‹ Essai sur la statistique générale de la BelgiqueChapitre 35 sur 328 · RAPPORT · texte numérisé non relu

RAPPORT

du nombre des aveugles

Hommes.

Femmes.

Homme*.

Femmes.

la population.

B ruban t. .....

Flandre occidentale. .

Flandre orientale. . .

Hainaut. . . .

Luxembourg. . . .

Namur

Le Royaume (t). .

(i) En 1836 la France comptait 2,096 faveur de la Belgique.

habitants pour un sourd-muet, ce qui donne une différence de 90 en

(t) D'après Yerrata ajouté au 3« recueil offici est de 354,56T; du Brabant 577,209

ecueil officiel de Documens statUtvjues , la population de la province d'Anvers ; du Limbourg 326,737; du Royaume 4,165,953.

Ml

HABITANTS

On compte en Prusse un aveugle sur 795 habitants; en France, 1 sur 800; en Autriche, 1 sur 845; en Saxe, 1 sur 875; en Suisse (dans le canton de Zurich), 1 sur 747; en Danemarck, 1 sur 798; en Angleterre, 1 sur 811. Aussi la Belgique qui, d'après le tableau ci-dessus, a un aveugle sur 1009 habitants, est, sous ce rapport, dans une situation plus avantageuse qu'aucun des pays que nous venons de nommer.

Aliénés. Le rapport entre les aliénés cl la population de la Belgique est comme 1 à 1,000, et celui des furieux, aux autres classes d'aliénés, comme 1 est à 5; le nombre d'aliénés nécessiteux est de plus de moitié du nombre total. L'on a calculé que, dans la période de 4809 & 1825, il est mort 1 aliéné sur 3,62, et il parait que, sur 10 aliénés mis en traitement, on obtient à peine une guérison. Il a été reconnu, dans les établissements de la Flandre orientale, que le chiffre des guérisons est, en général, plus élevé chez les femmes que chez les hommes. La vie intellectuelle de l'homme et les maladies de son esprit se développent surtout vers 25 ans , âge vers lequel se présente le maximum du penchant au crime; C'est entre 45 et 50 que l'imagination et la raison produisent le plus, et c'est vers cet âge aussi que l'aliénation mentale a le plus d'influence, et produit les maladies dont la guérison offre le plus d'obstacles.

Épidémies. Nous avons reproduit dans notre première édition, page 61, les résultats du choléra en 1832; depuis il n'y à plus eu de forte épidémie. D'après les observations de M. Cauchy sur la marche du choléra en Belgique, ce fléau s'établit, de préférence, sur les terrains diluviens, tertiaires et secondaires, mais il respecte, ou, du moins, ménage beaucoup les terrains intermédiaires et primitifs, à moins, cependant, qu'il n'y ait, à proximité, de grandes masses d'eau. « En efflèt, dit M. Cauchy, la presque totalité des provinces de Hainaut, de Namur, de Liège et de Luxembourg a été préservée du fléau; H n'a sévi qu'à Luxembourg, ville placée, comme le savent tous ceux qui se sont occupés de géologie, en Belgique, sur un terrain secondaire, et, même, sur un terrain secondaire assez récent. Il s'est aussi montré, pendant quelque temps, à Namur et dans quelques villages situés sur les bords de la Meuse, en aval de cette ville; mais, indépendamment de ce qu'il ne s'y est déve-

loppé que dans un petit nombre de maisons fort sales et fort humides, il est essentiel d'observer :

1 0 Que tous ces endroits son t situés au bord d'une assez grande masse d'eau, dont le voisinage, ai-je dit, peut contrebalancer l'influence préservatrice des terrains anciens situés à proximité;

2° Qu'ils sont, presque tous, sur le terrain houiller que plusieurs géologues rangent encore parmi les terrains secondaires, et qui est, aux yeux des autres, le plus récent des terrains intermédiaires;

3° Que, par suite de la loi de continuité, entrevue par les anciens et trop méconnue, peutêtre, par les modernes, le choléra ne pouvait s'arrêter brusquement à la limite des terrains anciens, qui n'est pas, elle-même, tracée bien nettement, mais devait venir s'éteindre, insensiblement, sur la lisière qui s'étend au delà comme en deçà de cette limite (1). »

Sinistres ou accidents (î). Entre autres événements extraordinaires ou sinistres, ceux désignés ci-après ont été constatés par les commandants des brigades de gendarmerie dans toutes les parties de province, savoir : en 1838, incendies 410, morts accidentelles 378, suicides 1H, explosion de poudrière 1, duels 15, ouragans 54, navires échoués 16; en 1839, incendies 418, morts accidentelles 474, inondations 53, suicides 115, tentatives de suicide 8, duels 14, blessures accidentelles 86, embarcations échouées 15, orages et ouragans 49, empoisonnements accidentels 5.

