II. — ROULAGE
Tableau de la circulation sur la route de Marseille à Toulon et à Saint-M aximin. — Sur celle de Marseille à Avignon. — Commissionnaires-chargeurs.
Le nombre des voitures passant annuellement devant les ponts à bascule placés sur nos routes, permettrait d'apprécier avec quelque exactitude l'importance des transports , résultats du mouvement industriel et commercial de notre ville.
Nous manquons à ce sujet de documens officiels postérieurs à l'année 1830. Nous sommes forcés de nous borner à reproduire ceux que renferme la Statistique des Bouches-du-Rhône , pour la période décennale de 1821 et 1830.
Nombre des charrettes sortant de Marseille, qui ont passé deoant le pont à bascule placé à la porte de Castellane, sur la route royale, n° 8, de Marseille à Toulon, conduisant aussi à la route départementale n"" ^, de Marseilte à Saint- Maximin.
Terme moyen de dix années de 1821 à 1830.
67,190 charrettes à 1 collier 67,190 colliers.
Les voitures mentionnées ci-dessus sont celles qui s'acheminent de Marseille vers Toulon , la vallée de l'Huveaune , le Var et l'Italie.
Durant l'espace de temps qu'embrasse cet état, il n'y a eu aucun pont à bascule sur la route de Marseille à Aix. On n'a donc pu constater que le nombre des voitures passant devant le pont à bascule d'Aix et allant de cette ville sur la route d'Avignon.
En voici le relevé :
Nombre des charrettes qui ont passé devant le pont à bascule d'Aix, allant de cette ville sur la route d\ivignon,
{ Terme moyen de 1821 à 1830.)
24 charriots à 4 roues , 4 colliers , 96 colliers.
4 charriots à 4 roues, 6 » 24 »
12,802 charrettes à 2 roues 1 » 12,802 »
37,162 charrettes. 96,696 colliers.
Ce nombre doit être double par les charrois en activité dans l'intervalle qui sépare la ville de Marseille de celle d'Aix, par la circulation des denrées , des houilles , des sels qui vont des salins de l'étang de Berre et de Martigues aux fabriques de Septême, par le transport de leurs produits à Marseille, par tout ce qui fréquente la route royale n» 96, de Marseille à Sisteron, les contrées Alpines, la Suisse, etc.
Nous avons donc , en doublant les nombres ci-dessus, pour la route de Marseille à Aix et à Avignon :
74,324 charrettes 193,392 colliers.
Et pour la route de Marseille à
Toulon , etc
110,703 charrettes 186,170 colliers.
185,027 charrettes. 379,562 colliers.
La charge ordinaire étant alors de 6 q. m. par coUier, (1) on a un total de 2,277,372 q. m. annuellement transportés, soit 227,737 tonnes.
Il est à regretter que l'administration des ponls-et-chaussées n'ait point continué à faire faire ces relevés qui nous fixeraient sur le mouvement de nos principales routes. Nous n'y pourrions néanmoins puiser de complets élémens de comparaison entre 1830 et 1841 , pour le commerce de Marseille avec l'intérieur, car depuis l'application de la vapeur aux transports sur le Rhône , et au ca-
(1) Aujourd'hui, par suite de l'amélioralion des routes, le poids que traîne un cheval est de 9 à 10 quintaux métriques.
botage dans la Méditer raiinée, un grand nombre de marchandises qui s'expédiaient par terre vont par eau.
Quoiqu'il en soit, nous ne croyons pas sans intérêt de citer quelques cliifFres déjà publiés par M. Gendarme, ingénieur de l'arrondissement d'Aix.
D'après ses annotations , le nombre journalier des colliers de roulage sur les routes aboutissant à la ville d'Aix, a été en 1841 : sur celle d'Italie de 537. — sur celle des Alpes de 402. — sur celle de Marseille de 943. — sur celle d'Avignon de 554.
Chaque collier correspondant à peu près à une tonne de marchandises , nous pouvons établir le transport annuel opéré sur ces routes en 1841, comme suit :
Route dltalie 196,105* tonnes. •
Roule des Alpes. ,. ......... 146,730 »
Route de Marseille 347,195 »
Route d'Avignon et ïarascon 202,210 » (1)
On compte à Marseille 58 commissionnaires chargeurs et de roulage occupant ordinairement 300 portefaix payés à tant par quintal et gagnant de 3 à 5 tV. par jour.
§ lïl. -— DILIGENCES.
Mouvement de 1821 à 1830. — £n 1841. —Nombre des voyageurs.
En 1830, on comptait 21 établissemens fesant le service des diverses routes aboutissant soit à Marseille soit à Aix.
Le terme moyen de la circulation des voitures servant au transport des voyageurs de 1821 à 1830, a donné les nombres suivans:
Passage devant le pont à bascule de Marseille hors la porte de Rome :
Diligences de Toulon, Aubagne, Roquevaire, Auriol, Brignolles, Saint-Maximin et Barjols :
(l)On a vu à la page précédente que de 1821 à 1830, 37,162 charrettes de 96,690 colliers parlaient annuellement d'Aix pour Avignon et Tarascon ; sur ce nombre, 15,89i charrettes de un ou deux colliers pouvaient être considérées comme ne sortant pas du département. Les autres 21,2i0 représentant 77, 590 colliers à6qxm. par collier ofl'raienl un poids lo^al de 405,510 q. m. soit 40,554 tonnes que l'on répartissait ainsi : 35,000 pour Avignon, 1 1 ,55 1 pour le Languedoc .
A 2 roues 1 et 2 chevaux 4,436
A 4 roues 2 et 4 chevaux 6,800
Passage devant le pont à bascule d'Aix à la montée d'Avignon :
Diligences de Lyon, Avignon, Nîmes et route :
A 2 roues 1 et 2 chevaux 1,196
A 4 roues 2 et 4 chevaux 7,070
8,266 On comptait en outre :
3,600 voiture d'Aix à Marseille et retour. 1,200 voitures de Marligues à Marseille. 900 voitures de Digne, Gap, etc.
5,700 voitures.
8,266 voitures, route de Lyon et du Languedoc. 11,236 voitures , route de Toulon, etc.
25,202 voitures roulant annuellement, et par jour 69 à 70.
En établissant comme le fait la Statistique des Bouches-du- Rhône , un nombre moyen de 6 personnes par voiture , c'est 414 personnes se déplaçant journellement , et par an 151,110
On évaluait en outre le nombre des voitures de louage , dans tout le département, en comptant celles qui stationnaient sur place ou qui étaient en remise, à environ 200 dont 130 à 2 roues et 70 à 4 roues.
Les dépenses des diligences, pour la nourriture des chevaux, le salaire des conducteurs, l'entretien etc. étaient estimées 407,000 Ir. Celles des voitures de louage 122,600 fr.
Il y avait dans le département 14 relais de poste, employant 171 chevaux et 46 postillons. Leurs dépenses présumées étaient de 144,650 fr.
En 1841, on a compté à Marseille 43 entrepreneurs de voitures publiques.
Des documens mis à ma disposition par la bienveillance de M. Allaire, directeur des contributions indirectes du département, m'ont permis de dresser le tableau suivant qui fait connaître le mouvement des voyageurs sur nos diverses routes.