‹ ESSAI sur Le CerveauChapitre 3 sur 4 · N. GUILLOT · texte numérisé non relu

N. GUILLOT

J E ne veux pas terminer mes études médicales sans témoigner ma reconnaissance aux sayans professeurs qui ont bien voulu m’honorer de leurs conseils et de leur appui. Si je place ici les noms de MM. Kapeler, Magendie, Marjolin, Rostan, ce n’est pas que cet essai soit digne de leur être

offert ; je veux seulement lui donner une valeur qui m’empêche de l'oublier.

Daxs l'étude des deux substances du cerveau , on n'a tenu compte que des rapports qui existent entr’elles deux, quoique dans la plupart des cas ces rapports soient encore très-mal indiqués. Ceux qui s'établissent entre l’encéphale et le système artériel ont été méconnus, et me paraissent cependant mériter un examen spécial lorsqu'o on observe la structure ou les lois physiologiques du cerveau.

Ce qui a probablement empéché jusqu'ici de décrire les principaux faits qui résultent de ce rapport, c'est, je crois , l'habitude où l'on a été de ne faire servir en aucune manière l'injection des vaisseaux à l'étude de la masse centrale du système nerveux. Quoique les liquides que l’anatomisite peut employer rompent souvent, au lieu de pénétrer, les canaux si délicats dans lesquels on les lance, “il n’en est pas moins vrai que, dans bien des cas, les données qui résultent de leur coloration ne puissent être tout à fait utiles.

Je ne traiterai principalement dans cet essai que de faits anatomiques , et rapidement, parce que je suis forcé de me limiter.

En considérant les chosés du point de vue que j'indique, on verra d’abord, à la première inspection, sans beaucoup de peine , que l’une

des deux substances se trouve en quelque-sorte placée à l'extrémité des divisions artérielles , interposée entre celles-ci et la matière blanche du reste de l’encéphale. |

Quelle est la nature de l’union de ces deux matières si différentes ? Je m'abstiens d'émettre ici mon opinion sur une question si savamment débattue; je passe aux faits principaux, qui me paraissent accompagner le développement et l'existence de ces substances, en demandant grâce pour la rapidité avec laquelle je les exposerai.

Dans les premiers temps de la vie fœtale, toute la masse centrale du système nerveux, à peu près identique dans toutes ses parties, m'a paru 5e comporter de même dans tous ses rapports avec le sysième vasculaire; on suit des vaisseaux jusqu’à sa surface, au-delà il est extrêmement difficile de les distinguer. Ce que l'on nomme vésicule n'est que le réseau formé par les vaisseaux dans ces petits embryons. Vers le sixième. mois, époque à laquelle on distingue les deux substances, mais où la substance blanche,est en proportion bien moindre , le cerveau est traversé par de nombreux vaisseaux à peu près également partout ; éependant on commence à voir sur certains points , aux tubercules quadrijumeaux , par exemple , une quantité plus grande qu'ailleurs de ces artères. C’est à cette époque en même temps que se manifestent les séparations des faisceaux blancs, que

se modifient dans lencéphale les différens rapports avec le système vasculaire; aussi trouve-t-on, avant ces changemens , des artères :

là où, plus tard, elles auront disparu , comme j'en parlerai. plus Join ; aussi alors yoit-on les ramifications vasculaires divisées également, et généralement répandues dans toute la pulpe.

Mais cette pulpe du fœtus, que l’on assimile d'ordinaire: à la substance grise de l'adulte, est-elle réellement la même? Je suis tenté de ne pas le croire , tant son développement me paraît lié à celui des divisions vasculaires qui s'y portent , qui paraissent la sécréter, tandis

que le contraire, comme on le verra. dans, la. suite de cet ouvrage,

existe chez l'adulte. ga

Tel est l'exposé bref des rapports vasculaires du cérveau ; tant que l'individu vit dans l'utérus, séparé de tout contact avec l’extérieur , tant qu'il n'y a pour lui qu’une nécessité , celle de croître. Audelà de la naissance, lorsque l'animal commence une autre vie, lorsque les nombreuses communications s’établissent avec le dehors, lorsqu'il respire, que son cœur lance au cerveau un sang d’une nature particulière, les actions du système circulatoire cessent d’être - générales, les divisions extrêmes des artères paraissent se séparer dans l'encéphale, sur les différentes portions circonscrites de substance grise ; le reste de la masse encéphalique ne semble plus alors destiné à les recevoir, et se laisse seulement traverser par les vaisseaux sur la route desquels il se trouve.