Noyés. En 1829, on a compté dans tout le Royaume 230 morts par submersion, et 512 en 1856, 318 en 1837 et 520 en 1858. Ces chiffres se répartissent ainsi entre les provinces :

Flandre occidentale.

Hainaut

Liège.

Luxembourg. . .

(t) Bullet. de l'Acad. de Brux., année 1832, pag. 45 et 46.

(*) Presque tous les renseignements sont fournis par les documents officiels.

HABITANTS

L'année 1839 a été signalée par une effrapnte catastrophe. Dans la nuit du 4 au 5 juin une inondation subite, causée par la rupture d'une chaussée à gauche de laquelle les eaux s'étaient accumulées par une des plus fortes pluies d'orage qu'on ait jamais vues, a détruit huit maisons au hameau de Borght près de Vilvorde; soixantequatorze personnes y ont perdu la vie. Le même orage a renversé plusieurs chaumières dans le vallon de Berthem près de Louvain , et onte personnes ont péri.

Suicides. Le tableau ci-après fait connaître les suicides qui ont eu lieu en Belgique, en 1829, puis dans chacune des cinq années antérieures

Anvers. . . .

Brabant. . . .

Flandre occident.

Flandre orientale.

Ht

LiegOt • • » .

Limbourg. . .

Luxembourg.

Namur. . . .

Sur 263 suicides constatés dans l'espace de 18 mois (de juillet 1833 à décembre 1836) ,

49 appartiennent à l'âge de 51 à 40 ans, 42 — 51 à 60 »

57 — de plus de 60 >

6 — de moins de 21 »

50 âge inconnu. — 125 ont eu lieu par suspension ou strangulation; 61 par submersion; 51 par armes à feu; 15 par instruments tranchants; 8 par chutes volontaires; 2 par le poison; 1 par asphyxie. — Relativement au sexe, le rapport a été de 0,78 pour les hommes à 0,22 pour les femmes. — Enfin, on présume que la démence a causé 78 suicides, l'amour contrarié ou les chagrins domestiques, 43 ; l'ivrognerie et la mauvaise conduite, 22; la misère, 13; le dérangement d'affaires, 9; les souffrances physiques, 9; la crainte d'arrestation ou de condamnation, 9; le dégoût de la vie, 3; la dégradation ou les contrariétés au service militaire, 3; et d'autres causes moins fréquentes ou des motifs inconnus, 74.

La comparaison du nombre total des suicides des quatre dernières années (1835-1838) à la population, donne les résultats suivants :

SaîeMi* Popolalira HuLiuni» po«r PROVINCES. puni»»» U« moyrorjp un micMo

fju.lro :m>if'e«. pjiranncr. par un née.

Anvers. . . ,

Brabant. . . .

Flandre occident.

Flandre orient .

Hainaut. . . .

Limbourg. . .

Luxembourg.

Namur. . . .

Total. . . .

Moyenne par année.

On voit que c'est dans les provinces de Brabant et d'Anvers qu'il y a le plus de suicides et dans celles de Luxembourg et de Namur qu'il y en a le moins. — Sur 515 cas pour lesquels les moyens de destruction employés ont pu être indiqués, il y en a eu 225 par strangulation , 142 par submersion, 84 par armes à feu, 52 par instruments tranchants, 17 par chutes, 12 par asphyxie, cl 5 par le poison. — Les 620 suicides se divisent en 465 du sexe masculin et 155 du sexe féminin, d'où il suit que trois hommes se suicident sur une femme; 548, étaient ou avaient été maries, 267 étaient célibataires, et l'état-civil des 5 autres est inconnu. — Les motifs présumés des 620 suicides se trouvent dans rémunération suivante :

Masculin.

Féminin.

Total.

Ambition déçue. . .

Démence

Honte.

Douleurs physiques. .

Scrupules religieux. .

