes , à Verviers; Les Amis de la Parfaite Intelligence , 4 Huy ; La Félicité Bienfaisante, à Gand; Les Y*ai* Amis, dans la même ville, et L'Aménité, à SMXieolas : ces trois dernières loges dépendent du Grand Orient de Hollande. — L'Annuaire maçonnique ne contient pas de données sur le nombre des frères qui composent les loges; mais il y est dit qu'à la fête solemneile que la maçonnerie célèbre chaque année au mois de mars, il se trouva, en

1838, plus de huit cents adeptes présents à Bruxelles.

Bibliothèques publiques. Il y a en Belgique de riches bibliothèques publiques; le Gouvernement met tous ses soins à les accroître et à veiller à leur conservation. L'histoire de nos trésors bibliographiques se trouve dans deux ouvrages qui ont paru récemment : l'un de M. Voisin, que nous avons déjà eu occasion d'indiquer {pag. 29, note T>) et qui embrasse toutes les bibliothèques publiques du Boyaume; l'autre intitulé Histoire des Bibliothèques publiques de la Belgique, par M. Namur, se composera de 4 vol. in-8°, dont le premier est publié, Brux., 1840, et traite des trois grandes bibliothèques de la capitale, c'est-à-dire la bibliothèque de Bourgogne, celle de la ville et la bibliothèque royale. M. Voisin avait présenté, en

1839, à l'Académie Boyale de Bruxelles, une statistique des bibliothèques publiques, qu'il a rectifiée depuis dans son ouvrage dont il vient d'être parlé : c'est d'après cette statistique ratifiée, travail assez complet sur la matière,' que nous donnons le tableau détaillé des dépôts littéraires du pays. ;>

Anvers ; bibliothèque de la ville, 14,000 volumes imprimés et 26 manuscrits.

Bruges : bibliothèque de la ville, 10,000* volumes imprimés et 536 manuscrits; dû séminaire, 7,000 volumes imprimés et quelques manuscrits.

Bruxelles : bibliothèque royale (fondée par le Gouvernement en 1837, par l'acquisition de la

SCIKRCkS UT 4RTS.

bibliothèque de ttu'H. Ch. Van Hultbem, au prît" de ïljM'ÔO 'fr!) t 70,000 volumes imprimés et 25,bb0 ïriâ'nuscrits^ dont' 15,000 proviennent de la bibliothèque 'de? Ducs de Bourgogne, fondée vers 1560 (i); de la ville, 100,000 volumes imprimés j paroissiale, 10,000 vol. imp.; des Bollandistes \%), 6,000 vol. imp.; du Sénat, 3,000 vol. imp.; des Représentants, 5,000 vol. imp.; des Archives générales du Royaume, 2,000 vol. imp.; de l'Académie, 1,600 vol. imp.; de l'Observatoire, 750 vol. imp.; de l'École militaire, 1,500 vol. imp'.; du Dépôt de la guerre, 500 vol. imp. (s).

Courlrai - bibliothèque-Goethals , 12,000 volumes imprimés et 500 manuscrits.

Gand : bibliothèque primitivement de la ville, aujourd'hui de l'université, fondée en 1 797, 55,922 volumes imprimés et 576 manuscrits; du séminaire, 8,000 volumes imp.; paroissiale, 1,700 volumes imprimés.

Liège : bibliothèque de l'université, 62,000 volumes imprimés et 400 manuscrits; du séminaire, 14,000 volumes imprimés et quelques manuscrits.

Bruxelles (2 bibliothèques).

Louvain.

Liège

Gand.

Tournai

Namur >,. .

Anvers

Mous

Courtrai'. ......

Bruges. ......

Ypres. ......

Nombre de volumes imprimé».

Louvain : bibliothèque de l'université, 100,000 volumes imprimés et 246 manuscrits; des jésuites, 22,000 volumes imprimés. '■ < 4

Matines : bibliothèque du séminaire archiépiscopal, 30,000 vol. imprimés cl 100 manuscrits.