À chacun des endroits où se trouvent les artères ainsi localisées , les masses grises constituent évidemment différens organes, dont je vais d'abord parler.

La substance grise, chez l'adulte, est à la surface de l’encéphale, ou bien elle se trouve dans son intérieur ; dans le premier cas, les artères rampent à la surface ; dans le deuxième, elles pénètrent, et vont se porter directement aux masses de substance.

Le nombre des artères qui tapissent la substance grise de la surface, celle que l’on nomme corticale, est prodigieux chez l'homme ; difficilement on se ferait au premier examen une idée de leur quantité, car peu de différences les font alors distinguer des veines. Des injections fines sont indispensables pour les bien étudier, d'autant qu'on n’a plus la crainte de confondre les extrémités artérielles et les extrémités veineuses, l'injection ne dépassant jamais la substance grise, quoique la pénétrant souvent. À défaut de ce moyen, on peut anatomiser les vaisseaux artériels dans la substance grise, dans certaines conditions de l'existence : chez les maniaques, cette observation sera rendue si facile, par le volume différent de ces vaisseaux, que tous ceux qui en ont ouvert l'ont faite. C’est cet état que bien des pathologistes ont regardé comme la cause de la folie, |

(ro) se

Sur tous les points de l'extérieur de l’encéphale, le contact entre les molécules sanguines et la substance cérébrale se fait sur une surface toujours fort irrégulière chez l’homme, et dont la régularité est le plus souvent très-remarquable chez les animaux; son étendue; si variée dans les différentes races d'hommes, dans tous les individus et daus les différentes espèces d'animaux, est réglée par les reliefs des eireohvolutions et la profondeur des anfractuosités. Gette étendue de matière, partout en rapport avec les extrémités artérielles , a-t-elle quelque influence sur l'animal tout entier ? J'ose le croire, toutefois avec réservé. Comment se comportent ces artères après avoir pénétré cette substance? La traversent-elles lorsqu'elles ont été divisées au contact? Je ne le crois pas : il m'a toujours paru que les vaisseaux ; sauf quelques gros troncs, se perdaient immédiatement après leur entrée dans la substance grise ; je dis la même chose pour le cerveau, le cervelet, car les deux matières corticales sont identiques, et ne varient que par les degrés de leur coloration et les différences de leurs reliefs.

La surface extérieure de l’encéphale n’est pas toute composée de cette pulpe corticale : une grande partie est formée par les faisceaux blancs de transmission ou dg,communication. Ici les artères écartent les fibres, pénètrent entr’elles, et , sans s'arrêter à la surface, vont gagner directement les masses grisâtres qui se trouvent à l’intérieur. Ceci ést surtout remarquable au prolongement rachidien, à la protubérance annulaire , et dans les différens sillons qui la séparent des faisceaux irradiés ; comme à ces endroits ce n’est pas à la superficie , que c'est au-delà que se rendent les vaisseaux , il n’y a pas de réseau superficiel.

Dans l’intérieur de l’encéphale, la substance grise se présente sous trois conditions différentes : ainsi la trouve-t-on ou sur les irradiations des faisceaux de la moelle épinière, où sur le trajet des communications de ces faisceaux entr’eux, ou bien aux endroits d'union de la masse centrale avec les nerfs ; dans chacune de ces positions , cette. substance communique toujours avec le système artériel. RS

Les masses les. plus volumineuses de matière grise. sont d’abord celles qui se trouvent sur le trajet des faisceaux de la moelle épinière dans le cerveau; sur leurs irradiations antérieures se trouvent placés les corps striés et les couches optiques; les premiers en avant, les secondes en arrières: Les faits anatomiques qu'il faut remarquer dans ces deux masses sont d’abord leur union avec les artères , ensuite leurs rapports avec les moyens de communication , c'est-à-dire avec la substance blanche. |

