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Audenaerdc. . . .
Grammont. . . .
Totaux. ...
Flandre occidentale. 11 a été exporté pendant l'année 1837, par le port de Bruges, 12,585 kilogrammes de lin brut , et par celui d'Ostende, 350,272 kilogrammes. L'exportation en 1836 par Ostende, s'était élevée à 1,186,758 kilogrammes, donc une différence en moins de 856,486 kilogrammes.
L'exportation en France par les bureaux de la frontière, a été de 1,956,023 kilogrammes.
Il a été exporté en lin peigné par Ostende 2,355 kilogr.
Par les bureaux de terre. . .16,414 t
Ensemble. . . . 18,769 kilogr.
Des renseignements recueillis par l'administration provinciale en 1840, ont constaté qu'il existe dans toute la Flandre occidentale 98,303 fileuscs et 24,550 tisserands; c'est près du quart de la population de la province.
Blanchiment. Le blancbîment de la toile a été porté chez nous à un haut degré de perfection. On compte un grand nombre de très-belles et très-importantes blanchisseries dans les deux Flandres, dans le Brabant, dans le Hainaut et dans la province d'Anvers qui possède une blanchisserie à vapeur, la plus importante de la Belgique. Aujourd'hui le blanchiment à la minute (par le chlore) a complètement fait place à celui sur la prairie pour les fils et les toiles de lin, et même en partie pour les toiles de colon.
Cotons (i). L'industrie cotonnière représente, en Belgique, un capital de 60 millions de francs, tant en machines qu'en bâtiments, et occupe 122 mille travailleurs. Cand, S^Nicolas, Liège, Anvers, Turnhout, Malines et Lierre, renferment les fabriques les plus importantes de tissus de coton de toute espèce. Elles produisent annuellement un million et demi de pièces de calicots et 400 milles pièces d'indiennes, ce qui fait une valeur de près de 84 millions, dont les deux tiers se consomment à l'intérieur. Au 1 er janvier 1855, on comptait, en Belgique, 81 machines à vapeur en activité; 385,520 broches, dont 82,175 en non-activité, et 25,509 métiers battants, dont 6,703 en non-activité. Dans ces nombres, la Flandre orientale, principal lieu de la fabrication du colon, est comprise pour 60 machines à vapeur en activité, de la force de 900 chevaux, 15,272 métiers battants et 280 mille broches (a). Les établissements les plus considérables en ce genre d'industrie qui se trouvent à Gand, sont ceux de MM. Rossecl et Compe, Fr. Lousbcrgs, Frans- Claes, Ed. Yanaken et DcBasl. Gand représente,
(i) On sait que ce fut un Belge, Liévin Bawvcns, de Gand , qui , au péril de ses jours et au détriment de sa fortune, importtsur le continent, vers la fin du XVIII e siècle, la connnissance et rétablissement delà filature du coton par la mull-jenny.
(«) Voy. plus loin des documents nouveaux sur les machines à vapeur.
FABRICATION
pour l'importance, les deux tiers environ de l'industrie cotonnière du pays. — L'emploi du coton en laine a été, en 1837 et 1858 de 500,000 kilog. plus considérable qu'en 1836; mais sur la fin de 1838 est survenue une crise qui dure encore et parait provenir principalement du renchérissement de la matière première et de la concurrence redoutable que les tissus de laine font à ceux de coton (i) : les mêmes embarras se font du reste sentir sur d'autres points endehors de la Belgique, tels que Manchester et Mulhouse, ces deux grands centres de l'industrie cotonnière en Europe. — Les impressions sur coton s'exercent principalement à Gand et à Bruxelles, par M. De Hemptinne dans la première de ces villes, et par M. Frédéric Basse dans la seconde.
Soieries. Ce que nous avons dit plus haut, pag. 66 et suiv., de la culture du mûrier en Belgique, donne l'espoir fondé que la soie ne lardera pas à devenir, dans notre pays, une source féconde d'industrie (s) ; Anvers est le principal centre de la fabrication des étoffes de soie ; on y compte une vingtaine de fabriques de tissus de soie de touteespèceeteent métiers. Une fabrique, établie à Lierre, occupe plus de 50 métiers; les velours, satins, gros de Naplcs et autres étoffes, que l'on tirait ordinairement de Lyon, y sont fabriqués avec une perfection de tissage et de couleurs qui semble défier toute concurrence. La fabrique d'Uccle, dans le Brabant, est remarquable pour ses beaux tissus de soie teinte et imprimée. La blonde de soie noire se confectionne avec beaucoup de succès à Beaumont dans le Hainaut, et le fil de soie à Anvers et à Courlrai.
