‹ Essai sur le duelChapitre 9 sur 44 · DU DUEL AU SABRE · texte numérisé non relu

DU DUEL AU SABRE

1*^ Il faut à chacun des combattans deux témoins pour cette espèce de duel, et Tun d'eux doit être armé d'un sabre ; les témoins doivent aussi , autant que possible , faire que les combattans se servent de sabres courbes, comme moins funestes.

2' Arrivés sur le terrain, les adversaires ne doivent avoir entre eux aucune explication ; leurs témoins étant leurs fondés de pouvoirs.

3" Les témoins, après s*être entendus sur le terrain le plus égal pour les champions, et le plus propre au combat, marquent les deux places à un pied de distance des pointes , les distances calculées comme si, les deux! adversaires étaient fendus.

4" Les témoins , après avoir tiré au sort le choix des places, conduisent leur ami, chacun à la place qui lui a été désignée par le sort. "

5° Pour ce duel , on se sert ordinairement de gants à la Crispin ; mais les témoins de Tinsulté , s'il est dans la classe de ceux dont il est question au 1 1* paragraphe du i** chapitre, peuvent exiger que Ton ne s'en serve pas. Néanmoins , chacun a le droit acquis de s'entourer la main d'un gant ordinaire ou d'un mouchoir ; seulement , le mouchoir ne doit pas pendre.

6° Si l'insulté, dans la classe des lo et ii** paragraphes du i" chapitre, veut se servir de gants à la Grispin, les témoins doivent en présenter un semblable à son adversaire , et s*il le refuse, Tinsulté peut s'en servir, et son adversaire prendre le sien propre.

'^'^ Lorsque les* combattans sont en place , les témoins mesurent les lames qui doivent être égales. Le choix de l'arme, si c'est la même paire de sabres, se tire au sort. Si , par imprévoyance , les armes n'étaient pas égales, le sort déciderait encore du choix ; mais si les armes sont trop disproportionnées pour ce combat, il doit être forcément remis.

8*" Cependant, dérogeant à l'article précédent, si les deux combattans sont du même régiment, chacun se sert de son propre sabre , pourvu que les sabres soient de même monture et de même nature.

9* L'insulté , s'il est dans la classe du 1 1 • article du i" chapitre, peut se servir d'armes à. lui appartenant, à la charge d'en offrir une semblable à son adversaire qui peut la refuser, et en ce cas se servir des siennes; toutefois, si la différence de ces armes est désavantageuse pour l'un ou l'autre, c'est aux témoins à obvier à cet inconvénient , soit en remettant la rencontre , soit que les témoins adversaires présentent deux paires de sabres qui conviennent aux témoins de l'insulté. Le choix de la paire appar-

tient, dans ce cas , à Tixisulté ; et dan& la paire adoptée , le choix du sabre appartient à son adversaire.

1 o"* Les témoins, après avoir invité les combattans à se dépouiller de leurs habita et de leurs gilets, s approchent du champion leur partie adverse, et ce dernier doit leur montrer sa poitrine à découvert, de manière à donner l'assurance que nul obstacle ne peut s'opposer à la pointe ou à la lame du sabre. Son refus équivaudrait au refus du combat.

Il*" Ces préliminaires terminés , le témoin désigné par le sort explique aux combattans quelles sont les conventions du duel, et les anodes leur sont remises, en leur recommandant d'attendre le signal.

12"* Lorsque les témoins sont placés, en se divisant de chaque côté des combattans, celui désigné par le sort donne le signal par ce seul mot : Allez!

1 3* Si , avant le signal , les pointes de sabre se sont jointes par la volonté des combattans, cette démoni»-

Iration équivaut au signal ; mais cette action, si Tun d'eux la provoque, est blâmable.

14"* Lorsque le signal est donné , les combattans se portent des coups d'estoc et de taille, avancent, rompent , se courbent , tournent et voltigent , se plient, font toutes les voltes qui leur paraissent avantageuses : telles sont les règles du combat.

i5^ Frapper son adversaire désarmé, lorsqu'il est à terre, lui saisir les bras ou le corps, saisir son arme, est hors des règles du combat.

16** Un combattant est désarmé, lorsque son sabre est visiblement sauté de sa main, ou s'en est échappé.

17"* Lorsque l'un des combattans est blessé^ ses témoins doivent arrêter le combat jusqu'à ce qu'il leur plaise de le faire recommencer.

1 8* Lorsque , sans blessure , l'un des témoins veut arrêter le combat, il le demande par signe au témoin adversaire , en levant sa canne ou son arme , et sur

sa répcmse affirmative par le même signe , il peut suspendre le combat.

ig* Il peut être convenu d'avance, entre les témoins, d'arrêter le duel au premier ou au second sang : l'humanité, et la gravité de l'affaire, doivent en cela les guider.

20° Si l'un des deux combattans est tué ou blessé hors des règles du combat , les témoins doivent se reporter aux art. âo et âi du 4* chapitre.

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