C’est en écartant les molécules blanchâtres d'un endroit de la surface dépourvu de substance grise , à l'entrée de la scissure de Syboius, que les artères commencent à monter verticalement pour aller s’épandre dans les corps striés. |

Dans les couches. optiques, une disposition artérielle toute différente assure, de plus’, autour de l'organe, des rapports dont je parlerai plus loin; dans ces organes, les artères pénètrent par une surface limitée, en dehors et en dedans, par les deux surfaces ventriculaires des couches optiques. La quantité nombreuse de ces vaisseaux est facile à voir, surtout si on les injecte heureusement. |

Avant de parler des autres masses grises .que l’on trouve encore dans le cerveau , je vais dire quelques mots des parties qui servent à faire communiquer ces, organes en unissant les deux hémisphères : toutes ces parties, de même que celles qui font communiquer l'encéphale au reste du corps, sont composées de matière blanche ; ce sont elles qui forment, dans l'homme adulte, la presque totalité du cerveau ; elles me paraissent éminemment passives, c’est-à-dire ne jouer que le rôle de conducteurs entre les extrémités des nerfs, d’une part, et la substance en rapport avec le système des artères, de lautre ; ou bien seulement, dans le cerveau , entre ces différentes masses de substance grises, incessamment excitées par le sang artériel dans. chaque hémisphère. | |

La première de ces commnnications, c’est le corps calleux; Reil et Tiedemann ont indiqué d’une. manière précise:ses communications. avec les prolongemens des pédoncules ; c'est à cet.endroit de com-

munication que se trouvent développées les inasses de substance grise ; la commissure”antérieure, qui n’est pas plus que le corps calleux formée par les fibrés rentrantes, telles que les décrivait Gall, est encoré un moyén d'union éntre ces deux corps cannelés ; ce fais: ceau de communication va se joindre aux fibres pédonculaires qui sont à la partie postérieure ‘et externe de cés' organes, tandis que la communication des fibres du corps calleux se fait surtout à leur partie antérieure; cette union a très-bien été indiquée par Reil, qui décrit les deux systèmes du corps calleux et des pédoncules comme se développant en sens inverse, se rencontrant , ét s’unissant'en ligne droite au bord externe de la portion antérieure des corps cannelés. Les masses postérieures communiquent ensemble comme les corps siriés ; l’une de ces communications est inférieure , c’est la commissure postérieure; l’autre est supérieure, c'est le corps pinéal et ses freins. J’ai peine à croire que ce que l'on nomme habituellement | commisSuré des couches optiques en soit véritablement une ; il y a trop de différences dans la structure de cette partie, comparée à celles des autres commissures , pour que je la regarde comme analogue. Toutes lés parties qui paraissent sewir à l’union des organes doubles de

lencéphale , soût dans tous les endroits constituées par la substance

blanche, comme je l'ai déjà dit. La substance grise ne joue nulle'part ailleurs, à elle seule, le rôle de commissure; on la trouve ‘bien, comme on l’a vu, pour l'union supérieure des couches optiques, ét comme on va le ‘voir encore, jointe aux faisceaux blanes de commMunication , mais jamais elle n ne se comporte comme dans ce cas, gai ‘est unique. : | Les communications du cervélet se réduisent à la commissuré à läqueile Farole a’ donné lé nom de pont ; parce qu'il éomparaït les proloiigemens antériéurs! à üne’ rivière ‘que’ celui-ci récouvrait; es faisceaux qui la composent sont séparés par des sillons nombreux pär lesquelles périètréntiles artères pour aller aux différentes couches grises qui se trouvént dans le iésocéphale: Cette: commissure come müunique immédiatéient avèc Cette masse de substance grise, égi bi

zarre, nommée corpus rhomboideum, et dont le développement est toujours proportionnel au sien. Quel est l'usage de ce corps quisemble placé entre le corps restiforme et cette commissure, comme le corps strié l’est dans le cerveau, entre Îles irradiations pédonculaires et les commissures cérébrales ? Je ne crois pas qu’on ait fait même des hypothèses sur son utilité; ce corps mystérieux reçoit un grand nombre d’artères.

