CHAPITRE PHEMIEK
échoir, et le pria de regarder à l'avenir ses deux filles coninie ses propres sœurs. En vertu de cette substitution, tous les biens de Roiandrecii, situés en Porhoët et ailleurs, furent réunis au domaine de Salomon. Après sa mort, en 874, les comtes Gurw^an et Pasqwiten partagèrent entre eux le royaume de Bretagne ; la partie septentrionale, dont Rennes était la capitale, échut à Gurvvan et la partie méridionale, avec Vannes, tomba dans le partage de Pasqwiten.
A qui allait passer le Poutrécoët ? Les opinions, sur cette question, ne s'accordent pas. D'Argentré nous indique Alain le Grand, successeur de son frère Pasqwiten, comme le premier seigneur attitré du Porhoët et le présente à l'histoire comme comte de Broërech (Vannes) et de Porhoët; tandis que Dom Morice, avec Du Paz, Laboureur, Gallet, fait remonter la lignée des Porhoët à Juthaël, fils présumé de Conan le Tors, comte de Rennes. Cette contradiction s'explique j)cir ce fait seul que l'un rattache le Poutrécoët au comté de Broërech ou de Vannes, l'autre au comté de Rennes. L'auteur de la Géographie féodale de la Bretagne fixe la vérité sur ce point obscur, en se ralliant à l'opinion de Dom Morice. Tout le Poutrécoët, après la mort de Salomon, demeura dans la maison de Rennes.
b ESSAI SUR LE POMHOKT.
Les ravages des Normands, au x^" siècle, avaient nivelé la société comme le sol. L'occupation prolongée du i>ays j)ar ces pirates amena la ruine et le bouleversement de toutes les institutions anciennes. Avec Alain Barbe -Torte, la Bretagne se ressaisit et retrouva l'ancienne division de ses Comtés. On revit, non seulement ceux de Rennes, iNantes, mais encore le Broërech, la Cornouaille et le Poher, l'antique Domnonée représentée par les comtés de Treguer et de Penthièvre, le Léon et le Poutrécoët, qui bientôt sera appelé Porhoët. Cet immense territoire dut, à cette époque, subir une transformation ; l'étendue en rendait l'administration trop difficile. Dans la partie orientale, moins vaste, le comte de Rennes tailla trois seigneuries : Gaël, au Nord; Lohéac, au Sud-Est; Malestroit, au Sud- Ouest (1), et, entre les trois, il se réserva un beau domaine dont le chef-lieu était Ploërmel. Quant à la