Mon* ; bibliothèque de la ville, 12,500 volumes imprimés et 310 manuscrits.

Namur : bibliothèque de la viHc, 15,000 volumes imprimés et 80 manuscrits; du séminaire, 11,000 volumes imprimés.

Termonde : bibliothèque paroissiale, 4,500 volumes imprimés.

Tournai : bibliothèque de la ville, en partie formée des débris de celle du chapitre, laquelle avait été fondée en 1737, ouverte au public en 1818, 27,800 volumes impriraés'e* 127 manuscrits; du séminaire, 5,800 volumes imprimés et 150 manuscrits; épiscopale, 9,150 vol. imprimés.

Tpres : bibliothèque de la ville, 2,000 volumes imprimés.

En comparant la population des villes avec le nombre des volumes dont elles peuvent jouir librement, on trouve les rapports suivants :

Population au Npmhrfide volumes

l w janvier 1839.

pour ^Ô^habitants.

. Jt 6Q

Total.

481,222 Total. 508,275 Moyenne. . 95

(i ) Ces nombres sont donnés dans les Annuaires de la bibliothèque ravale de Belgique, commencés en 1840 , par le Conservateur Baron de Rciffenberg. Dans les 15 premiers mois de la, fondation de cette bibliothèque, la section des imprimes s'est enrichie de 8,331 volumes, ou 556 par mois, ce qui, continué de mémo, donnerait au bout d'un demi siècle un accroissement de 333,600 volumes. Cette progression ne s'est pas soutenue en 1840 : la moyenne des acquisitions n'a été que 403 volumes par mois, au heu de 536; mais cela provient de l'acquisition de plusieurs ouvrages relatifs aux sciences dont le prix excessif aurait suffi à l'achat d'un grand nombre de volumes concernant d'autres sujets — Pour ce qui concerne les ouvrages exclusivement manuscrits, nous croyons savoir que le nombre de 23,000 volumes n'est pas exact : il y a 20,000 ouvrages manuscrits

( Notice lùêtorique sur l'antique dépôt littéraire de la btblto(/u)que des Ducs de Bourgogne à Bruxelles, par Florian Frochcur; Gand, 1839, page 28), cl ces 20,000 ouvrages ne forment guère plus de 15,000 volumes.

(i) Association religieuse qui continue la publication des monuments des vies des saints, sous le titre de Àcta Sanclorum, dont 53 vol. in-fol. ont paru. Le fondateur de celte vaste entreprise est Jean Bollandus , jésuite, né à Tirlemonl vers 1596.

(s) Puisque cette nomenclature comprend , outre les dépôts publics, les collections don t l'accès, sans être public, est cependant ouvert aux hommes de science, on aurait pu y ajouter : les bibhqthèques des différents Ministères, la bibliothèque de rétablissement géographique (20,000 volumes), etm^mc.qçjje.s, du Roi (9,000 volumes) et de la Reine (3,000 vo|uiries).

