‹ Essai sur le règne de TrajanChapitre 256 sur 327 · A^niic · texte numérisé non relu

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à r^ard des œuvres produites ; les auteurs, du moins, en retirèrent quelques avantages. Loin de contribuer à leur fortune privée, le régime des cénacles leur imposait certaines dépenses. Pour chaque lecture publique , ils devaient emprunter une maison , faire arranger une salle, louer des banquettes, distribuer des annonces ^ . Ces obligations onéreuses , dont Hadrien les aflTra nchit •, ajoutaient à la situation déplorablement précaire de ceux qui ne possédaient point de patrimoine, car Tusage ne permettait pas à l'écrivain de tirer profit de ses ouvrages^, et son existence dépendait absolument d'un patron dont il fallait payer en flatteries les cadeaux et les pensions. Aussi vit-on le protectorat littéraire, et l'adulation qui en est inséparable, prendre au second siècle un développement prodigieux.

Sous la République, quand un Fulvius, un Scipion admettaient dans leur intimité Ënnius ou Térence, la faveur de ces grands personnages se bornait à une sympathie affectueuse : Us ne subvenaient pas aux besoins de ces protégés illustres plus largement qu'à ceux de leurs autres clients. Mais alors la vie était simple et peu coûteuse à Rome. Naevius et Plante se passèrent fort bien du patronage patricien ; le théâtre, d'ailleurs, offrait aux poètes une source de revenus assez élevés et, en même temps, un moyen toujours prêt de sauver leur indépendance. Quand l'art dramatique fut délaissé, les nécessités de la vie pesèrent plus durement sur les écrivains pauvres ; or, à ce moment même, Auguste voyait se consolider sa puissance. On sait comment il modifia le patronage des gens de lettres, comment il les rapprocha de lui et se les attacha par des liens plus solides qu'on n'avait fait jusqu'alors. Le système qu'il avait ébauché se développa après lui. A mesure que les grandes fortunes patriciennes disparurent, que Rome se peupla d'étrangers plus indifférents à la littérature latine et moins capables de la goûter, les protecteurs des lettres et des lettrés devinrent plus rares. D'ailleurs ils se mêlèrent aussi d'écrire, et la jalousie de métier vint aigrir les relations entre patrons et clients ^ Les écrivains se tournèrent donc vers le prince et réclamèrent instanunent son appui. Les Flaviens se rendirent à ces vœux pressants ; la dynaslie qui donna à l'instruction publique une dotation régulière est aussi

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