‹ Essai sur la typographieChapitre 36 sur 44 · MARSEILLE · texte numérisé non relu

MARSEILLE

L'imprimerie n'y futintrodiiileque très-tard. L'aïeul du célèbre prédicateur Jules Mascaron imprima en 1 594 les Poésies de la Bellandière et celles de Saint-Paul. C'est le premier livre qui ait paru à Marseille.

Par un acte du 5 novembre 1594 :

« Les consuls de la ville de Marseille, comme cupides et désireux de l'ornement et décoralion d'icelle ville, ayant depuis quelques années tâché d'établir l'imprimerie, tant nécessaire et importante à une telle ville qu'est celle-cy; attendu que enlin se seroit présenté M. Pierre Mascaron, marchant libraire, habitant au dict Marseille, qui sachant le désir des dicts sieurs consuls, se seroit offert à leur faire avoir en cette ville la dicte imprimerie ; ce qui auroit été accepté par les dicts consuls, etc. Pierre Mascaron s'engage à dresser et exercer la dicte imprimerie dans le mois prochain, et les consuls promettent de lui payer annuellement 300 écus d'or, de lui fournir un local convenable, et de l'exempter de gardes » (3).

Mais il parait que l'imprimerie de Mascaron, non plus que celle d'un nommé Antoine Arnoux , qui fut imprimeur à Marseille de 1G00 à 1602, n'existèrent que pendant quelques années, puisqu'on voit Henri Carrel, imprimeur à Aix, proposer en 1617 à la ville de Marseille d'y établir une imprimerie, attendu qu'elle n'en possède aucune (4).

(i) Un exemplaire de cette édition relié en vélin blanc, et portant les armes de De Thon, fut vendu il francs ss cent, à la vente de Firmin Didot, en isii. C'est ce même exemplaire, dit M. Brunet, qui atteignit le prix de t>27 francs à la dernière vente de Charles Nodier. Ce qui est plus curieux encore , c'est que celui qui porta l'enchère jusqu'à 526 francs était lui-même présent à la vente de la bibliothèque de Firmin Didot lorsque ce môme exemplaire fut adjugé pour il francs as cent.

(a) Il en fut de même pour M. A. Tastu, qui s'était distingué a Perpignan comme imprimeur habile et instruit.

(3) Son fils Antoine Mascaron, père du prédicateurfut un célèbre avocat au parlement d'Aix.

(4) Registres de l'hotel-de-ville , 28 décembre ibu. Voy. la Notice sur l'Origine de l'Imprimerie en Pro-

Encycl. MOD. — T. XXVI.

il a pu M-:

Cependant en 1614 le* "/./"< U Soin Dame, etc., pour in fraterniU Dame (FAdjude , dite in i \ inltt i << ."•■ dt la ville de Marseille,) avaient été imprim/ par Philippe Coignat ;e( le g juin

et 17 juillet 1614 , rédigea bien plus pai chambre de commerce qui- par dm demie, stipulent - que cet imprimeoi les dits livres de la longueur chacun d pan et demy car de long, et DUg pan moina demi car de large. En cas qu'il foase quelque faute en imprimant, le dit Coigna| lera tenu refaire à ses propres coùls et dépens redit iceux livres. »

Ce qui prouverait que Marseille était dépourvue d'imprimerie dès 1615, c'estque l'administration, qui accepta la dédicace failt- ;i ses consuls par Hector Solier dos Antiquités de la ville de Marseille et en favorisa la publication par une somme de 1 ,000 livres, soûl - (rit que ce livre parût ailleurs qu'à Marseille (I).

En 1641 Claude Garcin vint rétablir l'imprimerie dans cette ville, qui lui alloua 100 livres de gages. En 1669 l'évoque arménien Uscan obtint du roi, par la médiation du chevalier d'Arvieux,savanl orientaliste, un privilège pour imprimer à Marseille en langue arménienne les livres nécessaires à la religion de son pays. Eu 1662 le patriarche des Arméniens avait envoyé Uscan en Europe pour y faire imprimer la Bible, dont les manuscrits coûtaient 500 écus. L'évêqne de Marseille surveilla l'impression; mais Uscan élant mort à Marseille en 1674, des difficultés survinrent entre les nouveaux associés, et des accusationsd'hérésic firent suspendre les travaux. L'imprimerie retourna à Amsterdam, où une Bible Arménienne avait été précédemment imprimée.

Marseille perdit ainsi un établissement qui eût pu lui être avantageux. Quelques livres arméniens de peu d'importance y fuient imprimés.

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