TUILES ET BRIQUES
Nombre des fabriques en 1789, —En 1805. — En 1825. — En 1842. — Valeur
des produits.
Dans l'antiquité on fabriquait à Marseille , selon Vitruve, des briques si légères qu'elles flottaient sur l'eau (1).
On comptait en 1789 à Marseille 60 fabriques de tuiles et briques.
A peine en restait-il une vingtaine en 1805.
La plupart des bâtimens que l'on expédiait aux colonies formaient leur lest avec des briques et des tuiles.
Pendant les guerres de l'Empire , ce débouché leur était fermé ; restait la consommation locale , qui n'avait aucune importance à <iause du peu de constructions qui s'élevaient.
En 1825 , on comptait dans l'arrondissement de Marseille 25
(l) VitiuYe. Lib. 2. Cap. 3.
tuileries employant 124 ouvriers , et fournissant, année commune , 4,786,000 tuiles, ou autres pièces , sortant des tuileries , plus 16 briqueteries , dont les produits , évalués à 36,800 fr. , consistaient en tomettes et briques communes.
Cannes et le golfe Juan envoient à Marseille des tuiles plates et des briques cintrées propres à construire des fourneaux. Les tuyaux en terre pour les conduites d'eau nous arrivent d'Aubagne.
Cette industrie a pris à Marseille depuis quelques années un large développement par suite des demandes toujours croissantes soit pour la consommation intérieure, soit pour l'exportation .
C'est surtout à Séon-Saint-Henri qu'elle a acquis une grande importance. On compte dans ce quartier rural , dépendant de la commune de Marseille , 60 fabriques de tuiles et briques ( il y en a, en outre, quatre en construction), elles emploient 700 ouvriers et produisent annuellement 23,500,000 briques et tuilesfqui valent, sur les lieux, 30 fr. le mille ; total 705,000 fr. — 14 autres fabriques y font spécialement des tomettes (petites briques rouges hexagones pour carreler les appartemens ) ; elles en confectionnent par an 7,500,000 qui à 12 fr. le mille, prix moyen , offrent une valeur de 90,000 fr..
Il existe encore à Marseille et sur d'autres points de son territoire une douzaine de fabriques de poterie commune ; leurs produits, moins estimés que ceux de Séon-Saint-Henri, consistent en briques grossières livrées aux maçons , et en formes pour la raffinerie du sucre.
Séon-Saint-Henri travaille beaucoup pour l'exportation. La demande de ses tuiles bombées est en ce moment très animée ; le prix s'en est élevé à 50 fr. le mille , mais il retombera au taux ordinaire de 30 fr. sur les lieux , soit de 36 fr. à bord des navires, dès que la production se sera élevée au niveau de la consommation.
Voici le tableau de l'exportation de ces produits à l'étranger et :»ux colonies.
1826 881,625 briques et tuiles plates.
1827 469,053 tuiles bombées et carreaux de terre.
En 1839 il a été exporté de Marseille 2,855,356 briques, tuiles et carreaux. En 1840 , 4,160,444, en 1841 , 5,669,141, dont 3,525,319 pour l'Algérie; 1,248,028 pour les Etats-Sardes ; 119,811 pour l'Espagne; 231,356 pour Bourbon ; 106,450 pour la Martinique; 64,000 pour la Guadeloupe ; 97,000 pour l'Uruguay , etc.