Chagrins domestiques.

Causes inconnues. . .

le?

(t) Les chiffres de chacune des quatre années 1835- 1838, sur lesquelles cette moyenne est basée, se trouvent ci-dessus page 27, colonne 2.

H MUTANTS.

Autres morts violentes, mais accidentelles. Elles étaient, en 1829, de 266 dont 220 du sexe masculin et 46 du sexe féminin; en 1836, de 419 dont 540 masculin et 79 féminin; en 1837, de 331 dont 292 masculin et 39 féminin, et en 1838 de 477 dont 409 masculin et 68 féminin.

En classant ces morts violentes sous le rapport des accidents qui les ont occasionnées, on trouve les résultats suivants :

Chutes. .....

Incendies

Écoulements de terre.

Asphyxies

Foudre. ....

Aliments

Armes à feu. . . ,

"Chevaux emportés. .

Inondations. . . .

Accidents dans Ici houillères («). En 1839, on a compté dans la province de Hainaut (première division des mines ) , 66 accidents qui ont occasionné la mort de 67 ouvriers et causé des blessures graves à 59; en tout 126 victimes. Dans le premier district qui comprend les arrondissements de Mons et de Tournai, on a compté 44 accidents qui ont occasionné la mort de 41 ouvriers et causé des blessures graves à 45; en tout 86 victimes. Dans le deuxième district comprenant l'arrondissement de Charleroi, il y a eu 22 accidents qui ont occasionné la mort à 26 ouvriers et des blessures graves à 14 autres; en tout 40 victimes. Dans la province de Liège, qui forme la troisième division, il y a eu 38 accidents qui ont donné la mort à 91 ouvriers et causé des blessures graves à 31 ; total 122 vic-

(i) Voy. le supplément du Moniteur belge du 4 fcvTicr 1840.

times (i). Lo cinquième district (rive gauche de la Meuse) a compté à lui seul 23 accidents, qui ont occasionné la mort à 73 ouvriers, et des blessures graves à 24 autres; en tout 97 victimes. Dans le sixième district (rive droite de la Meuse), il y a eu 7 accidents, qui ont occasionné la mort à 18 ouvriers et causé des blessures graves à 7; en tout 25 victimes. — Quatre grands accidents ont accru, en 1839, le nombre des victimes. Deux terribles catastrophes, occasionnées par l'inflammation du gaz souterrain appelé feu grisou, ont eu lieu près de Liège : l'une en juin 1838 dans la houillère de V Espérance qui, comme nous l'avons dit à la page 18, est une des plus profondes du pays; l'autre, le 8 avril 1839, dans la houillère du Horloz : 60 personnes ont perdu la vie dans la première explosion, et 55 dans la seconde; jamais, dans des malheurs semblables, le nombre des victimes n'avait été aussi grand. En outre, 14 ouvriers ont péri simultanément, par suite d'une explosion, le 31 mai 1859, à Bayemont, commune de Marchienne-au-Pont, dans le Ilainaut, et six ouvriers ont été tués et 22 autres blessés par l'effet d'une explosion , le 21 novembre 1839, à Picquery, commune de Frameries (Hainaut). Ces quatre accidents seuls, arrivés dans l'espace d'une année, ont privé de la vie 135 ouvriers et fait un nombre plus grand encore de victimes, si l'on a égard aux veuves, aux orphelins, aux vieux parents, qu'ils ont laissés sans ressources (*).

Accidents par le chemin de fer. Le tableau suivant résume le nombre d'accidents auxquels a donné lieu l'exploitation du chemin de fer jusqu'au 20 novembre 1839.

Tués.

Blessés.

Morts par suit* de blessures.

Total.

(i) Le nombre des accidents arrives depuis sept ans (1832-1838) dans les houillièresdela province de Liège, est de 243 tués et 82 blessés.

(») Voy. Bienfaisance publique au chap. V.