(i) En octobre 1839, on estimait à cinq millions de francs la valeur des tissus de colon entassés dans les 78 ou 79 fabriques de Gand. — La surveillance de la douane élève le taux de la prime de frandc à l'entrée jusqu'à 10 sur les étoffes de coton fines. —Aujourd'hui (1840) la valeur de la production de l'industrie cotonnière en Belgique est descendue à 40 millons, donnant un bénéfice de 22 millions, dont 3 millions en intérêts des capitaux employés et frais généraux, 2 millions en bénéfice du fabricant, et 17 millions en maind'œuvre : il n'y a plus guère que 50,000 ouvriers continuellement occupés à cette industrie, et 60,000 employés par intervalles.
(*) La valeur des soieries importées annuellement en contrebande de France en Belgique, est considérable : on l'évalue à quatre millions do fr. La prime de fraude est de S i/s à 6.
Dentelles. La fabrication des dentelles, aujourd'hui moins florissante qu'autrefois, n'a cependant rien à craindre encore de la concurrence étrangère. La dentelle de Bruxelles, dont le fil est fourni par une partie du lin fin du pays, est supérieure aux diverses sortes de dentelles qui se fabriquent, soit en Belgique, soit à l'étranger : on la recherche dans le monde entier pour la finesse, le goût, la variété et l'éclat du dessin; les manufactures de MM. Tardent-Pirlet, successeurs de l'épouse T'Kiot, et A. Ducpetiaux et fils, de Bruxelles, produisent dans ce genre, de véritables chefs-d'œuvre d'art et d'habileté qui ne sont portés nulle part à un aussi haut degré de perfection. La dentelle de Matines occupe le second rang pour la richesse et l'élégance : elle se fabrique à Malines, à Anvers, à Lierre et à Turnhout; les produits les plus remarquables, en ce genre, sortent des fabriques de M" 1 * veuve Vcydt, à Anvers, de M me Wafelaerts, née Vanderborght et de M. Van Bomberghen, à Malines. Les villes de Bruges, de Menin, d'Ypres, de Courtrai, de Gand, d'Alost, de S'-Nicolas, occupent un grand nombre de bras à la fabrication du point de Valcnciennes. Mons possède une école spéciale pour la dentellerie fine; d'autres écoles de dentellerie se trouvent à Bruxelles (300 à 400 élèves en 1838) , à Anvers { 143 élèves en 1840), à Courtrai, etc.
Tulles. On compte dans le Royaume six à sept fabriques qui sont situées à Bruxelles, Termonde, Bouillon et Malines; elles occupent 40 métiers et 450 ouvriers, mais les brodeuses sont en grand nombre : on l'a estimé dans ces dernières années de 40 à 30 mille; leur journée commune est évaluée à 50 centimes; c'est surtout l'application sur tulle qui occupe à Bruxelles beaucoup de ces ouvrières. Le nombre de brodeuses diminue cependant d'année en année; elles retournent au travail de la dentelle dont la vogue augmente chaque jour davantage. L'exposé de la situation de la province de Luxembourg en 1839, nous apprend que la fabrique de tulles de Bouillon, fondée en 1834 par M. Davreux aîné, a produit, en 1838, 2,800,000 mètres de tulle de cinq centimètres de largeur, de divers degrés de finesse; la main-d'œuvre a coûté journellement 140 à 150 fr. pour 114 ouvriers.
