‹ Essai sur le commerce de Marseille, ouvrage couronné en 1833 par la Commission chargée de décerner le prix fondé par le baron Félix de Beaujour. 2. éd., augm. et continuée jusqu'en 1841Chapitre 96 sur 181 · TUILES ET BRIQUES · texte numérisé non relu

TUILES ET BRIQUES

Nombre des fabriques en 1789, —En 1805. — En 1825. — En 1842. — Valeur

des produits.

Dans l'antiquité on fabriquait à Marseille , selon Vitruve, des briques si légères qu'elles flottaient sur l'eau (1).

On comptait en 1789 à Marseille 60 fabriques de tuiles et briques.

A peine en restait-il une vingtaine en 1805.

La plupart des bâtimens que l'on expédiait aux colonies formaient leur lest avec des briques et des tuiles.

Pendant les guerres de l'Empire , ce débouché leur était fermé ; restait la consommation locale , qui n'avait aucune importance à <iause du peu de constructions qui s'élevaient.

En 1825 , on comptait dans l'arrondissement de Marseille 25

(l) VitiuYe. Lib. 2. Cap. 3.

tuileries employant 124 ouvriers , et fournissant, année commune , 4,786,000 tuiles, ou autres pièces , sortant des tuileries , plus 16 briqueteries , dont les produits , évalués à 36,800 fr. , consistaient en tomettes et briques communes.

Cannes et le golfe Juan envoient à Marseille des tuiles plates et des briques cintrées propres à construire des fourneaux. Les tuyaux en terre pour les conduites d'eau nous arrivent d'Aubagne.

Cette industrie a pris à Marseille depuis quelques années un large développement par suite des demandes toujours croissantes soit pour la consommation intérieure, soit pour l'exportation .

C'est surtout à Séon-Saint-Henri qu'elle a acquis une grande importance. On compte dans ce quartier rural , dépendant de la commune de Marseille , 60 fabriques de tuiles et briques ( il y en a, en outre, quatre en construction), elles emploient 700 ouvriers et produisent annuellement 23,500,000 briques et tuilesfqui valent, sur les lieux, 30 fr. le mille ; total 705,000 fr. — 14 autres fabriques y font spécialement des tomettes (petites briques rouges hexagones pour carreler les appartemens ) ; elles en confectionnent par an 7,500,000 qui à 12 fr. le mille, prix moyen , offrent une valeur de 90,000 fr..

Il existe encore à Marseille et sur d'autres points de son territoire une douzaine de fabriques de poterie commune ; leurs produits, moins estimés que ceux de Séon-Saint-Henri, consistent en briques grossières livrées aux maçons , et en formes pour la raffinerie du sucre.

Séon-Saint-Henri travaille beaucoup pour l'exportation. La demande de ses tuiles bombées est en ce moment très animée ; le prix s'en est élevé à 50 fr. le mille , mais il retombera au taux ordinaire de 30 fr. sur les lieux , soit de 36 fr. à bord des navires, dès que la production se sera élevée au niveau de la consommation.

Voici le tableau de l'exportation de ces produits à l'étranger et :»ux colonies.

1826 881,625 briques et tuiles plates.

1827 469,053 tuiles bombées et carreaux de terre.

En 1839 il a été exporté de Marseille 2,855,356 briques, tuiles et carreaux. En 1840 , 4,160,444, en 1841 , 5,669,141, dont 3,525,319 pour l'Algérie; 1,248,028 pour les Etats-Sardes ; 119,811 pour l'Espagne; 231,356 pour Bourbon ; 106,450 pour la Martinique; 64,000 pour la Guadeloupe ; 97,000 pour l'Uruguay , etc.

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