IV. — Rapports sociaux
Il est certain que, même sans atteindre au niveau passionnel exposé plus haut, le collectionnisme a un retentissement sur les sentiments et la conduite du collectionneur vis-à-vis d'autrui.
Dans les cas où ce degré esl élevé, nous pourrions dire dans les formes sévères, bien entendu, les sentiments affectifs sont plutôt restreints. Au lieu d’af-
firmer que cette passion tue les autres affections, nous pensons plutôt qu’elle ne se développe, avec une telle puissance, que sur un terrain à tendances peu altruistes. C’est ce que l’on observe chez ces collectionneurs négligés dans leur tenue, peu soucieux de leur famille, s’ils en ont une et, en général, célibataires endurcis. Pour ceux qui sont moins atteints, le conflit est possible entre les différents sentiments ; les uns ou les autres l’emportent selon les cas. € Ainsi, nous déclarait tel libraire, quand un amateur m'annonce son mariage, je puis, en général, lui dire adieu. » Pourtant il en est qui continuent, au prix de luttes intestines ou non. Dans le premier cas, ils sont fréquemment réduits à la dissimulation, au mensonge, surtout en ce qui concerne les prix d'achat. Dans l’autre, il peut y avoir tolérance, sympathie, voire même collaboration de la part de la femme. Le fait, heureux pour les deux, n’est pas exceptionnel.
Daas les rappors auxquels le collectionneur livre avec autrui cette partie de lui-même qu’estsa collec tion, nous rencontrons deux catégories. Pour le premier groupe, il s’agit d'individus concentrés, renfermés, pour elle comme pour eux-mêmes. La possession leur suffit, et, se rapprochant par là des avares, ils n'aiment pas à en livrer le secret. Ce sont ceux-là « qui gardent leur collection vierge des baisers du soleil et des caresses du passant, qui l’enferment comme Bartholo enfermait sa pupille ! (1}