RUBANNERIE ET PASSEMENTERIE. L'indUS-
trie rubannière qui, il n'y a pas longtemps
riBiucAnot».
encore, pouvait alimenter annuellement 1,000 métiers, nourrir 12,000 ouvriers, et procurer à la vente par milliards d'aunes de rubans, a beaucoup perdu de son importance par la concurrence du bon marché. Nous tirons de la France les rubans de soie et de velours, et l' Allemagne inonde la Belgique d'une rubanneric moins solide, moins bien teinte, mais plus apparente que la nôtre; cependant on fabrique encore en Belgique une grande quantité de rubans de toute espèce, principalement à Bruxelles (100 métiers), à Yprcs (80 métiers), à Commines dans la Flandre occidentale (20 métiers), à Hamme dans b Flandre orientale (10 métiers), etc. : la rubanneric occupe dans le pays 1500 individus. La manufacture de rubans de M. de Poorter, qui existe à Bruxelles depuis 1827, emploie continuellement 700 ouvriers : c'est le seul établissement en Belgique où l'on fabrique les lacets; les rubans de 01 et coton qui en sortent luttent avantageusement contre les produits allemands.
La passementerie, autrefois si florissante en Belgique, se soutient difficilement devant la concurrence étrangère; cependant les articles en or et en argent qui se fabriquent à Bruxelles et à Gand, peuvent rivaliser avec ce qui se fait de mieux en ce genre à Paris. La plupart des objets de grosse passementerie pour l'armée, se confectionnent par les condamnés dans les prisons centrales.
Tissus en caout-chouc et en crin. La fabrication des étoffes élastiques en caout-chouc, dont l'introduction en Belgique est due à M.
Meeus-Vandermaelen , est exploitée à Bruxelles par une société qui ne néglige aucun effort, aucune dépense pour y apporter de nouveaux perfectionnements. Cette industrie, qui n'existe dans notre pays que depuis 1850, compte un grand nombre de métiers qui livrent au commerce des articles aussi beaux et aussi solides que ceux fabriqués en France et en Angleterre; en dernier lieu, on a essayé avec le plus grand succès la fabrication des étoffes imperméables pour paletots et manteaux, et les prix de 80 et 70 fr. sont déjà tombés à 50, 40 et jusqu'à 50 fr.
Le tissage de crin est porté, en Belgique, au plus haut degré de perfection : cette industrie compte six ou sept établissements à Bruxelles, Vilvordc et environs; les produits de la maison Cappellemans, à Bruxelles, sont au-dessus de
tout éloge, tant pour la régularité du tissu que pour le bon goût du dessin. On réussit aussi très-bien dans l'impression sur étoffes de crin, dont l'introduction chez nous est récente.
Bonneterie. Cette branche d'industrie, qui occupe chez nous environ 50,000 ouvriers, comprend la fabrication des bonnets, bas, chaussons, jupons, camisoles, gants, mitaines, etc. Elle a son centre principal dans l'arrondissement de Tournai, où l'on compte 2,500 métiers, formant la moitié de ceux qui existent dans le royaume. La bonneterie commune se soutient le mieux et continue à exporter une partie de ses produits, tandis que la bonneterie fine souffre de la concurrence étrangère; la Saxe surtout importe ses produits à un si bas prix qu'il équivaut à peine, pour beaucoup d'articles à nos frais de fabricatîoD. Leuze, Péru^elz, Blaton, Frasnes, Wiers, Montignics, dans le Hainaut, fabriquent des ouvrages communs en laine et en coton; Arendonck , dans la province d'Anvers , produit annuellement près de 220,000 paires de bas de laine, et les plus beaux articles tricotés et tissés sortent des fabriques de Tournai et de Bruxelles.
Chapellerie. Les chapeaux de feutre, fabriqués en Belgique, s'élèvent, sous le rapport de la solidité, de la teinture et de la finesse au-dessus de toute concurrence; mais, depuis l'introduction des chapeaux de soie, l'industrie des chapeaux de feutre, qui exportait beaucoup de ses produits, est considérablement diminuée. Les poils qu'on retire des peaux de lapin du pays excèdent de dix-neuf vingtièmes, les besoins de la consommation ; on leur préfère généralement ceux qui proviennent de Saxe, de Pologne et de Bussie, lesquels surpassent les nôtres en finesse et en longueur : ces peaux donnent des poils de différentes qualités, dont les meilleurs sont employés par nos fabriques; les autres sont exportés après avoir procuré au pays une maind'œuvre de 40 pour % de leur valeur. Notre chapellerie en soie, s'exerce dans presque toutes les villes du Boyaumc, et s'est placée par ses progrès sur la ligne des fabriques étrangères les plus avancées. Bruxelles, Gand, Anvers et d'autres villes possèdent des fabriques de chapeaux de paille; dans la province de Liège, cette branche d'industrie occupe environ 0,000 ouvriers, et emploie un capital de deux millions de francs.
