MONSIEUR
La présidence de la République vous fut confiée dans des circonstances presque désespérantes. Vous avez eu la révolution à vaincre, l'effervescence des passions à calmer, des plaies à guérir, des larmes à essuyer, TEtat ébranlé à raffermir et des maux sans fin à réparer. Vous avez su répondre à la confiance des peuples qui vous ont élu. Le pays est tranquille, et marche à sa prospérité.
La durée fixée par nos lois aux fonctions présidentielles aurait, pour tout autre que vous, suffi à peine pour remplir une tâche aussi pénible; — vous l'avez remplie, et pas une branche de Tadministration ne peut être signalée, sans qu'on y aperçoive ou une amélioration ou une réfomne autorisée par vous.
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Les ministères ont reçu une nouvelle organisation, et aux réformes de tous les bureaux des finances de la République, ainsi qu^à Tabolition de leur comptabilité défectueuse, vous avez ajouté la création d'un fonctionnaire spécial, chargé de régler leur marche dans l'intérêt du fisc.
Tout en dictant des règlements minutieux et sévères auxquels sont soumis les employés de l'administration publique, vous avez amélioré leur, sort en accordant aux uns des appointements plus en rapport avec les besoins que la civilisation a fait naître, et aux autres des subventions dont ils ne jouissaient pas auparavant.
Les provinces de Conception et de Chiloé vous doivent leur organisation actuelle; celle d'Arauco, son existence, de même que les villes de Curanipe, de Loncomilla, de Puerto Montt et de San Antonio de las Bodegas.
Simple ministre en 1845, vous appelâtes sur votre patrie l'émigration étrangère : Président en 1853, vous avez accompli cette idée en créant la Colonie de Llanquihue, en facilitant aux émigrants les moyens de s'y rendre et, ce qui eflt encore plus, en assurant leur avenir et leur bien-être.
C'est dans votre temps que l'observatoire astronomique de Santiago, dirigé par des professeurs européens et muni des meilleurs instruments, a fixé son * mémorable méridien. Des explorations maritimes et
terrestres, entreprises par vos ordres, ont fait connaître le désert d'Atacama, les côtes et les fleuves de TArauco et da Valdivia, une grande^ partie de la région inexplorée qu^arrosent les fleuves et les rivières du territoire de Llanquihue, et une nouvelle voie presque sans ascension à travers les Andes. La Géographie physique, grâce à vos soins, a été enrichie des cartes des provinces de Valparaiso et de Colchahua, qui sont, avec celle de Santiago, les seules données scientifiques que nous ayons, jusqu'à présent, «sur Tintérieur du pays.
L'administration de la justice vous est redevable de la réforme des tribunaux de commerce de Valparaiso et oe Santiago, de la nomination de neuf juges lettrés dans les départements des provinces, et de Taugmentation du- nombre des visites judiciaires pour corriger les abus et hâter l'expédition des causes. Vous avez couronné votre ouvrage en donnant au pays un code civil, dont il avait tant besoin, et à la révision duquel vous avez présidé vous-même. Tout en améliorant les lieux de détention, vous en avez fondé d'autres, à Santiago, à Yungay, à Talca, à Rancahua, à Molina et au Parral, et terminé le grand pénitencier de Santiago. Les malheureux que le crime y conduit sont, par vos soins, forcés d'apprendre un métier, et ont le droit d'employer une partie des fruits de leurs travaux au soutien de leurs familles. En prescrivant ^allx tribunaux de ne faire exécuter aucune peine infamante sans que la sentence vous soit soumise, si le
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condamné désire une commutation, vous avez élevé un temple à Thonneur et à Thomanité.
Les institutions de bienfaisance publique vous doivent Thospice des aliénés, Pédifice de San Borja, les nouveaux dispensaires dans les villes qui n'ont pas d'hôpitaux, la nouvelle organisation des établissements destinés aux enfants-trouvés, les subventions et les soins accordés aux corporations des soeurs de la Charité, de la Providence et du Bon Pasteur, dont vous avez augmenté le noinbre en couvrant les frais de leur passage et en assurant leur avenir. L'institut des sourds - muets et toutes les sociétés qui tendent à améliorer le sort des malheureux sont d^ à votre initiative ou 'ont trouvé votre adhésion et votre appui .
Vous avez créé de nouvelles paroisses et agrandi le nombre des missions de propagande parmi les Indiens; vous avez fait restaurer des églises, construire la grande cathédrale de la Conception et ériger un temple à la mémoire de Pierre de Valdivia.
Le génie de l'instruction publique, qui vous a conduit par la main jusqu'à la Présidence, vous dicta la fondation de 181 écoles gratuites et l'ouverture de 8 autres, décrétées avant vous. . Les municipalités, excitées par votre exemple, en ont établi 94 de la même nature, mesure à laquelle vous avez adhéré ou concouru. De nouveaux professeurs ont été nommés, leurs appointements améliorés, et six visiteurs des écoles exercent continuellement sur eux la plus ac-