PORTS D EXPÉDITIONS
Cannes
Toulon
Bandol
La Ciotat
M.'irseiile
Cette
Port-Vendres.
Totaux
4,lù^9
— iOl —
Ces expéditions ont consisté dans les marchandises ci-après en 1838, 1839 et 1840:
Vins
Savons
Produits chimiques ( potasse, soudes, natrons)
Eaux-de-vie
Garance
Bois exotiques
Soufre
Marbre
Autres marchandises. . .
Le Havre a envoyé à Marseille, en 1837, 17,082 quintaux métriques de marchandises. ■— En 1838, 7,304.— En 1839,2,853. Eu 1840, 4,521, consistant en grains et farines , zinc , graisse de poisson , tabac en feuilles, etc.
Les relations de Bordeaux avec Marseille seraient beaucoup plus importantes sans l'existence du canal du Languedoc , qui permet à Marseille d'approvisionner directement une grande partie.de cette province , de la Gascogne et de la Guienne.
Toutefois , Marseille a expédié à Bordeaux , en 1 837, jusqu'à 22,421 quintaux métriques de marchandises, mais depuis, une décroissance rapide se manifeste dans nos envois , ainsi que cela ressort du tableau suivant :
Envois de la Méditerranée à Bordeaux.
(Poids des cargaisons eu quintaux métriques de 100 kil. )
PORTS d'expéditions.
Marseille . . • • » •
Cette
Cannes.
Totaux
Ces expéditions ont consisté dans les marchandises ci-après , en 1838, 1839 et 1840 ;
Savons q. m. 6,727 2,977 984
Produits et déchets divers » — 1,204 —
Cendres , regrets d'orfèvre » — 663 42
Bois communs » 3,830 — 1,335
Graisses de poisson » — 305 —
Soufre » 638 503 274
Pierres et terresservantaux
arts et métiers » — 214 3
Matériaux à bâtir » 355 — —
Noir animal d — 171 —
Ouvrages en métaux » 158 — 1,004
Alcalis » — 140 —
Autres marchandises » 781 391 182
Bordeaux a expédié à Marseille en 1837 , 12,642 quintaux métriques de marchandises. — En 1838, 6,603. — En 1839, 3,641 . — En 1840 , 4,634, consistant en vins et eaux-de-vie, légumes secs , grains et farines » bois exotiques.
Il est d'autres ports sur l'Océan qui entretiennent avec la Méditerranée des rapports actifs.
Dunkerque en a reçu en «837, 93,934 q. m.— En 1838, 83,390 . En 1839, 120,575.— En 1840, 128,787, dont 15,943 de Marseille, 69,774 de Cette , 17,995 de Bouc , 23,667 des Salins d'Hyères , 1,408 de Cannes.
Saint-Valéry-sur-Somme Si reçu de la Méditerranée en 1837, 48,341 qx. met. — En 1838, 39,493. — En 1839 , 64,326. — En 1840, 58,871 , dont 31,474 de Marseille.
Dieppe a vu arriver de la Méditerranée en 1837, 6,892 qx. met. — En 1838, 8,663. — En 1839 , 5,198. —En 1840, 8,307. Presque tout vins et eaux-de-vie de Cette.
Bayonne, 968 qx. met. en 1837. —419 en 1838. — 7 en 1839. — 811 en 1840 , dont 510 quintaux métriques savon de Marseille.
Le tableau du commerce de Marseille avec l'Océan en 1 827 , présente à la colonne des importations une valeur de 9,976,485 francs, et à celle des exportations une valeur de 21,609,601 fr.
En 1839 , la valeur des expéditions de Marseille pour les ports français de l'Océan , s'est élevée à 29,804,532 fr. , dont le savon forme près de la moitié. Les importations de ces ports à Marseille présentent une valeur de 19,248,074 fr. , où les grains et farines, les huiles, les résines et les tissus entrent pour les plus fortes sommes.
A ce mouvement commercial , il faut ajouter celui qui a lieu par suite de mutations d'entrepôts d'une mer dans l'autre. Marseille a reçu de cette manière , des entrepôts de TOcéan, en 1839, pour 977,480 fr. Elle a expédié de son entrepôt sur ceux de l'Océan, pour 4,475,851 fr. Réunissant ces totaux à ceux ci-dessus, nous avons pour les importations du grand cabotage à Marseille , 20,225,554 fr. , et pour les exportations 34,280,383 fr.
Voici le tableau des expéditions de Marseille pour l'Océan par mutation d'entrepôt, de 1837 à 1840 :
Mulatims d'entrepôt par voie de cabotage de Marseille dans l'Océan
( Quintaux métriques de 100 kil. )
ANNEES
Rouen.
Havre.
Nantes
Dunkerque.
Bayonne
Autres ports
Total.
Les principales marchandises expédiées de l'entrepôt sont les grains et farines , le soufre , le marbre , l'huile d'olive , les bois exotiques , etc.
Marseille a reçu des ports français de l'Océan par mutation d'entrepôt :
En 1837, 7,852 qx. m. — En 1838, 24,138, dont 9,263 de Bordeaux ;
En 1839, 12,388 qx. m. dont 8,447 de Bordeaux;
En 1840, 12,854 dont 5,636 de Bordeaux , 4,260 du 'Havre , 1,601 de Calais, consistant en sucre brut , produits chimiques ' houilles , l'ers , café , peaux brutes , nitrate de soude , coton , bois exotiques , etc.
Les envois que nous font les ports de l'Océan sont d'une valeur inlérieure à celle de nos expéditions , parce que tous les objets d'une valeur élevée , tels que draps fins , toiles fines , tissus de coton, etc. , que nous recevons de l'intérieur du royaume , nous sont expédiés par terre.
