‹ Essai sur le Donjuanisme contemporainChapitre 1 sur 14 · IL A · texte numérisé non relu

IL A

été tiré de cet ouvrage :

dix exemplaires sur papier du japon, numérotés db 1 a 10 ; quarante exemplaires sur papier de hollande, numérotés de 11 a 50 ; cent exsmplaires sur papier pur fil des papeteries lafuma, numérotés de 51 a 150 et trois cent cinquante exemplaires sur papier bulky vergé, numérotés de 151 a 500, cbs cinq cents exemplaires constituant authentique ment l'édition originale DU donjuanisme contemporain.

PRÉAMBULE

D'Ovide à Stendhal, en passant par les Pères de l'Eglise, maints casuistes ont essayé d'établir les lois de l'amour, de définir et de classer les divers étals de passion. Moins ambitieux que ces puissants observateurs, qui ont sans doute tout vu, tout connu, tout expliqué de l'âme humaine, nous nous sommes borné à étudier, d'abord dans son objet, ensuite dans ses effets les plus intéressants, le phénomène capital, d'ordre à la fois physiologique et psychique, par quoi s'engendre et se forme l'amour chez les modernes : la séduction. Encore, nous sommes-nous appliqué à ne traiter principalement que de l'action du mâle, laissant le rôle de la femme se dégager lui-même complémentairement, comme effet de séduction réciproque. La femme provoquant — souvent inconsciemment — par son charme et sa beauté, le désir ou V amour du mâle, cela constitue un phénomène de l'instinct ; c'est le cas général, l'ordinaire de l'animalité. Tout autre est l'acte réfléchi, l'acte de volonlé,par lequel l'homme

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exceptionnellement doué des attributs du séducteur attire à lui la femme et la conquiert, parfois sans Vaimer. Cet homme presque né d'hier — on verra comment — c'est Carliste en donjuanisme ; et c'est justement son art que nous nous proposons de mettre en lumière, par V examen de ces œuvres d'amour ignorées que le moraliste dédaigne et que le romancier, plutôt enclin au choix d'intrigues médiocres, peut-être plus près d'ailleurs de l'humanité réelle, est, le plus ordinairement, inhabile à découvrir.

Dès lors, on ne sera pas surpris que revienne à chaque instant, sous notre plume, le nom de Don Juan, de qui la personnalité complexe se définit simplement : l'archétype du séducteur, sorte de mythe dont s'engoue la jeunesse, et au prétendu bonheur duquel elle sacrifierait volontiers ses autres appétits, pourtant très vifs, d'argent, d'honneurs, de pouvoir, comme l'a exprimé un de nos plus fameux conquérants de la politique l, dans ce beau cri de voluptueuse ambition : « Ou la liste civile, ou celle de Don Juan ! »

Si, parlant de ces observations, nous nous sommes parfois laissé entraîner à des déductions, si nous avons formulé quelques aphorismes, qui ont une apparence de règles, ce n'est nullement en vue

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