Discussion entre Letronne et Ph. Lebas
2. V. un excellent travail de M. Ad. Philippi, Vebet die romUthen Tnamr phalrdiefe, Leipzig, 1872, gr. in-8*, où la question a été abordée pour la première fois.
3. Henzen, Bulletiino di Corrisp. Arch., 1872, 273-282. Manwn. Inêd. vol. IX, tav. XLVIl, XL VIII.
avait entendu le récit, et que la littérature contemporaine était loin de retracer avec une aussi pittoresque vivacité *.
Après Trajan, la sculpture en bas-relief resta florissante jusqu'à la mort de Marc Aurèle ; puis elle tomba rapidement, comme on s'en assure par un simple coup-d'œil jeté sur l'arc de Septime Sévère. Bientôt, à mesure que l'architecture périclitait, la sculpture déclina, et quand le sénat voulut élever un arc de triomphe au vainqueur du Pont Milvius, on l'orna de reliefs arrachés à l'arc construit sous Trajan à l'entrée de la Via Appia^ restaurée par lui. A l'époque de cette sauvage destruction l'art du bas-relief n'était cependant pas perdu absolument, mais il ne s'appliquait plus qu'à la décoration des sarcophages : d'ingénieux motifs décomposition, et une habileté persistante s'y retrouvent, jusqu'à la fin, comme pour témoigner de la puissance de l'école romaine à son origine. Puis on cessa d'orner les monuments funéraires, païens ou chrétiens, et ceux qu'avait embellis le ciseau des derniers sculpteurs furent brisés ou négligés jusqu'au jour où Nicolas de Pise y vint chercher des modèles et puiser l'inspiration qui devait renouveler l'art moderne.
1. Nous possédons au Louvre plusieurs bas-reliefs provenant de monuments construits sous Trajan. Glarac, pi. 144, n* 326, pi. 151, n** 300, pi. 216, n» 323, pi. 219, n« 312, pi. 221, n* 313.
dans le traité classique de son art, plutôt que dans la vallée du Nil, qu'il sera allé chercher l'inspiration qui lui manquait ? Il avait tout près de lui, et sur le sol et dans les livres, des modèles d*arcs de triomphe, de temples, de basiliques, de bibliothèques : la colonne au contraire est en son genre le premier monument connu, et paraît bien de l'invention d'ApoUodore. M. Froehner croit y reconnaître une imitation du Panium d'Alexandrie* et ici encore je me sépare de son opinion. Le Panium était-il pourvu d'un escalier intérieur et décoré de bas-reliefe sur sa surface extérieure? Rien n'autorise à le croire et l'on ne trouve rien de tel dans la description que Strabon nous en a laissée*. L'art grec oârait déjà des exemples de statues posées sur des colonnes ^ et c'est là, peut-être, qu'ApoUodore prit l'idée du monument à élever en l'honneur de Trajan ; quant à l'invention de l'escalier intérieur, il lui appartient bien légitimement.
Nous pouvons étudier d'autres édifices de la même époque, tels que les arcs de Bénévent et d'Ancône, et le tombeau des rois de la Comagène, à Athènes ^. Us offrent un caractère commun de simplicité et de sévère él^ance, un peu altéré pourtant à Bénévent, où la construction prend déjà quelque chose de lourd dans son aspect. Les surfaces extérieures y sont couvertes de sculptures, ce qui est aussi un symptôme de décadence : ofiusqué, égaré par l'abondance des détails, l'œil du spectateur ne saisit pas nettement l'idée première de l'architecte, qui a laissé envahir son domaine par les décorateurs.
Les grandes villas que possédait Pline, et dont il a si complaisanmient développé les descriptions, nous fournissent d'excel-