‹ Essai sur le luxe et la vanité des parures [microforme]Chapitre 24 sur 38 · livre sans défense à toutes les séductions de la chair et’ du monde · texte numérisé non relu

livre sans défense à toutes les séductions de la chair et’ du monde

70. Parceque le luxe, rendu au point où ilest, est le vrai sensualisme païen qui, dans des chrétiens, a toujours pour châtiment l'abandon de l'esprit de Dieu, cunme chez ceux qui provoquèrent le déluge. Dieu retiré des âmes, le démon en fait sa demeure, et alors s'accomplit ce mystère d’iniqnité qui est de vivre dans une funeste illusion en approchants des sacrements, sans se reprocher son luxe scandaleux.

80, Parceque l'amour des parures et du luxe est toujours accompagné, surtont chez les femmes et les filles,

d’un besoin impérieux de se montrer afin de faire ad- Mirer les grâces et la beauté de leur toilette. Sortant ainsi de l'élément qui faisait toute leur force, la fuites des occasions, elles finissent ordinairement par oublier les règles de la pudeur chrétienne, et tombent-presque toujours dans des fautes intérienres et même extérieures qui mettent le comble à leur malheur.

90. Parce que l'excès des parures et du luxe des femmes est pour les hommes nne cause tonjonrs efficace de mauvaises pensées, de mauvais désirs et de séductions. C’est pour cette raison que le Saint-Esprit avertit les hommes de détourner leurs regards d’une femme parée.

100. Parceque le luxe tend par sa nature à créer parmi les femmes une rivalité funeste qui fait qu’on veut toujours l'emporter sur les autres ou, du moius, ne leur être jamais inférienre par l'élégance et la richesse de ses ajustements ; c’est ce qui rend ce vice presque incnrable.

110. Enfin, parceque le luxe et Îles vaines parures détrisent la modestie dans :& cœur de la femme, la rendent hardie, effrontée, volage, imprudente et finissent par causer la perte des mœ'rs, qui ne peuvent jamais 8e conserver que par la plus scrupuleuse réserve dans les personnes du sexe. Car on ne pourra jamais trouvez en défaut cette vérité révélée: La prostitution de la femme se reconnaîtra à son regard altier, et à l'immodestie de ses yeux.

Quelle est la personne qui connaît ce que c’est que la modestie chrétienne et qui, malgré toute la bonne volonté du monde de ne point condamner inj'stement, pourra juger favorablement en voyant senlement In manière dont sont coiffés nos jeunes filles! Peut-on imaginer rien de plus capable de perdre les mœurs que ces

chapeaux ronds et ces petits casques ronds, sans voile! Que signifient ces têtes hautes, ces regards hardis, cette légèreté peinte sur toutes ces figures d’où la pudeur est disparue! Si tout cela est du progrès, j'avouerai que le progrès, qui dépouille lu jeune fille des charmes de la modestie, est une bien triste chose !

S'il entrait dansle plan que je me suis proposé de considérer/les habitudes de luxe sous le rapport du ‘bienêtre témpvrel de notre population de la campagne, que n'aurais-je pas à dire? Qui donc ne voit pas que dans l’état où est notre culture agricole et'les dépenses qu'occasionnent le luxe des toilettes des jeunes gens et des filles et des femmes, nous allons à une ruine assurée. Quant le courant du progrès dans le luxe se dirige vers l'usage des pelleteries, imagine-t on ce qu’il faut payer pour en avoir une garniture complète? Et quand la reine du jour, la mode, exige qu’un seul genre de pelleterie soit de mise, comme aujourd’hui le vison, à quel prix exorbitans ne moute pas une garniture de vison ? Et puis quand on veut se faire regarder, peut-on s'en passer ?

Où est donc allé notre bon sens canadien ! ines compatriotes de la campagne ? Que vont devenir vos enfants ! Comment serez-vous en moyens de les établir sur des terres, si le luxe des habits absorbe tous les produits de vos terres usées, fatiguées, dont vons prétendez retirer teujours sans leur aider. Croyez-vous qu’il ne serait pas plus avantageux pour votre bonheur temporel et celui de vos enfants, de vous montrer des hommes de raison et d'énergie et de faire cesser toutes ces folles dépeuses dorgueil? Donnez-vous donc l1 peine d’aller voit votre compte chez les marchauds et de le com-

parer avec votre bourse ou avec vos ressources pour le payer ?

Soyez done assez clairvoyants pour ouvrir les yeux pendant qu’il est encore possible d'éviter la ruine qui vous menace, Veuillez donc écouter les conseils d’un vieil ami qui vous dit: Procurez-vous la bonne petite Gazette des Campagnes. Vous le savez tous, elle ne coûte pas cher! Que chacun de vous la lise avec attention, Qu'il en adopte les enseigrements selon ses moyeus, mais saus se rebuter, et puis petit à petit l’oiseau fait son nid, votre terre s’améliorera ; vos enfants apprendront à bien cultiver ; ils aimeront ce noble et salutaire travail par les résultats qu’il en obtiendront. Par ce moyen; vous les garderez chez vous. Corrigés des habitudes corruptrices du luxe, ils seront et plus dociles et plus vertueux. Vous verrez bientôt les arbres de nos forêts tomber rapidement sous les coups de bras vigoureux que le travail aura fortifiés. Et puis une petite chapelle, puis un petit clocher, puis uue église, puis de belles et bonnes terres en valeur à la place de ces arbres qui occupent inutilement la terre, puis des chants joyeux au retour d'un travail qui ne créa jamais de remords, et puis, en haut, les bons anges de vos enfants chantant, comme autrefois pour les bergers des campagnes de Bethléem : Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté, au bon et vertueux cultivateur, libourant son champ sous l'œil de Celui qui fait luire son soleil pour:-le réchauffer et la pluie pour l’arroser.

Mais j'arrête ; car je im’aperçois que j’empiète sur le terraia de la bonne petite Guzette, qui me grouderait, si j'allais plus loin.

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