Les autres parties diverses de substance grise que l’on trouve dans le cerveau sont placées en rapports avec les faisceaux dont l’ensemble à recu le nom de voûte; en ne considérant que les dispositious anatomiques de cet appareil, on peut le regarder comme un moyen d'union de toutes les parties de chaque hémisphère pris isolément.

Il y a beaucoup à dire sur celte communication, qui se compose des piliers, des bandelettes, des hippocampes; sur son développement, sur ses différences; mais malheureusement les bornes de ‘cet écrit m'obligent à n’indiquer que leurs rapports constans dans l’homme avec la substance grise. — En bas, les tubercules mamillaires et leurs plexus artériels se trouvent sur les faisceaux qui descendent des couches optiques pour former les piliers antérieurs; —plus haut,à la base de la cloison, en avant des piliers, se trouve une légère couche de substance grise, avec un plexus qui vient des artères calleuses ; — en arrière se trouvent les corpora fimfriata, dont les plexus artériels déterminent à cet endroït dés rapports importans à connaître ; — enfin tout à fait à l'extrémité, la masse grisâtre de l’hippocampe, situé dans les cornes postérieurs et descendantes des ventricules.

À tous les endroits ou l'encéphale communique avec les nerfs, se trouve la substance grise; ce fait a été remarqué spécialement par Gall, qui la nommait matrice des nerfs; mais le rapport de ces différentes portions avec le système artériel ne l'a point été. N’examinerait-on que Ja quantité de vaisséaux, sans tenir compte des partiéularités' que l’on.observe à chaque endroit ; on aurait déjà une observätion assez intéressante: lintérét augmente lorsqu'on analysé lés détails'plus intimes de:leurs différens plexus artériels. Egg #0 |

(14) - En comparant seulement le prolongement rachidien à l'encéphale, ou est frappé de l’uniformité et du moins grand nombre d’artères qui s’y rendent ; ceci est remarquable encore, si l’on compare la portion extra-crânienne du prolongement à celle qui estau-dedans; sur celleci se dessinent les beaux plexus qui sont äux origines de l'hypoglosse et du pneumo-gasirique; on suit les nombreux rameaux artériels qui pénètrent dans le sillon médian pour aller aux éminences olivaires; ceux qui, dans la rainure:qui sépare le pont des pédoncules cérébraux, pénètrent avec les filets d’origine de la troisième paire , et les suivent en traçant des lignes artérielles droites et régulières jusqu'à leur origine. Les plexus artériels des tubercules quadrijumeaux sont étonnans, à cause du volume et du nombre de leurs vaisseaux. |

Dans les autres parties du cerveau on peut, de même que sur celles-ci , remarquer les variétés nombreuses des distributions artérielles ; cette étude est surtout intéressante si l'on compare l'homme aux animaux. Dans les parties grises de la surface, dans les masses de l'intérieur, soit dans celles qui se ‘trouvent sur les faisceaux irradiés de la moelle , soit sur les commissures, partout la distribution de ces artères varie, soit pour la quantité, soit pour le volume des rameaux, soit pour le mode de leurs irradiations. Ces différences dans les ramifications artérielles sont-elles, comme dans les autres organes du corps , l'expression exacte d’une fonction différente? C’est. dans les études physiologiques qu'il faut chercher la solution de ceite question que l'anatomie ne peut qu'indiquer.

Je fais remarquer.ici, comme une chose importante, que la quantité, la capacité des vaisseaux artériels n’est pas la condition première du volume d'une masse de substance grise ; chez l’homme, les tuber-; cules quadrijumeaux et les origines des nerfs crâniens reçoivent plus d'artères que les corps striés et que les couches optiques, toute pro-, portion gardée. La toile grise du troisième ventricule , les tubercules! mamillaires , les corpora fimbriata.; reçoivent un nombre de vaisseaux hors de proportion; avec.leur volume, Voyons maintenant comment

