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L'HISTOIRE DES BELGES

Le nom de Bdgium, qui se rencontre dans César, parait avoir désigné primitivement une contrée de la Gaule, occupée par des Bellox>aques, des Ambianois et des Âlrébales, aux environs d'Amiens et peut-être aussi de Senlis. Les Romains appliquèrent cette dénomination de Bdgium à tout. le Nord de la Gaule, jusqu'à la Marne et à la Seine, qu'ils divisèrent, probablement pour la commodité de l'administration, en deux provinces : Première Belgique (chef-lieu Trêves) à l'Orient; Seconde Belgique (chef-lieu Reims) à l'Occident.

Lorsque dans la suite les légions romaines eurent envahi la Germanie, les cantons septentrionaux de la Belgique furent joints aux terres conquises sur les Germains et formèrent deux nouvelles provinces : Germanie Supérieure (cheflieu Mayence) à l'Est; Germanie Inférieure (chef-lieu Cologne) au Nord-Est.

Alors le territoire de la Belgique, qui ressortissait au préfet des Gaules, se composait des quatre provinces que nous venons de nommer et dont les limites étaient comme suit :

Germanie Supérieure, sur la rive gauche du Rhin, entre ce fleuve et les Vosges ;

Germanie Inférieure, vaste contrée qui occupait toute la rive gauche du Rhin jusqu'à la mer et touchait au Sud la Germanie Supérieure et les deux Belgiques; cJlc était arrosée par la Meuse, et l'immense foret des Ardcnncs en couvrait presque tout le Sud;

Première Belgique, au Sud de la Germanie Inférieure, et à l'Ouest de la Germanie Supérieure, dont elle était séparée en partie par les Vosges, et était arrosée par la Moselle et la Meuse ;

Seconde Belgique, à l'Ouest de la Germanie Inférieure et de la Première Belgique, touchait à l'Océan Germanique au Nord, au Pas-de-Calais à l'Ouest; ses principales rivières étaient : l'Escaut, la Somme, et l'Oise qui reçoit les eaux de l'Aisne.

Les habitants de la Belgique proprement dite ('première et seconde) formaient une population de Gaulois, auxquels s'étaient mêlées des hordes germaniques bien avant la venue des Romains; ces hordes avaient reçu l'épithètc cimbrique de belg, qui signifle belliqueux, d'où est venue la dénomination de Bdgium, Belgica, Belgique.

Jules César, vainqueur de la plus grande partie des Gaules, attaqua les Belges dans leurs plaines bourbeuses et leurs forêts vierges défendues par plus de 300,000 combattants. La lutte fut des plus opiniâtres et dura six années; les Nerviens, résolus de résister jusqu'à la mort, harcelèrent constamment les légions en marche, et livrèrent à César, au passage de la Sambre, un combat dont leur redoutable infanterie rendit le succès longtemps douteux ; presque tous furent anéantis, et les Aduatiques, qui restèrent les derniers à subjuguer, virent réduire à l'esclavage cinquante-trois mille des leurs. Ainsi fut établie en Belgique la domination de Rome, l'an 57 avant Jésus-Christ

Nous avous dit en commençant comment les Romains, devenus maîtres de celte portion de la Gaule, la divisèrent en Première et Seconde Belgique. Maintenant nous énumérerons les peuplades qu'ils y trouvèrent; car alors les Belges formaient plusieurs nations ou tribus distinctes et indépendantes, cl le sol qu'ils habitaient était loin d'offrir l'aspect brillant qu'il a aujourd'hui;

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et) n'était qu'un désert couvert de forêts immenses et rempli d'ours, de chevaux sauvages et d'autres animaux nuisibles qui disparurent du pays à mesure que les landes furent défrichées et les marais desséchés. Les habitants de ces forêts durent être nécessairement chasseurs et pasteurs, ils élevaient des troupeaux nombreux, avaient la meilleure cavalerie des Caules, et préféraient de beaucoup la chair et le lait au pain et aux végétaux. Leur religion était celle des Germains et des Gaulois, avec la hiérarchie sacerdotale des druides, des devins et des bardes; dans la suite les Romains y implantèrent leurs temples et leurs idoles. Les affaires publiques étaient entre les mains d'une espèce de noblesse composée des chefs des clans (tribus formées d'un certain nombre de familles) ; le peuple prononçait sur les affaires majeures, et l'élection des généraux et des magistrats se faisait par la noblesse et le peuple réunis : des chefs annuels, pris dans la noblesse, présidaient les assemblées, leur faisaient des propositions et les aidaient de leurs conseils; ils n'avaient pas d'autre autorité. Voici le dénombrement de ces peuplades.

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