CHAPITRE IV
Il y avait à Loudéac (châtellenie de la Chèze) un siège de juridiction pour la vicomte de Rohan, à cause de la foret de Loudéac et le territoire qui en dépendait, car bien qu'enclavée dans le comté de Porhoët, cette forêt était de la vicomte de Rohan.
Par suite sans doute de sa situation au centre d'une région encore très boisée, Josselin avait une maîtrise particulière des eaux et forêts, dite maîtrise de Porhoët, qui était rattachée à Yannes; elle était composée d'un lieutenant particulier, d'un procureur fiscal et d'un greffier.
La capitale du Porhoët, constituée en communauté de ville, s'administrait elle-même en dehors du seigneur et de sa cour de justice. Le plus important privilège des communautés de ville fut la délégation aux Etats de la Province (1).
« Il est impossible, dit Pitre-Chevalier, de fixer au juste l'époque où les délégués des communes entrèrent au Parlement. IXous les trouvons désignés pour la première fois aux Etats de 1309 sous
(1) Dans l'origine, on ne vit aux Parlements que les possesseurs de fiefs ecclésiastiques et laïcs. Bientôt les évêques et les abbés y siégèrent en vertu de leur dignité même, y formèrent un ordre à part et s'octroyèrent sur les autres une vertu qu'on ne leur enleva jamais. Puis les villes furent appelées à se faire représenter. Ainsi se constitua aux Etats la réunion de trois ordres.
410 ESSAI su H LE POKHOËT.
Arthur II et depuis sans interruption; mais cela ne démontre pas qu'ils en fussent exclus avant le XIV* siècle ; en tout cas, même antérieurement, les communes bretonnes étaient représentées par les seigneurs de qui elles relevaient, et avec d'autant plus d'efficacité que leur droit de s'administrer elles-mêmes n'eût pas permis de négliger impunément leurs intérêts. »
Le nombre des villes que l'histoire nous montre députant à ces Etats a varié plusieurs fois, mais Josselin y a toujours compté et se trouvait des vingttrois qui figurent d'abord. Peu importait le nombre des députés du Tiers Etat, chaque ville n'ayant du reste, comme chaque chapitre, qu'une voix délibérative. Rennes, Nantes, Saint-Malo, Vannes, Morlaix envoyèrent ordinairement deux députés ; Josselin n'eut pas de règle fixe. En 1450 et 1451 à Vannes, elle était représentée par un seul député. En 1591 (Vannes) par deux élus, Pierre Bostechair et Pierre Moro. En 1593 Josselin, ainsi que Guérande, Hennebont, RoscofT, a négligé de se faire représenter ; l'année suivante, au contraire, Josselin et même La Chèze sont là. Les troubles de la Ligue motivaient ces perturbations ; mais en temps normal, Josselin comptait un seul représentant.
Vers le milieu du xvu*^ siècle le roi intervint pour