se modifient ces différens faits anatomiques dans les an maux. La vascularité de la substance grise cesse évidemment chez eux : ce fait, très-curieux, devient encore plus intéressant , lorsque l'observation montre que ce n’est pas en raison des masses que se modifie cetéc artérialité ; au contraire. Il semble que plus certaines parties augmentent chez eux, plus la quantité d’artères diminue. Pour appuyer ceci, je citerai les tubercules quadrijumeaux dans les animaux carnivores , rumipans , rongeurs , où le volume de ces éminences augmente successivement ; combien il est facile de s'assurer de la diminution du nombre d’artères qui s’y portent. Comment expliquer ces faits? surtout en se rappelant quelle quantité prodigieuse abonde à ces parties chez l’homme, qui est l'animal chez lequel ils sont le moins développés. Les mêmes faits se présentent quand on étudie les éminences mamillaires sur les moutons, les cerfs, etc. Je ne parle que des mammifères ; dans les autres classes du règne animal, ces inégalités entre le volume des masses grises et la quantité de leurs artères sont encore bien plus frappantes.

Avant de terminer celte digression, je reviens à l'homme , non plus lorsque ses organes sont sains , mais lorsqu'ils se présentent dans certaines conditions anormales. J'indique ici ce que j'ai vu chez trois filles idiotes, où cette inégalité de proportion d’artères et de substance grise était bien remarquable. Leur cerveau semblait être presque entièrement formé de matière grise ; l'injection ne put me démontrer que de faibles et rares rameaux artériels se rendant à ces cerveaux, dont l’organisation n'était plus celle de l’homme. Les différens faisceaux de communication , de transmission , élaient extrêmement faibles et peu tranchés, se distinguant à peine de la masse grisâtre qui les entourait, qui semblait former les deux hémisphères, et qui, jointe confusément aux corps striés et aux couches optiques, présentait à peine quelques différences avec iles parties grises de ces organes. <

Tous ces faits seront fort intéressans à réunir, surtout en y joignant ceux que fournissent les variétés des faisceaux d'union. Là où l'on

16 }) 4 . observe le moins de différences dans l’homme et dans les animaux, c’est aux endroits où les nerfs viennent s'unir à la moelle épinière. Dans le peu de mamriifères que j'ai examinés, j'ai trouvé entre tous et l’homme une grande similitude ; elle m'a paru encore plus frappante, lorsque je faisais succéder l'examen de ces parties à celui du cervea'l.

J'ai parlé le plus rapidement que j'ai pu de la surface extérieure de l’'encéphale et des parties de sa masse, en tâchant de séparer leurs attributions les plus grossières ; il me reste à décrire les différentes -cavités qu'enferme ce centre nerveux.

Ces cavités, qui font communiquer la surface de la moelle épinière avec l'intérieur du cerveau, sont destinées à contenir un liquide et à permettre ses mouvemens. Les découvertes des nécessités physiologiques de ce liquide , de ses mouvemens , de ses communications dans l'homme, sont toutes dues à M. Magendie.”

Sur toule l'étendue du prolongement rachidien , ce liquide baigne de tous côtés les filets nerveux qui s'y terminent. Téut à fait en haut, à la base du cervelet, un de ses courans glisse , sur la surface du cerveau , sous J’arachnoïde ; l’autre pénètre dans la cavité à laquelle on a donné le nom de quaërième ventricule. L'orifice par lequel passe cé courant se trouve au fond de l'espèce d’entonnoir que forment, par leur rapprochement, le vermis inferior, d’une part, et les deux petits lobules qui terminent inférieurement et postérieurement le cervélet. Son ouyerture, variable, est circonscrite par une membrane ceiluleuse , qui s'attache comme une sorte de diaphragme aux éminences lobulaires dont je viens de parler, et à la réunion des Ho à qui bornent ce que l’on nomme calamus scriptortus. ,

À la circonférence inférieure de ce diaphragme se trouvent quelquefois deux, d’autres fois quatre branches des artères cérébelleuses inférieures, et presque toujours deux rameaux veineux, qui descendent de la surface extérieure du cervelet, le long des corps restiformes , se réunissent à l’angle inférieur de l'ouverture , et forment

| ARR A7 SE alors une veine qui descend: verticalement sur la ligne médiane Je long du prolongement rachidien. | À