> AlilllLATl()\ .
CtlRS ET PEAUX ; TOILES CIRÉES. Le commerce des cuirs et l'industrie qui les prépare, soutiennent leur ancienne réputation en Belgique. Les principales tanneries se trouvent à Stavelot et à Liège; on en compte aussi un grand nombre à Bruxelles, Namur, Anvers, Gand, Yprcs, Tournai. La fabrication des cuirs vernis, laqués, imprimés, cl colle des maroquins et des basanes teintes, sont parvenues à un degré de perfection qui les font rechercher par l'étranger. I-^es foires de Francfort-sur-le-Mcin sont le principal débouché des nombreuses tanneries qui se trouvent à Wiltz, àClcrvaux et a Laroche, dans le Luxembourg. Le capital que cette industrie emploie est, pour tout le Boyaume, de 57 millions de fr., dont environ 20 millions sont perdus pour la Belgique, parce qu'ils se trouvent dans la partie cédée du Luxembourg. — La. Belgique fournit à la France plus de pelleteries que ce pays n'en importe chez nous. Il existe aussi dans le Boyaume plusieurs fabriques de gants.
L'industrie des toiles cirées est arrivée à un point qu'elle peut soutenir toute rivalité avec la France et l'Angleterre. Les meilleurs produits en ce genre sortent de la fabrique de M. Jorez fils, à Molenbeek-S'-Jcan, lez-Bruxelles.
Papeterie. Les manufactures de papier sont en progrès en Belgique, et par le nombre et par la qualité de leurs produits. En 1856, on ne comptait dans tout le pays que sept fabriques de papier continu; en 1839, ce nombre s'est trouvé porté à quatorze, dont deux sont perdues pour la Belgique par suite du morcellement du territoire, celle de Burcmonde dans le Limbourg, et celle de Senningen dans le Luxembourg. Actuellement la production totale du papier de toute sorte fabriqué dans le pays, tant par les procédés mécaniques qu'à la main d'après l'ancien système, dépasse un million de rames par an, d-une valeur de plus de neuf millions de francs; il est arrivé, dans ces dernières années, que les papeteries du pays ne suffisaient pas pour pourvoir aux demandes qui leur étaient faites, cl nous continuons à tirer de France et d'Allemagne le papier de poste, de lithographie et de couleur.
La fabrication du papier de tenture a fait, depuis une dixaine d'années, assez de progrès à Bruxelles, à Liège, à Louvain, à Gand, pour que nous puissions espérer d'êlre bientôt délivrés du
tribut que nous payons depuis longtemps aux fabricants de Paris.
Typographie, lithographie et remure.
La typographie est une industrie d'autant plus précieuse pour la Belgique, que toutes les impressions se font sur du papier et avec des caractères fabriqués dans le Boyaume, qui comptait en 1838, 429 presses, dont la moitié environ pour Bruxelles seul, y compris neuf presses mécaniques qui représentent, chacune, neuf presses à la main. Bruxelles possédait aussi, la même année, dix fonderies de caractères, les seules, croyons-nous, qui existent dans le Boyaume. On imprime beaucoup et très-bien en Belgique : nos imprimeurs peuvent lutter aujourd'hui avec ceux de Paris, tant sous le rapport de la beauté et de la netteté de l'exécution typographique, que sous celui de l'exacte correction des textes. La valeur créée annuellement par la typographie belge peut être portée à dix millions de francs, prix de librairie; environ un quart de cette somme représente les réimpressions d'éditions étrangères mais principalement d'éditions françaises. Bien souvent ces réimpressions , telles que les traités de jurisprudence et autres productions sérieuses, sont des éditions compactes à deux colonnes, que les éditeurs de Belgique peuvent livrer au tiers, au quart et même au cinquième des prix des éditions de Paris. Nous verrons, au chapitre de la culture intellectuelle , que chez nous le nombre d'ouvrages originaux ne cesse de s'accroître de jour en jour.