SCIENCES

Tandis qu'en Belgique, la moyenne des livres mis à la disposition, du public .n'est que de 95 volumes par cent habitants, «Me est en Allemagne de 373 volumes; Nos bibliothèques, comparées même à celles des villes des départements français, leur sont égaloment inférieures. Nous ne parlons pas de celles de Paris, dont la Bibliothèque royale (700,000 vol.) contient environ un tiers de plus de volumes imprimés que toutes les bibliothèques publiques de la Belgique, qui n'en comptent ensemble que 481,222. il est chez nous des villes de plus de 10,000 et jusqu'à près de 20,000 habitants, qui sont» .privées des bienfaits d'une bibliothèque publique; telles sont : Yerviers (province de Liège); S'-Nicolas, Lokcren, Alost et Rcnaix (Flandre orientale); Lierre et Tnrnhont (Anvers); Ostende,! Thielt et Poperinghe (Flandre occidentale). Une telle situation, il faut en convenir, est bien peu satisfaisante; elle commande l'attention sérieuse des dépositaires du pouvoir et de tout véritable ami du progrès social : à notre. avis, rien n'est plus propre au développement intellectuel des nations que la mise en circulation de bons ouvrages sur l'une ou l'autre brafycfie' spéciale des connaissances humaines, et l'absence d'un si puissant moyen d'instruction dans nos villes de second et de troisième ordre est une lacune qu'il faut signaler. — Disons cependant que depuis quelques années on voit s'ouvrir eh Belgique des bibliothèques paroissiales dues au zèle éclairé d'associations religieuses et soutenues par des souscriptions do personnes charitables : c'est ainsi qu'ont été établies successivement les sociétés des bons livres de Bruxelles et de Gand, la bibliothèque de Tcrmonde, et qu'on organise de semblables bibliothèques dans d'autres villes du pays, comme à Liège, Namur, Ypres, S*-Nicolas. Ces collections» on le pense bien, se composent, pour la plupart, d'ouvrages édifiants (i). La société des bons livres de Bruxelles, ouverte le l« r juin 1855, contenait environ 2,000 volumes; à la fin de 1859, ce nombre était de 10,000 volumes, parmi lesquels se trouvaient 1,800 livres flamands. Le nombre de volumes donnés en lecture la première année (1855-1836)

s'est élevé à 15,057, et pendant les deux aunées

(i) Cette observation s'applique plus particulièrement aux ouvrages 1 écrits en flamand : depuis deux siècles, les frbrs''qùarT$ dès livres flamands qu'on public, appartiennent ifu gènta ascétique.

suivantes, à plus de 20,000 par, an., La soejéte ( des bons livxes de Gand a été, ouverte |c. $Q avril 1838; son fonds est de 1,700 volumes, pendant les huit premiers mois il a été donné en jeçture 3,450 volumes. La bibliothèque de Termonde a été ouverte le l« r novembre 1838, 4,500 yplumes; du l« r novembre 1838 jusqu'au 1 er septembre 1839, il a été donné en lecture 3,500 volumes : comparativement à sa population , il serait difficile de voir dans aucune autre ville des résultats plus satisfaisants. Au mois de juin 1840; la société des bons livres a ouvert une bibliothèque à Louvain; le nombre de volumes dépassait déjà 2,000. — En 1853, une association composée d'homme,s s appartenant à l'opinion politique libérale, s'était formée à Bruxelles dans le but de fonder dans le Royaume, au moyen de souscriptions, des bibliothèques populaires à l'instar de celles qui existent en Angleterre et en Allemagne. Un grand nombre de bons livres élémentaires, appropriés aux classes les plus nombreuses de la société, fut tiré à des milliers d'exemplaires et répandu dans les communes, les écoles et les familles. Une association du même genre, mais plus ancienne, existe à Liège; son action ne s'étend pas au-delà des limi tes de la province.

Bruxelles possède un établissement remarquable que les savants distingués du pays et de l'étranger ne manquent pas de visiter : c'est la bouquinerie de M. VerbeysL Dans cette vaste bibliothèque, composée de trois à quatre cent mille volumes, sans compter de nombreux ballots d'ouvrages en feuilles, on trouve des volumes achetés mille francs, et il yen a par centaines qui valent plus de deux cents francs ; c'est assez dire que ce magasin renferme des ouvrages rares et précieux qu'on chercherait vainement dans les plus riches bibliothèques.

D'après le tableau des patentés en 1835, on comptait dans le Royaume 41 cabinets littéraires et loueurs de livres ( t ) ; tout porte à croire qu'aujourd'hui ce genre d'établissements est de beaucoup augmenté. ,

Dépots d'archives. L'État possède plusieurs dépots d'archives. Le dépôt général est à Bruxelles. Les provinces dans lesquelles se trouvent les autres dépôts, sont celles de Liège, de Jlainaut et de Flandre orientale. — Il y a en outre des archives provinciales et communales.

