Spart., Hadr
orages de grêle y sont oontinuds, et enfin des nuées d'insectes, dont il est impossible de se garantir, tous y tourmentent jcmr et nuit et tombent jusque dans les aliments ^ U fallut partiret commencer une retraite pénible, car on prit sans doute la roate la plus courte, à travers ce désert (ju'Ammien parcourut plus tard avec l'armée en retraite de Jovien, « soixante-dix milles de pays « plat et aride, où l'on ne trouve à boire qu'une eau jaunâtre et € fétide, à manger que des plants d'aurone, d'absinthe et de ser- « pentaire, et d'autres herbes amères, où on ne se procure une « nourriture, peu saine encore, qu'en tuant les chameaux et les « autres bêtes de somme'. » Et, ce qui devait mettre le comble à la tristesse de ce retour, Trajan avait ressenti les premières atteintes du mal qui allait l'emporter. Il luttait courageusement contre la mauvaise fortune et contre la souffrance ; à peine arrivé en Sjnrie, il songeait à réorganiser son armée et à repartir pour la Mésopotamie, avec des troupes fraîches ou reposées*, car son damier échec l'irritait sans l'abattre, et il ne voulait rentrer dans Rome qu'après l'avoir effacé. Les progrès de la maladie ne lui permirent pas d'accomplir son dessein : il remit les troupes au commandement d'Hadrien, alors gouverneur de Sjnrie. A Rome pourtant, on ne se préoccupait pas autant qu'il le craignait du revers d'Atra : l'annexion de deux provinces suffisait à l'orgueil national. D'ailleurs on attendait avec une certaine impatience le retour de l'empereur ; on signalait quelques mouvements chez les peuples à demi-barbares des frontières, en Maurétanie, en Br^ tagne, sur le Danube^ On considérait donc la guerre d'Orient comme terminée, on préparait des monuments destinés à témoigner de l'allégresse publique et à en {)erpétuer le souvenir*, on songeait à renouveler pour Trajan les marques de déférence données jadis à Auguste®. Mais l'empereur s'était arrêté à Sélinonte, en Cilicie, et ne devait pas aller plus loin. Le mal dont il
1. On lira avec intérêt deux explorations des ruines d*Âtra faites par J. Ross et Ainsworth, Jtmm. of ihe Roy. Geog. Society of Land.^ 1839, p. 453, et 1841, p. 9. Ross y rencontra les mômes difficultés que les soldats de Trajan, orages, insectes, etc. V. aussi Ritter, Brdkundê^ X, p. 126.