HABITANTS

Non compris deux individus qui se sont décapités en se couchant sur le rail dans l'attente du convoi. — Depuis ladite époque du 20 novembre 4839 jusqu'à la fin du mois de juin 1840, il y a encore eu 5 tués; de sorte que, depuis l'ouverture du premier chemin de fer belge, le 5 mai 1835, jusqu'à la fin de juin 1840, espace dans lequel 7,780,000 voyageurs ont été transportés sur toutes les sections, on compte 20 morts, dont 0 voyageurs seulement, tous victimes de leur imprudence; les 14 autres victimes, appartenant au personnel de l'Administration , ont toutes été frappées dans l'exercice de leurs fonctions- D'après ces données, on peut avancer hardiment que les chances du chemin de fer sont beaucoup meilleures que celles des diligences pour la sécurité des voyageurs. Il est vrai de dire que si les malheurs sont infiniment plus rares sur le chemin de fer, ils peuvent atteindre en une seule fois un nombre de personnes infiniment plus grand; mais il est peu probable que de pareils malheurs arrivent en Belgique où l'Administration déploie constamment la plus grande vigilance et ne néglige aucun soin pour écarter, autant que possible, toute cause de danger (i).

Paupérisme. Avant la révolution de 1850, le rapport du nombre des indigents des provinces méridionales formant aujourd'hui le Royaume de Belgique, a été de 14,5 sur 100 habitants, et, pendant la période de 1851 à 1854, ce rapport a été de 14,8; en voici le détail par province :

Anvers 7,9

Brabant ....

Flandre occidentale.

Flandre orientale.

Hainaut. . . .

Liège

Iiimbounî. . .

Luxembourg.

Namur.

Le Royaume.

14,8 ou un indigent

sur sept habitants environ (i)

(i) Voy. Cliemin de fer au chap. IV.

(s) D'après les travaux de M. Ducpetiaux.

Il est à remarquer que ce sont précisément les provinces où l'industrie a reçu le développement le plus large et le plus rapide, où le taux des salaires de l'ouvrier est le plus élevé, le Brabant, le Hainaut, la province de Liège, où se trouve le plus grand nombre d'indigents, tandis que la province la plus pauvre du Royaume, le Luxembourg , est celle où il y en a le moius. — C'est aussi le Luxembourg qui a, comparativement, le moins de naissances illégitimes, le moins d'enfants trouvés et abandonnés, le moins de suicides, le moins de criminels après le Hainaut, et où, à l'exception de la province de Namur, l'instruction primaire est le plus répandue. Un tel état moral est dû principalement à ce que les richesses, quoique moindres dans cette province que dans les autres, y sont moins inégalement distribuées que partout ailleurs dans le Royaume; ce qui tend à confirmer ce principe d'économie sociale : une valeur moins grande, mais mieux distribuée, vaut mieux qu'une valeur plus grande, mais moins bien distribuée.

Prostitution. Plus de 1,000 filles publiques se trouvaient, en 1850, dans six provinces seulement (i) , savoir :

Brabant. . . . .

Flandre orientale. .

Hainaut

Liège

Limbourg. . . .

Conditions sociales. Le relevé officiel suivant, basé sur un dénombrement fait en 1850, offre l'énumération des professions industrielles et libérales exercées dans sept provinces; les renseignements n'ont pas été fournis pour les provinces de Flandre occidentale et de Namur.

(0 Ce document est officiel. Les renseignements n'ont pas été fournis pour les provinces de la Flandre occidentale , de Luxembourg et de Namur.

H\RIT\[MTS.

Propriétaires et rentiers

Agriculteurs, Jardiniers, Laboureurs. /. . . ,

Entrepreneurs de diligences, Navigateurs, Bateliers, Pêcheurs, Bouliers et Cochers

Fabricants, Négociants, Banquiers, Agents de change, Courtiers, Boutiquiers, Colporteurs. . . . . .

Individus professantdes arts mécaniques et des métiers.

Boulangers, Meuniers, Brasseurs, Boucliers. . , ,

Entrepreneurs de travaux publics et de l'armée. . .

Aubergistes, Limonadiers, Cabareticrs

Ouvriers, gens de peine, Domestiques. . . , . .

Fonctionnaires et Employés salariés par l'État. . .

— — par la province.

— — par la commune.

Membres du barreau cl du notariat

Ministres du culte catholique et autres personnes attachées au service de l'Eglise

— Culte protestant

— Culte israélite.

Professeurs. .

Littérateurs

Journalistes. ...........

Etudiants.

Médecins.

Chirurgiens.

Accoucheurs.

Pharmaciens

Sœurs noires, grises et hospitalières

Peintres.

Dessinateurs.

Architectes.

Sculpteurs

Lithographes

Musiciens

ANVERS

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