‹ Essai sur le 'Clearing-System'Chapitre 19 sur 25 · NN TT · texte numérisé non relu

NN TT

l’état actuel des transactions internationales. Elle ne serait que l’image simplifiée, le symbole de ce qui existe déjà. Nulle part la compensation n'a un domaine plus sûr, plus ancien que celui du commer :e extérieur. L'intérèt privé exerce là son action stimulante avec une énergie toute particulière : quiconque a des créances sur l'étranger s'adresse à son banquier pour les réaliser sur place ; tout débiteur d'une place étrangère recherche les traites, monnaie immatérielle et nationale, payables sur cette place. Et ainsi, vendues par les banquiers aux débiteurs des diverses nations, les dettes payables par chacune d’elles lui reviennent, aussi sûrement que les dettes d’une banque sont déposées sur la table de l'in-clearer par le runner. Par le mécanisme du change, les dettes internationales d’un pays sont donc, à concurrence de ses créances inverses sur l'étranger, changées en dettes nationales; seule la balance favorable ou défavorable se traduit en un déplacement de métal, appréhendé, d'ailleurs, bien plus souvent que réalisé, car il s'annonce par l'élévation du cours du change, d’où résultent des phénomènes de réaction (prime à l'exportation) tendant à rectifier la balance dans un sens plus favorable.

Ainsi, plus complet peut-être que le clearing organisé dans chaque nation, qui se borne presque à constater les résultats de transactions résolues, mortes, en quelque sorte, le mécanisme du change porte en lui un principe actif capable de susciter contre les balances défavorables cet ensemble de réactions que l’on peut considérer comme exprimées dans la formule de la loi des débouchés.

Re Par le mécanisme du change, toute dette tend à se transfigurer, à devenir nationale, tandis que, par le mécanisme du clearing, les dettes d'une nation tendent ensuite à simplifier, à effacer de plus en plus leur contour.

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