Un examen attentif de la nature des marchandises que Marseille reçoit et expédie, prouve facilement que le commerce avec l'Océan est infiniment avantageux à notre ville.
Marseille reçoit des peaux brutes pour ses tanneries ; des blés qui viennent balancer les prix de ceux du Languedoc ; des résines indigènes , nécessaires à ses constructioas ; de l'huile de graine , nécessaire à ses fabriques de savon , du bois feuillard , indispensable à ses tonneliers ; des pierres à feu , presque toutes revendues à l'étranger avec bénéfice , ( Marseille en exporte , année moyenne , 225,000 kil. ) ; de l'élain brut , matière première ; du zinc laminé pour le doublage des navires ; du vin de Bordeaux pour assortir nos cargaisons ; des pipes communes , revendues à l'étranger avec avantage ; du colon filé dont les numéros manquent au midi dd la France ; des toiles de chanvre communes , indispensables pour conditionner les nombreux emballages qui ont lieu dans notre ville ; enfin des peaux préparées pour* l'assortiment de nos expéditions.
La nature des cargaisons de sortie présente les mêmes avantages ; elles consistent dans des articles bruts et des produits fournis par le midi de la France , tels que fruits de table et oléagineux, huile d'olive, liège, vins et eaux-de-vie, garance (1), etc.
En articles tirés de l'étranger, tels que laines brutes , suif brut, denrées coloniales , gommes et résineux exotiques , suc et racines de réglisse , matières propres à la teinture , marbre , pierres ponces et à aiguiser, soufre brut, etc.
Ou enfin en objets fabriqués et préparés à Marseille , tels que les savons , les soufres épurés et sublimés , une grande quantité de produits chimiques , etc.
Le savon est le principal objet des exportations de Marseille pour les ports français de l'Océan. La valeur de[cette exportation
(l) La quantité de ce produit expédié de Marseille en 1827 , pour les ports français de l'Océan a été de 326,608 kil. en racine sèche , l,57i,076 kil. en garance moulue. L'exportation pendant la même année de Marseille pour cette destination en vins et eaux-de-vie , a été de 8,700 hectolitres vins et et 1,408 hectolitres eau-de-vie.
en 1827, a été de 15,291428 fr. Voicrde quelle manière elle a été répartie en 1827, 1838 , 1839 et i840 :
Bordeaux q. m. 8,742 6,727 2,977 984
La Rochelle ^ 705 6,502 6,882 7,502
Marans •• » 3,349 6,652 6,219 7,029
Rochefort »... » 5,318 610 450 760
St-Martin » 67 — 12 — •
Charente » 174 — — —
Nantes * 55,105 54,698 48,044 55,306
Lorient • 798 — 846 695
Hennebon * 86 — 369 286
Brest » 3,300 4,699 5,443 6,682
Morlaix » 398 413 902 765
Landernàu » 129 — 88 173
Roscoff » 284 — 10 63
Le Légué » 1 ,454 6,088 6,309 5,079
Binic .) 140 141 198 20
Portrieux » 29 — — 82
Si-Brieux » 1,724 — —
Le Tréguier » 27 20 — 14
Paimpol • 6 90 — 207
StMalo » 3,300 6,497 6,345 7,381
St-Servan • # 688 1,058 606 870
Granville » i,685 1,128 1,112 1,222
Cherbourg » 88 — — —
Caen » 14,737 4,987 12,729 13,298
Honfleur » 1,194 2,475 2,440 2,252
Quillebœuf m S — — —
Rouen » 134,499 70,588 46,334 59,467
Le Havre.' » 7,637 76,072 70,915 56,562
Dieppe -, » 287 — — 18
Fécamp » 473 — 361 29
St-Valéry » 8,749 12,691 27,249 28,092
Lecrotoy » 6 — — —
Dunkerque » 662 1,916 1,332 1,407
Autres ports » — 10,503 663 13,486
Total q, m. 255.848 274,555 248,835 269,731
Les opérations du cabotage sont entravées par la nécessité de mettre sous le plomb de la douane tout ce qui est expédié. Cette dépense de 25 ou 50 centimes par colis, est un impôt considérable qui pèse lourdement sur le commerce. On ne conçoit pas la nécessité du plombage pour le transport des marchandises françaises d'un port de France à un autre port de France, surtout pour les savons; quel intérêt aurait-on à détourner de leur destination des caisses de savon pour les verser à l'étranger ? Celui qui le ferait se priverait sans motif du bénéfice de la prime d'exportation dont jouit ce produit. Ajoutons que le prix des plombs est d'une exagération exorbitante : la loi qui les institua en avait fixé la valeur à 15 c. C'est seulement lorsque la dépréciation des assignats amena le renchérissement de tous les produits que l'on porta le prix des plombs de douane à 50 centimes.
11 y aurait d'ailleurs des moyens aussi sûrs et bien moins coûteux de garantir les droits du trésor ; ainsi, du Havre à Rouen les marchandises nationales sont afl'ranchies du plombage par colis lorsque leur transport s'effectue par bateaux dont les écoutilles sont scellées du plomb de la douane.
Marseille réclame depuis long-temps contre le plombage. Lo^ 17 avril 1821 sa Chambre de Commerce, à propos d'une pétition des négocians de la place, disait que les marchandises seules expédiées en transit devaient être soumises à cette formalité. Elle renouvela cette réclamation à M. le Ministre du Commerce lorsqu'il vint à Marseille en 1841.