‹ Essai sur le règne de TrajanChapitre 248 sur 327 · LES LETTRES · texte numérisé non relu

LES LETTRES

Une appréciation complète des manifestations de l'esprit humain sous le règne de Trajan est étrangère au plan de cet Essai et dépasserait les limites de ma compétence. C'est un chapitre de l'histoire littéraire qu'on ne saurait isoler sans lui faire perdre la plus grande partie de son intérêt. Les auteurs de cette époque ont été d'ailleurs soumis plus d'une fois à un examen scientifique approfondi * et ont servi d'objet à des critiques pleines de finesse qu'il me serait impossible de surpasser et qu'il est inutile de reproduire. Je me bornerai donc à de rapides indications propres à faire sentir comment le caractère des lettres, des sciences et des arts à cette époque se rattache à l'état, esquissé plus haut, des institutions et des mœurs.

Au commencement du second siècle, les deux littératures qui servent d'expression à la pensée du monde civilisé présentent un firappant contraste. Celle des Grecs est vivante et riche : dans tous les genres, elle est représentée par des œuvres qu'on ne peut assurément placer au premier rang, mais qui oflrent encore un sérieux intérêt à l'étude et qui témoignent d'une grande activité et d'une émulation singulière dans le domaine entier de nos connaissances. Celle de Rome, à la même époque, est artificielle et mesquine, et porte les signes d'une irrémédiable et prochaine

1. La dissertation de J. G. HuUeman, de Litterarum praeseriim ktiinarum apud Romanos studii Nerva Trajano impercUore n'offre que des aperçus sommaires et ne donne pas tout ce que le titre fait espérer.

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