Les premières tentatives de la lithographie en Belgique furent faites à Bruxelles en 1817 par une réunion d'amateurs sous la direction de Cari Senefelder, parent de l'inventeur de la lithographie, Aloys Senefelder. Dès l'année suivante, en 1818, la même ville vit s'ouvrir nn établissement lithographique rue de Loxum, et plus tard le bel établissement rue de la Chancellerie, l'un et l'autre par M. Jobard qui est ainsi le fondateur des premiers établissements lithographiques dans notre pays. Aujourd'hui cet art a atteint chez nous un degré de perfection réellement étonnant : les lithographies sorties des presses de MM. Dewasme-Pletinckx, Simonau et autres à Bruxelles, peuvent lutter avantageusement avec les meilleurs produits de l'Allemagne. Bruxelles renferme aussi un établissement important pour la lithographie des cartes géographiques : c'est le magni-
FABRICATION
fiquc établissement de M. Ph. Vandcrmaelen, )e plus considérable qui existe en ce genre. Comme nous ne le mentionfl^yci que pour sa partie industrielle, nous nous Bornerons à dire que les nombreuses publications qui sortent chaque année de ses ateliers se recommandent de plus en plus par leur exactitude et leur perfection. — ■ La gravure sur cuivre et sur bois, pour laquelle le Gouvernement a institué une école à Bruxelles, n'est encore exercée que sur une très-petite échelle : jusqu'à présent elle n'a guère servi qu'à illustrer des ouvrages imprimés; mais une œuvre capitale nous est promise : c'est la gravure au burin , dans la grande et belle manière de nos anciens maîtres, du beau tableau de M. Decaisne la Belgique récompensant ses enfants les plus célèbres, tableau qui a figuré à l'exposition à Bruxelles en 1839.
La reliure belge se recommande autant par le soin et la solidité de la confection, que par le bon goût dans le choix des ornements; elle peut, quant au prix, soutenir la concurrence contre les produits français analogues.
Ébénisterie. Nos ébénistes rivalisent avec ceux de Paris pour l'élégance comme pour la solidité des meubles, dont la consommation annuelle, pour toute la Belgique, est évaluée à douze millions de francs, y compris les meubles grossiers en bois peint. Les ébénistes sont surtout nombreux à Bruxelles; beaucoup d'entre eux exposent à prix fixe leurs produits dans les bazars où la richesse du choix et le bon marché attirent le consommateur. Beaucoup de meubles fabriqués en Belgique se placent à l'étranger, en Allemagne, en Hollande, en Angleterre, en Espagne, en Amérique : on confectionne en Belgique, d'après des procédés mécaniques, des parquets plaqués en bois exotiques, dont la perfection est telle qu'ils sont demandés à l'étranger et même en France; il s'en trouve aux Tuileries et au Palais- Royal. Spa, bourg célèbre par ses eaux minérales, est en possession d'un commerce d'ouvrages en bois peints et vernis connus partout sous le nom de boites de Spa.
Orfèvrerie et fabrique de bronze.
Quoique l'orfèvrerie soit travaillée en Belgique d'une manière satisfaisante, elle laisse cependant à désirer pour la pureté et l'élégance des formes comme pour le fini de l'exécution; en général nos produits restent au-dessous de ceux de Paris que nous cherchons à imiter. Les établissements
les plus importants sont à Bruxelles cl à Liège, et c'est aussi dans ces deux villes que la joaillerie et la bijouterie fines s'exécutent le mieux. La bijouterie d'Anvers jouit d'une estime méritée.
La fabrication des bronzes a été essayée à diverses reprises à Bruxelles; mais la supériorité de ceux de France les fait préférer aux nôtres qui soutiennent ainsi une concurrence difficile avec les produits des manufactures de Paris. Un établissement, qui vient de se créer à Gand, paraît avoir plus d'éléments de succès que n'en ont les fabriques de Bruxelles.
IIorlogerie. L'horlogerie belge, qui tire de la Suisse la matière première des articles qu'elle livre au commerce, est loin d'en être arrivée à la perfection. La France et la Suisse nous inondent de leurs produits. En 1833, M. Lcfebvre, horloger à Liège, a établi, entre celte ville et Chcnée, une fabrique d'horloges mue par une machine à vapeur ; cet établissement est en progrès, il produit des mouvements d'horloge qui remplacent avantageusement, et pour la qualité et pour le prix, les horloges en bois d'Allemagne. Dans le but d'encourager l'horlogerie de précision, le Gouvernement, par arrêté du 24 septembre 1852, a institué des médailles pour être décernées à ceux qui produisent les instruments les plus perfectionnés ; jusqu'ici deux chronomètres seulement ont été présentés, et il n'y a eu qu'une médaille décernée, elle était en vermeil.
