OBSERVATION IT
Observation de M. Bricheteau : Résumé
Mme M... àgée de ving-six ans, d’une forte constitution et d’un tempérament bilieux très prononcé, à été depuis l’âge de dix-huit ans continuellement en proie à des affections morales tristes par suite d’une union mal assortie. Depuis sept ans, elle a éprouvé quatre accès éloignés de vomissements violents, dont le dernier à été accompagné des accidents les plus graves.
Le 3 décembre 1821, une violente attaque se manifesta. Pendant quatre ou cinq heures que durèrent des douleurs presque inouies, Mme M... vomit plusieurs fois comme à l'ordinaire. [l y avait dans le côté, le dos et l’épigastre, une
sensation déchirante, qui ne permettait pas à la malade de faire le moindre mouvement. L'accès se termina assez promptement le lendemain par un ictère général, ainsi que cela arrivait le plus souvent.
Dans le courant de décembre, il y eut plusieurs acces. Ver: la fin de janvier 1822, la malade expulsa une grande quantité de petits calculs, et à dater de cette époque elle s'est trouvée beaucoup mieux. |
OBSERVATION Ill
Empruntée au Mérnoire de M. H. Mollière : Résuiné (1)
La nommée Anne M..., née à Villeurbanne, demeurant à Lyon, âgée de soixante-dix ans, entre le 22 juin 1873 à l’'Hôtel-Dieu de Lyon, service de la clinique médicale, ‘salle Saint Roch, n° 4.
Cette femme paraît avoir joui jusqu'ici d’une très bonne santé. Elle a eu dix enfants et la ménopause est arrivée à l’âge de quaranto-huit ans sans accident, si ce n’est un prurit intense dans les membres qui a persisté jusqu’à ces derniers temps. Sa santé fut excellente jusqu’en 1870.
A l’époque de l’ar.nistice, en voyant arriver son fils qui revenait de la guerre, et ne l'avait point prévenue de son retour, elle eut une violente émotion. Le lendemain sa figure devint entièrement jaune, ainsi que les selérotiques et le corps tout entier, L’urine était très jaune et très épaisse. Elle continua cependant son travail sans trop en souffrir. Ilyadeux mois seulement qu’elle à commencé à perdre ses forces. La faiblesse devint de plus en plus considérable et elle se décida à entrer à l'Hôtel-Dieu le 22 juin 1873.
L'ictère persista, l’affaiblissement fut progressif, et, le 13 octobre, la malade s’éteignit dans le marasme, à la suite d’une indigestion. \
(4) Humbert Molliére. Ætudes cliniques sur la Physiologie patho-
logique de l'Ictère grave. 1873. ‘
Autopsie, pratiquée par MM. H. Mollière, Raynaud et Rochas. Foie hypertrophié, d’une teinte verte très prononcée. En disséquant le canal cholédoque ectasié, on le trouve obstrué vers sa partie inférieure par un énorme calcul. Vaisseaux biliaires hypertrophiés et dilatés.
Ce qui fait, pour le sujet qui nous occupe, l'intérêt de cette observation, c'est qu’elle ne laisse aucun doute sur la cause productrice de l’ictère, à savoir
l'oblitération compléte du canal cholédoque.
Dans les observations que nous allons maintenant citer, ce n’est plus le lendemain de l'accès de colique hépatique que l’ictère s'est manifesté, c’est après un temps beaucoup plus court encore, quelques heures seulement :