Wd., I
Toutes prirent parti pour Vitellius, et envoyèrent des détacha ments plus ou moins considérables au-delà des Alpes. La XXI' était même tout entière sous les ordres de Cecina *. Victorieuses des Othoniens, ces troupes furent écrasées à Crémone et à la deuxième bataille de Bédriac par les légions de Pannonie et de Mésie dévouées à Vespasien. Les dépôts laissés en Germanie furent défaits par Civilis et contraints de reconnaître l'empire gaulois.
Lorsqu'un corps avait démérité, ou péri dans des circonstances funestes, on ne le reconstituait pas afin de ne point laisser sur les contrôles de l'armée ces numéros qui rappelaient des souvenirs néfastes. C'est ainsi que les trois légions de Varus, la XVIP, la XVIIP et la XIX®, anéanties dans les défilés de Teutoburg, n'avaient pas été rétablies*. Vespasien laissa se perdre de même les P Germanica, V^ Alaudae, XV* Primigenia dont toute trace disparaît à dater de cette époque. Il reconstitua les IIII* et XVI', en leur donnant son nom (Fia via) et les envoya de suite sur le Danube et dans la Cappadoce où on les retrouve cantonnées plus tard ^. Des légions tirées de toutes les parties de l'Occident furent mises sous les ordres de Cerealis : « Legiones victrices XI** et <« VIIP, Vitellianarum XXP, e recens conscriptis II' [Adjutrix] « Poeninis Cottianisque Alpibus, pars monte Graio traducuntur. « XIIII' legio e Britannia, VI' [Victrix] et X' [Gemina] ex His- «< pania accitae^. » Jointes à la XXII' Primigenia restée dans la province^ et moins éprouvée que les autres, les sept légions énumérées par Tacite dans le passage que nous venons de citer reconstituaient Tarmée normale du Rhin.
Le fin des Histoires de Tacite étant perdue, nous ignorons si ces corps restèrent dans le pays pendant toute la durée de la dynastie flavienne : on est disposé à le croire en présence des monuments nombreux qu'ils ont laissés en Germanie et qui supposent un séjour de quelque durée "'. Si, comme l'a admis Borghesi, la