Instruments de physique et de mathématiques. Nous possédons, particulièrement à Bruxelles, plusieurs fabricants d'objets qui servent à l'étude des sciences exactes. Au premier rang de tous ceux qui s'occupent chez nous de cette partie, sont MM. Thémar et Sacré : leurs ouvrages jouissent, dans toute la Belgique età l'étranger d'une réputation justement méritée, et cependant leurs établissements comme tous les autres du même genre se soutiennent difficilement, parce qu'on préfère généralement les instruments qui viennent d'Angleterre et de France à ceux fabriqués dans le pays.
Instruments de musique. Cette industrie a fait chez nous des progrès importants depuis peu : il n'y a qu'une douzaine d'années, Bruxelles n'avait que deux constructeurs de pianos pour tout le pays; aujourd'hui celte ville en compte quatorie, et il s'en trouve à Anvers, à Gand , à
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Bruges, à Liège, à Namur et dans d'autres villes moins importantes. Ils livrent tous les ans mille à onze cents pianos qui présentent le double avantage de la solidité et du bon marché. Bruxelles compte plusieurs fabricants de pianos du premier ordre : les produits perfectionnés des Lichtenthal, des Hoeberechts, des Groetaers, réunissent, à un degré remarquable, les avantages qui constituent le mérite de ces instruments; ils sont déjà plus estimés que ceux d'Allemagne, presque aussi bons et aussi beaux que ceux de Paris et de Londres. Puis viennent les instruments à vent de tout genre, dont la supériorité est incontestable, tant pour la justesse des sons que pour l'élégance des formes et la richesse des ornements. Bruxelles possède, pour la fabrication de cet article, un établissement qui est, dans son genre, sans rival en Europe : c'est celui de M. Sax, qui a pris rang parmi les premiers fabricants d'instruments à vent; ce facteur a non seulement fait subir une révolution complète aux instruments à vent, il a encore embrassé à la fois la fabrication de tous les instruments, ce qui était sans exemple jusqu' à-présent. Il expédie ses produits à Paris et dans d'autres villes de France, à Francfort, à Cologne et à Lisbonne. Les instruments à cordes qui sortent des ateliers de nos facteurs s,ont justement estimés: mais il s'en fabrique peu en Belgique.
Métallurgie. L'abondance du fer et du combustible en Belgique a donné lieu à l'établissement de plusieurs forges considérables où l'on fabrique la fonte, te fer, la tdle, l'acier, le zinc. Cette industrie est agglomérée en trois groupes principaux : celui du rivage, sur les bords de la Meuse, depuis l'entrée en Belgique de ce fleuve, jusqu'à la limite des provinces de Namur et de Liège ; le groupe de PEntre-Sambre-et-Meuse (dans lequel nous comprenons ici les usines du canton de Couvin), et le groupe de Charleroi (auquel nous rattacherons les usines de Clabecq près de Tubisc). D'autres hauts-fourneaux sont échelonnés sur le Hoyoux, sur l'Ourle et sur les nffluents de cette dernière rivière. Indépendamment des hauts-fourneaux , il y a dans le pays 175 forges, laminoirs, affineries et martinets pour la conversion de la fonte en fer en barres. Cest à la Belgique qu'est dû l'honneur de l'invention deô hauts-fourneaux; les premiers essais pour le traitement du minerai par 1« coak
(houille carbonisée), importé d'Angleterre, ont eU lieu vers 1788. A partir de 1834, l'esprit d'association a imprimé à la forgerie en Belgique le plus grand développement qu'elle ait jamais eu : d'immenses établissements s'élevèrent sur les bords de la Sambre, au Monceau, à Couillct, à Châtelineau et sur les rives de la Meuse dans la province de Liège. En 1837, il y avait en activité dans le Royaume 25 hauts-fourneaux au coak, et 66 au charbon de bois, ensemble 89; mais, en 1839, il n'y en avait plus que 17 au coak et 52 au bois, total 69 (i).
Tableau général des Hauts-Fourneaux en 1839.
NOMBRE
PROVINCES