Cette ouverture est la limite inférieure du quatrième poR… M Du. côté de cette cavité, deux plexus choroïdiens , formés par les veines qui viennent des corps rhomboïdaux, se rencontrent avec des développemens, inégaux chez tous les individus : ces prolongemens veineux séparent le vermis inferior du quatrième ventricule. Le reste de cette cavité est fermé, en haut, par la lame blanche qui va du cervelet aux tubercules quadrijumeaux ; en bas, par la face postérieure des pyramides , qui apparaissent entre l’écartement des corps restiforines. Sur cette surface se trouvent quelques stries , que quelques anatomistes font aboutir aux nerfs de l'audition, et qui, selon Meckel ; manquent chez les sourds de naïssance ; opinion dont j'ai eu plusieurs fois, chez des idiots sourds , l’occasion de vérifier l'inexactitude. Sur les côtés, la substance blanche des corps restiformes , en se prolongeant dans les deux côtés du cervelet, tapisse deux cavités ancyroïdes , et cette paroi blanche semble être coiffée par les replis nombreux , irréguliers et vasculaires de la substance grise des corpora rhomboidea.

La tache bleue Hé par Wenzelet Vicq-d'Azyr dans ce oi. cule n’est que l’apparence des veines venant de cette substance grise, passant sous la substance blanche pour se rendre aux plexus choroïdiens , et servir à former, du côté du ventricule, le diaphragme membraneux.

L'aqueduc de Sylvius commence à la partie supérieure de cette cavité , et s'ouvre dans le troisième ventricule.

Ce ventricule , borné en avant par la commissure antérieure , par les piliers de la voûte, en arrière par la commissure postérieure, par l'orifice du canal de Sylvius , en bas par l'infundibulum , par la toile grisé, présente sur les côtés les reliefs des couches optiques, ; unies entr’elles par une espèce de commissure molle de substance grise. En haut , cette cavité est bornée par les vaisseaux qui viennent des corps striés, de la cloison, de la voûte ou des plexus choroïdiens. Entre

(F8) | l'extrémité antérieure des couches optiques et les. piliers antérieurs de la voûte se trouvent les deux trous qui laissent passer le liquide dans les cavités latérales. Depuis ces trous jusqu'à la base de la glande pinéale s'étendent , au-dessus de ses freins, les franges des plexus chorhoïdiens.

Les ventricules latéraux se divisent naturellement én trois portions, une antérieure, l'autre postérieure, une autre inférieure. La première est remarquable, en avant et en dehors, par la saillie des corps striés , en dedans et en arrière par celle des couches optiques , séparés l’un de l’autre par ce que l’on nomme bandelette demi-circulaire. La cloison forme la paroi interne, en arrière de laquelle se trouve l'orifice de communication, limité en avant par le pilier antérieur, en arrière par la veine de Galien, qui se contourne sur la portion blanchâtre des couches optiques.

La portion postérieure ( ancyroïde } présente , à sa partie interne, l'ergot qui est le relief d'une anfractuosité de la surface extérieure , et dont la saillie ést variable comme la profondeur de celle-ci. La portion inférieure parcourt , en se dirigeant en bas et en dedans, le lobe moyen ; elle est traversée par un sillon qui limite en dehors l’hippocampe , et qui sépare cette cavité en deux parties égales ou inégales, suivant le développement de Thippocampe. ”

Plusieurs faits anatomiques importans ‘se rencontrent dans l'examen de ces ventricules ; d’abord la disposition des organes , dont les saillies s’y montrent , est sujette à une foule de différences particulières qui n'ont pas été remarquées. Ainsi les corps striés , outre que leur surface est souvent fort inégale, sont encore , tantôt plus ,; tantôt moins élevés dans l’intérieur des ventriculés ; souvent leur partié la plus haute est au niveau dés éoùches optiques; souvent elle leur est inféricureé: quelquefois son extréinité antérieure est reculée j jusque près des piliers antériëurs ; d’autres fois il ÿ à un espace ‘asséz grand éhtre ceux-ci ét la limite visible dé'cétté extrémité antérieure: Mais c'est surtout dans les altérations congéniales ‘que se ‘rencontrent ces différences à un degré‘bien tranché. Dans ces mêmes circonstances se

