TeiiammU de Dasumtus, 1. L, p. 3S
7. Dans Jean le Lydien, De Mag., II, 28, on lit, comme tirés des rrruià de Griton, ces chiffres fantastiques qui montrent au moins quelle idée on se faisait des ressources de la Dacie : Ayant vaincu Dècèbale, Trajan rapporta cinq millions de livres pesant d'or, dix millions de livres d'argent, sans compter les vases précieux; il emmena prisonniers cinq cent mille hommes, avec quantité de bétail:
les mines appartenaient presque toujours au prince, qui bénéficiait des produits chaque jour croissants de l'industrie extraotive*. Trajan paraît avoir donné des soins très-attentifs à cette partie de ses biens. Des recherches plus approfondies, faites dans les contrées danubiennes, permirent d'extraire du sol une plus grande quantité de métal ^ L'exploitation des carrières de marbre et de porphyre, à une époque où l'état, les villes et les particuliers rivalisaient dans le goût et, on pourrait dire, dans la manie des constructions, était encore pour le prince une source de bénéfices considérables ^.
La monnaie d'or ne fut pas altérée. Son poids est le même sous Trajan que sous Néron. Conformément aux prescriptions de cet empereur^, on taillait 45 aurei à la livre (de 326 gr. 33). Mais la refonte des deniers anciens usés par le temps, et néanmoins plus pesants encore et à titre plus élevé que ceux qui avaient cours alors, procura quelque profit^.
La mesure qui attribuait la moitié des successions indues à ceux qui en feraient la loyale déclaration, fit cesser probablement beaucoup de fraudes, tant de la part de ceux qui cachaient leur situation véritable en courant le risque d'une dénonciation, que de la part de ceux qui achetaient le silence des délateurs *, de sorte que le fisc y perdit peut-être moins qu'on ne le croirait au premier abord.
L'allégement de certains impôts facilita la rentrée des autres, et surtout celle des impôts indirects. L'histoire moderne prouve assez clairement que la gêne pour le contribuable se mesure non pas au chifire de l'impôt, mais à la difficulté qu'il rencontre à gagner l'argent sur lequel l'état prélève une part. Lorsque chacun se sent en sécurité, que la richesse circule, que la consomma-