‹ Essai Sur Le Pronostic Du Glaucome PrimitifChapitre 4 sur 29 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Malgré le nombre considérable de travaux publiés sur

le glaucome, il nous a cependant paru intéressant de rechercher quel était le pronostic actuel du glaucome primitif.

Avant de Græfe, tous les ophtalmologistes, Mackenzie, Desmarres, Sichel, etc., sont d'accord pour reconnaître la marche fatale de cette terrible affection et l'impuissance des moyens dont disposent alors les ophtalmologistes pour la combattre. Desmarres père écrivait avec raison dans la deuxième édition de son traité : « Le glaucome étant incurable, il devient difficile de poser les bases d’un traitement; » et Sichel, en 1846 : « Il n’y a pas de guérison du glaucome scientifiquement constatée. » En 1857, de Græfe adresse à l’Institut de France son fameux mémoire sur la guérison du glaucome au moyen d'un procédé opératoire. Ce procédé opératoire élait l’iridectomie.

Le tableau change : le glaucome n’est plus fatalement une affection incurable, et de Græfe indique dans quelles proportions on peut espérer par son procédé la guérison

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des diverses catégories de la maladie. Dans les années qui suivirent, de toutes parts arrivèrent aux Sociétés savantes des communications sur les résultats obtenus par « l’immortelle découverte de de Græfe », pour employer la formule consacrée.

Cependant, une nouvelle opération ne tarde pas à ètre proposée: c’est, en 1871, la sclérotomie du professeur Quaglino. ;

L'iridectomie n'aurait-elle donc pas tenu tout ce qu’elle promettait? ou tout au moins les résultats obtenus par elle ne semblaient-ils pas satisfaisants à tous les praticiens ? Il est permis de le supposer

Quoi qu'il en soit, la sclérotomie de Quaglino fait son chemin: de Wecker l’applique, lui aussi, en transformant le manuel et le mode opératoires. Mauthner s’en fait le champion et l’oppose à l'iridectomie de de Græfe

Mais la sclérotomie ne remplit pas à son tour tous les désidérata, et nous voyons proposer les opérations les plus diverses: ponction du vitré — déjà pratiquée un siècle avant, — élongation nerveuse et toutes les modifications possibles de l'iridectomie et de la selérotomie, ce que nous nous permettrons d'appeler leurs succédanés.

Devant cette diversité de moyens thérapeutiques, il nous est permis de nous demander ce qu'est devenu le pronostic du glaucome. Les publications modernes laissent planer sur ce point l’indécision la plus complète. Chaque promoteur d'un procédé nouveau affirme avoir accru d’une façon sensible la curabilité du glaucome. A côté de ces optimistes, des pessimistes en reviennent au pronostic toujours fatal de Desmarres père.

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Logetchnikow a publié des observations où iridectomies et sclérotomies multiples et répétées n’ont pu entraver le moins du monde la marche de l'affection. Bien d’autres comme lui ont également poussé au noir le tableau du glaucome.

La difficulté de se faire une opinion au milieu d'avis si discordants nous a amené à prendre cette recherche comme sujet de notre thèse. I1 pouvait paraître simple, au premier abord, de trancher cette question : nous nous

sommes bien vite trouvé en présence d'un écueil que nous ne soupçonnions pas. Cet écueil était le petit nombre de documents nous permettant d'éclairer notre religion.

Étant donnée la quantité considérable de travaux sur le glaucome, cette disette de documents peut paraître surprenante; aussi nous hàtons-nous de nous expliquer.

Nous aurons l’occasion de montrer souvent, au cours de ce travail, l'insuffisance de la majorité des observa- Lions : observations incomplètes et surtout ne donnant pas le plus souvent les résullats à longue échéance. Or, ce sont les seuls sur lesquels on puisse tabler pour se faire une opinion rationnelle.

Un autre fait qui nous a frappé est le suivant : tous les auteurs qui produisent une statistique pour défendre ou pour appuyer une opération se laissent instinctivement entraîner à compter pour favorables des résultats souvent fort contestables. — Nous ne voulons pas mettre en doute Jeur bonne foi, mais le fait est réel, et nous aurons plusieurs fois l’occasion de le signaler.

Il nous à donc fallu reprendre toutes les observations publiées depuis 1857 ; le plus grand nombre, ne don-

et ne nant pas de résultats éloignés, ne nous ont été de ce fait d'aucune utilité. Cette sélection a eu pour effet de nous laisser seulement une quantité minime de matériaux utilisables, et, par suite, nous a obligé à réduire notre objectif. | |

Nous n’aurons donc pas la prétention de donner ici un pronostic complet, immuable: loin de nous cette pensée. Nous avons seulement fait un modeste essai sur le pronoshe du glaucome primif.

La publication d'observations nombreuses, prises pendant de longues années, pourrait seule permettre d’arriver à un résultat sensiblement exact. Notre travail n'aurait-il eu que le faible mérite de démontrer le trop petit nombre de documents complets, d'observations longuement suivies, que nous nous tiendrons pour très heureux d’avoir pu v atteindre. |

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