(649)) remarquent aussi très-souvent les variétés'11es reliefs des couches'optiques; car il est rare que ce défaut de A elop pertenp soit borné à une partie, HAS Jéus Soie

Les différences de lhinpody pe sont aussi Forts ; Mais jusqu’ ici ces différences, examinées trop vaguement et sans méthode;, n'ont conduit à aucun résultat. 15 5

En général, d’aprèsice que j'ai vu, je. ercis qu'on. ot les rapporter, à deux types ; le premier , dans lequel la substance grise est trop peu développée ; le second, dans lequél ce sont les faisceaux de communication , c’est-à-dire la substance blanche, qui est modifiée dans ses rapports avec la substance grisé. L'étude isolée ou réunie de chacun de ces types me paraît très-digne d'intérêt:

D’autres considérations résultent encore de la capacité des ventricules, On voit que cette capacité est toujours en rapport avec le liquide contenu ; ses différences sont aussi nombreuses que celles de la quantité du liquide spino-cérébral, |

La grande fente qui s'étend entre les cavités latérales ét l'extérieur sous-arachnoïdien du cerveau , par laquelle on fait pénétrer la piemère: dans ces cavités , ne laisse aucun intervalle possible pour leur communication avec l'extérieur.

Cette fente s'étend depuis l’orifice de communication , qui est derrière les piliers antérieurs , jusqu’à la terminaison antérieure de l’hippocampe, en se courbant en bas et en avant.

La projection de cette courbe sépare en deux parties la couche 6ptique ; de chaque côté , une partie interne qui se trouve dans le troisième ventricule; une externe qui est dans le ventricule latéral. Entre ces deux parties se trouve une surface triangulaire intermédiaire , dépendant de même de la couche optique, décrivant sa courbure postérieure; limitée en dedans par ia veine de Galien, en dehors par le côté interne de la bandelette de l'hippocampe ; en bas et en arrière par les tubercules nates , par les corpora geniculata , c'est par cette partie large en arrière , rendue étroite en avant par la convergence des piliers postérieurs que pénètrent les vaisseaux dans la couche optique.

Après cette séparation de la couche optique, la fénte achève’ de décrire sa courbe, en se prolongeant en avant ét en bas , jusqu'à l'éminence antérieure du lobule moyen du cerveau , en recouvrant les bandelettes des nerfs optiques, et en contournant, comine elles, les pédoncules du cerveau. |

Cette ouverture n’est point fermée à l'intérieur par l’arachnoïde!, comme l'annonce Bichat ; c'est du tissu cellulaire, dont la densité est irès-variable , qui, joint aux différentes productions vasculairés, me paraît contribuer à l'oblitération de cette grande fente. Toutefois, la singulière disposition des vaisseaux sur toute sa projection est la cause puissante de son occlusion. Pour bien la saisir, les vaisseaux doivént être préalablement injectés avec soin. |

En avant, derrière le prolongement antérieur dela voûte, setrouve

un des plus volumineux vaisseaux de la veine de Galien : ce rameau quite le tœnia semi-circularis, et au bout de quelques millimètres de trajet , vient se rendre dans la grosse veine choroïdienne. De la paroi qui forme le septum median, descendent des veines qui, en venant -e joindre au même endroit, resserrent de chaque côté l’adhérenée. Plus en arrière , ‘une foule d’artérioles vient se plonger dans la substance de la couche optifüe, par la surface dont j'ai parlé ; tandis -que quelques vaisseaux, se portant à la portion montante de la bandélette de l'hippocampe, déterminent son adhésion à la couche optique. Plus bas, l'union des parties contiguës est encore plus intime; des artères nombreuses vont d’une part aux corpora geniculata :, de l'autre aux ‘corpora fimbriata : c'est après ce dernier moÿen d'union que cesse la fente, - |