(t) Voy. le détail par province dans notre première I édition, pag. 68 et 69.

sciences

ET AïlTS.

'Ure/iM* de tÊiat'. Les archiyes générales à Bruxelles présentent le chiffre énorme de 54,572 registres , 38,280 'cartons et liasses et 39,742 chartes originales. Et si Ton considère que les liasses el les cartons contiennent communément au-délà de 400 pièces, on jugera de la multitude innombrable de celles-ci. « Certes, iï est peu d'États qui possèdent de*» dépôts aussi considérables; mais il en est moins encore où Ton trouve rassemblées, comme en Belgique, des séries de documents qui embrassent à la fois l'histoire politique, civile, judiciaire, administrative, militaire, commerciale et industrielle de ta nation (î). »

f Le dépôt de Liège est un des plus considérables du Royaume, parce que c'est là que sont déposées toutes les archives de l'ancienne principauté de Liège et celles des nombreuses corporations religieuses qui existaient dans cette principauté. Les archives du conseil privé du prince-évêque et des trois états, qui ont été inventoriées en 1857, comprennent seules plus de 2000 registres, indépendamment des dossiers dont le nombre est aussi fort élevé. — Dans le dépôt de Mons se trouvent les archives de l'ancienne cour souveraine de flamant, celles des ci-devant état» de Hainaut, de la trésorerie, des chartes, de la chambre du clergé, de la chambre dite du point du jour, etc., etc. Un double de l'inventaire des chartes de la trésorerie, dressé depuis 1850, est actuellement déposé aux archives générales à Bruxelles. — Les principales archives, appartenantes à l'État, qui existent au dépôt de Touinay, sont celles du ci-devant conseil provincial de Toumay-Tournaisis , des ci-devant états de Tournay, celles de l'ancien chapitre cathédral, etc. — Le dépôt des archives de Gand est fort considérable et fort important à cause des collections historiques qu'il renferme. Cedépôt est placé sous la surveillance d'une commission administrative, créée en 1812, par le comité de conservation de la Flandre orientale (*). »

Outre le dépôt général de Bruxelles et les dépôts particuliers que nous venons de nommer,

(<) Rapports de M. Gachard à M. le Minisire de ï Intérieur et des Affaires étrangères sur la situation de* archives générales du Royaume (i nséres da ns le Momleur du 21 janvier 1838, et du 21 janvier 1840).

(«) Noie à l appui des demandes de crédit fuites au budget pour le service des archives du Royaume (dans le Momleur du janvier 1840).

on a réuni aux greffes des cours et tribunaux de Bruxelles , de Mons et de Gand , une partie des archives des Conseils souverains de Brabant, de Hainaut et de Flandre.

Archives des Provinces. Quelques provinces possèdent en ce genre de véritables richesses, principalement sous le rapport historique. Les archives de la Flandre occidentale, par exemple, renferment un grand nombre de dossiers d'administration générale et de procédure relatifs au ci-devant Frat\c de Bruges, qui remontent à l'an 1598. On s'occupe activement à réviser et à inventorier ces archives ; la même opération se poursuit à Anvers, k Liège et dans d'autres

Archives des Communes. La tenue et la conservation de leurs archives est expressément recommandée aux administrations communales par un article de loi, et l'autorité veille à ce que celte obligation soit remplie partout. Déjà la plupart des villes et communes ont formé l'inventaire de leurs archives anciennes et modernes : il s'y trouve quelquefois des documents très-intéressants pour l'histoire du pays; telles sont les archives de plusieurs villes delà Flandre, comme Audenaerdc, Tcrmondc, etc. — La tenue des registres de notre état civil s'est considérablement améliorée dans ces dernières années; -l'autorité supérieure, qui porte la plus scrupuleuse attention sur cette branche importante du service pub'.k, n'a plus à signaler qu'un petit nombre d'irrégularités qui ne tarderont pas à disparaître entièrement. De la bonne tenue de ces registres dépend en grande partie l'exactitude de l'élément statistique le plus important, la population : ici encore la Belgique se place au nombre des pays qui, comme la Suède et la Suisse, fixent, sous ce rapport, l'attention des savants et des gouvernants.

