‹ Essai sur la structure microscopique du reinChapitre 13 sur 31 · GRENOUILLE · texte numérisé non relu

GRENOUILLE

Les reins de la grenouille sont assez volumineux, aplatis d’avant en arrière, de forme ovalaire, quelquefois légèrement lobulés sur les bords. L’uretère s’y rend par l’extrémité postérieure; il longe pendant quelque temps le côté externe de la glande avant de pénétrer dans le parenchyme.

Le rein de la grenouille a été étudié par Hyrtl, Roth et Hüfner. Je suis heureux d’avoir obtenu les mêmes résultats que ces anatomistes.

1° Canalicules urinifères.

En examinant à la loupe la face dorsale du rein de la grenouille, on voit l’uretère longer le bord externe et donner par son côté interne des rameaux se dirigeant vers le bord rachidien de la glande. Ces rameaux se bifurquent plusieurs fois à angle aigu et marchent parallèlement aux branches de la veine porte rénale. Sur des sections perpendiculaires au grand axe de la glande, on reconnaît que ces rameaux portent les canalig. . s

cules proprement dits, se séparant d’eux dans une direction perpendiculaire.

Pour étudier le trajet des canalicules, il faut recourir à la méthode par isolement. J’ai obtenu les résultats suivants :

Les ramifications de l’uretère fournissent, à des intervalles assez rapprochés, des canalicules très-fins et transparents, dans lesquels on reconnaît parfois un épithélium cylindrique évident (pl. VIII, fig. I).

Après un trajet assez court, le canalicule change de caractère, il devient d’un aspect plus foncé et s’élargit. Son contenu est granuleux et la lumière du canal moins évidente. Cette portion du canalicule est contournée et longue (fig. II).

Ces deux premières parties ont été désignées par Roth sous le nom de partie excrétante du canalicule ( ausfùhrender Theil).

La portion excrétante aboutit à un canal plus étroit, transparent, rappelant par son aspect le canalicule urinifère à son origine. C’est le canal de réunion ( Verbindungskanal ). Il est court et rectiligne (fig. III), s’élargit subitement pour former le canal sécréteur de Roth ( secretorischer Theil). Ce canal est fortement granuleux, très-long et contourné. Il conduit au glomérule.

La capsule de Bowman est rattachée au canalicule par fin col à diamètre très-faible, à trajet rectiligne de peu de longueur et d’une grande transparence (fig. IV).

Dans tout ce trajet si complexe, le canalicule ne montre ni bifurcation ni anastomose. La capsule de Bowman est toujours sa terminaison.

J’ai isolé assez facilement les différentes portions du canalicule. Ainsi j’ai obtenu les origines des canalicules, la portion excrétante reliée à la partie sécrétante par le canal de communication et la partie sécrétante unie à la capsule. Je n’ai pu isoler un canalicule complet, c’est-à-dire dans toute sa Ion-

gueur; une fois cependant j’ai été assez heureux pour voir en continuité directe la partie excrétante, le canal de communication et une faible partie de la portion sécrétante (fig. V).

Les injections faites par l’uretère prouvent que la continuité existe jusqu’aux glomérules. Gerlach, Hyrll ont vu leurs injections arriver jusque dans la capsule de Bowman; moi-même j’ai pu (pl. VII, fig. XI) répéter l’expérience. Toutes les capsules ne s’injectent jamais; mais peut-on en conclure que ces capsules non injectées appartiennent à des tubes fermés de Henle, comme le semble faire Hyrll? Évidemment non : les causes capables d’arrêter la matière à injection sont trop nombreuses.

Les diamètres exacts des diverses portions du canalicule urinifère sont indiqués dans le tableau suivant :

Capsule : longueur, 0mm,147 à O"1111, 252, largeur ; 0mm,126 à 0mm,210

Col: » 0mm,210 » 0mm,021

Canalicule sécréteur » 0mm,063

Canal de communication » 0inm,021

Canal excréteur granulé » 0mm,042

Canal excréteur transparent » 0nim,0336

Tronc des canalicules » 0mm,063

Les mensurations de Roth sont un peu inférieures aux miennes.

L’épithélium des diverses régions du canalicule peut être étudié, même sur les pièces macérées dans l’acide chlorhydrique. L’épithélium cylindrique de la première portion se conserve assez bien. Dans la seconde portion, il s’altère facilement, mais se distingue du précédent par ses cellules fortement granuleuses. Dons le canal de communication, l’épithélium se voit rarement. Si les préparations ne sont pas trop influencées par l’acide, on reconnaît que les parois du canal sont tapissées de cellules aplaties, à contenu transparent et à noyaux apparents (fig. XV). Le canal sécréteur est rempli par une masse granuleuse,

lancée, dans laquelle se remarquent de nombreux points clairs brillants. A un fort grossissement.on reconnaît que ces points sont de gros noyaux sphériques réfractant fortement la lumière (fig. XVII). Sur de bonnes préparations on reconnaît qu’ils sont renfermés dans des cellules cuboïdes à contenu granulé (fig. XVI). Sur des coupes d’organes durcis dans l’acide chromique, cet épithélium polyédrique est très-visible.

Dans le col de la capsule, les cellules se reconnaissent difficilement. D’après les auteurs, ce sont des cellules vibratiles à cils disposés de manière à établir un courant allant du glomérule vers le canalicule. D’après Mecznikow, les mêmes cellules existent dans le canal de communication. Leur mouvement se constate sur des reins frais; l’eau l’arrête rapidement. La capsule est tapissée d’un épithélium pavimenteux se continuant avec celui du col.

L2° Vaisseaux sanguins.

- L’aorte descendante donne ordinairement chez la grenouille cinq artères rénales à chacun des deux reins. Ces artères gagnent le bord interne du rein, suivent en se ramifiant la face ventrale et portent à leur extrémité externe les glomérules. Ceux-ci occupent la face ventrale de l’organe. Sur la face dorsale il n’y en a pas. Ils sont situés sur d.eux couches, une couche superficielle et l’autre profonde. Leur volume, assez notable en général, varie. Hyrtl a signalé que les glomérules les plus éloignés de l’artère rénale sont moins volumineux que les autres.

Les glomérules sont constitués par une réunion de capillaires. Hyrtl a constaté sur des reins imparfaitement injectés une division de l’artère afférente en un grand nombre de branches secondaires.

L’artère efférente est toujours beaucoup plus faible que l’artère afférente. Elle abouche dans un réseau de canaux assez volumineux, formant un véritable plexus veineux. Il n’existe pas

de réseau capillaire proprement dit. De ce plexus sortent : -1° les racines de la veine rénale , dont les branches parcourent la face ventrale de l’organe; 2° les premières branches de la veine porte , qui occupent au contraire la face dorsale du rein et dont le tronc longe le côté externe de l’organe.

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