‹ Essai sur le Comte de CaylusChapitre 90 sur 197 · Vo · texte numérisé non relu

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l'a-t-il connu, fréquenté? On le croirait à voir Tinsistance avec laquelle il revient à cet artiste oublié de nos jours, et qui fut éclipsé de son vivant môme par son brillant disciple. C'est dans l'œuvre de Caylus qu'il faut aller cbercher un certain nombre de Gillots introuvables. De Gillot, ces fêtes cbampêtres, ces travestissements ^; de Gillot encore la fantaisie analogue du n° 309; de lui enfin, quoiqu'eïfe ne soit pas signée, cette série d'arlequins qui coudoient les singes travestis de Cbarles Coypel. L'auteur de ce défilé fantasque n'est autre que le directeur de l'Académie royale, le garde des dessins du Cabinet du roi. Ici ce n'est plus l'admiration ni la reconnaissance qui ont guidé la main de Caylus; c'est l'amitié — moins encore, — la camaraderie. Rien de plus médiocre en soi que ces singeries à la Coypel; mais elles étaient nouvelles. Peut-être encore était-ce un souvenir de Morville ou de Surgères. Caylus s'y est déridé un instant. C'est le moment où, avec un adroit agencement et quelques notes, l'album eût pu livrer des confidences, « illustrer » peut-être certains mémoires. Voici des silhouettes que le spirituel crayon de Mme Doublet a croquées chez elle, dans ce salon d'où elle ne sortit quarante années de suite : ce sont les habitués de ses réunions joyeuses, le Napolitain Marcitti, l'abbé Le Gendre, Falconet, le vieux Falconet, qu'on aime et qu'on raille, auquel son hôtesse dédie le quatrain de rigueur, et Caylus une estampe un peu vive ^ Notre amateur fait de même les honneurs de l'eau-forte à un certain « Chat noir P'", né en 1725 », représenté tantôt en pied, tantôt sur un monument, qui n'est certainement pas sans connaître ceux

2. Le Régime de Noè'l Falconet, 1728. Falconet, en bonnet de nuit, agenouillé sur son lit, reçoit un clystère pendant qu'il pince une énorme guitare. A gauche, carafe d'eau coifTée d'un verre, sur une chaise ; à droite, cuisinier qui apporte un grand plat de poissons. Signé : C sculpsit et invenit.

de Moncrif \ Deux feuillets avant, on pouvait voir la fameuse « main » dite de Michel-oànge, dont Mariette possédait l'original, et, soit immédiatement avant, soit immédiatement après, nous sommes en plein antique. Le défdé des pierres gravées a commencé, aussitôt suivi d'une partie du Recueil des trois cents têtes, en attendant les Monnaies impériales d'or, et les copies d'antiques que nos élèves vont rapporter de Rome.

Voici enfm le troisième et le quatrième volume, peutêtre supérieurs aux précédents par le choix des modèles, par la vigueur et par les ressources déployées. Caylus s'y attaque aux plus grands maîtres, non plus par hasard et comme pour faire diversion, mais résolument, décidé à en triompher. Çà et là un Gillot ou un Watteau montrera quelque tête de Pierrette; ici, une caricature, là, des panneaux de salle à manger par Oudry, ou les Cris de Paris par Bouchardon ^, jetteront une note moderne et légère : mais ces amusements ne feront que mieux ressortir le sérieux de Tétude fondamentale. Le but apparaît clairement visé. On sent où veulent aboutir ces allées et venues furieuses, cette sorte de chasse donnée à une seule et même idée sur des pistes multipliées. L'antique et le classique font cette fois presque uniquement le fond de l'étude. Le classique d'abord : Michel-Ange, Titien, Raphaël, Pérugin lui-même, sont l'objet d'un travail attentif. Pérugin fraternisant avec Carrache chez un artiste du xvm° siècle, voilà qui vaut la peine d'être relevé. Albert Dûrer lui-même ne se montre-t-il pas ^, et en auguste compagnie, non loin d'un dessin de la Cène de Léonard?

Le paysage, pour la troisième fois, attire et retient

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