Musées et expositions d'objets d'art.

Il existe des Musées et des galeries publiques de tableaux dans les villes d'Anvers, de Bruxelles, de Gand et de Liège, qui en ont la propriété et font les dépenses nécessaires pour leur augmentation et leur entretien. Le Musée d'Anvers, et celui de Bruxelles qui renferme aussi un cabinet d'armures appartenant au Gouvernement, possèdent plusieurs chefs-d'œuvre de Rubens et autres grands maîtres de l'école flamande. Le Gouvernement n'ayant point de Musée à lui, les tableaux

SCIENCES

cl autres objets d'art qui lui appartiennent, de même que ceux dont il fait chaque année l'acquisition, 'sqnt, provisoirement déposés au Musée de Bruxelles.

Le Gouvernement, voulant perpétuer la mémoire des hommes célèbres de la Belgique, a décrété l'érection de monuments historiques, de statues, à la mémoire des Belges qui se sont illustrés par leurs talents, leur courage, ou des services signalés rendus au pays : à cet effet 50,000 fr. ont été portés au budget de l'État pour 1841. — Une résolution semblable a été prise en 1840 par le Conseil provincial de la Flandre occidentale, qui a voté un crédit annuel do 12,000 fr. pour encourager l'érection de monuments publics aux hommes célèbres qui ont reçu le jour dans la province, et à ceux qui, bien que n'étant pas nés dans la Flandre occidentale, s'y sont distingués par la fondation d'établissements utiles à l'humanité ou par d'autres grands services rendus aux habitants de cette contrée. La Flandre occidentale offre la un exemple qu'il serait beau de voir imiter par les autres provinces.

Uneexposjtion nationale de tableaux, de sculptures, de gravures et de dessins, a lieu tous les ané, et altërijc entre les villes de Bruxelles , d'Anvers et de Gand, de manière que chacune de ces vijles ouvre un salon tous les trois ans. Liège et Malines ont une exposition tous les deux ans. Enfin, dés associations particulières, une à Bruxelles (institut des beaux-arts) et deux à Gand (sociétés royales des beaux-arts) , ouvrent tous les six mois des expositions de tableaux; à Courtrai, une société des beaux-arts, créée depuis quelques années, ouvre également des expositions périodiques et a formé un Musée qui, en cas de dissolution de la société, doit devenir la propriété de la ville.

Les expositions de Bruxelles, les plus importantes de toutes, se font sous la direction de commissions nommées par le Gouvernement; celles d'Anvers sont dirigées par une commission choisie dans le sein- de la Société d'encouragement établie en celte ville, et celles de Gand le sont par la Société royale des beaux-arts et de littérature de la même ville. Les expositions de Liège ont lieu aux frais et pour compte de l'association pour l'encouragement des beaux-arts, et celles de Malines sont dirigées par la Société des beaux-arts dë cètté vjlle.

Kl ARTS. 3ûl

D'après le rapport de la Commission directrice du dernier salon de Bruxelles en 1 8.19 , J'expo&jtion de 1856 avait une supériorité marquée sur l'exposition de 1835, et celle de 1839 a constaté un progrès plus manifeste encore : c'est par un très-remarquable ensemble d'oeuvres distinguées à divers titres qu'elle a brillé; c'est par ses résultats généraux qu'elle s'est principalement signalée à l'attention publique.

L'exposition de 1856 comptait 288 artistes exposants, tant nationaux qu'étrangers, et 610 ouvrages ainsi classés :

Tableaux. 4SI

Miniatures et cadres de miniatures. 15

Gravures 12

Sculptures 45

Cadres de médailles -i

Dessins et lithographies 83

Page 1