Entre la fente du côté droit et ceile du côté gauche se trouve-un espace triangulaire ; dans cét espace se trouve , suivant Bichat, dans la directionde l'angle antérieur , le canal arachnoïdien,: dont jerne peuse-pas qu'il soit possible de démontrer lexistence. De cét'espace triangulaire , ‘les deux côtés latéraux convergent vers la cloison, ret sont borniés par: les piliers postérieurs ; l’autre ‘côté ‘est limité par le éorps calleux.: A la surface qui comprend cet espace adhèrent'iuti-

mement, et les veines qui viennent en longeant la direction de la voûte, et celles qui viennent en croisant la direction des bandelettes de l’hippocampe , pour se rendre dans les veines de Galien , et les artères qui, venant des artères cérébelleuses pour la plupart, se portent au corps pinéal , aux tubercules quadrijumeaux , aux couches optiques, etc., etc. La disposition de cet intervalle triangulaire, jointe à celle des bandelettes de l'hippocampe, est remarquable, d’abord parce qu’elle clot exactement en haut et en arrière les ventriculès , ensuite, parce qu’elle permet aux vaisseaux de pénétrer les organes sous-Jacens.

Maintenant , que j'ai parlé de cette occlusion complète et de la manière dont elle se fait, qui ne permet en aucune facon l'entrée de l'arachnoïde dans les cavités, comme on l'annonce habituellement; je vais parler de Ja nature de cette grande surface en contact avec le liquide. Est-ce une membrane séreuse? ou non? Je ne le crois pas. Quelques soins que j'aie pris pour la rendre évidente, je ne l’ai Jamais vue. C’est tout uniment une lame de substance très-analogue à la substance blanche , si ce n’est pas elle. |

Cette nature de la surface ventriculaire est très-évidente, à certains endroits des ventricules, dans l'état où onles trouve toujours, comme à la bandelette demi-circulaire, décrite avec un soin si particulier par tous les auteurs, et qui n’est que cette substance soulevée par une veine ; de même ceci se voit-il sur la cloison, dans les cavités ancyroïdes du quatrième ventricule.

Veut-on la démontrer d’une autre manière ? que l’on injecte , avec du mercure , les vaisseaux des ventricules, ou qu'on les distende avec un liquide queiconque, on soulèvera partout et on rendra visible cette couche; il ne restera plus qu'à déterminer quelle est sa nature. Un autre moyen de la voir, c’est de la chercher sur des cerveaux macérés dans des liqueurs acides : on l’enlève alors faciieiment sur toutes les surfaces ventriculaires; aucun de ces moyens ne fait découvrir la mem-

brane.

Quelques anatomistes ont regardé les cavités ventriculaires latéraes

(0) comré ‘dés circonvolutiôns rentrées. Cette opinion ingénieuse m'engage à révénir sur les deux surfaces intérieure etextérieure.

Toutes leurs différences, j'omets celle de la forme ,‘consistent surtout dans une disposition vasculaire propre à chacune. ‘Une circonvolutiôn est enduite dé substance grise, est ärtérialisée , si je puis dire ainsi; dans les ventricules, quels qu'ils soient, il n’y a rien de paréils il n'y à pas uné seule artère à sa surface, tous les vaisseaux qui les tapissent sont des veines très-nombreuses. Les plexus choroïdiens , placés sur les gros troncs de ces veines, ressemblent, anatomiquement parlant, à des espèces de rates disposées dans ces cavités.

* Cette répartition générale des vaisseaux dans l’encéphale est tout à fait méconnue. Est-elle la même à toutes les époques du développement? D'après lé peu que j'ai vu, je ne le crois pas. 11 m’a semblé que , chez les fœtus , il n’y avait aucune différence entre ces deux surfaces.

Quelles sont les nécessités physiologiques qui résultent de ces dispositions ? Je l’ignore encore; mais il est permis de croire qu elles doivent être importantes. -

J'ai constaté avec soin les différens faits que j'annonce dans cette thèse. Cependant, comme ils ne sont , excepté celui qui appartient à M. Magendie, appuyés d'autre autorité que lui-même, c’est avec réserve que je les émets, et que je désire les soutenir.

Page 1